00:00Pour l'instant, notre tablée du petit matin. On commence avec vous, Thomas Després.
00:07On continue évidemment d'évoquer la disparition du pape François.
00:10Alors on a beaucoup parlé depuis hier de ses combats, entre autres l'écologie, les migrants, la place des femmes, de son image.
00:15On dit que c'était un homme rieur, très attentionné.
00:18Mais ce que vous nous dites ce matin, Thomas, c'est que ce pape François était aussi un homme de caractère et vous avez directement pu l'observer.
00:25Oui, c'était il y a quelques mois à peine, j'avais eu la chance de couvrir sa visite en Corse avec Étienne Baudu, notre collègue de Marseille.
00:31C'était au mois de décembre dernier, une journée historique avec beaucoup de chaleur dans les rues, dans les cœurs, une effervescence assez indescriptible.
00:38Jusqu'au moment où le pape François s'est adressé aux prêtres, aux évêques qui étaient présents à l'intérieur de la cathédrale d'Ajaccio pour l'accueillir.
00:45Et à ce moment-là, il leur a tout simplement passé un savon. Pardonnez-moi de l'expression, mais c'est la réalité.
00:49En s'adressant à eux, ils s'adressaient en fait à toute l'église et il avait eu des mots très durs contre la mondanité de cette église.
00:56Ils se moquaient même un peu, le pape François, de ceux qui se plaignaient sans cesse parce qu'un tel a été nommé évêque et pas eux.
01:02Cessaient les lamentations, arrêter d'être des prêtres moi-jeux, moi-jeux, d'être présomptueux, d'être arrogants.
01:09Ce ne sont pas forcément des mots qu'on imagine dans la bouche d'un souverain pontife.
01:13Un pape de caractère donc, Thomas. Certains ont même dit qu'il était autoritaire, voire colérique.
01:17Oui, ça faisait aussi partie du personnage. Je me souviens toujours dans cette visite à Ajaccio, des interactions qu'il avait avec ses proches, avec ses gardes du corps.
01:24On voyait bien dans son regard noir que tout devait être parfait, que rien ne devait entraver sa rencontre avec les Corses qui étaient venus là par centaines,
01:32faisant signaux au chauffeur de sa papa mobile de s'arrêter ici, pressant ceux qui étaient à ses côtés, de lui fournir les chapelets, les bonbons qu'il distribuait aux enfants.
01:40Toujours avec le sourire, presque un air rigolard, mais avec une certaine fermeté quand même.
01:46Ce qui en revanche avait vraiment eu l'air de le toucher profondément, c'est tout l'accueil que lui avaient réservé les Corses au parc du Cason,
01:52là où avait lieu la messe géante. Il était déjà malade, déjà en fauteuil roulant, mais il s'était levé.
01:57Il avait dit, je me suis senti ici, comme à la maison.
02:00Et ça, ça effacerait presque quelques regards grenuons.
02:03Un point, c'est tout signé.
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