00:00C'est les gendarmes qui m'ont appelée, qui m'ont téléphonée pour me dire qu'il y a eu une opération dans mon bien immobilier et qu'il y avait pas mal de dégâts.
00:14Ils ont tout éclaté.
00:17Le 22 janvier dernier, le gîte de Tania est complètement saccagé par le GIGN dans le cadre d'une affaire de prise d'otage.
00:24Aujourd'hui, l'État lui demande d'avancer les frais de réparation, s'élevant à 20 000 euros.
00:28Quand il s'agit de quelques centaines d'euros, parce que c'est juste une porte qui a été cassée, à la limite, on peut s'en remettre.
00:33Là, on parle quand même de 20 000 euros, c'est le prix d'une bagnole.
00:36Le citoyen paye, avance les frais, donc il fait un petit peu la banque de l'État.
00:39Reprenons l'histoire.
00:41Le 21 janvier, David Balland, patron d'une entreprise de crypto-monnaie, est enlevé avec sa femme.
00:46Un doigt de l'entrepreneur est sectionné par ses ravisseurs, qui demandent une rançon.
00:50Les forces de l'ordre doivent faire vite et pensent que le couple est séquestré dans un gîte à Vierzon.
00:54Le GIGN donne l'assaut en forçant toutes les entrées simultanément, pour préserver l'effet de surprise.
01:00Mais à l'intérieur, personne.
01:02Il n'y en a pas une qu'ils n'ont pas défoncée ?
01:05Ça, c'est juste un bloc.
01:07Ils ont cherché partout.
01:09Moi, j'habite à 5 heures du Bien, donc c'était impossible pour moi d'arriver avant la nuit.
01:13J'ai tout de suite appelé mes partenaires sur place, qui ont littéralement abandonné tout ce qu'ils étaient en train de faire,
01:17pour pouvoir tout de suite envoyer une équipe de municiers pour sécuriser 6 portes, 2 fenêtres,
01:21et faire en sorte qu'au moins l'appartement soit hors d'eau, hors d'air,
01:24et surtout inaccessible à d'éventuels vandales ou des voleurs, ou que sais-je.
01:27Donc ça, ça fait déjà partie des premiers frais.
01:29Le couple, pris en otage, est finalement retrouvé le lendemain.
01:32David Balland, près de Châteauroux, s'accompagne dans une camionnette près des Tempes.
01:37Tania, qui habite dans le sud, découvre l'état de son logement une semaine plus tard.
01:41Lui, il est en Y.
01:44Les fenêtres sont défoncées.
01:46Le lit, il était neuf.
01:48Il était neuf le mois dernier.
01:49Les ouvertures ont été forcées.
01:52Donc c'est des portes d'entrée, des portes d'appartement, des portes de placard.
01:56Et ce qui est embêtant, c'est que ce n'est pas juste une porte qui est cassée.
01:59Des fois, il y a des gens qui se disent, oui, on va juste remplacer la porte.
02:01Mais en fait, ça nécessite de remplacer la porte, le dormant, et la cloison qu'il y a autour.
02:06Parce qu'en fait, tout ça a été bien évidemment parfaitement encastré dans du placo.
02:09On chiffre vite sur, allez, entre au moins 1 500 euros par ouverture.
02:13Les gendarmes lui remettent ce document, qui indique la marche à suivre pour se faire indemniser.
02:17Il appartient donc à l'intéressé de faire l'avance du montant des travaux
02:20résultant de la réparation intégrale du préjudice avant d'engager une procédure d'indemnisation.
02:25Moi, en ce qui me concerne, j'ai la chance.
02:27Alors, est-ce qu'on peut parler de chance, c'est un autre sujet.
02:29Mais d'avoir ces liquidités de côté, parce que quand on est investisseur,
02:31on a un petit peu de bon sens et on met de côté au cas où il arrive quelque chose,
02:34typiquement ce genre de situation.
02:36Mais qu'en est-il pour les personnes qui n'ont pas les moyens ?
02:38Est-ce qu'on va vraiment, elles aussi, leur demander de sortir 20 000 euros ?
02:40Je trouve ça un petit peu exagéré.
02:41Surtout qu'ensuite, la procédure est désespérante de complexité.
02:45Faute d'indications claires et de réponses de l'administration,
02:48la plupart des propriétaires sinistrés abandonnent la démarche en cours
02:52lorsqu'ils sont victimes de dommages moins importants.
02:54Quand je regarde le dossier qui m'a été remis par la gendarmerie,
02:57et quand je regarde, par exemple, la plateforme en ligne, mon indemnisation justice,
03:00on voit que ce n'est pas les mêmes documents qui sont demandés.
03:02Donc, en fait, qui a raison ? Est-ce que c'est la plateforme en ligne
03:04ou est-ce que c'est le document qui m'a été remis ?
03:06Et cette plateforme en ligne, elle n'est même pas opérante dans tous les départements.
03:09Encore une fois, pourquoi ?
03:11Parce que ça ne fonctionne pas.
03:13Tania a contacté le député de sa circonscription, Frédéric Falcon,
03:16et le député du Cher, Nicolas Sansu,
03:18pour tenter d'obtenir des réponses lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée.
03:22J'identifie globalement cinq points bloquants.
03:25Qu'en est-il de la question de l'avance des frais,
03:27qui met les victimes en difficulté financière potentiellement ?
03:30Qu'en est-il des délais d'indemnisation ?
03:32Il n'y a aucune visibilité là-dessus.
03:34Comment sont traitées les pertes d'exploitation lorsqu'il s'agit de biens locatifs
03:37puisqu'il n'y a pas que les dégâts matériels ?
03:38Pourquoi la plateforme non-indemnisation justice n'est pas accessible dans tous les départements ?
03:42Et le dernier point, c'est qu'il y a un vrai besoin d'harmoniser cette procédure-là,
03:48parce qu'il y a une véritable différence entre ce qu'on trouve en ligne et les papiers qu'on nous remet.
03:53Enfin, du côté de la prise en charge par les assurances, c'est aussi le grand flou.
03:57Pour tout ce qui est incendie, vandalisme, vol, c'est plus ou moins clair.
04:01Qu'en est-il lorsque c'est la force publique ?
04:03Je n'ai pas du tout le même son de cloche d'un assureur à l'autre.
04:05Tantôt, on me dit oui, c'est forcément pris en compte.
04:06D'autres me disent non, ce n'est pas du tout pris en compte.
04:08Si l'État ne prend pas en compte la perte d'exploitation, pourquoi les assurances devraient se défausser là-dessus ?
04:12Là aussi, il y a quelque chose qui n'est pas clair à mon sens.