00:00Moi, il y a un moment de ma vie qui m'a marqué, ça a été la Coupe du Monde France 98.
00:06C'est un moment qui, pour moi, est super important parce que ça a été, pas mon premier
00:13déclic, mais quelque chose qui m'a toujours accompagné et qui m'a dit, voilà, t'as
00:19envie de briller, t'as envie de réussir à gagner des médailles d'or, voilà, inspire-toi
00:24de cette équipe de France 98 qui s'est entraînée dure, qui a été soudée et qui a été au
00:31bout de soi-même et qui a battu les meilleurs.
00:34Le fait que ce soit passé en France, à Paris, que j'ai vu le quart des Bleus passer, que
00:47j'ai été à l'Arc de Triomphe les voir quand ils faisaient leur tour d'honneur, c'est des
00:53choses que je n'oublierai jamais et, après coup, moi, quand j'ai commencé à gagner
00:58mes compétitions, que j'ai eu cette notoriété, que j'ai pu croiser, échanger ou devenir
01:05ami avec certains, c'est quelque chose d'extraordinaire et c'est des choses qui m'ont aidé dans
01:10ma vie de jeune sportif, oui.
01:11C'est les champions qu'ils sont, ce qu'ils ont fait à des jeunes comme moi et ils ont,
01:19ça a été un premier déclic dans le sport, ça m'a donné envie, moi aussi, d'écrire
01:25mon histoire.
01:26C'est la rencontre avec ce professeur qui m'a fait naître dans ce sport et performer
01:35dans ce sport.
01:36Le premier moment où j'ai fait du judo, c'était avec mon frère, on a découvert
01:40ce sport ensemble et je crois qu'on a tous les deux aimé, on l'a tout de suite aimé
01:48parce qu'on est tombé sur un super professeur, Alain Perrieux, je crois que c'est l'un des
01:54meilleurs entraîneurs que j'ai jamais eu et jusqu'à maintenant, même si c'est mon
01:57petit professeur, quand j'ai un doute, je lui demande de m'expliquer certaines choses
02:02et je n'oublie pas.
02:03Je crois que si j'ai réussi à être champion au judo, c'est en partie grâce à lui parce
02:12qu'il m'a fait aimer ce sport.
02:13Perdre après dix ans d'invincibilité, je me dis que ce n'est pas si mal et c'est surtout
02:23que vu ce que j'ai à préparer, ce n'est pas plus mal que ça m'arrive maintenant.
02:28Comme ça, je sais ce qu'il me manque pour être au top et surtout, ça m'enlève beaucoup
02:35de poids sur les épaules.
02:36Je me dis que ce sera ça en moins parce que Tokyo, Jeux Olympiques, médaille d'or annoncée,
02:42il faut aller au bout.
02:43Le moment où je comprends que j'ai perdu, il est tout simple, j'attaque, je me fais
02:50contrer.
02:51Très vite, je comprends que ce ne sera pas pour cette fois.
02:54Au début, c'est le « oh non, pas ici, pas à Paris ». Après, c'est arrivé, il faut
03:04faire avec et comprendre très rapidement pourquoi ça m'est arrivé.
03:07On doit se servir de ça pour rebondir.
03:09On doit se servir de ça pour aller chercher, puiser cette force pour gagner la prochaine
03:16compétition, prendre sa revanche et surtout, aller au bout de son projet qui est pour moi
03:22les Jeux Olympiques de Tokyo.
03:27Il y a ce moment dans le confinement où je me dis « bon, je laisse tomber ».
03:36Et il y a ce moment où ma femme me dit « non, tu ne peux pas laisser tomber parce que ta
03:39fille aimerait bien te voir ». Donc, oui, ça me remotive, ça me rebooste et donc dans
03:45la tête, c'est « je ne t'ai pas entraîné toutes ces années pour arrêter aussi près
03:49».
03:50Un an, de toute façon, c'est quoi pour un sportif de niveau ? On s'adapte, c'est
03:53ça aussi la grande faculté d'un sportif de niveau, c'est s'adapter donc, no way,
03:58on continue.
03:59Le moment du confinement pour moi, ça a été une pause dans ma vie, une pause parce que
04:04ça m'a permis d'être avec mes enfants, de les découvrir, de les voir grandir, d'être
04:11matin, midi et soir avec eux, de me découvrir aussi un peu plus dans ma période d'entraînement
04:17et puis d'être concentré, se recentrer, se prendre en main aussi parce qu'en général,
04:25je suis avec mes entraîneurs qui gèrent tout.
04:29Là, je gère mes séances, tout, ma récupération, pas de kiné.
04:34Vraiment, ça a été une période marquante de ma vie mais extraordinaire.
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