00:00L'apnée, c'est un sport qui apporte énormément en termes d'équilibre d'une manière générale,
00:05c'est-à-dire confiance en soi, conscience de soi, du coup conscience des autres, du monde qui nous
00:11entoure, gestion du stress, gestion des défis du quotidien, capacité de résilience, combativité
00:17justement, ça entretient cette combativité aussi. Tu vois quand c'est comme ça ici,
00:25ça veut dire que c'est top. Super flat, un lac, c'est condition parfaite. Notre fière esquiffe,
00:34la blonde, qui est sur le zodiac sur lequel on s'entasse pour aller dans la rade de Villefranche.
00:42Mais bon, ça a été dur à enfier. Il y a trois grosses catégories en apnée, l'apnée verticale,
00:50que la plupart des gens connaissent, la distance à l'horizontale et l'apnée statique,
00:55où on ne bouge pas. Là où je me suis, on va dire, « illustré » ces derniers temps, c'était
01:00surtout sur de la distance et notamment de la distance sous la glace où j'ai fait des records
01:04du monde. J'ai déménagé aujourd'hui à Nice, là depuis deux trois ans, pour justement me rapprocher
01:09de la mer et faire cette conversion vers la verticalité parce que c'est un domaine que je
01:14maîtrise beaucoup moins bien du coup et sur lequel j'ai beaucoup de choses à apprendre.
01:18Les conditions idéales pour s'entraîner, c'est une mer à 25 degrés, pas de vagues, pas de courant,
01:23une bonne visibilité, pas trop de bateaux autour, ça peut être dangereux aussi,
01:27et éventuellement quelques dauphins qui jouent autour. Ça, c'est les meilleures conditions.
01:31Là, je monte ma ceinture de plomb. En gros, quand on descend en apnée, l'idée c'est quand même de
01:41tester un petit peu pour contrebalancer un peu la flottabilité du néoprène de nos combinaisons,
01:45qui nous fait flotter comme des bouchons. À l'année, je m'entraîne en apnée environ trois
01:51fois par semaine. Ensuite, il faut ajouter à ça de la préparation physique et avec ça,
01:57des exercices d'assouplissement, de concentration, de visualisation. L'alimentation, l'hygiène de
02:02vie, c'est relativement important, même si ce n'est pas le principal. L'apnée est un sport
02:09essentiellement mental, basé sur la capacité à sortir de sa zone de confort, la capacité de
02:14relâchement, la gestion du stress. On choisit toujours la profondeur en fonction du niveau
02:22qu'on a sur le moment. Jamais ajouter trop d'un coup. On est entre 30 et 60 aujourd'hui. J'ai fait
02:32tous les records possibles en distance. Aujourd'hui, dans ma reconversion vers la profondeur, mon
02:37target, c'est d'aller atteindre, d'aller toucher cette fameuse barrière symbolique des 100 mètres
02:43de profondeur. Et pour y arriver, c'est impératif de mettre en place une progression raisonnée,
02:48une adaptation lente qui se fasse sur la durée. Plus on acclimate son corps à la compression,
02:56moins on a de risques d'y laisser des plumes. Plus on descend profond, plus il faut être précis
03:07sur ce qu'on fait et plus il faut rentrer dans des techniques de compensation sensiblement
03:12différentes. Et non pas simplement aller chercher l'air dans les poumons pour le mettre dans les
03:16oreilles. Parce que justement, on peut traumatiser ses poumons à partir de certaines profondeurs et
03:21le fait d'aller chercher l'air dans les poumons à ce moment-là peut générer des œdèmes, des
03:26blessures au niveau des poumons. C'est pour ça qu'après certaines profondeurs, notamment à partir
03:30de 30 ou 40 mètres, il faut faire attention à ne plus aller chercher l'air dans les poumons. Donc
03:35l'idée, c'est de gonfler la bouche et la gorge, faire ce qu'on appelle un mouse-feel avec de l'air,
03:41comme ça, pour pouvoir continuer à descendre en utilisant l'air qu'on a en réserve dans la bouche.
03:46Le réflexe ventilatoire, le boulot de l'apnéiste, c'est de réussir à maîtriser ça en fait. On
03:55maîtrise ce genre de truc et de toute façon, quand on est sous l'eau, peu importe qu'on soit
03:58entraîné en apnée ou pas, on n'a pas de réflexe ventilatoire, on ne respire pas sous l'eau. Mais
04:03ça c'est archaïque, c'est très ancré en nous. Marie, tu fais quoi du coup ? Je vois jusqu'où je
04:10vais descendre. Ok, c'est pas mal déjà. Tu vois le truc, c'est qu'on demande toujours ce qu'il va
04:14faire le suivant. Comme ça, ça nous permet d'anticiper la sécurité et de savoir ce qu'il va
04:21faire. Comme ça, on ne s'inquiète pas trop s'il reste un peu au fond. S'il nous a prévenu avant,
04:25on sait que c'est normal. On sait qu'on s'est amélioré en apnée grâce à sa capacité à gérer
04:31justement cette envie de respirer, à gérer leur lâchement, à compenser les oreilles, grâce à sa
04:37capacité à gérer cette prise de risque aussi, entre guillemets, quand on descend. Ce n'est pas
04:41dangereux pour la santé de faire de l'apnée si on respecte les deux trois règles de sécurité de
04:45base, c'est-à-dire première règle ne jamais plonger seul, deuxième règle jamais d'hyperventilation
04:51avant de partir, troisième règle se signaler avec une bouée par rapport aux autres bateaux
04:55qui traînent autour. À partir du moment où on respecte ces trois règles-là, on élimine 95% des
05:00risques liés à la pratique de l'apnée.
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