00:00Troisième jour de procès, troisième jour d'épreuve pour les ex-otages français en Syrie qui, une fois encore, se retrouvent face à leur bourreau présumé.
00:11Parmi les anciens détenus, le photographe Edouard Elias et les journalistes Didier François et Nicolas Hénin.
00:20Dans le couloir qui les mène face à la cour d'assises spéciale, Nicolas Hénin reste hanté par les souvenirs du passé.
00:28« Ça fait plus de dix ans que je vis avec des souffrances là dans ma poitrine et des souvenirs qui sont traumatiques.
00:39Et je veux m'en décharger et je veux les leur donner et après ce sera les leurs.
00:45Ça va encore être une journée pénible. »
00:51Une épreuve de plus après l'audience d'hier au cours de laquelle l'horreur a été montrée dans tout ce qu'elle a de plus cru, monstrueuse et glaçante.
01:02La cour a diffusé des images de leur lieu de détention, cet hôpital d'Alep transformé en centre de torture.
01:11Pas de son mais des scènes insoutenables extraites du système de vidéosurveillance de l'établissement.
01:18Là où Daesh avait installé son QG.
01:22Ces photos, sur lesquelles les Français n'apparaissent pas, ont été obtenues par une ONG et transmises à la justice française.
01:31On y voit des otages enfermés dans le sous-sol.
01:35Soumis, ils ont les yeux bandés.
01:38Certains ont les mains attachées à des canalisations.
01:43La journée d'hier a été un résumé de cette grande entreprise de prise d'otages terroristes
01:49qui se termine par des images insoutenables des exécutions,
01:53puisque neuf otages dans d'autres groupes ont été tués.
01:58Et le président les a invités à la fin à réagir.
02:02Et leur réaction manquait singulièrement d'empathie.
02:07L'un des enquêteurs de la DGSI revient alors sur ce qui vient d'être diffusé.
02:12Ces images extrêmement pénibles ne sont pas le pire de ce qu'ils ont vécu.
02:17Ce qu'ils ont vécu, Edouard Elias, 22 ans au moment de son enlèvement, le raconte aussi aujourd'hui.
02:25Sans flancher, le photographe déroule son calvaire.
02:29On avait les yeux bandés. Dès qu'on levait le visage, on se faisait tabasser, rouer de coups.
02:36Du waterboarding, ça s'appelle du waterboarding.
02:38J'ai quand même eu une serviette remplie d'eau, avec de l'eau qui rentrait dans les poumons.
02:41On a été privés de nourriture, privés de sommeil.
02:45Ainsi, non loin de lui, Médine et Mouche ne le lâchent pas des yeux.
02:51L'homme accusé d'avoir fait de la captivité des ex-otages un enfer,
02:55dit toujours avoir été leur geôlier.
02:58Je reconnais la voix de ce gardien qui était extrêmement sadique,
03:03qui, par plaisir, faisait du mal à des gens.
03:06Il aurait pu, s'il en avait eu l'occasion, aller encore plus loin,
03:10comme ont fait des gardiens anglo-saxons qui ont décapité et posé la tête de mes amis sur leur corps.
03:15S'il avait pu le faire, il l'aurait fait, il nous le disait, il voulait le faire, etc.
03:19Et il est venu nous le dire souvent, très souvent.
03:22En fait, on a eu une extrême présence de cette personne qui est venue nous parler, etc.
03:26Et donc oui, sa voix, lorsque je l'entends ici, c'est évident.
03:31Son ex-codétenu, Didier François, a lui aussi raconté l'horreur de sa détention.
03:37Le même descriptif, la même inhumanité.
03:40Rajoutant que sans la présence d'Edouard Elias à ses côtés, il n'aurait jamais tenu.
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