00:00Je savais qu'un jour, je n'arriverais plus à courir,
00:02donc j'ai été voir tous les sports possibles, imaginables, qui me donnaient envie.
00:05Et aujourd'hui, grâce au vélo, je garde quand même cette sensation de vitesse
00:09et les pics d'endorphine qu'on sécrète aussi en faisant du sport.
00:12Je m'appelle Marie Patouillet, je suis athlète paralympique en cyclisme sur piste et sur route.
00:23En fait, en paracyclisme, il y a différentes catégories de handicap.
00:26Ça va de C1 à C5.
00:28Moi, je suis dans la catégorie C5,
00:29c'est-à-dire qu'on va dire que c'est la catégorie qui est la moins touchée fonctionnellement par le handicap.
00:33Donc moi, c'est un handicap au niveau du pied,
00:35ce qui entraîne une différence de puissance entre ma jambe droite et ma jambe gauche.
00:39Je fais du vélo, enfin du cyclisme, que depuis 2018.
00:42Je suis médecin généraliste aussi.
00:43Je fais mes études de médecine.
00:44J'ai fini en 2017-2018.
00:46Dans la même période, j'ai perdu mes capacités de pouvoir courir définitivement.
00:52Et donc, c'est là où je me suis retrouvée devant un choix
00:54entre soit faire de la natation, soit faire du cyclisme.
00:57Et je suis partie dans le cyclisme parce qu'on peut voyager avec,
01:02parce que, mine de rien, c'est quand même plus agréable d'être à l'extérieur
01:04que d'être dans une piscine enfermée.
01:08Je pars du principe que quand on est sportif ou sportive de haut niveau,
01:12on a une visibilité et que cette visibilité-là,
01:15je trouve ça dommage qu'elle ne serve pas à autre chose que de montrer une performance.
01:19C'est vrai que les coupes de cheveux, je me suis dit,
01:21on ne parle pas des perfs paralympiques.
01:24OK, on va essayer de faire autre chose et de parler des couleurs de cheveux.
01:26Visiblement, on parle plus de ma couleur de cheveux que de mon titre de championne du monde.
01:29J'avais fait championnat du monde sur piste où j'avais le drapeau LGBT sur la tête.
01:35J'ai été assez surprise et agréablement surprise
01:39par toutes les personnes qui sont venues me voir pour me prendre en photo.
01:42Et en fait, c'était que des messages bienveillants.
01:43En plus du sport, j'ai d'autres engagements, surtout dans les discriminations.
01:48Et j'en ai deux en particulier qui me tiennent à cœur.
01:51C'est le sexisme dans le sport,
01:53et donc la féminisation du sport et l'homophobie dans le sport.
01:57Et en fait, concernant le sexisme dans le sport,
02:00pour moi aujourd'hui, dans le haut niveau,
02:02quand on demande à une femme de performer,
02:05elle a plus de pression qu'un homme, elle a moins de confort.
02:07Il faut plus qu'elle trouve sa place.
02:10Et ça, c'est une charge supplémentaire
02:13qu'elle doit supporter avant d'aller chercher une perf.
02:17Et du coup, pour moi, c'est important d'essayer de faire un peu bouger les choses.
02:20Quand, au cours de mes Jeux paralympiques à Tokyo,
02:23on me dit que si je ne voulais pas un sport sexiste,
02:24il fallait que je fasse un sport de filles.
02:26Je trouve que ça illustre bien
02:29le fait que visiblement, il y a des sports d'hommes et des sports de filles.
02:32Aujourd'hui, je prends la parole.
02:33Je sors des tables rondes dans des institutions,
02:35parler en essayant de le faire avec plus de pédagogie que de colère ou de rancœur.
02:41Et essayer de faire changer les choses sur ce type-ci.
02:43Finalement, il y a quand même des choses qui bougent.
02:44Là, depuis cette année, en tout cas en Équipe de France,
02:46on a un staff avec des femmes, ce qui n'était pas le cas auparavant.
02:50Je trouve que c'est quand même une belle progression.
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