00:00Vous regardez quelque chose d'unique.
00:04Cette mâchoire en 3D, réalisée exprès pour cette vidéo.
00:09C'est la mâchoire d'Adolf Hitler.
00:14On a pu la modéliser grâce à des fragments authentiques de sa prothèse dentaire.
00:19Ils sont conservés à Moscou, dans les archives des services secrets russes.
00:24Derrière ces murs, sur de hautes étagères, reposent des boîtes et des fragments d'histoire.
00:31Parmi eux, un morceau de crâne et ces fameux restes de mâchoire.
00:37Selon les russes, ce sont ceux d'Hitler.
00:41Mais en plus de 70 ans, aucun chercheur indépendant n'avait pu les approcher de manière directe pour les authentifier, jusqu'à cet homme.
00:51Mon nom est Philippe Charlier, je suis médecin légiste, archéologue et anthropologue.
00:56Les services secrets russes ont accepté qu'ils pénètrent au sein de leurs archives ultra sécurisées
01:01pour résoudre l'un des cold cases les plus célèbres de l'histoire.
01:06La disparition d'Adolf Hitler.
01:09Son objectif ? Mettre un point final à des décennies de spéculations.
01:14Oui, cette étude a permis, une fois pour toutes, de clore le dossier.
01:16Du moins, une fois pour toutes, je le pensais.
01:211er mai 1945, 22h26.
01:30Attention, la radio de Hambourg va diffuser un message important.
01:34La capitale allemande est tombée.
01:55Nous sommes le 4 mai.
02:03Voilà le Führerbunker.
02:05L'abri en béton armé d'Adolf Hitler.
02:09À l'extérieur, les soviétiques inspectent chaque centimètre carré.
02:14Soudain ?
02:15Camarade lieutenant-colonel, il y a des jambes ici.
02:18En fait, là, dans ce cratère d'obus, ce sont des restes humains calcinés, sans sépulture, recouverts à l'âge d'un peu de terre.
02:28Mais à qui appartiennent-ils ? Hitler ?
02:32Pendant 70 ans, on ne sait pas trop.
02:36Les Russes entretiennent le mystère.
02:37On va y revenir plus tard.
02:40Au milieu des années 2010, un journaliste français, Jean-Christophe Brizard, veut savoir.
02:47Il se lance dans une enquête hors normes.
02:49Levez le voile sur les derniers jours d'Adolf Hitler.
02:53Pour garantir l'objectivité de ces investigations,
02:56Jean-Christophe Brizard fait appel à un expert bien particulier.
02:59Ni américain, ni russe, pour éviter des doutes sur leur neutralité, mais français.
03:06Philippe Charlier, médecin légiste, un spécialiste des énigmes médico-légales historiques.
03:13Philippe Charlier sait que cette mission ne sera pas comme les autres.
03:17J'ai beaucoup réfléchi avant d'accepter une telle mission,
03:20parce que ce n'est pas rien de travailler sur un être aussi maléfique qu'Adolf Hitler.
03:29En 2017, il se rend à Moscou, dans les archives des services secrets russes.
03:38Là, on lui tend une petite caisse.
03:42À l'intérieur, des boîtes en carton tout à fait ordinaires.
03:46Les restes de dentaires, on va dire, sont dans des anciennes boîtes à cigares,
03:51qui datent des années 50 en l'occurrence.
03:54Ce n'est pas révéré comme des reliques extrêmement importantes,
03:57ce qui me va très bien,
03:58mais ce n'est pas des conditions muséographiques, on va dire, de conservation.
04:04Je vous dirais ça, c'est dans son jus.
04:06Pour résoudre cette énigme,
04:08Philippe Charlier utilise plusieurs outils.
04:11D'abord, une loupe binoculaire.
04:14C'est pour mieux voir les détails de cette mâchoire.
04:17L'alliage métallique.
04:19Les traces d'usure des dents.
04:22Des résidus de sable.
04:23Ils proviennent du cratère où les Russes disent avoir extrait ces restes de corps enterrés.
04:28Mais il y a un autre élément qui attire l'attention du légiste.
04:33Un petit morceau de tartre dentaire.
04:36Pour percer les secrets enfouis dans ce fragment,
04:39il fait appel à la puissance du microscope électronique à balayage.
04:45Philippe Charlier place le morceau de tartre sous son faisceau d'électrons.
04:48Et là, il fait plusieurs découvertes.
04:52On s'est rendu compte, par exemple, qu'il n'y avait aucune fibre carnée.
04:55Ça veut dire aucune fibre de viande dans ce tartre dentaire.
04:59Ce qui signifie que l'individu avait un régime strictement végétarien.
05:03Et Hitler était végétarien.
05:06Autre détail révélateur,
05:07des paillettes d'argile présentes dans le tartre.
05:11Ce sont des traces de traitement gastrique.
05:14Des pansements à base d'argile pour protéger la muqueuse de l'estomac.
05:18Tout ça correspond parfaitement au dossier médical du Führer.
05:21Il souffrait de brûlure d'estomac
05:23et il se soignait avec une solution à base d'argile.
05:26Mais la preuve irréfutable
05:30qui permet de dire que ces fragments sont ceux de Hitler,
05:33c'est la prothèse dentaire.
05:35Nous l'avons réalisée en 3D.
05:39Une forme unique,
05:41d'une complexité inouïe.
05:44Le docteur Charlier a comparé cette prothèse dentaire
05:46aux radiographies du crâne d'Hitler.
05:49Ces images au rayon X
05:50avaient été réalisées en 1944
05:53après qu'Hitler eût été victime
05:55d'une tentative d'assassinat.
05:57Quand on la compare avec des radiographies
05:59faites quelques mois auparavant,
06:02on a exactement une superposition parfaite
06:04sur le plan morphologique
06:06et sur le plan de l'usure aussi.
06:09Mais tout ça ne nous dit rien
06:10des circonstances exactes de la mort du Führer.
06:13Est-il mort au combat comme l'affirmaient les nazis ?
06:16Sur ces fragments dentaires,
06:18un détail glaçant n'a pas échappé à Philippe Charlier.
06:22Des traces bleuâtres
06:23qui correspondent à l'ampoule de cyanure
06:25qu'il a croquée,
06:27qui s'est ensuite amalgamée
06:28avec le tissu métallique, si je peux dire,
06:31et qui a également fondu en partie
06:33à cause de cette carbonisation partielle
06:36et en surface du cadavre.
06:38À l'époque,
06:40la plupart des dignitaires nazis
06:41possédaient une capsule de cyanure,
06:43un poison mortel à ingurgiter
06:45pour éviter d'être capturé vivant.
06:47À Moscou, il étudie aussi autre chose.
06:53Ça tient dans une boîte.
06:55Oui, une boîte à disquettes.
06:58À l'intérieur,
06:59un fragment de crâne attribué à Hitler.
07:02Le médecin légiste a interdiction d'y toucher.
07:07Malgré cette contrainte,
07:08ce morceau d'os,
07:09le médecin légiste peut l'observer de près.
07:11C'est un pariétal gauche,
07:14une partie de pariétal droit,
07:16un petit morceau d'occipital.
07:19Un trou attire son attention.
07:21Ici, sur l'os pariétal gauche.
07:24Ça a l'aspect d'un orifice de sortie
07:25d'un projectile d'arme à feu.
07:28On n'a pas d'orifice d'entrée,
07:30en l'occurrence,
07:30mais souvenez-vous que ce crâne est incomplet.
07:33Et en revanche, la tradition dit,
07:35ou les témoins disent que c'est un tir
07:37qui était soit temporal droit
07:39pour Adolf Hitler,
07:40donc ici, avec une sortie pariétale gauche,
07:45soit un orifice qui était intrabucal,
07:49soit un orifice qui était rétro-mandibulaire.
07:54On peut exclure un tir intrabucal
07:56parce que quand on a fait l'analyse
07:57élémentaire du tartre dentaire,
08:00on ne retrouve aucun résidu de tir,
08:03aucune trace de tous les différents éléments
08:05qui sont libérés par le gaz de propulsion
08:07et par la poudre au moment du tir.
08:11Donc, si ce n'est pas un tir dans la bouche ?
08:14Le tir est soit rétro-mandibulaire,
08:16donc derrière la cavité buccale,
08:18soit ici, temporal droit ou équivalent.
08:24Alors, suicide par sien nure
08:26ou balle dans la tête ?
08:27Les analyses ne permettent pas
08:30de trancher définitivement.
08:32Pourquoi ?
08:33Parce qu'en réalité,
08:35on ne sait pas vraiment
08:36si ce fragment de crâne
08:37est bien celui de Hitler.
08:39L'idéal, évidemment,
08:40serait de comparer l'ADN
08:41extrait de la mâchoire,
08:42puisqu'on sait que c'est la mâchoire
08:43authentique de Hitler,
08:44avec l'ADN extrait
08:46de la calotte crânienne.
08:47Ça serait évidemment le plus simple.
08:49Mais c'est un examen
08:50qui ne n'a pas été possible
08:52pour nous
08:52et d'ailleurs
08:53pour aucun autre chercheur.
08:54Le Kremlin sait enfouir ses secrets.
09:00Souvenez-vous,
09:01début mai 1945,
09:04les Russes découvrent
09:05des restes calcinés
09:06près du bunker personnel de Hitler.
09:08Eh bien, les jours suivants,
09:10les médecins légistes soviétiques
09:11apportent déjà
09:12l'épreuve médicale
09:13qu'il s'agit bien
09:14des restes de Hitler.
09:16Et ça,
09:17Staline le savait.
09:19Ses espions l'informaient.
09:21Pourtant,
09:22en ce mois de mai 1945,
09:23à une délégation américaine
09:26en visite à Berlin,
09:27il suggérait que Hitler
09:29et d'autres dignitaires nazis
09:30pourraient se cacher
09:32quelque part.
09:33Au Japon,
09:35en Argentine,
09:36au Chili.
09:38Il est probable
09:39que Staline espérait
09:40épuiser les services secrets alliés
09:42dans des recherches
09:43sans fin du dictateur nazi.
09:47Depuis,
09:47des théories conspirationnistes
09:49sur la fuite d'Hitler
09:50ont alimenté les fantasmes.
09:51D'où cette question,
09:54l'étude de Philippe Charlier.
09:56Mette-elle,
09:56une fois pour toutes,
09:57un point final
09:58aux théories loufoques
09:59qui entourent la fin de Hitler ?
10:00Une fois pour toutes,
10:01je le pensais.
10:02Mais on a beau publier,
10:04on a beau donner
10:05des arguments
10:06qui sont scientifiques,
10:08eh bien,
10:08on ne peut pas empêcher
10:08les gens de fantasmer
10:10et d'imaginer,
10:10malgré tout,
10:11une survie,
10:12malgré tout,
10:13de nouvelles archives
10:14qui vont révéler
10:15telle ou telle chose.
10:16Donc,
10:16c'est la même chose
10:17pour Alexandre le Grand,
10:18c'est la même chose
10:19pour Louis XIV peut-être,
10:21Napoléon,
10:22bien évidemment,
10:22Louis XVII,
10:23voilà,
10:24et Jeanne d'Arc.
10:25En fait,
10:25je pense qu'on a du mal
10:26à imaginer
10:27qu'un personnage historique
10:28puisse mourir
10:30normalement.
10:31de la fin de la fin
10:35de la fin
10:36de la fin
10:36Sous-titrage MFP.