00:00Et j'ajoute que le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, apporte son soutien, redit sa confiance aux policiers engagés dans des conditions difficiles.
00:07Et pour aller plus loin, j'accueille donc Reda Bellage, bonjour.
00:11Bonjour.
00:11Porte-parole du syndicat de police Unité Île-de-France.
00:14Vous avez vu, j'imagine, ou entendu cette vidéo d'une extrême violence à l'égard de vos confrères.
00:19Oui, c'est des images qui sont toujours très impressionnantes, même si je pense que chaque policier, quel que soit son lieu de fonction, a été victime de ces faits.
00:33Mais là, les gens se rendent compte à quel point les individus peuvent être violents et à quel point la situation est très difficile pour mes collègues à maîtriser.
00:42Alors, Rudy Bellage, les policiers sont des cibles, ils ne peuvent plus exercer leur métier comme ils le devraient.
00:47On rappelle que là, ils intervenaient dans le cadre d'un rodeo urbain, fortement interdit, bien sûr.
00:54Oui, alors, on est toujours sur l'aspect missionnel, c'est-à-dire que ceux qui sont en première ligne, ce sont les policiers.
00:59Pourquoi ? Parce qu'il y a une volonté gouvernementale, politique, même citoyenne, de mettre fin et de lutter contre les rodeos urbains.
01:08Donc, les collègues, comme à l'habitude, font leurs opérations.
01:11Il faut savoir qu'au niveau contextuel, vous êtes dans le département le plus criminogène de France, la Seine-Saint-Denis.
01:16Vous êtes dans un quartier difficile.
01:20Quand vous entendez les propos des individus, ils sont très déterminés et très violents.
01:24Et quand vous êtes motard, je voudrais rendre hommage aux motards, parce que quand vous êtes motard, c'est encore plus difficile.
01:31Et nous, les collègues, moi j'ai travaillé mon temps en brigade d'antichonnalité,
01:35quand vous êtes en véhicule, vous êtes très contents d'avoir les motards.
01:39Parce qu'il n'y a qu'eux qui arrivent à pouvoir poursuivre ces individus et à pouvoir les intercepter.
01:43Et aujourd'hui, hier, en tout cas, ils n'ont pas réussi à interpeller l'individu,
01:47parce qu'à force, ils connaissent aussi bien les quartiers que nous,
01:50parce que c'est de plus en plus difficile, comme le montent les images, pour nous, de circuler dans ces quartiers-là.
01:55Donc, je pense qu'il faut rendre hommage à tous les motards de France
01:58qui font un métier très spécifique, très dangereux,
02:01et qui n'est pas assez valorisé à mon goût.
02:03Et alors, Reda Mela, j'ai l'impression vraiment que l'histoire se répète.
02:0668 refus d'autempérer par jour, c'est colossal !
02:11Oui, c'est énorme, c'est énorme.
02:13On nous annonce des soi-disant baisses,
02:16mais bon, c'est peut-être parce qu'il y a moins de constats.
02:18Mais vous savez, quand un délinquant renverse quelqu'un et qu'il prend la fuite,
02:23ça s'appelle un délit de fuite,
02:25mais si les policiers vont derrière, on va dire que c'est un refus d'autempérer,
02:27mais s'ils ne vont pas derrière, ils ne sont pas en refus d'autempérer.
02:30Et donc, pour moi, en tout cas, chaque délit de fuite peut être assimilé
02:34à un refus d'autempérer potentiel.
02:36Donc, je pense que les chiffres ne reflètent pas la réalité
02:38et que vraiment, il y en a encore plus que ce qu'on en pense.
02:41Et alors, qu'est-ce qu'on peut attendre, Reda Mela, de Bruno Retailleau ?
02:46Écoutez, du soutien, je pense qu'il le fera comme l'a fait le préfet de police.
02:50Nous, notre organisation syndicale aussi, par voie d'autres actes,
02:53elle a apporté son soutien aux collègues qui ont été blessés.
02:56Parce que, franchement, moi, j'ai travaillé dans le Val-de-la-Marne.
02:58Je veux dire, il faut être au-dessus d'être courageux,
03:01il faut être un héros pour aujourd'hui travailler dans le département de la Seine-Saint-Denis
03:05quand vous voyez comme on est accueilli dans certains quartiers.
03:08Et alors, cet ensauvagement tel que l'a qualifié à notre micro ce matin Sébastien Chenu,
03:13ou comme le fait Bruno Retailleau, comment est-ce qu'on peut l'endiguer,
03:16vous qui êtes un homme de terrain ?
03:19Oui, comme vous dites, le terrain.
03:21C'est-à-dire qu'il ne faut pas lâcher le terrain, il faut prioriser le terrain,
03:27prioriser le contact avec la population, il ne faut pas qu'il y ait de zones de non-droit.
03:30Parce que quand vous voyez les images qu'on voit, en fait, les gens se rendent compte
03:33qu'il y a certains, beaucoup et de plus en plus de lieux en France
03:36qui sont devenus des zones de non-droit.
03:38Ou quand vous êtes policier, vous êtes obligé de faire des tirs de sommation,
03:41des tirs de sommation, je dis bien des tirs de sommation,
03:43pour pouvoir vous en tirer et ne pas être blessé ou ne pas être tué.
03:47Eh bien, merci Reda Bellach d'être intervenue et de nous avoir apporté votre expertise
03:51sur Europe 1, porte-parole du syndicat de police unité Île-de-France.
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