00:00Le président Théboune hier soir a réagi justement et a répondu à Emmanuel Macron dans une interview.
00:05Il explique que ce sont ses seuls interlocuteurs, ce sont le Président de la République et le ministre des Affaires étrangères français.
00:12Il balaye de fait le ministre de l'Intérieur Bruno Rotailleau.
00:15Est-ce que ça montre finalement que la stratégie du rapport de force du ministre de l'Intérieur, ce n'est pas la bonne solution ?
00:19Mais je ne critiquerai pas Bruno Rotailleau. D'abord parce que je trouve ce qu'il fait très courageux.
00:25Et deuxièmement, je connais la difficulté de la tâche. Je sais ce que c'est qu'être ministre de l'Intérieur.
00:28J'étais très critiqué, y compris par des gens qui, à l'époque, n'étaient pas au gouvernement.
00:32Et je sais que c'est difficile d'être ministre de l'Intérieur. Et c'est un travail qui, tous les jours, demande de l'énergie.
00:37Et je trouve que Bruno Rotailleau le fait très bien.
00:38Mais il faut privilégier la coopération, la discussion ou la confrontation ?
00:41Mais dans la diplomatie, il y a les deux. Il y a le rapport de force légitime. Les États ont des intérêts. Ils n'ont pas d'âme.
00:51Donc évidemment, il y a un rapport de force. Et puis il y a évidemment le fait que la diplomatie, c'est de parler avec des gens avec lesquels on n'est pas d'accord.
00:56Mais moi, ça ne me choque pas. Ce que dit le président de l'Éboune, il parle avec le président de la République.
01:00Oui, chef d'État à chef d'État. Et si ça peut permettre que M. le président de la République française puisse faire libérer M. Sansalle,
01:06injustement emprisonné, malade, grand écrivain, injustement poursuivi, tant mieux.
01:12Et vous ne craignez pas, à propos de Boilem Sansalle, qu'il soit... Parce qu'il va être fixé sur son sort cette semaine
01:18et peut-être condamné assez lourdement par la justice algérienne, vous ne craignez pas qu'il soit la victime collatérale de ce bras de fer,
01:25de ces mauvaises relations ? Aujourd'hui, est-ce qu'on peut compter réellement sur le président de l'Éboune pour peut-être le gracier,
01:32pour peut-être faire en sorte en tout cas que sa situation s'améliore ?
01:35Moi, j'ai eu la chance de rencontrer à plusieurs reprises le président de l'Éboune, puisque le président de la République m'avait envoyé plusieurs fois en Algérie
01:40quand j'étais ministre de l'Intérieur.
01:41Et pour Boilem Sansalle, vous lui dites quoi ce matin ?
01:43D'abord, c'est l'avis d'un homme qui se joue, je ne vais pas faire de la politique politicienne à votre table.
01:48Je sais que le président de l'Éboune, qui est le président d'un grand pays, l'Algérie, c'est le plus grand pays d'Afrique.
01:54Avec une population qui aime la France, et avec, on peut le dire, une voix qui compte dans le concert des nations.
02:01L'Algérie, je pense que ce serait son honneur de libérer M. Sansalle, de lui permettre au moins de se faire soigner en Europe,
02:09si ce n'est pas la France, peut-être un autre pays européen, qu'il fasse ce geste.
02:14Peut-être que désormais, le régime algérien est allé un peu trop loin pour libérer comme ça tout de suite maintenant M. Sansalle sans être condamné.
02:20Bien, nous constatons une accélération peut-être de la condamnation de M. Sansalle.
02:24Peut-être que c'est un message, peut-être que c'est le fruit du travail qu'a fait le président de la République française, je n'en sais rien.
02:30– Vous avez des mots en tout cas plus apaisés à l'égard de l'Algérie,
02:34est-ce que c'est le président qui vous a demandé de peut-être baisser le ton ?
02:37– Moi j'ai toujours, d'abord de par ma vie personnelle et par mon histoire personnelle,
02:42j'ai toujours eu avec les pays du Maghreb et avec l'Algérie des propos fermes.
02:47J'ai moi-même mis fin au visa avec l'Algérie, le Maroc et la Tunisie.
02:50J'ai moi-même été en responsabilité au ministère de l'Intérieur avec des propos de fermeté pour la reprise de QTF.
02:56Mais toujours, toujours en respect de l'Algérie et des Algériens.
03:00Et je ne pense pas que les Algériens comme les Français doivent subir les difficultés que nous avons entre ministres, entre présidents de la République.
03:07Donc il faut être ferme comme les Bruno Retailleau, mais il faut aussi parler avec l'Algérie comme on doit parler à la Russie,
03:13comme on doit parler avec tous les pays avec lesquels on n'est pas d'accord, parce que la diplomatie ça consiste à se parler.
03:17– Parce qu'il y a l'avis d'un homme, donc je pense que pour répondre à votre question,
03:20le Président Tebboune, ce serait l'honneur de sa fonction de libérer M. Censal, lui permettre de se soigner en Europe,
03:28sinon évidemment il peut y avoir un mort sur la confiance de tout le monde.
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