00:00Donald Trump, il a trois priorités budgétaires.
00:02La première, c'est qu'effectivement, il veut faire des économies sur la défense.
00:05On l'a bien compris, le vice-président est venu à Munich
00:07il y a à peu près un mois pour expliquer à l'Union européenne
00:10que maintenant, il fallait qu'on soit des grands et qu'on se défende tout seul.
00:13Donc, un, faire des économies sur les opérations militaires extérieures.
00:16Deuxième contrainte, c'est de faire des économies sur l'État fédéral.
00:20D'où la mission qui a été confiée à Elon Musk,
00:22d'essayer de sabrer dans les dépenses qu'il estime être inutiles.
00:26Et la troisième raison, troisième priorité budgétaire,
00:28c'est qu'il a été élu sur des baisses d'impôts.
00:30Baisses d'impôts pour les particuliers, baisses d'impôts pour les entreprises.
00:33Et du coup, le sujet qui vient derrière, c'est comment les financer ?
00:37Sachant que les États-Unis ont un déficit qui est déjà important,
00:40à peu près aux alentours de 6%, finalement pas très éloigné d'une autre.
00:43Donc, en fait, l'objectif de Donald Trump,
00:45c'est de se servir de l'argent collecté via les droits de douane
00:49pour justement financer ces fameuses baisses d'impôts.
00:52C'est le premier objectif.
00:53Deuxième objectif, c'est naturellement d'essayer de réindustrialiser son pays,
00:57c'est-à-dire de dire au monde entier, venez chez moi,
01:01venez produire chez moi, vous ne serez pas taxés.
01:03Et du coup, on se retrouve dans une situation où, en fait,
01:05les États-Unis, et ça, c'est, je crois, clé,
01:08en fait, dépendent beaucoup du monde entier.
01:10C'est-à-dire qu'en fait, ils achètent beaucoup plus au monde
01:12qu'ils n'exportent de produits.
01:14Et donc, aujourd'hui, on se retrouve dans une situation
01:16où, en tout cas, le président Donald Trump veut finalement réduire
01:20le déficit de sa balance commerciale
01:22pour justement essayer de produire davantage sur le sol américain.
01:25Alors, on va revenir à notre cas en particulier.
01:2820% de taxes supplémentaires pour l'Union européenne, dont la France.
01:33Quels seront les impacts possibles chez nous ?
01:37Alors, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'en fait,
01:38la faiblesse de la France est en l'occurrence une opportunité.
01:41La faiblesse, c'est laquelle ?
01:42C'est que, comme vous le savez, on a un poids de l'industrie
01:46qui est finalement assez faible en France.
01:47En 1995, il était de 17%.
01:50En 2023, il est seulement de 11%.
01:52Donc, en fait, on a une industrie qui est finalement,
01:55avec un poids dans le PIB, qui est finalement assez faible.
01:59Pourquoi ? Parce qu'en fait, on a nos gros groupes,
02:01nos grosses entreprises qui maintenant,
02:02très concrètement, construisent à l'étranger, ont des usines à l'étranger.
02:06Donc, l'impact sur nos entreprises n'est pas, on va dire, dramatique.
02:09Je rappelle d'ailleurs que le taux d'exportation de la France
02:13envers les États-Unis, c'est à peu près 1,8% de notre PIB.
02:17L'Allemagne, c'est plus de 3%.
02:18L'Italie, c'est aux alentours de 3%.
02:20Donc, en fait, en quelque sorte,
02:21on n'exporte pas vraiment beaucoup vers les États-Unis.
02:24En revanche, on a quand même quatre secteurs
02:25qui vont être considérablement fragilisés.
02:27C'est un, les vins et spiritueux,
02:29deux, la cosmétique et la chimie,
02:31trois, la pharmacie et naturellement, tout ce qui est
02:34équipement automobile et aérospatial,
02:37où là, pour le coup, ce sont des entreprises françaises,
02:39des fleurons qui arrivent encore à exporter,
02:42notamment aux États-Unis et qui vont se retrouver extrêmement pénalisées.
02:46Et je crois qu'il faut rappeler que sur l'industrie,
02:48et c'est quasiment une opportunité, je crois, pour la France,
02:50c'est que c'est aussi l'obligation de mettre en place des systèmes,
02:55des dispositifs qui nous permettent de réindustrialiser.
02:57En fait, on n'a pas le choix.
02:58On sait qu'en France, l'industrie a trois problèmes.
03:00Un, gros coup de main d'œuvre, deux, beaucoup de réclamentations
03:04et trois, une robotisation qui n'est pas encore tout à fait aboutie.
03:07Ça fait quelques années qu'on en parle.
03:09Exactement. Et je crois qu'en quelque sorte,
03:12ce moment est une opportunité pour nous de nous remettre en cause
03:16et enfin de relancer une politique industrielle puissante,
03:20puisque vraiment, on en a besoin.
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