00:00Prochaine question, et pour vous Henri Guaino, attention, Alizé Boissin.
00:02Oui, on a entendu, il y a des questions sur le pouvoir d'achat, mais aussi sur ce que peut faire la France pour contrer justement ces taxes.
00:08C'est Anna qui nous la pose.
00:10Donald Trump peut-il revenir sur sa décision de taxer les exportations ?
00:14Et si ce n'est pas le cas, un pays entier peut-il boycotter les États-Unis pour montrer notre mécontentement face aux taxes sur les exportations ?
00:20Attendez, je peux vous montrer une chose pour compléter la question, regardez.
00:24Mon téléphone portable, Henri Guaino.
00:26Oui.
00:27Alors, ce n'est pas un iPhone, je vais le dire, comme ça j'aurai cité deux marques, c'est un Google.
00:32Téléphone portable américain, est-ce que ça sert, ça pourrait nous servir de lancer des mouvements disant,
00:37écoutez, ces marques-là, peut-être qu'on ne va plus les acheter s'il faut faire pression sur Donald Trump ?
00:43Non, alors ça, je ne crois pas du tout à ce type de solution.
00:47D'abord parce que les gens qui vont accepter de boycotter les iPhones américains risquent d'être quand même assez peu nombreux.
00:55Et ce n'est pas à la mesure du sujet auquel nous sommes confrontés.
01:00Alors, est-ce que Donald Trump peut-il revenir sur sa décision ?
01:03Oui, encore une fois, c'est un négociateur.
01:06Alors, il négocie à sa façon, c'est-à-dire on commence par la brutalité, il fait bouger les lignes et puis après on voit comment ça se passe.
01:12Voilà, c'est ce qu'il a fait hier.
01:15Moi, je ne suis pas convaincu qu'il soit entouré d'une bande d'imbéciles.
01:19Il y a une cohérence, on peut la discuter et la critiquer.
01:23Il y a un style qui est insupportable, mais voilà, ils ont quand même beaucoup réfléchi.
01:30Alors après, ça donne des choses ridicules, comme les énumérés Thierry Breton, parce que pour les Américains, tout ça, ce sont des détails.
01:38L'île de la Réunion, la Martinique, voilà, c'est pas leur...
01:42Ils ont mis leur formule dans une machine et ça a donné ces résultats.
01:47Le problème, c'est que la formule, on ne sait pas très bien d'où elle sort.
01:51Donc, on ne peut pas juger de sa pertinence et on voit bien que ça donne des résultats qui sont assez difficiles à expliquer, à rationaliser.
02:02Mais admettons qu'on lance une campagne de boycott qui soit lancée par les pouvoirs publics.
02:08Là, c'est une déclaration de guerre à Donald Trump qui réagira brutalement.
02:13Je crois que tout ce qui contribue, encore une fois, à faire monter la tension et à nous engager dans un processus de guerre,
02:20dans une escalade, sera la perte de tout le monde.
02:24Ce qu'il nous faut faire, c'est arriver à gérer la transition entre ce monde très ouvert, peut-être trop ouvert, d'ailleurs,
02:33que nous quittons ou que nous avons commencé à quitter d'ailleurs depuis plusieurs, plusieurs années,
02:38et le monde qui vient, qui manifestement est un monde plus fracturé, qui sera moins ouvert.
02:45En économie, c'est vraiment, et en politique économique en particulier, ce sont les transitions qui sont difficiles à gérer en général.
02:50On regarde toujours le point auquel on veut arriver sans s'occuper de ce qui se passe entre les deux.
02:55Et ce qui se passe entre les deux finit souvent par ne pas nous faire arriver du tout au point où on voulait parvenir.
03:00C'est un très vieux débat.
03:02Vous savez, après les guerres de la Révolution et de l'Empire, il y a eu une très grande crise de reconversion des deux côtés de l'Atlantique.
03:12Et il y a eu un débat entre Jean-Baptiste C. et Malthus.
03:21Jean-Baptiste C. disait, ce n'est pas grave, il n'y a rien à faire, tout ça, ça va se remettre en route, se remettre en place.
03:26Et Malthus lui a dit, mais ça va prendre combien de temps ?
03:3210 ans, point d'interrogation, mais 10 ans dans une vie, c'est long.
03:36Et là, ça peut durer, si on ne gère pas cette transition, ça peut durer bien plus longtemps.
03:42Avec des vies qui seront sacrifiées, avec des vies, des économies.
03:46Bon, donc c'est ça notre problème.
03:49Alors la Commission, elle a effectivement la compétence, mais elle ne pourra pas s'engager sur ce terrain toute seule.
03:55Ça sera de l'intergouvernemental, forcément compte tenu de la dimension politique, sociale, économique qui est très lourde dans ce conflit qui s'engage et qu'il faut arriver à maîtriser.
04:06Et on a une partie de la réponse, d'ailleurs, dans le rapport Draghi, c'est que l'Europe, elle a un besoin d'investir très important.
04:14Et la manière dont elle va investir ne correspondra pas forcément au canon du libre-échange et de la libre-concurrence parfaite.
04:20Et il faut qu'elle réfléchisse à se donner les moyens de le faire quand même.
04:24Donc, il y a une remise à plat de la politique de la concurrence qu'il faut réfléchir, sinon elle volera complètement en éclats.
04:30Et puis, il y a d'autres choses qu'il faut réfléchir à.
04:33Est-ce que nous pouvons continuer dans ce contexte, par exemple, à financer toute notre protection sociale par le travail ou est-ce qu'il faut réfléchir sérieusement à l'idée qui,
04:40maintenant, revient un peu à la mode, qui avait été complètement disqualifiée, mais qui revient à la mode ?
04:46J'entends beaucoup de responsables professionnels et patronaux remettre cette idée, qui est celle de la TVA sociale, c'est-à-dire du transfert d'une partie des charges sur la TVA.
04:55– Effectivement, vous dites que c'est lié, pour l'instant, c'est un autre débat.
04:57– Non, mais juste une dernière chose, c'est que la TVA a un avantage, elle a des défauts.
05:02Elle n'est pas plus injuste que les charges sociales, mais son principal avantage, c'est qu'elle taxe les importations et qu'elle ne taxe pas les exportations.
05:08Et il est intéressant de voir que la question s'est posée aux États-Unis, de savoir si c'était une mesure protectionniste ou pas.
05:16Et ça n'a pas été retenu comme mesure protectionniste, ça n'a d'ailleurs jamais été classé dans les mesures protectionnistes,
05:20parce que tout le monde paye la même sur le marché intérêt.
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