00:12On ne va pas le chanter, parce qu'on n'est pas très bon.
00:13On va entendre un peu de musique avec Christophe.
00:16Donc Renaud, vous avez 38 ans, joyeux anniversaire aujourd'hui.
00:20Vous êtes le cofondateur de Boarding Ring, une entreprise qui est née en 2015.
00:25Philippe, quand une entreprise est née en 2015, ça fait 10 ans, on parle encore de start-up ou pas ?
00:29Vous, l'investisseur ?
00:30Moi, je ne considère plus que c'est une start-up.
00:32Mais en 2015, c'est une vieille start-up maintenant.
00:36C'est une vieille start-up, en fait, on est passé par des hauts et des bas.
00:42Vous allez en parler.
00:43On a eu des gros problèmes pendant le Covid, ça a quasiment refait un retour à zéro pour nous.
00:48Il y a eu un redémarrage.
00:50Donc en 2015, ce n'est pas la bonne date.
00:51Et c'est pour ça que vous êtes parmi nous ce soir, Renaud, parce qu'il y a eu un redémarrage.
00:55Donc c'est aussi un petit peu une start-up.
00:56C'est avant tout un projet familial avec votre père à la tête de ce projet.
01:00Exactement.
01:01L'histoire est assez simple.
01:04Mon père a beaucoup travaillé à créer une nouvelle approche sur le mal des transports.
01:09Et avec mon frère, on s'est assemblés autour de cette idée pour créer une entreprise.
01:14Mais racontez-nous, votre père, il est philosophe.
01:16Ce n'est pas un ingénieur scientifique.
01:18Non, mais c'est ça qui est extraordinaire.
01:20C'est qu'à la base, c'est un philosophe.
01:21C'est exactement ça.
01:23Lui, ce qu'il aime, c'est comprendre l'humain, comme tout philosophe, et savoir comment l'humain appréhende son environnement.
01:30Comment l'humain est capable de voir quelque chose de stable alors que tout bouge, absolument tout bouge.
01:34On bouge, l'environnement bouge.
01:36Et pourtant, on voit des choses qui sont stables.
01:38Et ça, ça met en œuvre tout un tas de sens et de mécanismes.
01:43Et c'est en étudiant tout ça qu'il s'est aperçu qu'on arrivait à mettre en jeu plusieurs sens en même temps
01:51et que ces sens étaient censés se corréler.
01:54Et là, on est encore très loin du mal des transports.
01:58Ça arrive.
02:00L'œil et l'œil interne travaillent en permanence ensemble pour voir des choses
02:03et pour comprendre qu'est-ce qui bouge ou est-ce que c'est nous qui bougeons ou non.
02:06Et de temps en temps, il y a des situations où ces deux informations ne sont plus corrélées.
02:12L'œil et l'œil interne ne disent plus la même chose.
02:14Typiquement, c'est ce qu'il arrive quand on est dans la voiture en train de lire un livre,
02:18en train de regarder son téléphone.
02:20L'œil dit « Ah ben non, ici, ça ne bouge pas. »
02:22Alors que l'œil interne dit « Si, si, ça bouge, puisqu'on est dans une voiture. »
02:25Mais c'est pour ça qu'il ne faut pas trop lire, regarder le téléphone quand on est en route.
02:27À ce moment-là, lorsque l'œil dit « Ça ne bouge pas » et l'œil interne dit « Ça bouge »,
02:31c'est ce qu'on appelle le mal des transports.
02:33Le cerveau ne sait pas bien réagir à cette situation.
02:35Et il tire toutes les sonnettes d'alarme à disposition.
02:39Sueurs, nausées, etc.
02:41On est malade, on a le mal des transports.
02:43Alors, ça arrive dans la voiture, mais ça arrive aussi en train, en avion, en bateau.
02:46C'est vraiment le mal des transports.
02:47Mais comment, face à ce constat, votre papa qui est philosophe se dit « On va monter une start-up ».
02:52L'idée de la start-up, elle vient de lui ou elle vient de vous et de votre frère ?
02:56Alors, notre père, il a trouvé une solution.
02:58En fait, c'est une approche originale.
03:00Lorsqu'il s'intéresse à ce sujet, tout le monde s'intéresse à l'oreille interne.
03:04Le but du jeu, c'est de mettre une fermeture éclair sur la bouche de l'oreille interne.
03:09L'oreille interne, on l'assomme à grands coups de médicaments et on lui dit « Stop, arrête de parler ».
03:13Et ça marche à peu près, mais c'est extrêmement désagréable.
03:16Lui, il va prendre le problème à contre-pied.
03:17Désagréable parce qu'on est vaseux, parce qu'on n'est pas bien.
03:20On va somnoler, ça va nous donner tout un tas d'effets secondaires vraiment pas très agréables.
03:25On contre-carre ça en mettant un petit peu de caféine dans le médicament pour nous réveiller,
03:29mais en même temps, ça nous en sauve.
03:30C'est vraiment pas très agréable.
03:34Notre père, avec Antoine, qui dirige la société avec moi,
03:38il décide de prendre le problème de l'autre côté.
03:41Au lieu d'enlever des informations, on va en rajouter et on va en rajouter à l'œil.
03:45En fait, on va donner à voir du mouvement.
03:48Et c'est là que débute le projet Boarding Ring.
03:52L'œil va pouvoir avoir des informations de mouvement qui sont cohérentes avec l'oreille interne.
03:55Et c'est là où, vous, avec votre profil d'ingénieur, vous entrez dans le jeu ?
04:00Pas tout à fait encore.
04:01Pas encore, d'accord.
04:02Là, moi, je suis encore assez jeune quand ça se déclenche.
04:05En fait, on est autour des années 2000.
04:07Et du coup, moi, je suis un petit peu jeune.
04:11Et du coup, la réflexion est longue.
04:13La réflexion est longue, mais c'est là que débute le travail de recherche et de développement
04:16et de développement du produit.
04:19Comment apporter ces informations de mouvement à l'œil ?
04:23Eh bien, le travail a commencé là.
04:25Et du coup, on va amener devant les yeux des espèces de niveaux à bulles, en fait,
04:29du liquide devant les yeux qui va bouger à travers des lunettes.
04:33Et une fois que ce produit est concret et matérialisé,
04:38c'est là que moi et mon frère, on entre en jeu en 2015
04:41pour créer une société autour du produit qui existe.
04:45Allez, Boarding Ring, c'est quoi ?
04:46Vous avez apporté un exemplaire ?
04:47Non, malheureusement, je suis venu...
04:48Vous voulez en parler sans rien.
04:51C'est frustrant.
04:51Très frustrant pour nous tous.
04:52Allez, vous allez pitcher Renaud Jeannin pendant une minute.
04:55On vous écoute.
04:57C'est à vous.
04:58Ça commence par vous.
04:59Boarding Ring, c'est une société familiale, une start-up,
05:02qui commence en 2015 autour de l'idée originale de notre père.
05:06L'idée, c'est d'apporter à l'œil des mouvements correspondants à ce que perçoit l'oreille interne.
05:11On synchronise les sens pour ne plus être malade.
05:13Cette approche, ça se décline en plusieurs produits.
05:19Donc, une idée originale qui est des bouches en une paire de lunettes, avec du liquide devant les yeux qui bouge et qui permet de ne plus être malade pour 94% des utilisateurs.
05:28Ce produit a été vendu à plus de 60 000 exemplaires et il marche extrêmement bien.
05:33Il est disponible un petit peu de partout en France et à l'étranger.
05:36La deuxième approche, c'est la même chose que les lunettes.
05:41On est parti d'un produit personnel, une paire de lunettes, et on va le transformer en produit plus universel,
05:48avec des colonnes de LED qu'on vient installer à l'intérieur du véhicule.
05:51Et on vient afficher un niveau, comme le niveau à bulle des lunettes, mais sauf que c'est un niveau lumineux.
05:57Et ça, on va pouvoir le mettre à l'intérieur de n'importe quel véhicule.
05:59Merci pour votre pitch, Renaud Jeannin, cofondateur de Boarding Green.
06:02Donc, ce sont des lunettes, c'est ça ?
06:04Boarding l'assise, c'est des lunettes.
06:05Ce sont des lunettes.
06:08Combien elles coûtent ? Elles sont vendues où ?
06:09Elles sont vendues dans tout un tas de magasins physiques, principalement sur Internet encore,
06:13mais on a des forts partenaires, je ne sais pas si on peut dire les marques.
06:16On y va, on y va.
06:17Nature et Découverte, Le Vieux Campeur, Acacia-Sillage Diffusion, la chaîne de magasins iFarm.
06:24Et elles coûtent combien ?
06:24Un modèle adulte qui coûte 69 euros, un modèle adulte avec les verres polarisés, 89 euros,
06:31et un modèle enfant de 0 à 10 ans qui coûte 79 euros.
06:3679, il est plus cher pour les enfants que pour les adultes.
06:38Tout à fait, il est tout neuf, il vient de sortir et il est disponible depuis le début de l'année là.
06:44Mais on voit avec ces lunettes ?
06:45Oh, c'est des lunettes que je vais porter parce que je monte dans l'avion, je monte dans la voiture,
06:50et là je vais mettre mes lunettes, mais en fait je ne vais rien voir avec.
06:53On n'a pas besoin de les mettre en permanence, on les met à l'apparition des premiers symptômes.
06:58Si on a déjà des lunettes, on peut les mettre par-dessus,
07:00et on les garde vraiment très peu de temps, c'est quelques minutes, le temps d'aller mieux.
07:04On va revenir à un état normal et à ce moment-là, on peut les enlever.
07:07Pascal Duizaguirre, vous êtes le PDG de Corsair, votre regard sur Boarding Ring ?
07:12Alors tout ça, très très intéressant.
07:14Bon, je posais la question là tout à l'heure, si on a des verres correcteurs,
07:16effectivement, est-ce que ça n'est pas gênant parce que ça peut trouver la vue ?
07:20Je disais qu'à mon sens, ça vaut plus pour le transport routier et le transport maritime que l'air,
07:26parce que comme je vous dis, dans les gens qui prennent l'avion,
07:30moi je trouve que c'est assez rare, on a finalement très peu de gens malades, vous voyez ?
07:34On a plus des gens phobiques.
07:35En revanche, on a des gens phobiques, qui peuvent être stressés, qui peuvent être angoissés,
07:39ceux-là on les repère assez vite.
07:40À quoi vous les repérez ?
07:41Ils n'arrêtent pas de regarder le personnel à l'avion, ils sont comme ça ?
07:44Ils sont tendus, ils regardent autour d'eux, ils ont l'air très très mal à l'aise,
07:48ils ont l'air angoissés.
07:49Donc ceux-là, le personnel les repère assez facilement,
07:52et donc discute, les prend en charge, leur explique, les rassure.
07:56Éventuellement, on peut leur faire rencontrer des pilotes de l'avion,
08:02pour expliquer de quelle manière ça se passe, pour les rassurer.
08:05mais des gens malades, finalement, on en a quand même très peu.
08:09En fait, on a les chiffres, c'est assez simple.
08:11Tout à l'heure, Elisabeth, vous parlait de 30%.
08:14Alors c'est plus, ça dépend vraiment du mode de transport.
08:15Ça, c'est sous-estimé ce chiffre.
08:17C'est plus en bateau, on est plus autour de 50 à 60%.
08:20Oui, ça c'était bien.
08:21Effectivement, autour de 30% en voiture, mais ça dépend des voitures.
08:24Les voitures autonomes, par exemple, on sait que ça va être beaucoup plus.
08:26Oui, il paraît que les nouvelles générations de voitures
08:29vont apporter beaucoup plus de mode de transport.
08:33Exactement.
08:33Pourquoi ?
08:34On a moins de contrôle.
08:35En fait, quand on appuie sur les pédales,
08:39ça passe par tout un tas de mécanismes,
08:40et du coup, l'accélération ne va pas être directe.
08:43En fait, on va avoir de plus en plus un contrôle indirect de la voiture.
08:46Et ça, ça joue dans le mal des transports.
08:49C'est un facteur secondaire qui fait qu'on va perdre un petit peu le contrôle.
08:54Philippe Sose, le coach de la France Bouche, ce soir sur Europe 1.
08:57Philippe, vous disiez tout à l'heure, elle est utile.
09:01Ça veut dire quoi, utile ?
09:02Oui, parce qu'elle a un vrai impact sur le quotidien des gens,
09:06donc elle peut améliorer effectivement le bien-être,
09:08et surtout rétablir certains équilibres, on vient d'en parler.
09:12Je trouve que dans les forces de la start-up, la proposition est unique et vraiment différenciante.
09:16Donc ça, c'est intéressant.
09:17Il y a une crédibilité scientifique, vous l'avez évoquée.
09:21En plus, quand on connaît l'histoire maintenant que vous avez racontée,
09:24on vient de loin.
09:26Mais j'ai trouvé le pitch très intéressant sur le fait que votre père ait réfléchi à ça, etc.
09:33Mais parce qu'il voyait vos symptômes ?
09:35Non, même pas.
09:37Ni Antoine ni moi n'étions malades.
09:39Moi, je commence à être malade.
09:41Mais vous somatisez, en fait, vous n'en pouvez plus.
09:43Je ne sais pas, peut-être qu'à force d'avoir le nez dedans,
09:45on commence à s'imaginer les symptômes.
09:48Ça apporte une vraie réponse à un marché,
09:50donc ça veut dire qu'il y a vraiment un potentiel.
09:53Moi, je suis un peu comme tout le monde ici,
09:55c'est-à-dire que l'avion, je ne pense pas que ça soit vraiment la cible première.
09:58Je pense que c'est plus dans les bus, par exemple,
10:00puisque beaucoup de Flixbus, Blablacar, etc.
10:04Bon, ben tous ces bus, il y a beaucoup de bus.
10:07Il y a aussi, ce que j'ai constaté, puisque je prends le TGV fréquemment,
10:11quand on est à l'étage, on a plus de roulis que quand on est en bas.
10:16Oui, c'est vrai.
10:17Et on a un sentiment de mal-être en haut plus que quand on est en bas,
10:20en ce qui me concerne, bien sûr.
10:22Après, nos auditeurs vont me dire le contraire,
10:23mais bon, je trouve qu'il y a ça.
10:25Donc, le train peut être aussi un bon secteur.
10:30Facilité d'usage et accessibilité, évidemment,
10:32parce que là, il n'y a pas besoin de prescription,
10:34c'est facile à emporter, donc c'est simple.
10:37Là, vous avez un potentiel d'image et le storytelling,
10:39ce que je dis souvent dans l'émission,
10:41l'histoire est belle à raconter.
10:43Donc, voilà.
10:44Ce que j'ai moins aimé, c'est le look.
10:47Oui.
10:47Là, on ne les voit pas, il ne les a pas portés.
10:49Non, mais par contre, si nos auditeurs regardent sur le site...
10:51Allez faire un petit tour, c'est que le site, c'est boarding.
10:53Il faut se dire que c'est vraiment pour...
10:54Boarding glasses.
10:56On arrivera à faire quelque chose de plus...
10:58Pas forcément, en fait, avoir des anneaux remplis d'un liquide coloré autour des yeux,
11:03ce n'est pas forcément ce qui se fait de plus beau.
11:04On en a parfaitement conscience.
11:06On trouve que c'est quand même beaucoup plus joli que d'avoir la tête dans un sac,
11:09si vous voyez ce que je veux dire.
11:11Oui, ça, c'est sûr.
11:12Oui, parce que dans les avions, c'est la seule chose qu'ils nous proposent.
11:14Exactement.
11:16Là, vraiment, la grande majorité de nos clients nous disent,
11:21en fait, peu importe à quoi je ressemble, il faut que ça s'arrête.
11:24Mais les symptômes s'arrêtent, et ce n'est pas là pour 94 ans ensemble.
11:28Il faut que ça s'arrête, on est malade, je ne veux plus être malade.
11:30Ça fonctionne pour les enfants, je ne sais pas, temps de troubles autistiques,
11:33personnes en situation de handicap, c'est encore plus bon, c'est autre chose.
11:36Alors, ce n'est pas quelque chose qu'on a exploré actuellement.
11:38Pour l'instant, on est focus sur le mal des transports.
11:41On commence à travailler notamment avec l'université de Brest et de Caen sur les vertiges.
11:49C'est quelque chose qui peut avoir un impact.
11:51On ne sait pas encore, on n'a pas les résultats de l'étude,
11:53mais il y a une étude clinique en cours.
11:54Donc, ça pourrait sortir même de son objet, de sa mission initiale.
12:00Les forces de cette start-up, Philippe, avant d'écouter un petit peu de musique,
12:03elles sont, elle est unique ?
12:05Moi, je n'en connais pas d'autres.
12:05C'est ça, oui, c'est ce que je viens de dire à travers mes forces.
12:09J'ai trouvé que, bon, c'est assez unique et puis à la fois utile.
12:12Maintenant, je...
12:13Elle répond à un vrai marché.
12:15Ah, complètement, complètement.
12:15Il est gros ce marché ?
12:16Alors, le marché est important.
12:18Le marché est important.
12:19Et puis, ce que j'ai constaté, c'est qu'on peut identifier des catégories.
12:23Parce que vous allez dans vos besoins, pour commercialiser dans le B2B,
12:28vous avez demandé le business to business,
12:30donc, dans le boarding ring, c'est vraiment prioriser les secteurs les plus rentables.