00:00Moi je suis assez choquée depuis le début parce que je trouve que sur l'Ukraine, le président de la République a su réagir très fortement dès le début.
00:09Que sur les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre, la France aussi a su condamner de manière quasi instinctive cette attaque et c'était très bien de le faire.
00:17Mais alors qu'est-ce qui se passe à Gaza ? Pourquoi on n'y arrive pas ?
00:20Quelque part ce qui est en jeu à Gaza, c'est l'image que l'humanité se fait d'elle-même.
00:25C'est ça qui est en jeu. Parce qu'il y a déjà eu 50 000 morts, il y en a eu 1 400 de plus depuis la fin du cessez-le-feu.
00:31Et on est en train d'affamer un territoire entier, un peuple entier.
00:37De l'affamer, de le faire mourir par la famine, par la privation de nourriture puisque les camions d'aide sont là et qu'Israël refuse de les laisser entrer.
00:44Et donc je suis extrêmement choquée, meurtrie par cela.
00:48Beaucoup de personnes qui s'identifient à la Palestine ne comprennent pas, quand on se joue derrière l'Occident, même les pays entiers ne comprennent pas ce que fait l'Occident et ce que fait la France.
00:58Donc oui, c'est un génocide.
01:00Oui, c'est un génocide.
01:01Le président a eu du mal à prononcer ce mot.
01:03Mais je le comprends parce que si alors il reconnaît que c'est un génocide, il s'auto-incrimine pour...
01:07Il y a un débat sur cette question.
01:08Il s'auto-incrimine du coup sur le fait qu'ils n'agissent pas et donc sur sa complicité potentielle.
01:13Un risque génocidaire.
01:15Oui, quand il y a un risque génocidaire, alors au moins qu'ils disent « risque génocidaire ».
01:19Il a dit ni l'un ni l'autre.
01:20Mais en Espagne, par exemple, ils ont dit qu'ils ne pouvaient plus commercer avec un état génocidaire.
01:25La maire d'Amsterdam arrive à parler de génocide.
01:27Vous, au pouvoir, vous feriez la même chose ?
01:29Mais écoutez, on ne peut pas laisser ça...
01:31En fait, moi, je peux comprendre qu'on dise que c'est la justice pénale internationale qui reconnaîtra à la fin.
01:36mais à la fin, ce sera fini.
01:38Et donc, on va laisser se dérouler ça sous nos yeux sans rien faire.
01:40Quelles mesures vous prenez, vous, présidente de la République ?
01:42Les accords de coopération avec Israël qu'on laisse se dérouler, les échanges commerciaux.
01:46À un moment, il faut passer aux échelons, aux étapes supérieures.
01:48Vous suspendez tout ça ?
01:49Il faut monter parce que, vraiment, là, on a l'impression qu'on est impuissant.
01:53Et franchement, ça donne une impression de double standard, de deux points de mesure qui est assez écœurante, je le dis.
01:58Donc, je suis à la fois meurtrie et dans une incompréhension totale.
02:04Je vois qu'en France, le débat commence à bouger.
02:06Et que des voix, le rabbin Orvilleur notamment, commence à prendre la parole pour dire
02:10« En fait, ça devient insupportable, il faut s'arrêter ».
02:12Et vous savez, c'est comme ça depuis le début.
02:14Il y a eu de grandes manifestations dans le pays sur des causes où on se dit
02:17« Allez, par-delà, les partis politiques rassemblent-nous ».
02:19Sur l'antisémitisme, par exemple, quand les Juifs de France ont tiré la sonnette d'alarme.
02:24On dit « On a peur, on enlève les mésosidas de nos portes et on a peur en conduisant nos enfants à l'école ».
02:29D'un seul homme, il fallait se lever.
02:31Et je suis allée à cette manifestation où j'ai pu être qualifiée de serpillère, du Hamas, de je ne sais quoi.
02:36Où il y avait l'extrême droite, on était accusé de manifester avec eux.
02:38Peu importe, l'antisémitisme, c'est une cause plus élevée que tout le reste.
02:42Mais alors, le soutien au peuple palestinien.
02:44Le fait de ne pas laisser faire, même si vous parlez de risque génocidaire et moi de génocide.
02:48Enfin, à la fin, on ne va pas faire un débat sémantique.
02:50Il y a des enfants qui crèvent et qui vont mourir de faim, semaine après semaine, à Gaza.
02:53Et alors, on fait quoi ?
02:54On a été incapables de faire, comme à New York, à Londres, à Amsterdam,
02:57des marches avec des dizaines de milliers de personnes dans ce pays pour soutenir le peuple palestinien.
03:02Et il y a différentes raisons à cela que j'ai bien en tête et que je n'oublie pas.
03:05Et je pense qu'on a un vrai problème dans ce pays, oui, sur ce conflit.
03:07On n'arrive pas à l'adresser correctement et avec sérénité.
03:10Mérite-t-on de laisser...
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