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  • il y a 8 mois
Sidi Ould Tah, un leader pour réformer la BAD ?

À l'approche des élections pour la présidence de la BAD, prévues pour le 29 mai à Abidjan, l'un des candidats notables est Sidi Ould Tah, ancien ministre mauritanien et ancien directeur général de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA).

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Transcription
00:00Bonjour et bienvenue à tous dans cette interview exclusive.
00:19Qui sera le prochain président de la Banque africaine de développement ?
00:23Eh bien, peut-être mon invité, le docteur Sidi Houlthard, ancien ministre mauritanien, économiste chevronné.
00:31Il a fait de la Badeya une institution performante et ambitieuse.
00:35Mais quelle est sa vision pour la Bade ?
00:37Docteur Sidi Houlthard, merci pour votre temps.
00:40Merci.
00:40J'aimerais commencer de façon très simple.
00:43Il y a cinq candidats en lice, dont vous-même.
00:46Pourquoi êtes-vous le meilleur choix ?
00:48D'abord, je reconnais les qualités des autres candidats qui sont tous aptes à diriger notre institution panafricaine.
00:56Je pense que ma candidature a en particulier le fait que j'ai dirigé pendant les dix dernières années
01:03une institution assez similaire à la Bade, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique.
01:10Et donc, je n'ai pas besoin d'un temps d'apprentissage.
01:12Grâce au réseau de relations que j'ai tissé, je peux réellement faire profiter la Banque africaine de développement
01:19de ce réseau de relations qui devrait contribuer à la réalisation d'une plus grande mobilisation de ressources pour le continent.
01:29À travers mes déplacements dans tous les pays africains et surtout dans les contrées les plus réculées,
01:35j'ai une très fine connaissance des problèmes auxquels font face les pays africains
01:41et surtout des attentes des populations et des attentes de leur gouvernement.
01:45Lors d'une récente conférence de presse, vous avez évoqué quatre grands axes assez ambitieux
01:49pour sortir notre beau continent du sous-développement et de sa dépendance aux importations.
01:54Est-ce qu'on peut voir avec vous brièvement ces grands axes ?
01:58Les quatre points cardinaux de ma vision sont l'augmentation substantielle du volume de financement,
02:05donc faire de chaque dollar 10 dollars, la réforme de l'architecture financière africaine
02:13pour une meilleure synergie entre les différentes institutions financières africaines,
02:17la transformation des dividendes démographiques, donc un acteur de prospérité,
02:23et bien sûr la création de plus de valeurs ajoutées avec des infrastructures résilientes.
02:30Pour faire tout ça, bien évidemment, il faut une bonne connectivité entre les États africains.
02:35Ces dernières années, on a beaucoup évoqué la ZLECAF, la zone de libre-échange africaine.
02:40Le projet tarde encore. Quel est votre regard là-dessus ?
02:42Je pense que sur le plan institutionnel, les choses ont bien avancé.
02:46Maintenant, il faudrait que la Banque africaine de développement et tous ses partenaires
02:51travaillent sur les autres obstacles qui freinent la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale.
02:57En particulier, les infrastructures.
02:59Aujourd'hui, pour déplacer un conteneur de Mombasa au Kenya, à Dakar, au Sénégal,
03:03l'unique voie, c'est la voie maritime.
03:05Nous devons être capables de le faire par voie terrestre, à travers des corridors,
03:11avec des chemins de fer et pourquoi pas des voies navigables.
03:14Nous devons aussi électrifier le continent africain pour permettre de développer une industrie africaine
03:20capable de transformer les matières premières africaines et créer plus de valeurs ajoutées.
03:25Je pense qu'il y a eu des avancées au niveau du système de paiement,
03:27avec le PAPS qui a été mis en place par l'Afrique Zimbank, le système de paiement africain.
03:33Je pense aussi qu'avec les interventions d'Africa 50 pour des postes transfrontaliers
03:39qui vont permettre d'accélérer les processus et les procédures de transit, nous avons fait des avancées.
03:46Il reste aujourd'hui à mettre l'accent sur le développement des infrastructures et sur la facilitation du commerce.
03:54Nous avons sur le continent plusieurs zones de libre-échange régionales.
03:58Pourquoi ne pas optimiser ces zones-là avant d'évoquer la ZLECAF ?
04:02La ZLECAF, c'est l'objectif ultime.
04:05Mais bien sûr, nous pouvons utiliser les groupements régionaux pour renforcer et accélérer la mise en œuvre de la ZLECAF.
04:12La Banque africaine de développement est appelée à jouer un rôle beaucoup plus actif dans la réalisation de cet objectif continental.
04:20Nous sommes à l'heure du changement climatique qui est un enjeu global.
04:24Pour beaucoup, c'est impossible de répondre à ce problème d'industrialisation sur le continent avec de l'énergie verte.
04:31Est-ce que vous partagez cet avis ? Est-ce que c'est faisable ?
04:35Vous savez, l'Afrique est très riche en matière de sources d'énergie.
04:40Donc, c'est un mix énergétique dont l'Afrique a besoin pour développer ses économies.
04:45Et bien sûr, l'Afrique pourrait utiliser toutes sortes d'énergie dont elle dispose.
04:51Et l'Afrique est le continent qui contribue le moins aux émissions de gaz à effet de serre.
04:58C'est pourquoi la question du climat est un axe transversal dans ma vision pour la Banque africaine de développement.
05:04Face à l'enjeu de la dette, avec vous à sa tête, comment la BAD peut aider à donner des investissements tout en gérant ce problème-là ?
05:13Il est évident que les investissements directs étrangers constituent une alternative importante pour le financement des infrastructures.
05:21Et comme on l'a vu en Asie, comme on l'a vu en Amérique latine, l'Afrique peut atteindre beaucoup plus d'investissements.
05:28Et pour cela, nous avons besoin de développer des mécanismes appropriés de garantie.
05:32Et l'une des idées que j'ai dans le cadre de la vision, c'est de créer une agence africaine de garantie des investissements.
05:38Quelle serait la stratégie de cette agence ?
05:40D'abord, dérisquer les investissements directs étrangers, mais aussi introduire plus de synergies entre les institutions existantes de garantie
05:51pour aider les secteurs privés et en particulier les petites et moyennes entreprises en Afrique qui font face à des obstacles pour l'accès au crédit.
06:00Qui finance la BAD ?
06:01L'ABAD a un capital qui est financé par les pays actionnaires.
06:06Donc vous avez les 81 pays, dont 54 pays africains et 27 pays non africains.
06:12Bien sûr, le groupe de la BAD comprend aussi le Fonds africain de développement qui connaît des reconstitutions périodiques par des donateurs.
06:19Aujourd'hui, on est à une phase où la banque doit réinventer son mode de financement.
06:25Et c'est pourquoi nous avons un certain nombre d'innovations financières qui devront permettre de renforcer les fonds propres de la BAD,
06:36mais aussi lui permettre d'optimiser son bilan et de pouvoir augmenter ses capacités de financement au profit du continent africain.
06:42Donc ce ne serait pas réaliste aujourd'hui de dire que la BAD peut fonctionner sans financement étranger ?
06:48La BAD est une institution multilatérale de financement et de développement.
06:52Et par définition, les institutions multilatérales de financement et de développement ont comme première source de financement le capital.
06:59Mais avec l'optimisation du bilan, avec la levée des fonds, avec les partenariats, la banque peut réellement faire de chaque dollar 10 dollars.
07:07C'est difficile de parler de développement sans sécurité.
07:10Est-ce que vous pensez que la BAD a un rôle à jouer dans l'insécurité qui règne dans certains pays africains ?
07:16La sécurité et le développement sont intimement liés.
07:19Et donc je pense que la mission de la BAD doit impérativement prendre en considération ces dimensions
07:24et particulièrement travailler sur des pays fragiles pour réellement asseoir des bases d'un développement durable
07:32qui va, ipso facto, réduire les risques de conflits et ramener la paix et la stabilité
07:38et bien sûr créer les conditions favorables au développement de ces pays.
07:41Docteur Sidi Houlta, je vous remercie.
07:44Merci beaucoup.
07:45C'est terminé pour cette interview exclusive.
07:47Merci de l'avoir regardée.
07:49Pour la visionner à nouveau, rendez-vous sur africanews.com et sur toutes nos plateformes digitales.
07:53A bientôt.
07:54Sous-titrage Société Radio-Canada
07:57Sous-titrage Société Radio-Canada
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