- il y a 9 mois
Élisabeth Borne, ministre de l’Éducation nationale, était l’invitée de BFM Politique de ce dimanche 25 mai sur BFMTV.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Vous êtes bien sûr BFM Politique, Elisabeth Borne, merci d'être notre invitée ancienne Première Ministre, Ministre de l'Education Nationale.
00:07Bienvenue sur BFM Politique, à mes côtés pour vous interroger ce matin, Anthony Leboz du service politique de BFM.
00:12Bonjour Anthony.
00:13Et Jules Péquenard de la Tribune Dimanche, notre partenaire. Bonjour Jules.
00:17Alors Madame la Ministre, on a appris hier que jeudi après-midi au lycée Geoffroy Saint-Hilaire d'Étampes, dans l'Essonne,
00:23des élèves ont jeté une porte qui avait été dégondée du quatrième étage.
00:28En contrebas, il y avait des professeurs, des enseignants. Il y en a une qui a été légèrement blessée.
00:32Les autres ont fait jouer leur droit de retrait.
00:34Ce même jour, aux abords d'un lycée de l'Essonne, c'est un adolescent de 16 ans qui a été victime de coups de couteau à Montgeron.
00:41Fin mars, c'est une prof d'EPS dans les Hauts-de-Seine qui avait été rouée de coups par des anciens élèves devant ses propres élèves.
00:47Et on pourrait continuer encore longtemps.
00:49Quand est-ce que ça s'arrête, Madame la Ministre ?
00:52Peut-être dire un mot de ce qui s'est passé à Étampes.
00:54C'est d'une gravité extrême et on est passé à deux doigts d'un drame.
00:59C'est naturellement un sujet que j'ai suivi avec le recteur qui sera sur place demain.
01:05Je veux dire tout mon soutien à la communauté éducative et notamment à la professeure qui a été blessée et qui est évidemment en état de choc.
01:13Les trois lycéens sont en garde à vue. Ils ont été placés en garde à vue.
01:18Ils ont été présentés au procureur et puis ils seront prochainement présentés au juge des enfants.
01:24Mais vous avez raison, la violence à l'école, c'est inacceptable.
01:29Ça doit vraiment être un lieu protégé où on se sent en sécurité.
01:34Et on voit qu'il y a différentes formes de violence.
01:37Ça suppose de lutter contre toutes ces formes de violence, que ce soit le harcèlement.
01:42Et c'est l'objet du plan interministériel de lutte contre le harcèlement que j'avais présenté en 2023.
01:48Ça suppose aussi de lutter contre l'introduction d'armes blanches dans les établissements.
01:54Vous savez qu'avec Bruno Retailleau, on a mobilisé les préfets, les services de l'éducation nationale pour organiser des fouilles inopinées de sacs devant les établissements.
02:05Ça fonctionne ?
02:07Bien sûr, ça fonctionne. Il y a eu plus de 1000 opérations qui ont été organisées en un mois.
02:14Et ça va évidemment continuer de se déployer.
02:16Et en 1000 opérations, par exemple, on sait déjà combien on a retrouvé d'armes blanches ou ce genre de choses-là ?
02:21On a retrouvé une centaine d'armes blanches.
02:23Alors ça peut être évidemment des choses très différentes, du petit couteau à des choses plus dangereuses.
02:30Mais donc je pense que c'est important de continuer cette mobilisation.
02:33Peut-être dire aussi, et moi j'ai en tête le drame de Nantes, qu'il y a un problème de santé mentale qu'il faut aussi prendre à bras le corps.
02:40Et c'est le sens des annonces que j'ai faites lors des assises de la santé scolaire il y a une quinzaine de jours.
02:46Donc moi je peux vous assurer de ma détermination à lutter contre toutes ces formes de violence.
02:51Aussi à protéger nos enseignants.
02:54Moi je soutiens les propositions de loi qui sont en avette au Parlement pour accorder systématiquement la protection fonctionnelle à nos enseignants, à nos personnels.
03:05Ce qui est déjà le cas quand on a des violences de ce type.
03:09Aussi pour permettre à l'institution de porter plainte à la place de la victime.
03:14Et je présenterai des mesures complémentaires dans les prochaines semaines.
03:18Vous entendez que les Français qui nous regardent, quand ils entendent tous les jours, malheureusement de façon quasi quotidienne effectivement, ces violences à l'école.
03:24On disait par exemple pour cette affaire dans les zones de Porte des Gondées, la police a été prévenue seulement le lendemain.
03:29Les Français se disent, quand est-ce que ça s'arrête ? Est-ce qu'il n'y a pas une forme d'impuissance de l'État ?
03:33Je pense que si on veut répondre à cette violence, il faut qu'on agisse avec tous les partenaires.
03:38Naturellement l'école est très mobilisée, mais comme je vous le disais par exemple sur les armes blanches, on y travaille avec Bruno Retailleau.
03:45Je crois qu'il est indispensable de travailler aussi avec les maires, notamment pour qu'ils réunissent leurs comités locaux de sécurité et de prévention de la délinquance,
03:56ce qu'on appelle les CLSPD, il faut travailler avec les maires, qui peuvent aussi réunir des conseils des droits et devoirs des familles.
04:03Il faut travailler avec la protection de l'enfance, il faut travailler avec la protection judiciaire de la jeunesse et on travaille à cette réponse globale.
04:09Anthony, vous avez pris votre poste au ministère de l'éducation, est-ce que vous vous attendiez à cette situation déplorable de violence dans les écoles, à ce niveau-là de violence ?
04:17Vous savez, si j'ai présenté très tôt le plan de lutte contre les armes blanches, c'est parce qu'on voit que dans la société, il y a une montée de la violence.
04:26Il y a par exemple une montée de la circulation des armes blanches chez les jeunes et qui débouche sur des drames, comme on a pu en voir ces derniers mois.
04:36Et évidemment, cette violence qui existe dans la société, on la retrouve au sein de l'école. C'est pour ça que je vous dis que l'école prend sa part, mais elle doit agir avec tous les partenaires.
04:45Est-ce qu'il faut généraliser, par exemple, les portiques de sécurité devant les écoles ? On sait qu'il y a un rapport qui sera rendu public la semaine prochaine,
04:51missionné par François Bayrou à la députée Naïma Moutchou de Vodkan. Est-ce qu'il faut généraliser les portiques ?
04:56Je ne vais pas anticiper sur les conclusions du rapport. Toutes les mesures qui peuvent permettre de réduire la violence, de réduire effectivement l'introduction des armes blanches,
05:06moi je pense que ces mesures de fouille inopinée, elles sont efficaces, mais on regardera.
05:11Généraliser les portiques, plutôt favorable ou pas ?
05:13C'est une décision, comme vous le savez, qui relève des collectivités locales.
05:17Mais vous, en tant que ministre, vous allez la pousser.
05:19Vous savez que les portiques, ça suppose qu'on est quelqu'un derrière les portiques, qu'on s'assure que les portiques fonctionnent,
05:24donc c'est à regarder dans une réponse globale sur la sécurisation des enceintes scolaires.
05:30En tout cas, cette violence, ça suscite un débat, plus globalement effectivement, sur l'état de la société qui touche aussi l'école, Jules.
05:35Est-ce que vous utiliseriez le terme d'ensauvagement ? C'est le terme qu'a utilisé votre collègue du gouvernement, ministre de l'Intérieur Bruno Rotaillot,
05:43après la mort très brutale de cette jeune fille à Nantes, lacérée de coups de couteau.
05:48Est-ce que vous reprendriez ce terme d'ensauvagement qui avait été utilisé aussi par Gérald Darmanin il y a cinq ans ?
05:53Est-ce qu'il y a un ensauvagement de l'école, d'après vous ?
05:56Ce n'est pas mon vocabulaire.
05:59Et en l'occurrence, à Nantes, vous aurez bien compris que le jeune a des graves problèmes psychiatriques.
06:05Il n'a pas pu aller au bout de sa garde à lui.
06:07Il a été placé dans un service psychiatrique de l'hôpital.
06:11Il a dû être déplacé dans un service spécialisé pour les personnes violentes.
06:16Donc, on a des problèmes de santé mentale.
06:18On a aussi des problèmes de toute cette violence, ces incitations, de défis qui peuvent circuler sur les réseaux sociaux.
06:25Et c'est à tout ça que...
06:26Vous récusez le terme, en tout cas.
06:27Ce n'est pas mon vocabulaire, mais sur le fond, le constat qu'il y a de la violence dans la société,
06:32qui peut soit être le fait d'une banalisation de la violence sur les réseaux sociaux, soit être le fait de problèmes psychiatriques.
06:40Et vous savez, ces problèmes psychologiques, psychiatriques, ils sont très importants dans notre jeunesse.
06:46C'est pour ça que j'ai souhaité qu'on ait ces assises de la santé scolaire.
06:50C'est préféré, d'après vous ?
06:52Notamment sur ces enjeux de santé mentale.
06:54Évidemment, il faut aller plus loin.
06:56Vous savez, j'ai demandé à tous les établissements scolaires de déployer, d'ici la fin de l'année 2025,
07:03un protocole de repérage et de prise en charge des jeunes qui présentent des fragilités psychologiques,
07:11qui peuvent être aussi en détresse.
07:13Et quand on est en détresse, on peut se mettre en danger, on peut mettre en danger les autres.
07:17C'est le drame qui s'est produit à Nantes.
07:19Alors ce matin, Gabriel Attal, ça ne nous a pas échappé, ancien ministre de l'Éducation, comme vous, ancien Premier ministre également,
07:25chef de votre parti, Renaissance, juge dans les colonnes du Parisien.
07:28Je cite qu'à l'école, on n'apprend plus assez les conséquences du non-respect des règles.
07:33Dans trop de cas, on attend que la situation soit grave.
07:36Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?
07:38On n'apprend plus les conséquences du non-respect des règles à l'école ?
07:40Je pense que tous nos enseignants sont mobilisés avec les conseillers principaux d'éducation,
07:47avec les assistants d'éducation, pour apporter des réponses graduées.
07:53Vous savez que c'est dans le code de l'éducation, la hiérarchie des sanctions,
07:58et je pense que nos chefs d'établissement, ils ont à cœur de réunir les conseils de discipline dans le second degré.
08:05Dans le premier degré, c'est plutôt des mesures de prévention, de réparation,
08:10mais je pense que nos enseignants sont mobilisés, il faut être en soutien de nos enseignants.
08:14Et quand Gabriel Attal dit qu'on n'apprend plus le non-respect des règles à l'école, qu'est-ce que vous répondez ?
08:18Je pense que l'école, elle est mobilisée et qu'on doit leur donner des outils pour pouvoir être plus efficaces.
08:24Et puis je pense aussi qu'il faut être conscient que ce travail, on ne peut pas le mener seul.
08:28Donc il se trompe quand il dit ça ?
08:30Il faut aussi responsabiliser les parents et il faut travailler, je le disais, évidemment avec les forces de police, avec la justice.
08:37Comment on responsabilise les parents ?
08:39Alors il y a des dispositions qui existent dans le code civil, dans le code pénal.
08:43La proposition de loi qu'a portée Gabriel Attal sur la justice des mineurs vise à responsabiliser davantage les parents.
08:50Donc il faut travailler avec les parents, les responsabiliser, travailler avec les forces de l'ordre, travailler avec la justice, travailler avec les collectivités.
08:57Donc Gabriel Attal se trompe quand il cible l'école ce matin en disant qu'on n'apprend plus le respect des règles ?
09:00Qu'il y ait des violences à l'école, c'est incontestable.
09:05Qu'on soit mobilisés et que j'ai, dès mon arrivée, pris le sujet à bras-le-corps, je vous le confirme.
09:12Vous êtes ministre de l'éducation depuis quelques mois.
09:15Comment fait-on, tout simplement, pour apprendre aux élèves les conséquences des règles, des sanctions ?
09:21Est-ce qu'on peut exclure un élève d'un établissement quand il va trop loin ?
09:25Comment est-ce qu'on met cela en place ?
09:27Bien sûr qu'on peut exclure un élève.
09:29Vous savez, il y a des conseils de discipline.
09:31Les chefs d'établissement ont à cœur de veiller au climat scolaire et évidemment, ils prononcent des exclusions dans le second degré.
09:39Et on peut déplacer aussi des élèves dans le premier degré.
09:42Mais ce n'est pas clair, c'est le problème avec l'élève.
09:44Bien sûr, et c'est pour ça que je vous dis qu'il faut absolument travailler avec tous les partenaires de l'école, avec la protection d'enfance.
09:54Par exemple, vous savez, quand on a un élève qui a fait l'objet de plusieurs exclusions,
09:58et c'est un travail que moi je mène avec Gérald Darmanin, garde des Sceaux,
10:03il faut aussi qu'on puisse apporter une réponse avec la justice.
10:06Et notamment qu'on puisse mettre en place des unités éducatives d'accueil de jour
10:11où travaille ensemble l'éducation nationale et la protection judiciaire de la jeunesse.
10:16Il y a un moment où on a besoin aussi d'avoir le soutien de la protection judiciaire de la jeunesse.
10:21Quand je vous entends que vous expliquez qu'il y a déjà dans le code de l'éducation un certain nombre de sanctions prévues,
10:25ça veut dire, question courte, réponse courte, que quand Gabriel Attal propose aussi la mise en place d'un baromètre de sanctions,
10:30vous lui dites que ça existe déjà ?
10:32Je vous confirme que c'est dans le code de l'éducation.
10:34Voilà, donc la page est tournée et il a eu sa réponse sur cette question-là.
10:38Dans la semaine, il y a quelque chose qui a beaucoup marqué l'esprit des Français et des responsables politiques,
10:42c'est ce rapport sur l'antrisme des frères musulmans dans la société française qui a été rendu public.
10:47Ça a été l'objet d'un conseil national de défense.
10:49Première chose déjà, est-ce que vous, vous avez lu ce rapport ?
10:52Je vous confirme que j'étais au conseil de défense et qu'on a parlé de ce rapport, oui, bien sûr.
10:59Quand vous voyez ce rapport, est-ce que vous faites partie de ceux qui sont inquiets ?
11:03Ou est-ce que vous jugez comme d'autres qu'on en fait trop ?
11:06Alors, on n'en fait certainement pas trop.
11:08Ce rapport, il nous alerte sur la menace de l'islamisme politique porté par les frères musulmans.
11:15Par contre, je pense que c'est important de dire que ce n'est pas un sujet qu'on découvre.
11:19Vous savez que dans le premier quinquennat, il y a eu la loi Gattel,
11:23notamment pour mieux contrôler l'enseignement hors contrat,
11:27que le président de la République avait évoqué le sujet dans son discours des Mureaux en 2020,
11:33qui a eu la loi confortant les principes de la République.
11:36Qu'est-ce qui a changé depuis ce discours-là, depuis le 2 octobre 2020 ?
11:40Ce rapport montre que finalement, pas grand-chose.
11:43Ce qui est important, c'est que ce rapport, il appelle à une prise de conscience
11:47à la fois du grand public et des décideurs publics.
11:51Je pense aussi que c'est important de dire qu'il ne faut pas confondre
11:56la petite minorité qui est pointée dans ce rapport
12:01et l'ensemble des musulmans qui ont toute leur place dans la République.
12:04Mais sensibiliser les élus locaux, parce que notamment ce rapport,
12:09il décrit ce qu'il appelle des écosystèmes locaux,
12:12des quartiers dans lesquels le communautarisme fait la loi.
12:16Ça n'est pas acceptable.
12:18Des quartiers où les femmes sont voilées, où les commerces sont communautaires,
12:22où tout le périscolaire est assuré par des associations communautaristes.
12:26Évidemment, ça n'est pas le cas.
12:28Je le fais claire, il date d'il y a plus de 20 ans.
12:30Quand votre collègue Bruno Rotaillot explique que dans ce rapport,
12:34il y a la preuve que cette organisation, les Frères Musulmans,
12:36veut faire basculer la société française dans la charia,
12:39est-ce que vous reprenez ce diagnostic ?
12:41C'est son projet politique, je pense qu'il n'y a aucune ambiguïté
12:44sur le fait que l'objectif des Frères Musulmans,
12:48c'est de donner l'impression de composer avec les lois de la République
12:52en ayant l'objectif, in fine, de prendre le pouvoir et d'appliquer sa loi.
12:57La charia ?
12:58Oui.
12:59Pourtant, ce n'est pas ce que dit ce rapport.
13:01Ce rapport ne dit pas que demain, il y aura la charia.
13:03Non, mais ce rapport, il ne dit pas que demain, il y aura la charia.
13:07Il dit que c'est un projet politique et qu'on voit que,
13:10dans certains territoires, c'est un projet qui est mis en œuvre.
13:13Et je pense que c'est très important qu'on soit vigilants, mobilisés,
13:16pour éviter ça et qu'on parte.
13:18Il met en garde, mais il ne dit pas que demain,
13:20il y aura un État islamique en France, ce rapport.
13:22Il ne dit pas ça.
13:23Vous l'avez vu.
13:24Il ne dit pas ça.
13:25Il pointe le risque qu'il puisse y avoir, comme ça existe en Belgique,
13:29des municipalités, à l'occasion de prochaines élections,
13:33qui puissent basculer.
13:35Aucun document ne démontre la volonté d'établir un État islamique en France
13:38ou d'y faire appliquer la charia, c'est ce que disent les auteurs.
13:40Ce rapport, il vous dit aussi que ça existe en Belgique,
13:43d'avoir des municipalités qui portent à leur tête des élus
13:49qui portent cette politique, cette vision des frères musulmans,
13:54et ça, évidemment, on doit absolument lutter contre.
13:56Et je vous dis, je pense que se concentrer sur ces quartiers
14:01dans lesquels le communautarisme a pris le dessus,
14:05je pense que c'est très important.
14:07Les auteurs de ce rapport expliquent, évidemment,
14:09je cite, que le secteur éducatif apparaît comme la priorité
14:12de la branche française des frères musulmans.
14:15Sur 74 établissements confessionnels musulmans,
14:17le rapport en pointe 21, qui serait lié à la mouvance frériste,
14:22comment une organisation telle que celle-ci a-t-elle pu infiltrer,
14:26finalement, le domaine de l'éducation en France ?
14:29Ce que je peux vous dire, c'est que tous ces établissements,
14:32ils font l'objet de contrôles.
14:34Je disais qu'il y a eu la loi Gatel en 2018,
14:36qui a permis de renforcer le contrôle de l'instruction en famille
14:40et le contrôle des établissements hors contrat.
14:43Sur ces établissements hors contrat, on a triplé, depuis 2021,
14:47le nombre de contrôles.
14:49Et on va s'assurer, et on mène un travail avec le ministère de l'Intérieur
14:54pour que nos contrôles soient plus efficaces,
14:57pour travailler, évidemment, avec les préfectures,
15:01pour travailler avec les Dédéfis, les services fiscaux,
15:04pour travailler avec l'ensemble des partenaires
15:06pour avoir des contrôles efficaces.
15:08Et par exemple, sur ce rapport, Martine Vassal,
15:10qui est présidente des Bouches-du-Rhône
15:12et Roseau Muselier de la région Sud,
15:14ont décidé de suspendre au collège lycée Ibn Khaldoun,
15:16dans le 15e arrondissement de Marseille,
15:18les éléments qui financent, justement, l'aspect pensionnat.
15:21Il y a un établissement qui est directement cité dans ce rapport
15:24comme, je cite, un élément de l'écosystème frériste des Bouches-du-Rhône.
15:27Ils vous demandent, à vous, ministre de l'Éducation,
15:30de suspendre le contrat d'association de cet établissement avec l'État,
15:33le temps de lancer une inspection académique.
15:36Est-ce que vous allez suspendre le contrat d'association
15:38de cet établissement avec l'État ? Qu'est-ce que vous leur répondez ?
15:40Alors, d'abord, j'ai échangé avec Renaud Muselier.
15:43Moi, je comprends son émotion quand on lit ce qui est écrit dans le rapport.
15:46Un contrôle a eu lieu au mois de février
15:49sur la partie hors contrat de cet établissement.
15:51On travaille avec le ministère de l'Intérieur
15:53pour préparer un contrôle le plus efficace possible
15:57sur la partie sous contrat.
15:59Les règles, c'est, quand on est dans un établissement sous contrat,
16:02qu'on doit faire des contrôles.
16:05Ensuite, il y a une commission de concertation qui se réunit
16:09qui peut décider de la suspension du contrat.
16:11Vous parlez de prise de conscience.
16:13Est-ce que, pendant toutes ces années,
16:15finalement, la République n'a pas un peu dormi ?
16:17On a l'impression qu'on s'est tous réveillés avec ce sujet.
16:19Est-ce que l'État n'a pas eu une forme de laxisme ces dernières années ?
16:22Je crois avoir dit le contraire.
16:24Quand on a voté en 2018 une loi
16:26qui a permis le contrôle des établissements hors contrat,
16:29quand on a pris des mesures pour contrôler l'instruction...
16:33Vous faites le même constat, Emmanuel Macron, en 2020, qui dit, je cite,
16:36« Nous avons nous-mêmes construit notre propre séparatisme,
16:39celui de nos quartiers.
16:40C'est la ghettoïsation de notre République qui a laissé faire. »
16:42Vous-même, à Matignon, vous avez peut-être vu cet entrisme se déployer.
16:47Qu'avez-vous fait, vous ?
16:48Est-ce que vous n'avez pas une forme de responsabilité aussi ?
16:50Ce que je peux vous dire, c'est que cet entrisme
16:54ou ce séparatisme, on le combat.
16:56C'est le sens de la loi de 2021.
16:59Ensuite, s'il y avait des réponses magiques, ça se saurait.
17:03Et donc, vous savez, face à des constats d'une telle gravité,
17:06je pense qu'il ne faut écarter aucune piste de travail
17:12et qu'il faut bâtir des réponses rigoureuses,
17:17évidemment qui soient constitutionnellement solides
17:21et qui soient applicables.
17:23Quand on vous entend, on a l'impression que tout va bien,
17:25les réponses ont été apportées et tout va bien se passer.
17:27Je ne dis pas ça du tout. Je dis qu'on n'est pas naïfs.
17:31Vous n'avez pas été naïfs sur cette question-là ?
17:33Je vous renvoie au discours du président de la République en 2020 au Mureau.
17:37Non, vous savez, moi j'ai été préfète,
17:39je n'ai aucune naïveté sur ces sujets.
17:42Mais ensuite, toute la question, c'est comment on combat,
17:45comment le ministre de l'Intérieur a annoncé des mesures,
17:49notamment sur la coordination des services de renseignement,
17:52sur la constitution d'un parquet administratif.
17:54Évidemment, on doit aussi réfléchir à la façon dont on contrôle mieux
17:58tous les circuits de financement, dont on peut mieux saisir les avoir.
18:02C'est l'ensemble de cette politique.
18:04Le président de la République a annoncé qu'il réunirait
18:06un nouveau conseil de défense début juin
18:08et on va mener le travail avec rigueur pour pouvoir apporter des mesures.
18:13Madame la ministre, vous dites que vous n'avez pas péché par naïveté,
18:16pourtant le problème demeure.
18:17Citez-nous une ou deux mesures très concrètes
18:20qu'on peut appliquer pour combattre cet antrisme islamiste aujourd'hui.
18:25Et notamment dans l'éducation.
18:26Au sein de l'éducation nationale.
18:27Je vous le dis, au sein de l'éducation nationale,
18:29on fait des contrôles dans ces établissements,
18:32on le faisait hors contrat, on le fait désormais,
18:36et peut-être ça renvoie à un autre sujet d'actualité,
18:39la commission d'enquête sur les suites de Bétharame,
18:43donc on va aussi contrôler les établissements sous contrat.
18:46Vous savez, on nous dit aussi qu'on fait parfois,
18:49moi j'ai, devant une commission d'enquête,
18:51été accusé de deux poids deux mesures
18:53et de faire des contrôles trop réguliers sur les établissements sous contrat,
18:59par exemple ce qui a conduit à la résiliation du contrat du lycée Averroes
19:04ou encore à la résiliation du contrat du lycée Alkindi à Lyon.
19:08Donc on fait des contrôles, quand il le faut,
19:11on remet en cause le contrat,
19:13quand il le faut, on ferme les établissements.
19:15Madame Borne, est-ce que vous pouvez nous dire,
19:17justement vous parlez des contrôles,
19:19s'il y a aujourd'hui dans les personnels de l'éducation nationale
19:22ou sous contrat avec l'éducation nationale,
19:24des personnes qui sont fichées S ?
19:26Mais bien sûr que non.
19:27Vous savez qu'on a systématiquement,
19:29quand on recrute des personnels de l'éducation nationale,
19:33des professeurs à un examen de leur situation,
19:37on vérifie leur honorabilité,
19:39on vérifie qu'ils ne sont pas inscrits ni aux fichiers sur les atteintes sexuelles
19:44ni aux fichiers sur le terrorisme.
19:46Vous pouvez le certifier aujourd'hui qu'il n'y en a pas.
19:48Évidemment qu'on vérifie avant de recruter ces personnels.
19:52Mais même parmi les personnels qui ne sont pas forcément les enseignants,
19:54les personnels qui travaillent par exemple dans les centres de documentation et d'information
19:58ou les personnels qui sont chargés d'assurer la surveillance des élèves,
20:01vous avez l'assurance qu'il n'y a aucun personnel fiché S
20:05dans ces personnels employés par l'éducation nationale ?
20:08Ce que je vous dis, c'est qu'on fait systématiquement des contrôles
20:12avant de recruter le personnel qui puisse y avoir des évolutions
20:19et qu'il faille être vigilant et travailler la main dans la main
20:22avec les services de la préfecture, je vous le confirme.
20:25Et il y a les mêmes contrôles pour ceux qui sont recrutés directement
20:28par l'éducation nationale que pour ceux qui sont sous contrat ?
20:31Pour les établissements sous contrat ?
20:33C'est ça, c'est les mêmes contrôles.
20:35Donc ça n'était pas le cas précédemment,
20:37c'est le cas pour les professeurs puisque c'est l'éducation nationale qui les recrute
20:41et on a un plan pour repasser tous les dossiers des personnels
20:46qui ne sont pas de l'éducation nationale dans les établissements sous contrat.
20:49Mais est-ce qu'aujourd'hui, vous pourriez nous dire
20:50qu'il n'y a pas de fiché S à l'éducation nationale ?
20:53Je pense qu'il n'y a pas de fiché S à l'éducation nationale, bien évidemment.
20:56Je pense.
20:57Vous savez, c'est quelque chose, on peut avoir des situations qui évoluent,
21:03je peux vous assurer de ma plus grande vigilance et que les procédures sont là.
21:07Question très concrète d'Anthony.
21:08Sur les mesures que vous pourriez prendre en tant que ministre de l'Éducation,
21:11est-ce qu'il faut développer et encadrer davantage l'enseignement de l'arabe ?
21:15C'est ce que préconise aussi ce rapport
21:17et c'était d'ailleurs une promesse aussi d'Emmanuel Macron en 2020.
21:20L'enseignement de l'arabe, d'abord, je vais vous dire mon objectif,
21:24c'est d'abord d'élever le niveau des élèves, de tous les élèves,
21:28sur le français, les mathématiques, l'histoire géo.
21:33Ensuite, il faut proposer l'apprentissage de langues,
21:37de l'apprentissage de langues vivantes, c'est notamment le cas de l'arabe.
21:41Je crois qu'on a de l'ordre de 20 000 élèves qui apprennent l'arabe
21:46comme première, deuxième ou troisième langue.
21:49Je pense que ça n'est pas beaucoup quand on sait qu'il doit y avoir
21:53400 millions de personnes qui parlent arabe dans le monde.
21:57Mais est-ce qu'il faut l'encadrer davantage pour ne pas le déléguer aux écoles floraliques ?
22:00Au sein de l'éducation nationale, il est parfaitement encadré.
22:02Comment vous l'imaginez ?
22:03Est-ce qu'il faut le développer davantage ?
22:05C'est le premier essai de l'éducation nationale.
22:07Est-ce qu'il faut développer davantage l'apprentissage de l'arabe à l'école
22:11pour que ça n'échappe pas à l'éducation nationale
22:14et que ça ne se fasse pas dans les arrières-cours
22:16de certaines écoles coraniques montées comme ça ?
22:18Je ne sais pas, sur le faible nombre d'élèves,
22:21si c'est un problème qu'on n'a pas de demande de la part des parents et des élèves
22:26ou qu'on n'ait le cas échéant pas de proposition dans certains établissements.
22:30Je pense que c'est quelque chose qu'on doit regarder avec les parents et avec les élèves.
22:34Le rapport fait état d'autre chose.
22:36Il décrit des campagnes numériques d'influence développées par ces réseaux fréristes
22:42qui présentent l'école laïque comme la matrice de l'islamophobie,
22:46des campagnes qui prônent la déscolarisation des enfants musulmans.
22:50Est-ce que, d'après vous, question simple,
22:52le principe même de l'école laïque est islamophobe ?
22:56Et par ailleurs, est-ce que vous reprenez ce terme ?
22:59Est-ce qu'il y a une critique qui est faite, vous le savez, par certains adversaires de la République
23:04qui disent que la laïcité à la française serait islamophobe ?
23:06Qu'est-ce que vous leur répondez ?
23:08Est-ce que vous reprenez le terme d'islamophobie ?
23:10L'école laïque accueille tous les élèves, quelles que soient leurs confessions,
23:16comme, au demeurant, tous les établissements sous contrat doivent le faire.
23:20Mais il y a des citoyens français qui pensent cela.
23:22Je ne le reprends pas.
23:24Je pense que certains portent des thèses que, évidemment, on doit combattre.
23:28Que certains entendent, visiblement.
23:31Je pense qu'il faut aussi se dire qu'on n'assiste absolument pas à une déscolarisation d'enfants,
23:39que le nombre d'établissements sous contrat ou hors contrat n'augmente pas
23:45et que l'éducation, l'instruction en famille est en forte baisse.
23:49Mais il y a une question beaucoup plus profonde à cela.
23:51Est-ce que, selon vous, l'État français est armé contre cette critique formulée par l'islam radical
23:57que la laïcité est, de manière inhérente, hostile aux musulmans de France ?
24:02Je pense que c'est évidemment une idée qu'il faut combattre,
24:06à la fois dans son principe et dans la réalité.
24:09Je pense que c'est très important, y compris quand on a un rapport
24:13qui pointe une petite minorité agissante des frères musulmans,
24:18comme il peut y avoir d'autres courants d'islamisme politique.
24:22C'est très important de dire à tous nos compatriotes musulmans
24:27qu'ils ont leur place, qu'ils peuvent exercer leur religion,
24:31comme toutes les autres religions, dans le cadre des règles de la République.
24:35Question très concrète, est-ce que vous pensez qu'il faut une nouvelle loi, justement, séparatisme ?
24:38C'est ce que demandent certains, par exemple, comme Manuel Valls,
24:40qui est l'un de vos collègues du gouvernement.
24:42Vous savez, je pense qu'il faut faire le travail dans le bon ordre.
24:44C'est-à-dire que j'ai évoqué le fait qu'on doit, à la lumière de ce rapport,
24:49des échanges qu'on a eus dans ce premier conseil de défense,
24:52continuer à travailler pour examiner toutes les pistes.
24:55Et si parmi les pistes, il y a des mesures législatives, il faudra une nouvelle loi.
25:00Jordan Bardella, le président du RN, souhaite que les frères musulmans
25:03soient classés en tant qu'organisation terroriste, qu'elles soient interdites,
25:05qu'elles soient dissoutes. Et vous ?
25:07Je ne sais pas de quels éléments dispose Jordan Bardella pour dire ça.
25:11Je peux vous assurer que le ministère de l'Intérieur doit naturellement être vigilant
25:15et que s'il y avait des éléments qui permettent de le classer,
25:18ça serait déjà fait.
25:20Elisabeth Borne, vous êtes présidente du Conseil national de renaissance,
25:23en quelque sorte numéro 2 du parti, justement sur cette question
25:26de la lutte contre l'entrisme de l'islam radical dans la société française.
25:31Numéro 1 du parti, Gabriel Attal a fait un certain nombre de propositions chocs
25:34cette semaine, première chose. Est-ce qu'il vous en avait parlé ?
25:36Est-ce que c'était concerté ?
25:38On n'a pas eu l'occasion d'échanger sur le sujet.
25:40Il ne vous a pas appelé pour vous prévenir ?
25:42Je pense qu'il a dû être très occupé, mais on n'en a pas parlé.
25:46Vous êtes numéro 2 du parti ?
25:48Je vous dis qu'on n'a pas eu l'occasion.
25:50Est-ce que vous auriez préféré qu'il vous appelle avant de les mettre sur la place publique,
25:52que ça soit plus concerté avec le parti ?
25:54Écoutez, moi j'étais bien occupé aussi, donc on aura sans doute l'occasion d'en parler.
25:57Coup de fil, coup de téléphone, c'est rapide.
25:59Votre sourire tient lieu de réponse.
26:01Parmi ses propositions, il y a justement la volonté, dit-il, d'interdire le voile
26:05pour les filles de moins de 15 ans, car il juge que ça porte atteinte
26:08à l'égalité homme-femme et à la protection de l'enfance.
26:11Est-ce que vous êtes pour l'interdiction du voile pour les filles de moins de 15 ans ?
26:15J'ai présenté cette mesure comme une réponse au rapport sur l'entrisme,
26:19donc chacun aura compris que ça n'a pas de rapport.
26:22Ensuite, moi ce que j'ai dit, c'est que quand on est face à une menace grave,
26:28il faut ne s'interdire aucune piste, mais qu'ensuite il faut travailler
26:35pour proposer des mesures rigoureuses, constitutionnellement solides et applicables.
26:42Concrètement, pour vous, cette proposition de Gabriel Attal n'est pas constitutionnellement solide ?
26:46Ce que je peux dire, c'est que comme beaucoup de Français,
26:50moi je suis évidemment interpellé quand je vois une petite fille qui porte un voile.
26:56Je note que ça n'est prescrit nulle part dans l'islam.
27:00Ensuite, c'est plutôt un symptôme, un symptôme sans doute que la petite fille
27:05a une éducation qui n'est pas conforme aux valeurs de la République,
27:09mais il va de soi que si on devait interdire certains signes religieux,
27:13alors il faudrait interdire tous les signes religieux,
27:17les interdire dans l'espace public qui n'est pas un espace neutre.
27:21L'école est un espace neutre et c'est ce qui a été porté dans la loi de 2004.
27:26Je crois que les équipes de Gabriel Attal travaillent sur la constitutionnalité de la mesure.
27:32Je le dis à titre personnel, j'ai les plus grands doutes sur la constitutionnalité de cette mesure.
27:37Ensuite, il y a une question d'applicabilité.
27:40Est-ce qu'on imagine que des policiers vont interpeller, verbaliser des petites filles ?
27:46Donnons-nous toutes les armes pour lutter contre cet antrisme islamiste
27:52par des mesures constitutionnelles et applicables.
27:55C'est une erreur politique de faire ce type de proposition de la part de Gabriel Attal ?
27:58Je ne vais pas me prononcer sur le sujet, je dis simplement que je pense que c'est très important.
28:05C'est de la démagogie vous diriez ?
28:06Face à des menaces graves, d'avoir des réponses étudiées, de prendre le temps d'en débattre aussi.
28:11Vous savez, quand on a des mesures de ce type-là, je pense que c'est important, puisqu'on doit consulter nos militants,
28:17d'avoir un temps de débat.
28:19Ce qui n'a pas été le cas.
28:20Et j'espère que ce débat pourra se tenir dans nos assemblées départementales,
28:25qu'il pourra se tenir au sein de nos comités locaux.
28:29Si la question est, est-ce que ça vous interpelle ou est-ce que ça vous choque de voir une petite fille voilée,
28:36la réponse est sans doute oui.
28:38Ensuite, quelle est la bonne réponse ?
28:40Est-ce que c'est une interdiction ? Moi je ne le pense pas.
28:43Est-ce que c'est de la démagogie ?
28:45Je ne vais pas rentrer dans ces débats.
28:47Oui, est-ce que c'est de la démagogie ?
28:49Je ne vais pas rentrer dans ces débats.
28:51Vous êtes habitué à la langue de bois Madame la Première Ministre.
28:53Je pense que ma famille politique, et pour ça aussi je me suis engagée en 2017,
28:58ma famille politique, elle se singularise par le fait qu'elle porte des mesures
29:03qui sont étudiées rigoureusement, dont on sait qu'elles sont efficaces,
29:08qu'elles sont constitutionnelles et qu'elles sont applicables.
29:11Donc il a aussi parlé trop vite l'ancien Premier ministre
29:13quand il propose la création d'un délit de contrainte de port du voile contre les parents
29:16qui forceraient leur fille à porter le voile.
29:18Là aussi il a parlé trop vite votre chef de parti ?
29:20Je pense que ça pose la question de l'applicabilité.
29:23Donc prenons le temps du débat sur toutes ces mesures.
29:26Il peut y avoir des points de vue différents.
29:29Je vous ai exprimé le mien.
29:30Je pense que c'est suffisamment sérieux, important pour qu'on en débatte.
29:34Augure peut-être de discussions avec Gabriel Attal prochainement.
29:36Et plus largement sur le sujet du voile.
29:38Vous venez de dire que c'est prescrit nulle part dans la religion musulmane.
29:43Est-ce que pour vous, le voile, est-ce que c'est un signe politique ou un signe religieux aujourd'hui ?
29:48Vous savez, j'ai eu l'occasion d'en parler avec Manuel Valls.
29:53Quand on est dans un quartier dans lequel les femmes ne portaient pas le voile
29:57et tout d'un coup toutes les femmes portent le voile,
30:01je considère que ce n'est pas l'expression d'une liberté religieuse.
30:05Et donc je pense qu'il nous faut agir à chaque fois que le port du voile est imposé
30:12ou à chaque fois que c'est une façon de défier la République.
30:16Ensuite, les modalités d'action, ça mérite un travail sérieux.
30:19Deux questions très concrètes.
30:20Est-ce que vous êtes pour l'interdiction du voile à l'université ?
30:22Oui, non, c'est ce que souhaite votre collègue Bruno Retailleau.
30:25Non, j'ai déjà eu l'occasion de le dire.
30:27Vous savez, l'université, c'est le lieu où les consciences sont construites
30:32et c'est le lieu de l'expression aussi de ces convictions religieuses, politiques.
30:37C'est un lieu de débat, donc non.
30:39Interdire le voile pour les mamans qui accompagnent les sorties scolaires ?
30:41Non, j'ai déjà répondu aussi à ce sujet.
30:43Vous savez, il y a un principe de laïcité dans notre pays
30:48qui prévoit la liberté de croire ou de ne pas croire,
30:51qui pose la neutralité de l'État, de ses agents, de certains espaces comme l'école
30:57et qui, par ailleurs, considère que la limite à la liberté d'expression
31:02c'est naturellement de garantir l'ordre public.
31:05C'est ça le cadre et je pense qu'il faut s'y tenir.
31:07Vous évoquiez il y a quelques instants ce qu'était la promesse d'Emmanuel Macron en 2017
31:12en disant que sur les propositions de Gabriel Attal, on n'y était pas franchement.
31:14Il y en a un autre qui met des propositions sur la table
31:16sur la question de la lutte contre l'insécurité et le narcotrafic.
31:18C'est Gérald Darmanin qui veut ouvrir une prison au milieu de la jungle en Guyane
31:22pour y mettre notamment un certain nombre de narcotrafiquants et d'islamistes radicalisés.
31:26Est-ce que vous vous retrouvez dans cette ligne globalement
31:29quand on entend Gabriel Attal, Gérald Darmanin
31:31ou est-ce que vous estimez qu'il y a une surenchère qui part dans tous les sens ?
31:34Les propositions de Gérald Darmanin sur des prisons sécurisées pour les narcotrafiquants,
31:40je m'y retrouve complètement.
31:42Je pense que c'est important de ne pas recommencer des drames
31:46comme celui qu'on avait eu d'une personne qui était en prison
31:50qui commanditait des attaques à main armée depuis sa prison.
31:54Personne n'a envie de voir ça.
31:56Donc qu'il puisse y avoir pour des détenus particulièrement dangereux
31:59des quartiers où on accueille ces détenus dangereux,
32:04ça va de pair aussi avec sans doute une formation spécialisée
32:09dans l'administration pénitentiaire avec l'anonymat.
32:12Au milieu de la jungle, j'ai cru comprendre qu'Emmanuel Macron lui-même
32:15avait trouvé que c'était un peu gadget, un coup de com'.
32:17Voilà, Emmanuel Macron a eu l'occasion de dire ce qu'il en pensait.
32:20Et vous, vous pensez que quand vous voyez ce que dit Gérald Darmanin,
32:23ce que dit Gabriel Attal, vous vous dites
32:26c'est le concours lépine de celui qui aura la proposition la plus dure.
32:29Vous vous retrouvez là-dedans ?
32:31Vous aurez compris que mon tempérament, c'est plutôt de réfléchir à des propositions.
32:37Je vous dis, on est quand même dans un moment
32:40où il y a beaucoup de désarroi chez les Français.
32:43Il y a beaucoup d'inquiétudes et on peut le comprendre
32:46parce qu'on va de crise en crise.
32:48Et je pense que les Français peuvent douter de notre capacité
32:53à faire que demain ils vivent mieux et que leurs enfants vivent mieux qu'eux.
32:57Donc je crois que dans ce contexte, notre responsabilité,
33:01ma conception de la politique, c'est de travailler sur des mesures sérieuses,
33:06de pouvoir prendre le temps du débat
33:08et de savoir apporter des réponses convaincantes à nos concitoyens.
33:12L'un de vos anciens ministres, Marc Fesneau,
33:14président du groupe Modem à l'Assemblée nationale,
33:16que vous connaissez bien, dans la Tribune Dimanche,
33:18explique qu'on en vient à porter les thèses de la droite et de l'extrême droite.
33:21Il s'alarme ? Est-ce qu'il met carrément les pieds dans le plat ?
33:24Est-ce que vous êtes d'accord avec cette déclaration ?
33:28Je pense, je vous le dis, qu'il faut faire un travail…
33:33Je mesure l'urgence et l'attente de nos concitoyens.
33:37Je pense que face à cette inquiétude, à ce désarroi,
33:42ça nous invite encore davantage à proposer des mesures
33:47qui soient efficaces, crédibles, solides,
33:50et c'est ce à quoi moi je m'emploierais.
33:52Mais est-ce que c'est sur la pente ?
33:53Est-ce que le Bloc central est sur la pente de l'extrême droitisation,
33:56comme le dit Marc Fesneau ?
33:57Vous vous dites non, c'est une demande des Français,
33:58après tout il y a une demande d'autorité, etc.
34:00Oui, mais il y a certainement une demande d'autorité
34:02et il faut y répondre par des mesures bien étudiées,
34:06solides, sérieuses.
34:07Mais est-ce que certains dans votre Bloc courent derrière
34:09le Rassemblement national ?
34:10Je ne pense pas que certains dans mon Bloc courent derrière
34:13le Rassemblement national.
34:14C'est des mesures droitières, on s'approche plus vers la droite
34:16que de la gauche dans votre Bloc.
34:17Je pense que face à des sujets qui interpellent les Français,
34:22évidemment il faut y apporter des réponses.
34:24Et parfois il y a des réponses qui peuvent apparaître simples,
34:28mais qui ne sont pas réalistes, qui ne sont pas efficaces.
34:31Vous ne vous sentez pas trahi par cette course à droite ?
34:33La famille à laquelle j'appartiens, en 2017,
34:39elle s'est définie justement par le recul de solutions.
34:43Elle existe encore ?
34:44Non, je vous assure qu'elle existe et que je me battrai
34:47pour qu'elle continue à exister et qu'elle soit en mesure
34:50de l'emporter en 2027.
34:51À part vous, il y a qui ?
34:52Non, je ne vais pas vous faire la liste, mais je pense
34:54qu'on est nombreux.
34:55Moi, je ne les vois pas, personnellement.
34:57Mais on est nombreux à vouloir garder cet esprit,
35:00c'est-à-dire sortir du clivage et d'alternance droite-gauche
35:04qui, je pense, a été délétère pour notre pays,
35:07représenter une force centrale qui peut trouver des compromis
35:11avec la droite républicaine, avec la gauche modérée.
35:14Vous savez, quand j'étais Premier ministre,
35:16on a fait voter des dizaines de textes en trouvant des compromis
35:19avec la droite républicaine ou avec la gauche modérée.
35:22Je pense que c'est comme ça que notre pays pourra avancer.
35:24La porte-parole de votre gouvernement dit cette semaine
35:26que le macronisme trouvera, je cite,
35:28probablement une fin dans les mois qui viennent.
35:30C'est acceptable ?
35:31Je crois qu'elle a eu l'occasion de s'excuser, non ?
35:33Je crois qu'elle ne s'est pas excusée.
35:35Il n'est pas trop tard.
35:36Il n'est pas trop tard.
35:37Vous lui demandez des excuses ?
35:39Je pense qu'elle est nommée par le Président de la République,
35:41comme nous tous.
35:42Et donc ?
35:43Je pense que dans ce cas-là, c'est important de respecter
35:46la personne qui vous a nommée.
35:47Ou de partir ?
35:49Ce n'est pas à moi d'en décider, mais je pense que c'est important,
35:52d'abord dans la forme, c'est en effet quelque chose
35:55que je trouve choquant, de porter des propos de cette nature.
35:58Et par ailleurs, sur le fond, moi je me battrais,
36:01et avec beaucoup d'autres, je pense,
36:04pour que cette force qu'a incarnée Emmanuel Macron
36:08en 2017 et en 2022, évidemment existe, garde son cap
36:14et soit en mesure de remporter les prochaines élections.
36:16Mais quand on voit par exemple que Gabriel Attal a été élu
36:18avec 8 500 adhérents, que Bruno Retailleau
36:21a compté dans les rangs des Républicains,
36:23en tout cas pour ce vote, près de 120 000 adhérents,
36:25est-ce que vous ne dites pas que c'est la preuve
36:26de la fin du macronisme ?
36:28On n'a pas la même tradition, notamment vous savez
36:31qu'au départ, on n'avait pas de carte payante
36:35chez Renaissance.
36:36Oui, c'était des sympathisants, il y a des adhérents maintenant.
36:38C'est un mouvement qui est beaucoup plus jeune.
36:40Je n'ai pas de doute qu'il y a beaucoup de nos concitoyens
36:43qui attendent des réponses solides, sérieuses,
36:48qui ne rentrent pas dans les vieilles idées
36:51qu'on peut porter depuis des décennies,
36:53la suppression de l'AME d'un côté,
36:55la régularisation de tous les sans-papiers de l'autre,
36:58qui veulent des réponses sérieuses,
37:00construites, efficaces, parce que les problèmes,
37:03les défis auxquels on est confrontés le méritent.
37:05Le macronisme en 2017, c'était Emmanuel Macron,
37:08ça a été Emmanuel Macron pendant ses deux mandats.
37:10C'est qui demain le macronisme ?
37:12Qui va porter cette force-là à vos yeux ?
37:14Qui peut rassembler dans les années à venir ?
37:16Je pense qu'il est trop tôt pour le dire.
37:18Ce dont je suis certain, c'est que notamment,
37:21vous voyez le modem qui porte cette position
37:25depuis des années continue à exister.
37:28Et je vous dis, je pense qu'on est nombreux
37:30à vouloir porter ce message,
37:34l'incarnation de ce bloc central,
37:37de ce bloc central qui, je pense,
37:40joue un rôle déterminant dans notre vie politique
37:43pour qu'on ne retombe pas dans ce travers
37:46de l'alternance droite-gauche.
37:47Justement, pour déterminer l'identité
37:50de la personne capable de porter ce message en 2027,
37:53est-ce qu'il ne faut pas une primaire ?
37:56Écoutez, je dis que c'est trop tôt.
37:59C'est trop tôt pour se poser ce genre de questions.
38:03On verra le moment venu.
38:04Ce dont je suis certaine, c'est qu'il faut
38:06d'abord travailler sur un projet,
38:08sur un projet solide, sérieux.
38:10Bruno Retailleau va travailler le projet côté LR.
38:12Très bien. Et bien, travaillons avec
38:15toutes les composantes du bloc central
38:17pour avoir une réponse convaincante.
38:19Bloc central avec LR ou ?
38:21Non, je parle du bloc central.
38:22Et je ne crois pas que LR...
38:24Il travaille, Gabriel Attal,
38:25quand on vient d'évoquer ses propositions,
38:26il travaille à un projet commun
38:28ou il travaille à son propre projet
38:29pour la présidentielle ?
38:30Il travaille avec les militants de Renaissance.
38:33Je pense que c'est important
38:35qu'il puisse y avoir du débat dans notre parti
38:37quand on met des propositions sur la table,
38:39pas simplement dans leur construction,
38:41mais dans l'adoption ou non
38:44de certaines propositions,
38:45qu'il puisse y avoir des débats.
38:46Renaissance, aujourd'hui, c'est l'écurie présidentielle
38:48de Gabriel Attal ?
38:49Écoutez, moi, je ne vais pas rentrer dans ces débats.
38:51En tout cas, vous regardez la tribune dimanche ce matin,
38:52on disait, il y en a déjà beaucoup qui s'y voient
38:54pour la prochaine élection présidentielle.
38:57Voilà, la grande bataille titre la tribune dimanche.
39:00Gérald Darmanin, Bruno Retailleau,
39:01Édouard Philippe, Gabriel Attal,
39:03Madame la Première ministre Comte,
39:04vous les voyez tous les quatre.
39:05Est-ce que vous ne vous dites pas...
39:08Qu'il y a un petit problème de sexisme en politique ?
39:10Vous entendez, Patrick Juvet, où sont les femmes ?
39:13Où sont les femmes, Elisabeth Born ?
39:15Oui, mais je vous confirme qu'en politique,
39:17vous savez, j'ai écrit un excellent livre sur le sujet,
39:19il y a beaucoup de sexisme.
39:21Et que les hommes se mettent davantage en avant,
39:24c'est quelque chose qu'on vérifie.
39:26Si j'osais, je vous dirais que ça se voit dès le CP.
39:28Ceux qui lèvent la main, c'est les garçons.
39:30Est-ce que vous, vous avez dit, on va peser,
39:32vous, quelle place vous comptez prendre
39:34dans ce débat pour 2024 ?
39:36Est-ce que vous serez présente dans ce débat ?
39:38Mais très certainement, je serai présente
39:40dans ce débat, parce que vous aurez compris
39:42que je me suis engagée en 2017
39:44et que j'avais une vie avant.
39:46En l'occurrence, j'étais PDG d'une très belle
39:48entreprise publique. Je me suis engagée en politique
39:50parce que je crois fondamentalement
39:52à ce qui a été porté par Emmanuel Macron en 2017.
39:54Et donc, je continuerai à me battre
39:56pour qu'on reste sur ce cap,
39:58sur cette ligne d'une force centrale
40:01qui ne s'enferme pas dans des dogmes du passé
40:04et qui propose des réponses efficaces
40:06à nos concitoyens.
40:08Est-ce qu'on vous la laisse cette place ?
40:10Est-ce que ces quatre hommes que l'on voit ici
40:12à la une de l'attribution, je vous laisse cette place
40:14pour jouer un rôle pour 2027 ?
40:16En politique, on vous laisse rarement votre place.
40:18Comment vous allez la gagner cette place ?
40:20On vous laisse rarement votre place.
40:22Il faut être combatif et aussi trouver sa place,
40:24prendre sa place.
40:26Est-ce que, quand on vous entend dire
40:28je vais prendre place dans ce débat pour 2027,
40:30est-ce que ça veut dire que vous n'excluez pas
40:32vous-même d'être éventuellement candidate ?
40:34Je ne vais pas rentrer là-dedans
40:36parce que là, on a déjà un tel embouteillage
40:38que je pense qu'il est temps de se poser,
40:40de parler d'idées,
40:42de parler de projets,
40:44de parler aussi de la façon
40:46dont cette famille du centre
40:48peut se rassembler,
40:50donc je pense qu'on en est là.
40:52Mais est-ce que vous, vous excluez de porter vos idées dans le débat ?
40:54Je ne vais pas rentrer dans ce débat.
40:56Plus globalement, dimanche dernier,
40:58Bruno Retailleau a été élu président des Républicains.
41:00Depuis, certains sondages montrent
41:02un engouement peut-être
41:04temporaire pour la personnalité
41:06et la figure de Bruno Retailleau.
41:08Est-ce que sa vision
41:10de la société française est la vôtre ?
41:12Non, mais je pense que vous savez,
41:14on a eu l'occasion, en différentes circonstances,
41:16d'échanger
41:18avec Bruno Retailleau, par exemple,
41:20il m'avait envoyé un gentil message
41:22quand j'ai quitté Matignon, je lui en ai envoyé
41:24un quand il a été nommé ministre de l'Intérieur,
41:26pour se dire qu'on ne partage pas
41:28les mêmes idées mais qu'on se respecte.
41:30Vous pourriez voter pour lui ?
41:32Je vous dis que ce n'est pas le candidat
41:34de la famille du Centre que je défends.
41:36Il doit y avoir un candidat de la famille du Centre ?
41:38Je le souhaite absolument.
41:40Oui, absolument.
41:42En tout cas, ce qu'on voit dans ce débat, c'est que...
41:44Voir une candidate ?
41:46Vous ? On ne le sait jamais !
41:48Oui, vous dites, je ne vais pas répondre.
41:50Vous ne répondez pas et en même temps, vous répondez un petit peu.
41:52Vous le souhaitez ou pas ?
41:54Vous savez, peut-être,
41:56je ne raisonne pas comme ceux qui disent
41:58je suis candidat, on verra quel est le projet.
42:00Je dis voyons le projet, essayons de rassembler
42:02le plus largement possible et on verra qui est le candidat.
42:04Mais donc, vous ne l'excluez pas ?
42:06Dans le principe, je ne vois pas
42:08pourquoi je l'exclurais.
42:10Est-ce que quand on monte les marges de Matignon,
42:12comme le disait Georges Pompidou, on pense déjà à celle de l'Elysée ?
42:14Non, mais c'est vraiment, peut-être,
42:16une différence de fonctionnement entre les femmes
42:18et les hommes. Moi, je suis
42:20dans une fonction, j'essaye de l'exercer
42:22au mieux et je ne suis pas
42:24en train de me demander ce que je ferai le lendemain.
42:26Alors, on voit que se dresse déjà
42:28la perspective de la fin du mandat d'Emmanuel Macron,
42:30mais il y a encore deux ans et l'un des dossiers phares,
42:32on l'évoquait sur le respect de la sécurité,
42:34c'est évidemment cette question de l'éducation
42:36qu'on a déjà beaucoup évoquée et Emmanuel Macron
42:38a décidé justement de lancer une convention
42:40citoyenne, notamment sur les rythmes scolaires.
42:42Il en a parlé depuis près d'un an et demi en disant ce qu'il faut réduire,
42:44notamment les vacances. Première question,
42:46est-ce que cette question des rythmes scolaires
42:48qui concernent quasiment tous les Français qui nous regardent
42:50notamment ce matin, ça pourrait être
42:52une question posée dans un référendum ?
42:54Pourquoi pas ?
42:56Je pense que déjà, là, on a
42:58une convention citoyenne qui est en train
43:00de se mettre en place. Vous l'avez
43:02pointé, c'est quelque chose qui concerne
43:04tout le monde. D'abord, en premier lieu,
43:06les jeunes, les enfants,
43:08leurs parents, leurs grands-parents,
43:10ça concerne évidemment
43:12les collectivités locales qui organisent le péri-scolaire,
43:14ça concerne beaucoup d'acteurs économiques.
43:16Est-ce que ce n'est pas aux Français de choisir justement ?
43:18On verra, laissons déjà la convention
43:20citoyenne travailler.
43:22La commission
43:24d'enquête sur
43:26les sévices
43:28subis par les élèves
43:30de l'école de Bétharame
43:32a eu lieu.
43:34Est-ce que, d'abord, vous savez
43:36gréer aux travaux qui ont
43:38eu lieu durant cette commission
43:40d'enquête, qui a interrogé
43:42le Premier ministre François Bayrou
43:44pendant plus de cinq heures. Qu'est-ce que vous avez
43:46tiré ? Vous savez, sur le principe,
43:48je pense que cette commission d'enquête,
43:50elle a permis de mettre la lumière
43:52sur des drames
43:54qui étaient
43:56ignorés
43:58depuis
44:00des décennies. Elle a permis
44:02de libérer la parole.
44:04Elle a accompagné la libération
44:06de la parole, on va dire,
44:08des anciens élèves de Bétharame
44:10qui avaient enclenché Alain Esquerre
44:12et la lumière
44:14qui a été mise sur ces drames
44:16qui se sont produits à Bétharame a conduit
44:18dans des dizaines
44:20d'autres établissements à ce que
44:22des collectifs d'anciens
44:24élèves, de victimes, se constituent
44:26et je pense qu'on en est
44:28au début. Mais moi, je peux
44:30vous dire que je vois des dizaines
44:32d'établissements où
44:34des associations de victimes, des
44:36collectifs se sont constitués
44:38et ont pu dire ce qu'ils n'avaient
44:40pas réussi à dire depuis des décennies.
44:42Et cette libération de la parole,
44:44cette libération de la parole,
44:46elle est fondamentale parce qu'elle va
44:48permettre que la justice passe, même
44:50si, malheureusement, il y a beaucoup
44:52de faits qui sont prescrits. Et puis, elle va poser
44:54la question de l'indemnisation
44:56des victimes. Et donc, je pense que c'est
44:58très important. Et puis, elle m'a aussi
45:00conduit...
45:02Alors,
45:04il y a des dizaines d'établissements
45:06dans lesquels il y a
45:08des associations de victimes qui se
45:10sont constituées et qui
45:12déposent plaintes. Vous pensez qu'il y en a d'autres
45:14qui n'ont pas encore été identifiées aujourd'hui ?
45:16Vous savez, si vous reprenez
45:18le rapport qui avait été fait
45:20par la SIAV, la commission
45:22d'information sur les abus sexuels
45:24dans l'église,
45:26c'est des centaines de milliers,
45:28leur évaluation, c'est qu'il y a eu des centaines
45:30de milliers de victimes. Et
45:32Jean-Marc Sauvé, qui présidait cette commission,
45:34a dit qu'un tiers
45:36pouvait concerner l'école.
45:38Donc, je pense
45:40qu'on aura encore beaucoup
45:42de prise de parole, de libération
45:44de la parole. Je pense que c'est une excellente
45:46chose. Ensuite, ma responsabilité,
45:48à moi, c'est évidemment d'agir
45:50et c'est pour ça que
45:52dès le 14 février,
45:54j'ai demandé un contrôle sur Bétharame
45:56et c'est pour ça que, mi-mars,
45:58j'ai présenté un plan
46:00qui s'appelle Brisons le silence,
46:02agissons ensemble. L'objectif,
46:04c'est que ça ne soit plus possible
46:06ni dans les établissements publics
46:08ni dans les établissements privés.
46:10Donc, c'est une remontée
46:12systématique de tous les faits de violence.
46:14C'est l'accompagnement
46:16de la libération de la parole, notamment
46:18par des questionnaires pour les internats
46:20et les voyages scolaires.
46:22C'est également des
46:24contrôles renforcés. 1000 contrôles
46:26cette année dans des établissements privés
46:28sous contrat. On en avait quelques
46:30unités par le passé.
46:32Est-ce que vous essayez de prendre un taxi ces derniers jours ? C'est pas évident,
46:34question d'actualité, Anthony Lemoyne. Oui, on a vu
46:36ces nombreux taxis qui se mobilisent
46:38dans la rue, bloquent certaines autoroutes.
46:40Hier, François Bayrou les a reçus
46:42en réunion au ministère des Transports.
46:44Il a promis aux taxis qu'il allait revoir en quelque sorte
46:46cette nouvelle convention qui modifie
46:48le mode de rémunération pour
46:50les taxis conventionnés des transports
46:52de patients. Que doit faire l'État
46:54pour calmer cette colère ?
46:56Alors, vous savez, c'est un secteur que je
46:58connais bien, parce qu'il se trouve que j'ai été
47:00ministre des Transports dans une vie antérieure.
47:02Je pense qu'il y a deux sujets
47:04et c'est peut-être ce qui complique un peu le débat.
47:06C'est à la fois la concurrence avec les VTC,
47:08c'est pas un sujet nouveau, et puis la convention
47:10de l'assurance maladie. Vous savez, c'est 6 milliards
47:12par an, les transports sanitaires,
47:143 milliards pour les taxis
47:16et on demande une économie, je crois,
47:18de 250 millions. Donc j'ai pas de doute
47:20J'ai pas de doute
47:22si on se passe à chaque fois de toutes les économies
47:24qu'on met sur la table, à un moment donné
47:26on aura du mal à faire 40 milliards d'économies.
47:28Donc il faut maintenir, comme dit Sophie Prima.
47:30Je pense qu'il y a
47:32peu de doute sur le fait que
47:34on doit pouvoir
47:36sans heurter des taxis, trouver 250
47:38millions d'économies sur 3 milliards
47:40qu'offrent les taxis.
47:42Discutons avec eux
47:44parce qu'il y a des abus qui existent
47:46et c'est contre ça qu'on doit lutter.
47:48Merci beaucoup Madame la Première ministre d'avoir été notre invitée ce matin.
47:50Merci Jules, merci Anthony.
Commentaires