00:00D'abord, Amélie Rosig, votre choix ce soir. On a beaucoup parlé dans le journal tout à l'heure de ce lundi noir sur les bourses mondiales
00:06avec du rouge absolument partout. On a besoin de vous ce soir pour savoir quel pourrait être l'impact de ce qui se passe
00:11au niveau macro-économique sur nos vies, sur nos vies à nous, l'impact en France, à quoi est-ce qu'il faut s'attendre ?
00:17Alors déjà, si vous le voulez bien, on va commencer par les mauvaises nouvelles. Ça veut dire que peut-être il y en a-t-il des bonnes, exactement.
00:24Si vous avez un plan d'épargne en action comme 7 millions de Français,
00:29a priori, vous êtes inquiet et c'est normal, je vous comprends, mais pas de panique. À ce stade, la meilleure réaction à avoir, c'est
00:35« wait and see ».
00:37Attendez et voyez ce qui va se passer globalement, mais surtout, a priori, ne vendez pas vos actions. Ce n'est pas tout à fait le bon moment.
00:43Attendre notamment de voir si la récession nous guette vraiment. Quand la situation est inquiétante, comme aujourd'hui,
00:49l'activité économique, elle ralentit, c'est logique. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous, à la maison bas, vous consommez moins, donc les entreprises
00:56vendent moins. Par exemple, vous allez reporter l'achat de votre voiture ou alors reporter de quelques mois
01:01un achat immobilier. Est-ce que vous vous dites « là, je ne suis pas très sûre, on va attendre un petit peu ». Et en face, c'est des entreprises,
01:07évidemment, qui souffrent, à fortiori, lorsqu'elles exportent, particulièrement aux États-Unis.
01:13« Si jamais nos entreprises ont du mal à trouver de nos marchés et accéder aux marchés américains,
01:17donc ils seront obligés de moins embaucher, ils seront obligés de licencier éventuellement, et quand on licencie, on distribue moins de revenus.
01:24Et donc, quand on distribue moins de revenus,
01:26bien évidemment, les gens consomment moins et c'est là qu'on pourrait assister à un phénomène, ou je dirais même à un épisode de récession,
01:32qui peut impacter et la croissance de notre PIB, mais aussi, je dirais,
01:37la compétitivité de nos entreprises.
01:40C'est le cercle vicieux, globalement. Et quand l'économie ralentit, ça fait aussi moins d'entrées d'argent dans les caisses
01:46de l'État, via les taxes, notamment pour n'en citer qu'une seule, la TVA. Bah oui, s'il y a moins d'échanges et moins d'achats, il y a moins de
01:51TVA qui rentre dans les caisses. On estime, regardez, la baisse des recettes fiscales entre 7 et 8 milliards d'euros.
01:59Donc, ce n'est pas rien, quand même. Et d'ailleurs, le week-end dernier, le Premier ministre a chiffré globalement ce que pourrait nous coûter cette guerre
02:06commerciale.
02:080,5 % du PIB, soit environ 15 milliards d'euros, selon François Bayrou. Les économistes, eux, on va le voir, sont un peu moins pessimistes.
02:15Globalement, ils nous parlent d'une fourchette entre 0,2 et 0,4 % du PIB. Donc, François Bayrou, il tape un petit peu
02:22haut. Néanmoins, vous arrivez à voir dans tout ça des bonnes nouvelles.
02:25Oui. Alors, je vais appeler ça plutôt des bénéfices secondaires à court et moyen terme.
02:29Ça, ça me rappelle mon cours d'économie.
02:31Prenez des pincettes. Allez-y, prenez des pincettes. On vous écoute.
02:34Numéro 1, la baisse des prix des carburants.
02:37Incertitude commerciale mondiale, doublée d'une production de pétrole qui a augmenté pour d'autres raisons,
02:42qui entraîne donc une défiance sur les marchés et des tarifs qui chutent. Le prix du pétrole, regardez, est au plus bas depuis
02:494 ans. Le prix du baril de Brent, du brut en mer du Nord,
02:5463, un peu plus de 63 dollars. Et le prix du
02:57baril de pétrole américain qui est carrément passé sous la barre des 60 dollars.
03:01Schématiquement, on considère qu'une baisse de 1 dollar sur le baril, c'est à peu près une baisse de 1 centime sur le litre
03:07à la pompe à essence. Et surtout, l'avantage de ces baisses, c'est que c'est quasi automatique.
03:11Dans les 2-3 jours, on le voit. Et ça, ça réjouit évidemment vous qui nous regardez, les automobilistes.
03:1836 euros.
03:18Et j'ai fait la moitié du plein. C'est un petit peu moins cher que d'habitude. Je trouve que de manière générale, ça commence à redvenir à
03:24des prix corrects. On profite de cette baisse pour pouvoir faire le plein et être tranquille jusqu'à la fin du mois.
03:31Donc déjà une baisse. Et d'ici la fin de la semaine, normalement, vous devriez voir une baisse d'une dizaine de centimes quand même sur
03:38le litre. Ça fait une économie
03:39substantielle de 6 euros sur un plein d'une voiture classique. Et la baisse pourrait se poursuivre dès la semaine prochaine. Et bon, tout ça, c'est...
03:44On consomme moins. Donc, on consomme moins de pétrole. Donc, le prix baisse. Ça, je comprends. Il y a d'autres baisses qui sont un peu plus
03:50surprenantes. Absolument. Dans l'agroalimentaire, par exemple, on pourrait voir une déflation selon les spécialistes. Je prends deux exemples très Frenchy,
03:56bien français. Le vin et le fromage.
03:59Voilà. Les États-Unis, ça représente l'un des marchés à l'export les plus importants pour nos entreprises qui fabriquent donc du fromage et du vin.
04:05Avec des droits de douane qui prennent plus 25 %, elles risquent de vendre moins,
04:10d'avoir des stocks qui leur restent sur les bras et donc de baisser les prix pour éventuellement les écouler. C'est ce que
04:17nous disait ce représentant de la fédération des vins
04:21spiritueux. Et c'était à votre question jeudi dernier.
04:24C'est une conséquence possible de ce qui pourrait se passer aux États-Unis. C'est-à-dire que si ce marché était arrêté ou fortement ralenti,
04:31le risque, évidemment, c'est que des volumes de vins
04:35produits en France ne trouvent pas de débouchés et cherchent des débouchés.
04:39Donc ça pourrait faire baisser les prix.
04:42Ça pourrait faire baisser les prix. C'est du bout des lèvres. Voilà. Donc, impossible de savoir, on va être très clair, on spécule, mais c'est
04:48impossible de savoir à l'heure où l'on se parle si le prix de votre bouteille de vin ou de votre camembert va baisser et à quelle
04:54échéance. Mais une chose est sûre quand même, on va le rappeler, pardon, si la facture baisse, ça voudra dire que nos entreprises vont
04:59mal, que l'économie française tourne au ralenti. Et donc, j'ai un peu menti,
05:05ce ne sera pas tout à fait une bonne nouvelle, même si à court terme, peut-être vous sortirez un peu moins de centimes d'euros à la caisse.
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