00:00Il y a de plus en plus de demandes de logements sociaux, mais pas assez d'offres.
00:06En Occitanie, pour la première fois, le seuil des 200 000 demandes vient d'être franchi en décembre dernier.
00:12Plus de 200 000 dossiers étaient en attente.
00:15On en parle avec votre invitée, Sébastien Garnier, la directrice régionale de la Fondation pour le logement des défavorisés Enseignement Fondation Abbé Pierre.
00:25Sylvie Chanvoux, bonjour. L'écart entre l'offre et la demande de HLM, alors pardonnez-moi, moi je dis toujours HLM parce que je pense que les gens comprennent mieux comme ça, se creuse.
00:36Des étudiants de l'université Paul-Valéry, étudiants en master urbanisme à Montpellier, ont réalisé une étude sur plusieurs communes de l'Hérault pour essayer de comprendre pourquoi, justement, cet écart se creuse.
00:48On va y revenir, mais d'abord, est-ce que vous pouvez nous faire un point global sur le département de l'Hérault ?
00:54Rappelez, d'abord, quels sont les quotas et ensuite, quelles sont les bonnes communes et les moins bonnes ?
01:00Alors, d'abord, peut-être, effectivement, vous l'avez dit, sur la région Occitanie, on a cette année, symboliquement, dépassé la barre des 200 000 demandeurs de logements sociaux.
01:09C'était jamais arrivé.
01:10C'est énorme et c'était jamais arrivé, non, bien sûr.
01:12Donc, la situation, elle est assez dramatique sur l'ensemble du territoire national, mais plus particulièrement dans notre région où on a quand même des taux de pauvreté qui sont assez importants.
01:23Donc, effectivement, sur l'Hérault comme sur le reste de la région, cette situation, elle est difficile et on a choisi, nous, à la Fondation pour le Logement des Défavorisés, cette année,
01:32de faire notre éclairage régional sur ce sujet-là en ayant un zoom sur la situation des communes dites SRU, c'est-à-dire des communes qui sont soumises à l'obligation de la loi solidarité à renouvellement urbain.
01:45C'est une loi qui date de 2000 et qui a beaucoup évolué depuis et qui exige qu'un certain nombre de communes qui répondent à certains critères doivent fournir, doivent avoir un quota de 25% de logement social.
01:58Ce sont des communes de plus de 3500 habitants.
02:00Voilà, plus de 3500 habitants dans une agglomération de 50 000 habitants, voilà, pour faire un peu simple.
02:06Et sur l'Hérault, enfin sur le département, oui, de l'Hérault, 47 communes sont soumises à cette obligation et SRU.
02:13Combien respectent ces 25% ?
02:17Une, je dirais.
02:18Montpellier ?
02:19Deux. Alors Montpellier...
02:20Une seule ? Une, deux ?
02:22Deux. Béziers respecte. Montpellier est quasi arrivé au 25%.
02:28Quelques autres sont entre 23 et 25% donc arrivent bientôt à l'objectif.
02:34Beaucoup de communes ne le respectent pas et beaucoup surtout ne le respectent pas depuis très longtemps.
02:39Et sont très loin.
02:40Et sont très loin de l'autre.
02:41Quelle commune par exemple est à un taux très très bas ?
02:44Alors nous on a choisi un peu arbitrairement de travailler sur cinq communes parce que c'était difficile de les envisager toutes et d'aller les regarder toutes.
02:50Donc on a travaillé avec l'université sur cinq communes.
02:53Deux sur la métropole, Latte et Pérole.
02:55Deux en périphérie de la métropole, Saint-Gélie et Saint-Clément.
02:58Et une sur le littoral, donc Agde.
03:01Ces communes, elles sont loin d'atteindre l'objectif.
03:04Elles se situent entre 8 et 15% pour la plupart.
03:08Certaines sont bien en dessous.
03:10Si on prend la commune de Montferrier, on est à moins de 5%.
03:15Mais surtout ce qui nous a alertés, c'est le fait que depuis 10 ans, 15 ans, ces communes ont peu progressé finalement dans l'atteinte de leur taux.
03:23Alors pour quelles raisons ces communes qui ne construisent pas de logements sociaux,
03:27est-ce que finalement ce sont toujours pour les mêmes raisons ou pour des raisons diverses ?
03:31Alors elles mettent en avant des raisons diverses.
03:34La question qu'on s'est posée c'est est-ce que ces raisons sont objectives ?
03:38Et effectivement certaines d'entre elles le sont.
03:40La situation du logement aujourd'hui, elle est très compliquée.
03:44Le foncier est très cher dans notre région, il est rare.
03:47Le coût des matériaux a augmenté, les travaux, c'est compliqué.
03:50L'État a diminué ses aides pour la production de logements sociaux.
03:53C'est une réalité.
03:55Malgré ça, il est possible aujourd'hui de produire du logement.
03:59Et il est nécessaire de produire du logement.
04:01Puisque 72% des demandeurs, dont vous parliez des 200 000 demandeurs,
04:0572% de ces demandeurs ont des ressources qui se situent sous le plafond du logement social le plus social,
04:12qu'on appelle le PLAI.
04:14Donc ils en ont vraiment besoin.
04:16Donc ils en ont vraiment besoin et c'est des ménages qui ne peuvent pas se loger en dehors de ce parc très social
04:21ou alors qui sont amenés, et d'ailleurs ça nous ramène à la question du logement indigne et dégradé,
04:25qui sont amenés à accepter de se loger dans le parc privé dont du logement est souvent dégradé.
04:29Alors qu'est-ce qu'on peut faire pour inciter ces communes ?
04:31Il y a des pénalités qui sont très lourdes.
04:33Visiblement ce n'est pas dissuasif.
04:35Alors il y a des pénalités.
04:37Le préfet, chaque 3 ans, un bilan est fait chaque 3 ans de l'évolution de la production de logement.
04:43Le préfet a la possibilité, alors les communes qui sont déficitaires,
04:47dites déficitaires, donc en dessous des 25%,
04:49ont une pénalité chaque année,
04:52qui est calculée en fonction du nombre d'habitants.
04:54C'est un calcul un peu compliqué.
04:56Et si cette discrétion continue, ce contournement de la loi continue,
05:01le préfet a la possibilité de carencer,
05:03c'est-à-dire de multiplier cette pénalité,
05:05pour la multiplier par 1, 2, 3, 4, jusqu'à 5.
05:08Je crois que Hague, par exemple, c'est 1 million d'euros par an.
05:12Hague, c'est 1 million d'euros par an.
05:13C'est important.
05:14C'est énorme.
05:15Saint-Gilles-et-Dufesque, c'est pas loin de 500 000 euros par an.
05:18Enfin, pour des communes de cette taille-là, c'est énorme.
05:21Et c'est le prix à payer pour ne pas produire.
05:24Et certains élus, aujourd'hui, acceptent de dire
05:27« je préfère payer plutôt que de produire ».
05:30Donc, effectivement, nous, on a fait des propositions.
05:33Alors, d'abord, les premières propositions,
05:36ce n'est pas des propositions coercitives.
05:37D'abord, c'est comment on peut travailler à la production.
05:41Aujourd'hui, il existe des outils sur le département, sur la région.
05:46On a un établissement public foncier, le PF Occitanie,
05:48qui est très actif, qui peut acquérir des terrains du foncier
05:53pour le remettre à disposition pour produire du logement social
05:56avec un coût minoré.
05:57Alors, c'est un peu plus technique que ça,
05:59mais globalement, voilà ce que ça peut produire.
06:01Et donc, permettre à des élus de produire,
06:05d'atteindre leurs objectifs.
Commentaires