00:00Mesdames et Messieurs, cette naïveté paresseuse, je ne veux pas la décrire autrement, était un phénomène sociétal de grande ampleur.
00:11Tous les partis de cette Assemblée en étaient coupables. C'était un phénomène qui se manifestait également dans toute l'Europe.
00:20Elle est née d'un optimisme con à l'avenir qui s'est avéré prématuré et naïf.
00:27L'Europe a automatiquement supposé que les guerres entre États ne se produiseraient plus jamais.
00:36Nous en étions même fermement convaincus. L'intégration croissante de l'économie mondiale le garantirait.
00:45L'interdépendance deviendrait la norme. En conséquence, les États auraient de plus en plus à perdre dans la guerre que dans la paix.
00:58Notre foi aveugle dans une paix sans effort avait encore un deuxième point d'accroche.
01:07Une foi toute aussi aveugle dans le pouvoir du droit international et des institutions internationales.
01:15On s'imaginait que l'arbitrage et les cadres du droit international résoudraient tous les conflits entre États de manière paisible.
01:26On le croyait. Entretemps, nous savons mieux. Les guerres visant à étendre le propre territoire sont de retour.
01:36Sur le sol européen, pas moins, malgré une intégration économique de grande envergure avec l'État aigrasseur la Russie
01:45et malgré tous les traités et institutions internationales dont la Russie elle-même fait partie.
01:54La conquête et l'annexation de cinq provinces ukrainiennes par la Russie représentent une prise du territoire armé d'une ampleur jamais vue en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
02:09Ainsi, la Russie a bafoué le principe le plus important du droit international, le respect de l'intégrité territoriale des nations.
02:20L'ordre international d'après la Seconde Guerre mondiale et qui a été propagé dans le monde entier après la fin de la Guerre froide a reçu des sérieux coups.
02:31Nous devons faire face aux implications de cette réalité et nous devons agir en conséquence.
02:39Aujourd'hui, l'Europe n'a aucune garantie que l'ONU interviendrait si la Russie attaquait un autre État européen qu'elle considère comme faisant partie de sa sphère d'influence historique.
02:53Même pas s'il s'agissait d'un État membre de l'Union européenne.
02:58Dans ce contexte, je me souviens des propos de Lu Sey, le chef de la diplomatie chinoise chargée des affaires européennes, qui déclarait à la télévision française il y a deux ans,
03:11« Les anciennes républiques soviétiques n'ont aucun statut effectif en droit international. Aucun accord international ne concrétise leur statut d'État indépendant. »
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