00:00Votre tablée du petit matin, on commence par vous.
00:04Isabelle Saporta, on va reparler du projet de l'autoroute A69 Toulouse-Cas.
00:09Bah oui, parce qu'on en a beaucoup parlé, c'est un immense chantier.
00:12Aujourd'hui, il est à l'arrêt, il est contesté par des mouvements écologistes.
00:15Où en est-on ? Nulle part, puisque l'État a fait appel de la décision de justice d'arrêter les travaux.
00:22Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur, était sur place samedi dans le Tarn.
00:25Il soutient cet appel de l'État et il souhaite un équilibre entre développement et environnement.
00:33Mais oui, vive l'équilibre ! Ce mot désormais synonyme de ça n'avance pas, mais on continue comme ça.
00:39On se croirait dans les chadocs, ces volatifs étranges qui passaient leur vie à pomper et dont la devise était
00:44« plus ça rate, plus on a de chances pour que ça marche ».
00:48Ça fait quand même près de deux mois qu'on piétine.
00:51Le tribunal administratif a arrêté les travaux de l'autoroute A69 fin février.
00:55L'État a annoncé avoir fait appel fin mars et a lancé une demande complémentaire de sursis à exécution
01:01pour suspendre les effets de la décision du tribunal qui,
01:04c'est seulement si la Cour d'appel administratif y fait droit, pourrait permettre de recommencer les travaux.
01:10Ouf ! Et tout ça, on ne le saura que mi-mai.
01:13Et c'est aussi mi-mai que le Parlement examinera une proposition législative
01:18pour essayer, par un autre biais encore, de relancer les travaux.
01:22Non mais, vous vous rendez compte de ce pataquès ahurissant, tribunaux, appels, recours, lois,
01:29tout ça pour finir 53 kilomètres d'autoroutes.
01:34On précise que le chantier jusqu'à présent a coûté 300 millions d'euros.
01:37C'est ça, et qu'il y a mille ouvriers qui sont à l'arrêt, absolument.
01:40Au chômage.
01:41Donc, ça n'avance pas, Isabelle.
01:42On a créé un monstre juridico-administratif qui nous entrave.
01:46Du coup, il reste aux politiques la procrastination camouflée sous du blabla-blabla volontariste.
01:52Pour les OQTF, comme pour le narcotrafic, comme pour l'insécurité, comme pour les autoroutes,
01:57on tape du pied, on gonfle le torse.
01:59Mais force est de constater qu'il ne se passe rien.
02:02On est magistralement coincé dans du surplace.
02:05Sous la Troisième République, un homme politique, Henri Cueil, avait prononcé cette phrase
02:09« Il n'est pas de problème qu'une absence de solution ne finisse par résoudre.
02:14Espérons qu'il ait raison et que de notre inaction perpétuelle naîtra la lumière.
02:19Mais ne parions pas trop sur la solution miraculeuse, elle me paraît pour le moins audacieuse. »
02:23Merci beaucoup Isabelle Saporta.
Commentaires