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Le député LFI de Seine-Saint-Denis et président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Éric Coquerel, était l’invité de #LaGrandeInterview de Romain Desarbres dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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00:018h13, bienvenue sur CNews et sur Europe. C'est la grande interview avec vous Éric Coquerel. Bonjour Éric Coquerel, député de la France Insoumise et président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale.
00:11Comme tous les matins, on va balayer toute l'actualité. Je voulais qu'on commence par ce qui se passe sur le commerce mondial, le commerce mondial qui est bouleversé par les mesures de Donald Trump.
00:21On a trois mois en Europe pour trouver une solution avec Donald Trump pour les droits de douane entre les Etats-Unis et l'Europe. Qu'est-ce qu'il faut faire selon vous durant ces trois mois ?
00:31Il ne faut pas se laisser prendre au piège de Donald Trump. On voit bien qu'il a décidé de faire une pause pour plusieurs raisons.
00:41D'abord parce que la première victime de sa politique, c'est les Etats-Unis. Parce que l'inflation remonte, parce que les cours de la bourse s'écroulent
00:49et qu'il a une pression du monde des affaires sur lui qui l'ont incité à faire cette pause.
00:56On peut aussi supposer peut-être que rentrer en guerre commerciale avec le monde entier, même si vous êtes les Etats-Unis, c'est un peu compliqué.
01:03Donc il se prend déjà la Chine et puis après il reviendra sur l'Europe. Et moi je crois qu'on ne doit pas utiliser ces 90 jours en baissant la garde.
01:14Je pense qu'il faut se préparer à la situation. Et se préparer à la situation, c'est voir les mesures de rétorsion intelligentes qu'on peut prendre.
01:21Je pense que c'est en taxant les GAFAM, c'est en taxant le tech, c'est en taxant les entreprises de service, la finance américaine.
01:28Pas en remontant les droits de droite de manière réciproque parce que vous baissez votre consommation populaire et vous êtes vous-même victime.
01:34Et puis en mettant en place une politique que nous on appelle le protectionnisme solidaire et d'essayer d'avoir des accords commerciaux avec ceux que les Etats-Unis attaquent, notamment la Chine.
01:43Mais alors justement, est-ce qu'il ne fait pas votre politique Donald Trump avec le protectionnisme, ces barrières douanières, vous qui vous battez contre le libéralisme, les échanges, en réalité c'est ce que vous proposez ?
01:53Oui mais nous on ne souhaite pas passer...
01:55Vous voyez le foutoir que ça met.
01:56Bien sûr, mais nous on ne souhaite pas passer d'une politique de libre-échange à une politique de guerre commerciale extrêmement dangereuse parce que la dernière fois où ça s'est passé dans l'histoire, c'est avant la guerre de 14.
02:06Figurez-vous, on a connu une période qui est comparable et vous savez très bien comment ça s'est terminé.
02:13Donc nous on ne pense pas qu'on passe du libre-échange à une guerre commerciale, on pense qu'on passe du libre-échange à une politique de relocalisation, une politique de souveraineté industrielle et agricole.
02:22Et ce qui n'empêche pas, parce que tout le monde ne peut pas produire tous les produits, d'avoir des accords commerciaux intelligents.
02:28Ce n'est pas ce qu'il est en train de faire M. Trump.
02:29M. Trump est en train de faire monter les tensions et de déclarer une guerre commerciale au monde entier.
02:34Vous pensez qu'il y a un risque qu'on passe d'une guerre commerciale à une guerre ?
02:37Là ?
02:38Je vais vous dire le fond de ma pensée.
02:40D'abord vous remarquerez qu'il y a des guerres, déjà.
02:42Et deuxièmement, je pense que la ducillation nucléaire n'existerait pas aujourd'hui.
02:46Je pense qu'on serait dans un moment encore plus d'angérosité.
02:48Pourquoi ? Parce qu'une des manières pour l'industrie, notamment les États-Unis, le font depuis longtemps.
02:54Et l'Europe était en train, c'était la discussion de l'économie de guerre aussi de le faire,
02:59c'est de s'appuyer sur une économie d'armes, de défense pour produire.
03:03C'est ce que les Américains font.
03:04Quand vous faites ça, et notamment l'Europe, il y a quelques semaines de ça,
03:10on parlait notamment pour remplacer l'industrie automobile fort mal en point.
03:13Les Allemands aussi en parlaient.
03:14Il faut des débouchés dans le capitalisme ou il faut des débouchés ?
03:17Dans le commerce, c'est court.
03:19Oui, vous avez raison.
03:21Je fais une comparaison entre le commerce et le capitalisme, si vous voulez bien.
03:24Donc, on va dire le marché, comme ça on va s'entendre.
03:27À partir de là, il faut des débouchés.
03:28Donc, si vous produisez des armes, c'est pour vous en servir.
03:30Et là, à partir de là, vous avez une dangerosité, un risque d'escalade.
03:33Donc, je pense que oui, ça peut dégénérer en guerre.
03:37Est-ce que vous faites partie de ceux qui suspectent Donald Trump d'avoir créé un délit d'initier géant ?
03:40Oui, bien sûr.
03:41Bien sûr, bien sûr.
03:42Et vous avez des preuves ?
03:44Écoutez, les preuves, on les aura en mai.
03:46C'est bien compris.
03:47Parce qu'en mai, on va révéler ceux qui ont revendu au plus haut niveau quand ils ont racheté au bas niveau.
03:55Mais manifestement, en tout cas aux Etats-Unis, c'est ce qui se dit à partir des cours.
03:59Et d'ailleurs, Donald Trump l'a fait lui-même.
04:00Il a fait un tweet.
04:01Que des gens aient fait des fortunes ces dernières heures, ces derniers jours.
04:03Ça, c'est un fait.
04:04Après, à délai d'initier, ça veut dire avoir une information.
04:06Je pense qu'aux Etats-Unis, en tout cas, vous savez qu'il y a des mesures qui commencent à être prises.
04:12Vous savez, Trump, ce n'est pas seulement un président d'extrême droite extrêmement dangereux.
04:16Ça reste aussi un spéculateur.
04:18Donc, il n'est pas impossible qu'il ait utilisé ça en plus, j'allais dire, pour aider ses copains.
04:22Apparemment, il y a vraiment des dizaines de milliards d'euros qui ont été gagnés.
04:25En quoi il est d'extrême droite, Donald Trump ?
04:27Écoutez, vis-à-vis de la démocratie américaine, les mesures qui sont prises de suppression de fonctionnaires,
04:35le fait de supprimer certains mots dans les...
04:37C'est d'extrême droite de supprimer des fonctionnaires ?
04:38On a déjà supprimé des fonctionnaires.
04:39Oui, quand vous le faites, parce qu'on...
04:40Et on en supprimera peut-être, on aura peut-être besoin...
04:42Mais justement, je pense que supprimer les fonctionnaires en fonction de leur opinion, oui,
04:46c'est des mesures qui sont une conception de l'État qui est, j'allais dire, très partisane, très dangereuse.
04:53Et puis, il y a d'autres choses.
04:54Vous savez très bien comme moi, par exemple, qu'il interdit, dans les études américaines aujourd'hui scientifiques,
04:59certains mots, notamment liés à la question écologique et environnementale.
05:03Il prend des décisions qui, d'ailleurs, il n'y a plus que les juges qui se l'opposent,
05:07qui sont extrêmement dangereuses.
05:07Donc oui, je vous le dis, je pense que Donald Trump, c'est quelque chose de très dangereux pour la démocratie américaine.
05:14Éric Coquerel, invité de la grande interview CNews Europe 1.
05:17Vous êtes le président de la commission des finances à l'Assemblée nationale.
05:19Et depuis six mois, vous avez mené une enquête sur le dérapage des finances publiques en 2023 et 2024.
05:25Les conclusions seront présentées officiellement mercredi prochain, le 16 avril.
05:29Toutefois, d'ores et déjà, quelles sont les tendances que vous ont apprises ces six mois d'enquête ?
05:34Moi, elles ont confirmé un peu ce que je pensais.
05:36C'est-à-dire que j'ai tendance à croire que la question, ce n'est pas la croissance qui aurait baissé plus que prévu,
05:42ou les déficits seraient plus prévus.
05:44Je pense que c'est un problème de prévision et que ces prévisions ont été fausses parce que ce gouvernement s'est auto-intoxiqué avec les résultats de sa politique.
05:54En gros, je vous explique rapidement.
05:55Vous avez deux années post-Covid où l'économie française est passée du fond de la piscine où elle était à la surface en un an.
06:03En ce cas-là, vous produisez beaucoup de choses, d'activités et vos recettes augmentent.
06:06Et le gouvernement a eu tendance à penser que si les recettes augmentaient, c'était parce qu'il avait baissé les impôts.
06:11Et fort de ça, il a à peu près calculé les impôts dans des années à nouveau normales, 2023-2024, à l'aune de cette prévision.
06:19Là, sauf que ce n'était pas la réalité.
06:21Quand vous baissez le seuil des impôts, quand vous baissez les impôts de 60 milliards d'euros par an, comme il l'a fait,
06:27eh bien, la TVA, eh bien, les impôts sur les résultats sont au port au rendez-vous.
06:31Je pense que c'est la principale explication de ces erreurs.
06:33Vous ne pensez pas qu'on nous a caché quelque chose ?
06:35Bercy aussi, je pense que les deux sont vrais.
06:38Ce qui est-à-dire...
06:39Qui aurait caché ? À quel niveau de responsabilité ?
06:41Je vais vous expliquer très clairement.
06:42On s'aperçoit dans cette étude, notamment, on voit que, par exemple, à chaque fois que Bercy et les notes du Trésor produisent des résultats,
06:51en même temps, les annonces publiques sont toujours largement supérieures à ce que produisent les notes du Trésor.
06:55Donc, vous avez un décalage.
06:56Et manifestement, on a choisi les choses les plus optimistes.
06:58Pourquoi ?
06:59Parce que ce gouvernement, depuis deux ans, a un problème.
07:02Il n'a pas de majorité à l'Assemblée.
07:03Donc, quand vous voulez faire passer des budgets, ou quand, par exemple, vous voulez éviter des culottés aux Européennes,
07:08vous avez peut-être tendance, à un moment donné, à embellir la réalité.
07:12Et je vais vous citer un seul événement, je vais être rapide.
07:15Le 13 décembre 2023, la veille d'un 49.3, Elisabeth Brande reçoit une note de Bruno Le Maire
07:21qui lui dit qu'il y aura des milliards de recettes en moins et qu'on va même annuler de 10 milliards
07:26le budget dont elle parle, le crédit du budget dont elle parle, en janvier.
07:30Il n'y a pas un mot dans les déclarations de Mme Born qui engage la responsabilité de son gouvernement sur le budget à ce point-là
07:35pour dire ne serait-ce que ce budget aujourd'hui est fragile, il va certainement falloir le rectifier.
07:41Donc, vous voyez bien qu'il y a, d'une certaine manière, une dissimulation de la réalité.
07:44– Si je vous entends, Bruno Le Maire a fait le job, mais il n'a pas été entendu à Matignon et à l'Elysée ?
07:49– En tout cas, Bruno Le Maire aussi, à un moment donné, a participé au fait de ne pas produire en même temps les résultats qu'il avait.
07:55Mais là, pour le coup, c'est lui qui l'avait donné.
07:57Et je vous rappelle également qu'il avait demandé, j'avais soutenu cette idée à ce moment-là,
08:03un projet de loi de finances rectificative qui a un avantage, c'est que l'Assemblée peut débattre, voter,
08:07même voter des recettes, pas seulement des dépenses, et que ça, ça a été refusé.
08:11Et ça a été refusé à une réunion de l'Elysée, le 13 février de mémoire,
08:14avec une décision qui incombe aussi au président de la République,
08:17et qui, à mon avis, pose aussi un problème démocratique.
08:20– Le budget 2025, il a été voté. Le problème, ça va être le budget 2026.
08:24Je rappelle que vous êtes le président de la commission des finances à l'Assemblée.
08:28Comment se présente la préparation du budget pour l'année prochaine ?
08:31– Si vous voulez bien, je reviens d'abord sur le budget 2025.
08:34Parce que rien ne dit qu'on n'ait pas les mêmes problèmes de dérapage.
08:37Et là aussi, où on joue un peu avec les chiffres, les annulations,
08:40pour éviter un PLFR que les budgets précédents.
08:42– Un projet de loi de financement rectificatif,
08:44c'est-à-dire une rectification en milieu d'année.
08:46– Oui, c'est-à-dire qu'en gros, on est passé un budget,
08:49vous savez qu'ils ont eu beaucoup de mal à passer le budget,
08:51ils ont été censurés, c'est moi qui ai fait le discours de censure,
08:54ils l'ont fait passer en février.
08:56Et là, on se retrouve déjà, quelques mois après,
08:59avec déjà 3 milliards d'annulations de crédit,
09:01ça a été décidé, là, plus 8 milliards de gel,
09:03et on nous dit pas de PLFR.
09:06Avec une croissance qui baisse, on est passé de 0,9 à 0,7.
09:09L'OFCE…
09:11– Qui peut peut-être remonter puisqu'il n'y a plus de droits de douane.
09:13– Non, vous vous trompez, il y a eu…
09:15– Pas le 0,9 à 0,7.
09:17– 0,9 à 0,7, c'est parce que, je vous rappelle,
09:20que Donald Trump a augmenté 10% les droits de douane.
09:22Ça, il l'a maintenu.
09:23Ce qu'il n'a pas fait, c'est, pour l'instant, c'est de passer à 20%.
09:25Et la conjoncture économique, de toute façon, est tellement instable,
09:29c'est un peu le début de notre discussion,
09:30qu'on pense que les choses n'ont pas allé dans le bon sens.
09:33Et en plus de ça, elles n'allaient pas non plus dans le bon sens
09:35avant que Trump arrive.
09:36C'est-à-dire qu'il y avait des annonces en termes de fermeture d'entreprises,
09:42en termes de défaillance d'entreprises absolument historiques,
09:44de remontée du chômage.
09:45Déjà, ça n'allait pas bien.
09:46Donc, il est fort probable que la croissance baisse encore.
09:50Et vous verrez que dans ces cas-là, je crains fort
09:52que le gouvernement essaye d'avancer un peu K1-K1
09:55pour éviter le projet de voie de finances rectificative.
09:58Pour 2026, Gérard Larcher, pour le budget,
10:01dit qu'il va falloir...
10:02Donc, il a commencé à travailler sur le budget.
10:04Il va faire des propositions à l'Assemblée.
10:06Il va falloir, dit-il, produire des richesses,
10:08travailler plus, accélérer la simplification,
10:11couper dans toutes les dépenses.
10:12État, sécurité sociale.
10:14Voilà, c'est ça que j'appelle le Trumpis, vous voyez.
10:16Le Trumpis, bah oui, mais il y a un moment quand il y a du argent.
10:18Vous attribissez l'État ?
10:19Non, non, mais vous savez,
10:21ce qu'a montré aussi notre commission d'enquête,
10:24et qu'on savait, et c'est accepté par tout le monde,
10:27depuis 2017, la part des dépenses publiques d'État
10:30dans le PIB n'augmente pas.
10:32Ce qui augmente, ce qui baisse, c'est les recettes.
10:35Trois points de PIB de recettes en moins.
10:37Et ces recettes qui ont été perdues...
10:39C'est déjà très important.
10:40Heureusement que ça n'augmente pas.
10:41C'est une soixantaine de pourcents.
10:42Oui, mais ça ne vous inquiète pas que les recettes, par contre,
10:45baissent et que ça avantage les 10% les plus riches,
10:48voire les 1% les plus riches d'autres pays.
10:50Donc, la solution, c'est d'augmenter les impôts.
10:51Ça m'embête qu'on fasse tous des efforts pour les plus ultra-riches de ce pays.
10:55Et donc, la solution, oui, c'est de revenir sur certaines dispositions
10:58qui ont été prises, notamment...
11:00Alors, qui pourrait, en plus, d'ailleurs, être une solution...
11:03Mais la France est déjà...
11:03Vous connaissez le Parisier.
11:04La France est déjà l'un des pays où les taux d'impôt sont les plus importants.
11:07Pour les ultra-riches, c'est absolument faux.
11:09On est dans la moyenne européenne.
11:10Pour les ultra-riches, plus vous augmentez,
11:12il y a une étude récente qui a été faite
11:13par le comité de prélèvement guérateur
11:16qui montre que...
11:17Si, si, ne faites pas cette mue, vous en verrez les chiffres.
11:20Vous voyez, quand vous êtes dans vraiment les tranches très, très importantes,
11:25en réalité, on est dans la moyenne européenne,
11:26on est derrière les Belges, les Allemands, etc.
11:28Donc, ce n'est pas vrai.
11:29Et le problème de ces cas d'office qu'on a fait,
11:31on a désarmé l'État.
11:32Donc, s'il y a matière à aller chercher de l'argent, c'est d'abord là.
11:35Et vous savez aussi pourquoi ?
11:36C'est que quand vous baissez les dépenses publiques,
11:38vous avez un effet récessif.
11:39Et donc, ce n'est pas le moment, avec les attaques de Trump,
11:43de baisser la consommation populaire.
11:44Il faut bien comprendre.
11:46Ceux qui nous écoutent ce matin doivent bien comprendre
11:48que vous baissez les dépenses publiques,
11:49vous augmentez les effets récessifs,
11:51vous baissez la croissance.
11:52Et avec concret, il y a une solution, c'est de travailler plus
11:54tout au long de la vie et sur un an pour gagner plus d'argent.
11:57Et donc, là, il y aura effectivement plus de recettes.
11:58Peut-être qu'il serait peut-être mieux aussi que les salaires soient plus importants.
12:01Parce que dans ce pays, les salaires ont perdu de 3% en nominal depuis 2017,
12:06alors que les revenus du patrimoine n'ont cessé d'augmenter.
12:08Payons mieux les gens, les gens consommeront.
12:11Et vous savez que la consommation intérieure,
12:12c'est un des feux de l'activité économique française.
12:15C'est même ce qui nous différencie des Allemands.
12:16Et c'est pour ça d'ailleurs qu'en ce moment,
12:18alors que les Allemands sont basés sur l'exportation,
12:19on s'en sort un peu mieux que les Allemands.
12:21Donc, à mon avis, ne mettons pas de côté
12:23ce qui est une des choses qui permet, vaille que vaille,
12:26à l'économie française de se maintenir,
12:28y compris en période d'activité.
12:29Éric Coquerel, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis,
12:32invité de la grande interview CNews Europe 1.
12:33Il y a eu des accrochages à l'Assemblée nationale
12:35entre des députés France Insoumise
12:37et les journalistes du magazine Frontières.
12:39Yael Brown-Pivet, la présidente de l'Assemblée,
12:42vous a demandé de ne pas vous en prendre à la presse.
12:45Elle a rappelé d'ailleurs hier soir sur France 5 les règles
12:48en disant qu'il faut que les journalistes puissent travailler,
12:51heureusement, j'allais dire, à l'Assemblée nationale.
12:53Vous allez appliquer cette demande de la présidente de l'Assemblée ?
12:55Non, elle a demandé aussi que la presse,
12:58enfin, la presse, entre guillemets,
13:00travaille dans des règles admises.
13:01La presse, c'est une mauvaise presse ?
13:02Il y a la presse qui vous donne raison et l'autre ?
13:05Non, mais il y a une presse
13:05et puis des organismes militants
13:07qui se cachent derrière des cartes de presse.
13:09C'est le cas de Frontières, si vous voulez bien.
13:11La question n'est pas une presse d'opinion
13:14qui ne pourrait pas venir à l'Assemblée.
13:16Vos chaînes, par exemple, CNews et autres, sont à l'Assemblée.
13:18Elles se comportent de manière normale.
13:20La question n'est pas seulement...
13:21L'humanité est à l'Assemblée et...
13:22Absolument, ils se comportent de manière normale.
13:24Je parlais de presse d'extrême droite.
13:26Donc, vous avez...
13:27C'est-à-dire, qui a presse d'extrême droite ?
13:30CNews, quand même, non.
13:31CNews, ce n'est pas du tout une chaîne d'extrême droite.
13:33C'est votre point de vue.
13:34Excusez-moi, M. Coquerel.
13:35Ce n'est pas un point de vue.
13:36Votre ligne éditoriale ?
13:37Votre ligne éditoriale ?
13:38Non, non, non, non, non.
13:39Vous ne pouvez pas dire que CNews est une chaîne d'extrême droite
13:42alors que vous êtes invité.
13:43La semaine dernière, on s'en parlait pendant la publicité.
13:45J'étais avec Manon Aubry.
13:46Je donne mon point de vue.
13:47C'est ma liberté d'opinion.
13:50Bah, écoutez, changer de ligne éditoriale.
13:51La semaine dernière, à la même heure, il y avait Manon Aubry.
13:54Vous êtes là et depuis 10 minutes à en parler.
13:56D'accord, mais...
13:57Allez-y, je vous en prie.
13:57Vous pouvez, à un moment donné, avoir des lignes éditoriales d'extrême droite
14:00et vous savez très bien qu'on a aussi décidé de plus venir dans les débats
14:03et de venir uniquement dans les matinales pour ces raisons-là.
14:06Et merci d'ailleurs d'être là et de donner votre point.
14:08Disons qu'il y a des tranches dans CNews qui véhiculent beaucoup d'idées d'extrême droite
14:13et en tout cas du camp le plus extrême.
14:15Sur le droit de la presse à l'Assemblée.
14:17Mais je reviens là-dessus.
14:18Donc, ce n'est pas la question de l'opinion défendue par telle presse.
14:22Ce n'est même pas la question, parce que c'est le cas de frontière,
14:25du fait d'aller faire un travail qui consiste à compiler tout ce qu'il y a de pire
14:28sur les réseaux sociaux sans vérifier ce qui fait qu'il va y avoir des procès en diffamation.
14:32Mais le problème, par contre, c'est qu'on doit agir à l'Assemblée
14:35sans, j'allais dire, faire des coups comme ça, de pression sur les députés,
14:39de filmer des collaborateurs pour ensuite faire des harcèlements
14:42comme ce frontière l'a fait avec des avocats, l'a fait avec des députés.
14:47Quand un député parle à ça, d'un journaliste se cachant à la bouche,
14:53comme vous me dites que vous n'êtes pas d'opinion,
14:55ne reprenez pas les déclarations très provoctatrices du député d'URN.
14:59Les images, vous allez voir que personne ne touche personne.
15:01Il y a une journaliste, entre guillemets, de frontière qui est là,
15:06qui n'a pas à filmer à l'endroit où elle est en plus,
15:08parce que vous savez très bien, vous êtes journaliste,
15:10c'est très bien qu'à l'Assemblée, on est dans certains endroits
15:12et pas d'autres pour faire son travail,
15:13et qui filme, est en train d'essayer de photographier des collaborateurs
15:18pour après harceler, comme ils le font, sur les réseaux sociaux.
15:21Vous avez des députés qui essayent de faire en sorte
15:23qu'ils ne puissent pas le filmer de manière, mais il n'y a aucun geste.
15:26Et ceux qui ont expliqué, comme j'entends un député ERN expliquer
15:29que c'était un des pires événements de la Vème République,
15:31en réalité c'est une provocation, donc je ne suis contre les provocations
15:35organisées par qui que ce soit, y compris des faux journalistes
15:39qui sont des vrais militants d'extrême droite.
15:40Éric Coquerel était l'invité de la matinale de CNews et d'Europe 1
15:44et merci d'être venu sur la matinale de CNews et d'Europe 1
15:49qui donne la parole à tout le monde.
15:50Bonne journée à vous, à bientôt.
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