- il y a 9 mois
Opposition au Green Deal, Donald Trump et fermeture de C8... Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a répondu aux questions des journalistes lors d'un déplacement au Salon international de l'agriculture ce dimanche.
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00:00— Qui se lance ? — D'abord, un mot général. — J'allais dire, généralement, c'est BFM qui se lance.
00:07— Voilà, c'est bon. Un mot général sur votre visite de ce matin. Ils ont joué avec eux dans toutes les politiques.
00:13Très important, qu'est-ce qui vous frappe ? — Bon, écoutez, ce qui me frappe, c'est que depuis le début de l'année 2024,
00:21l'année dernière, rien n'a fondamentalement changé dans les inquiétudes et les revendications qui sont celles de nos agriculteurs.
00:29L'agriculture est aujourd'hui à la croisée des chemins. Et le grand choix aujourd'hui qui se pose à la France,
00:35c'est est-ce que nous resterons une nation souveraine sur le plan alimentaire dans la décennie qui vient,
00:40ou alors est-ce que nos exploitations agricoles disparaîtront ? Le choix qu'a fait Emmanuel Macron
00:45et qui est aussi le choix qui a été fait au niveau européen, c'est de plonger l'agriculture française
00:50dans une politique économique qui traite à la décroissance et qui vise à multiplier par une surchauffe réglementaire
00:56les normes environnementales, les accords de libre-échange et une fiscalité qui étouffe et qui écrase aujourd'hui le métier d'agriculteur.
01:03Nos agriculteurs ne veulent pas vivre d'aide. Ils veulent pouvoir vivre de leur travail.
01:07Et je crois que sur ce sujet, rien n'a fondamentalement changé depuis l'année dernière.
01:10Donc c'est vrai qu'en façade, ça peut sembler plus calme. Et je pense qu'il faut se réjouir qu'on puisse avoir des débats
01:15et qu'on puisse aborder le sujet de l'agriculture de manière apaisée. Mais je peux vous dire que la colère est très forte
01:19dans le monde agricole et que les annonces qui ont été faites par le gouvernement sont très largement insuffisantes.
01:25Et moi, je suis venu spécifiquement appeler à la mobilisation d'abord contre le Mercosur, qui est un énième accord de libre-échange
01:32en partie avec l'Amérique latine qui va entraîner une concurrence déloyale terrible pour nos agriculteurs.
01:37Et évidemment, je suis en campagne contre le Green Deal et contre le pacte vert parce que je pense que toutes les grandes puissances
01:43qui aujourd'hui réussissent dans la mondialisation, à commencer par ce que prévoit de mettre en œuvre le président américain,
01:49c'est un soutien à leur marché intérieur, c'est la défense de leurs intérêts.
01:53Or, nous qui avons déjà l'agriculture la plus propre au monde, on s'impose des normes et des règlements
01:57qui ne sont pas appliqués aux produits qui rentrent sur notre territoire.
02:01Donc si on veut sauver l'agriculture française, il faut mener la bataille contre le pacte vert et contre le Green Deal
02:06qui est inspiré de l'écologie punitive.
02:07Est-ce que vous avez les moyens de faire avanger le Green Deal au Parlement européen ?
02:11Vous avez les moyens de mettre fin au Green Deal véritablement ?
02:15Aujourd'hui, la balle est entre les mains des Républicains.
02:18Moi, je suis à la tête du troisième groupe du Parlement européen.
02:21J'ai proposé à toutes les forces patriotes du Parlement européen, à commencer par le groupe EECR et ESN
02:28que nous nous mettions autour d'une table pour exiger l'abrogation de ce pacte de décroissance
02:33qui pèse aujourd'hui sur les entreprises européennes, évidemment sur nos agriculteurs,
02:36mais aussi sur notre industrie automobile, mais aussi sur notre énergie nucléaire.
02:40Le PPE, je le souhaite, devrait pouvoir s'y associer.
02:43Donc si aujourd'hui, l'agriculture française est plongée dans la décroissance,
02:47en raison de ce pacte vert et de la stratégie de la ferme à la fourchette qui en découle,
02:52la déclinaison agricole du Green Deal, c'est en grande partie de la responsabilité désormais du PPE.
02:57Donc moi, je les appelle à être courageux et à rompre la situation de presque d'otage
03:04dans laquelle ils se trouvent depuis très longtemps avec la gauche et avec les macronistes au Parlement européen.
03:08– Monsieur Bardella, vous revenez de Washington,
03:10vous avez tenté de participer à la conférence des conservateurs américains,
03:14est-ce que vous regrettez finalement d'avoir voulu participer à une conférence
03:20où il y avait des figures radicales conservatrices ?
03:23– Non, je ne regrette rien et je me réjouis que tous les partis patriotes,
03:27non seulement d'Europe mais du monde, puissent se retrouver,
03:30puissent travailler, avancer ensemble,
03:32parce que je crois qu'il y a dans ces différents partis politiques, de par le monde,
03:36et désormais dans de plus en plus de gouvernements,
03:38au-delà des singularités qui sont propres à nos intérêts et à nos nations,
03:42une volonté de défendre l'intérêt de nos pays d'abord.
03:46Et ce vent de liberté qui souffle aujourd'hui sur toutes les démocraties occidentales,
03:50Trump l'incarne aux États-Unis, nous l'incarnons en France,
03:53nous l'incarnons avec nos alliés en Europe.
03:55Maintenant, il est certain que le geste de Steve Bannon
04:00était une provocation qui, moi, ne me fait pas rire.
04:03Donc je n'ai pas souhaité m'exprimer après ce geste sur la scène de la CIPAC.
04:08Mais ce qui n'entache pas d'ailleurs…
04:13Non mais je ne vais pas répondre à Steve Bannon,
04:15je n'ai pas de déclaration à faire sur les commentaires de quelqu'un
04:19qui s'amuse de lever le bras dans un discours.
04:26Oui, enfin, il n'avait pas fait ce geste, il y a…
04:28Il dit qu'il l'avait fait, lui, dans sa déclaration.
04:30Il dit qu'il l'avait fait et que les gens l'avaient bien répondu, ce qu'il dit.
04:32Vous l'avez trouvé ce geste ?
04:34Pas encore.
04:35Voilà, vous avez votre réponse.
04:37Est-ce que le parti…
04:39Est-ce que ça traduit là aussi quelque chose pour Donald Trump
04:43et rappeler qu'il y a un Américain devant le gouvernement ?
04:45L'excessif de conciles, c'est aussi ça, comme vous le mettez en avant,
04:50ça fait partie de ce parti-là ?
04:53Non mais madame, si on ne discute qu'avec des gens qu'on trouve…
04:58qu'on considère être comme nos amis et nos semblables,
05:01alors à ce moment-là, on ne discute avec personne.
05:03Nous avons évidemment des différences avec l'ensemble des partis patriotes du monde,
05:08avec le parti républicain américain sur la manière d'aborder la politique,
05:11sur les intérêts à défendre dans nos pays respectifs.
05:13Mais nous sommes de facto les interlocuteurs privilégiés de ce nouveau monde
05:17qui est en train de se mettre en place aujourd'hui autour de nous.
05:20Et donc ce voyage, ça a aussi été l'occasion, d'abord,
05:22de nous faire connaître auprès des médias américains.
05:25Et j'ai eu l'occasion de m'entretenir et de réaliser des entretiens
05:28avec beaucoup de vos confrères et beaucoup de chaînes de télévision là-bas.
05:32Mais aussi avec des cadres du parti des Républicains, des élus du parti des Républicains.
05:36Et je ne crois pas que Steve Bannon représente Donald Trump ou représente le parti américain.
05:42Mais m'exprimer sur une tribune quelques heures après que l'un des intervenants ait usé de ce geste,
05:49ça me pose un problème de conscience personnelle.
05:52Est-ce que vous inviteriez Elon Musk à un meeting du RN par exemple, comme l'a fait l'AFD ?
05:57Ce n'est pas prévu, mais je ne m'interdis pas d'avoir des relations
06:01avec, encore une fois, tous les partis patriotes du monde.
06:04C'est aussi d'ailleurs l'objet de ce déplacement à Washington
06:07et des nombreuses rencontres que nous avons pu avoir en marge de la CIPAC.
06:12Je souhaite préparer notre accession au pouvoir.
06:18Et préparer notre accession au pouvoir, ça veut dire non seulement
06:21crédibiliser l'offre politique et celle du Rassemblement National en France,
06:24ça nous le faisons depuis plus de dix ans,
06:27mais ça veut aussi dire être en capacité de remettre sur pied
06:30une diplomatie française libre et indépendante,
06:32qui s'est aujourd'hui totalement effondrée sous le poids des décisions d'Emmanuel Macron.
06:36Quand je vois aujourd'hui qu'un conflit aux portes de l'Europe
06:40va très certainement se régler entre le président des États-Unis et le président russe,
06:46alors même que c'est notre sécurité et nos intérêts qui sont en compte,
06:49ça veut bien dire qu'aujourd'hui la voix de la France n'est plus audible sur la scène européenne.
06:52Et quand on voit que le ministre des Affaires étrangères,
06:56qui refuse de s'adresser au gouvernement de la Fédération de Russie
06:59dans le cadre de potentielles négociations de paix,
07:01mais qui se roule par terre devant le nouveau régime syrien
07:04qui a à sa tête les héritiers d'Daesh et d'Al-Qaïda,
07:07ça me pose un problème et je pense que ça abîme l'image de la France
07:10et l'image de la diplomatie française.
07:11Vous n'excluez pas d'inviter potentiellement quelqu'un de lui-même
07:13à exécuter un salut nazi sur une autre scène, Elon Musk ?
07:17Vous dites que vous ne l'excluez pas précisément.
07:19Ça n'est pas prévu.
07:21Est-ce que vous souhaitez des bonnes chances à l'AFD
07:23dans les élections générales européennes aujourd'hui ?
07:27C'est un jour d'élection dans un pays voisin,
07:30donc j'éviterais évidemment de m'exprimer,
07:32mais je souhaite que le peuple allemand reprenne le contrôle de son destin.
07:37Et je crois que le phénomène migratoire aujourd'hui
07:41et ce qu'il peut induire,
07:43on l'a encore vu ces dernières heures à Mulhouse,
07:46mais aussi ces derniers jours en Allemagne,
07:48remet en cause aujourd'hui les grands équilibres des sociétés européennes,
07:51à commencer par la sécurité de nos compatriotes.
07:53Quelle conclusion vous tirez de ce qui s'est passé à Mulhouse, justement ?
07:55Je termine.
07:56Et qu'il faut évidemment que tous les peuples en prennent conscience.
07:59Et c'est ce que je souhaite aussi au peuple allemand.
08:01Sur l'AFD, simplement.
08:02Quelle conclusion sur cette attaque terroriste qui a eu lieu ces dernières heures ?
08:05Qu'est-ce que vous en tirez ? Qu'est-ce qu'il faut en tirer ?
08:08Que le ministre de l'Intérieur, qui est chargé de la sécurité des Français,
08:11doit maintenant agir ou partir.
08:13Parce qu'en réalité, depuis maintenant plusieurs semaines
08:15et depuis plusieurs mois,
08:17sans doute pour peut-être faire plaisir aux électeurs du Rassemblement national
08:20et aux électeurs de droite,
08:22multiplient les déclarations.
08:23Sauf que les mêmes faits se répètent,
08:25les mêmes drames, la même barbarie se répètent,
08:27avec à chaque fois les mêmes personnalités, les mêmes profils.
08:29Et aucune mesure de fond n'est prise.
08:31Ça fait plusieurs semaines, voire plusieurs mois,
08:33qu'on parle d'un bras de fer diplomatique avec l'Algérie.
08:35Compte tenu de ce qu'il s'est passé ces dernières heures,
08:38du fait que nous avons là un islamiste étranger
08:42condamné pour apologie de terrorisme,
08:44qui ne devrait pas être sur le sol français,
08:46l'Algérie a refusé l'entrée sur son sol à dix reprises.
08:50Mais dans le quart d'heure,
08:52aucun visa français ne devrait être délivré à l'Algérie.
08:55On devrait immédiatement suspendre
08:57les aides financières qui sont données,
09:00l'aide au développement qui est donnée à l'Algérie.
09:02On devrait empêcher les dirigeants algériens
09:05de venir se faire soigner sur le sol français.
09:07Je suis un peu, si vous voulez,
09:09dans l'incompréhension comme des millions de Français,
09:11que la France soit humiliée, maltraitée
09:14par des puissances hostiles,
09:16sans déclencher la moindre réaction du gouvernement français,
09:19du ministre de l'Intérieur et du Président de la République.
09:21Est-ce qu'il faut réintégrer l'AFD dans votre groupe politique au Parlement Européen ?
09:30Aujourd'hui, ce n'est pas prévu.
09:32Vous savez qu'on siège dans deux groupes
09:34qui sont distincts au sein du Parlement Européen.
09:37Encore une fois, cette vague patriote,
09:40cette contestation des politiques d'immigration,
09:43qui est l'un des sujets majeurs
09:45de la progression du groupe des patriotes
09:48dans l'Union Européenne de l'AFD en Allemagne,
09:52c'est un fait politique.
09:54On ne s'interdit pas de discuter avec des forces politiques.
09:58Je discute bien au sein du Parlement Européen
10:00avec des partis qui sont membres de CR.
10:02Ce qu'on fait aujourd'hui ne préjuge pas de ce qu'il sera demain.
10:04C'est bien normal parce qu'il n'y a jamais rien de figé en politique.
10:07Victor Orban veut réintégrer ce parti dans votre groupe ?
10:10Non, Victor Orban revendique d'avoir des discussions
10:14avec des partis politiques qui sont à l'extérieur de notre groupe,
10:20qui est le troisième du Parlement Européen.
10:22Mon ambition, ce n'est pas de rester le deuxième groupe du Parlement Européen,
10:24c'est de devenir le deuxième et peut-être un jour le premier.
10:27Ce qu'on fait au Parlement Européen ne sera qu'une force d'appui
10:30pour le changement de fonctionnement de l'Union Européenne
10:33qu'on souhaite demain mettre en place au sein du Conseil.
10:35Que pensez-vous de la visite du président Macron ?
10:37Hier, on se souvient qu'il y avait eu beaucoup de violences.
10:40Cette année, à priori, ça s'est mieux passé pour lui pendant 12 heures,
10:43même s'il y a eu l'attentat de Mulhouse qui l'a écourté.
10:45Que pensez-vous de cette visite ?
10:46Je pense que le calme inhérent à la visite d'Emmanuel Macron
10:50vient du fait qu'il y a une réalité politique
10:53qui se traduit par le fait qu'il n'a plus le pouvoir aujourd'hui.
10:56Probablement, cette nouvelle donne politique
11:00aide à des déplacements plus calmes du président de la République.
11:03Je ne suis pas pour les violences, je ne suis pas pour le désordre.
11:06La fonction du président de la République doit être respectée,
11:09mais il faut que ce respect soit réciproque.
11:11Il y a des déclarations en France.
11:13Le problème, c'est qu'ils font le contraire au Parlement européen.
11:15Si, évidemment, Emmanuel Macron souhaite
11:18véritablement et sincèrement protéger l'agriculture française,
11:20alors, à ce moment-là, il doit s'opposer au Mercosur,
11:23faire la chaise vide...
11:25Il dit que c'est une mission de soudage vulnérable
11:29et que la France est très claire,
11:30qu'on a des problèmes avec les Allemands qui ne sont pas sûrs,
11:32avec l'Espagne, par exemple.
11:33Oui, il dit que la France est claire.
11:34Oui, mais le simple fait, si vous voulez,
11:36que la présidente de la Commission européenne s'en aille
11:38le jour où la France n'avait pas de gouvernement
11:40en Amérique latine pour sceller l'accord du Mercosur,
11:43sans que cela ne sous-tende à une réaction immédiate de la France,
11:48veut dire quelque chose.
11:49Et veut dire qu'en fait, Emmanuel Macron
11:51n'arrive plus à défendre les intérêts de la France sur la scène européenne
11:54et que ce seul sujet du Mercosur
11:55devrait entraîner à minima la chaise vide
11:57ou au mieux la menace de la France
11:58de ne plus verser sa cotisation au budget de l'Union européenne.
12:01Parce que je pense qu'on ne transige pas
12:02avec la défense de notre agriculture,
12:03et qu'en réalité, ces accords de libre-échange
12:05sont faits pour permettre à l'Allemagne
12:06d'exporter des Mercedes avec notre agriculture
12:09considérée comme une variable d'ajustement.
12:11Ça ne sert à rien pour vous
12:12que le président de la République
12:13aille demain à la Maison Blanche à Washington
12:15ou est-ce que ça a un intérêt
12:16pour tenter de peser dans ces négociations
12:18avec d'un côté la Russie et de l'autre Donald Trump ?
12:22Le problème, c'est que le président de la République,
12:24Emmanuel Macron, n'est plus perçu
12:25comme le représentant de la diplomatie française
12:27héritée du général De Gaulle,
12:29autonome, indépendante et équidistance
12:32de tous les grands conflits mondiaux.
12:33Il est perçu comme le collaborateur de la France.
12:37Et tant que le président de la République française,
12:39deuxième économie de la zone euro et de l'Union européenne,
12:42sera considéré comme le collaborateur
12:44de la présidente de la Commission européenne,
12:46alors la voix de la France
12:47et la voix de la diplomatie française
12:48ne sera ni entendue, ni écoutée,
12:50ni même respectée de par le monde.
12:51Ça ne sert à rien.
12:54C'est quand même un enjeu important.
12:56Vous parlez au jour le jour presque
12:59sur les agriculteurs, sur les normes et tout ça.
13:01Mais il y a quand même un enjeu de pollution
13:04de la planète, de l'environnement et d'avenir.
13:06Ce Green Deal, il est fait aussi pour ça,
13:08vers la neutralité carbone d'ici 2050.
13:12L'environnement, ce n'est pas un enjeu pour vous ?
13:15Quand on sera tous morts,
13:16on sera effectivement très neutres en carbone.
13:19Le problème, c'est qu'on n'aura plus d'agriculture,
13:21on n'aura plus d'industrie automobile
13:23et on n'aura plus d'entreprise.
13:25Et c'est ce que je ne souhaite pas.
13:26Je ne souhaite pas, hors Emmanuel Macron,
13:28par ce Green Deal notamment,
13:30et par les politiques qu'il soutient à Bruxelles,
13:32à entraîner la France sur le chemin
13:34d'une économie de consommation
13:36et sur le chemin de la décroissance.
13:38Nous sommes aujourd'hui
13:40une des économies dans le monde
13:42qui, en termes d'émissions de CO2,
13:44est parmi les plus propres au monde.
13:450,6% d'émissions de CO2.
13:47Et je trouve qu'il y a quand même un paradoxe
13:49à avoir les règles environnementales
13:50les plus dures et les plus drastiques
13:52pour un pays qui est parmi les plus propres au monde.
13:54Je ne dis pas qu'il ne faut rien faire.
13:56Je dis que,
13:58grâce au nucléaire notamment,
14:00qui est l'une des énergies les plus décarbonées que nous ayons,
14:02nous devons pouvoir permettre à la France
14:04de redevenir une économie de production,
14:06une économie de croissance,
14:07réindustrialiser le pays.
14:09Mais ce n'est pas, si vous voulez,
14:10en rendant infernale aujourd'hui
14:12la vie de nos chefs d'entreprise
14:13et la vie de nos agriculteurs
14:14qu'on remettra la France sur le chemin
14:16de la croissance.
14:17Il n'y a plus un seul dirigeant d'entreprise
14:19aujourd'hui dans notre pays
14:20qui ne considère pas qu'investir,
14:21travailler et consacrer du temps
14:23à l'économie française,
14:24ce n'est pas en train de devenir
14:25un enfer à la fois fiscal et normatif.
14:27Et je considère que ce pacte vert
14:29est un pacte qui est excessivement
14:31contraignant et qui fait peser
14:33aujourd'hui sur notre agriculture notamment
14:35le risque de sa disparition.
14:37Les catastrophes climatiques
14:39elles aussi ont des impacts
14:41sur les agriculteurs par exemple.
14:43Si vous dites, si on est doucement,
14:45il n'y aura plus l'air,
14:46mais peut-être qu'entre temps
14:47les agriculteurs n'auront même plus
14:48pourquoi travailler puisque les champs
14:49sont inondés, puisque des sécheresses
14:50et ces choses-là.
14:52Non, je ne crois pas du tout.
14:53En revanche, les Etats-Unis et la Chine
14:56à eux deux, c'est 40% des émissions de CO2.
14:58La France, c'est 0,6% des émissions de CO2.
15:01Donc l'écologie que je défends,
15:02elle est raisonnable,
15:03elle est praticable,
15:05mais elle ne s'appuie pas,
15:06si vous voulez, sur un délire
15:07qui consiste à mettre la clé sous la porte,
15:09à en finir avec notre industrie,
15:10notre agriculture et nos entreprises.
15:13Or toutes les mesures qui ont été
15:14mises en oeuvre dans le cadre
15:15d'une Green Deal ont toutes été faites
15:16et c'est une faute très lourde
15:17d'Emmanuel Macron,
15:18sans la moindre étude d'impact.
15:19Quand vous voyez qu'on veut aujourd'hui
15:20interdire les moteurs thermiques,
15:22la vente de moteurs thermiques
15:23à l'horizon 2035,
15:24alors que vous avez déjà
15:25beaucoup de nos compatriotes
15:26qui n'arrivent plus à s'acheter un véhicule,
15:28qui n'arrivent plus à mettre
15:29du carburant dans la voiture,
15:31qui n'arrivent plus à accéder
15:32à certains centres urbains,
15:33et bien non seulement ça a des conséquences
15:34sur le pouvoir d'achat des Français,
15:36mais ça a des conséquences aussi
15:37sur notre industrie
15:38qui est totalement désorganisée.
15:40Donc l'écologie, oui, bien sûr,
15:43mais pas au prix de la mort
15:45de l'économie française
15:46et de la mort de notre industrie.
15:47Je ne souhaite pas que la France
15:48devienne demain un pays
15:49dépendant des importations,
15:50or c'est le chemin
15:51qu'on est en train de prendre
15:52et je suis venu ici
15:53non seulement tirer la sonnette d'alarme
15:54sur l'agriculture,
15:55mais apporter mon soutien
15:56aux agriculteurs français
15:57parce que je pense qu'ils sont
15:58une part de nous-mêmes,
15:59une part de notre identité,
16:00et que sans nos agriculteurs,
16:02la France ne serait pas totalement la France.
16:04– À propos de Morgane et de C8,
16:06est-ce que c'est une purge politique selon vous ?
16:08Ou alors l'application de la loi
16:10comme l'a dit hier Emmanuel Macron ?
16:12– Non, c'est une décision politique
16:15et je pense que le silence
16:17du Président de la République
16:19dans la fermeture de la première chaîne
16:21de la TNT est une faute,
16:24c'est une faute politique.
16:26La liberté d'expression
16:27est en train de reculer,
16:28aujourd'hui en France
16:29comme partout en Europe,
16:31et à partir du moment
16:32où la moindre chaîne
16:33tente une forme de rééquilibrage,
16:34elle subit une forme d'ostracisation,
16:36donc la fermeture de C8
16:38est évidemment une décision politique
16:40qui aura des conséquences
16:42non seulement sur le niveau
16:43de la liberté d'expression
16:44dans notre pays,
16:45mais également sur l'emploi
16:47puisqu'il y a derrière
16:48plusieurs dizaines de personnes
16:49qui sont menacées
16:50d'être jetées sur le carreau
16:51en raison de cette décision
16:52qui est encore une fois
16:53une décision politique.
16:55– Merci à tous.
16:56– Il a dit hier que c'était
16:57une décision pas politique justement.
16:58– Merci.
16:59– C8 avait de multiples reprises
17:01enfreint la loi,
17:02a été rappelé à l'ordre,
17:03quand il y a des personnes
17:04qui sont insultées en plateau,
17:06quand il y a ce genre de choses
17:07qui se passent,
17:08est-ce que C8 avait été avertie
17:11à de nombreuses reprises
17:13qu'elle sortait du cadre
17:14et qu'elle entraînait la loi ?
17:19– Vous savez, la liberté d'expression
17:23selon la Cour Européenne
17:24des Droits de l'Homme,
17:25c'est aussi la possibilité
17:26de dire ce qui heurte,
17:29choque et parfois blesse.
17:31Et je considère que
17:32quand on ferme une chaîne de télévision
17:34qui plus est la première chaîne
17:35de la TNT,
17:37alors effectivement
17:38il y a de quoi s'inquiéter
17:39pour le recul de la liberté
17:40d'expression dans notre pays,
17:41mais ce n'est pas que C8,
17:43il y a un climat aujourd'hui
17:44quand on voit qu'il y a
17:45un enseignant sur deux
17:46qui s'auto-censure
17:48dans les classes de nos écoles,
17:50la liberté d'expression
17:51recule dans notre pays.
17:52Quand la gauche fait en sorte
17:54d'interdire les publicités
17:55d'un livre dans des espaces publics
17:57au motif que c'est un livre
17:58écrit par le Président
17:59du Rassemblement National,
18:00il y a une dérive
18:01liée à la liberté d'expression
18:02dans notre pays.
18:03Donc on a le sentiment
18:04qu'il y a certaines opinions
18:05qui sont tolérées
18:06et que d'autres opinions
18:07sont un peu moins tolérées.
18:08Le seul souci,
18:09c'est que les idées
18:10qui sont aujourd'hui dominantes
18:13dans l'espace médiatique
18:14ne sont pas les idées
18:15qui sont majoritaires
18:16dans le pays.
18:17Donc je trouve normal
18:18qu'il y ait,
18:19en tout cas à titre personnel,
18:21qu'il y ait une forme
18:22de rééquilibrage aujourd'hui
18:23dans le débat public.
18:35Mais donc c'est quoi la liste
18:37de ce qu'on peut faire
18:38et ce qu'on peut ne pas faire ?
18:43On est revenus
18:44dans 1984 d'Orwell
18:46avec un ministère de la vérité
18:48qui dit ce qu'on a le droit
18:49de dire et de ne pas dire.
18:51Je pense que c'est
18:52une pente très dangereuse
18:53et que de considérer
18:54que sur un plateau de télévision
18:57quand des invités
18:59se mettent des nouilles
19:00dans le slip,
19:01on doit fermer cette chaîne,
19:03je pense que c'est
19:04un peu léger,
19:05si je peux me permettre.
19:06Merci à tous.
19:07Merci qui a maintenu
19:08son discours à Washington.
19:11Des relations parfaitement respectueuses.
19:13Nous siégeons aujourd'hui
19:14avec la Lega dans notre groupe
19:15au Parlement européen
19:16qui est l'allié de Mme Mélanie.
19:18Mais elle fait partie
19:19de ces gouvernements patriotes
19:20qui sont le visage
19:21de cette Europe des Nations
19:22que nous appelons de nos voeux.
19:23Et j'espère que nous aurons
19:24l'occasion demain
19:25de travailler au pouvoir
19:26avec Mme Mélanie
19:27et M. Salvini.
19:28Merci qui a maintenu
19:29son discours à Washington.
19:30Ça c'est sa décision.
19:32Il s'est passé quand même
19:33quelques heures entre
19:34le geste de M. Bannon
19:36et le discours de Mme Mélanie.
19:37Il se trouve que moi
19:38j'intervenais quasi dans la foulée
19:40à quelques heures d'intervalle
19:41et que ça me posait
19:42un problème de conscience personnelle.
19:44Mais c'est important de dire
19:45que ça ne doit pas entacher
19:46la légitimité de l'ensemble
19:48des partis patriotes
19:49avec lesquels nous allons
19:50continuer à discuter
19:51et avec lesquels nous entendons
19:52travailler demain.
19:53Merci à vous.
19:54Merci.
19:55Merci.
19:56Merci.
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