00:00On a une immigration irrégulière, on a des filières qui viennent de plus en plus violentes et dangereuses
00:06et il faut que cette lutte change de dimension, qu'on puisse changer d'échelle pour qu'on ait plus de résultats encore
00:14et qu'on soit plus efficace. Je pense qu'il faut sortir d'une naïveté.
00:19Je pense que cette idée que l'immigration n'entraîne pas collatéralement un certain nombre de violences,
00:28c'est aujourd'hui une naïveté dans la mesure où on le voit bien, une grande part de l'immigration irrégulière
00:35est en fait contrôlée par des filières qui sont des filières criminelles.
00:39Donc je pense que cette lutte doit changer de dimension.
00:43C'est la raison de notre présence avec la ministre du Budget, chère Amélie, ce matin,
00:48pour qu'on puisse déployer une nouvelle stratégie qui va s'appuyer, là encore, sur des nouveaux moyens.
00:55Avec cette idée, parce que l'État français est un État solide, mais trop souvent organisé en silo,
01:01alors que ces filières-là ne connaissent ni les frontières, ne connaissent pas les frontières non plus administratives, ministérielles.
01:09Donc c'est une lutte à 360 degrés qu'on va désormais mener.
01:14C'est d'abord le renseignement, la première arme de l'amant, qui va nous permettre de démanteler ces filières.
01:20Et nous avons installé précisément la CERTIM, qui est une cellule d'échange de renseignements sur le trafic de migrants
01:29et qui va associer ensemble tous les services de l'ensemble de nos ministères,
01:34notamment le ministère des Armées avec la DGSE, mon ministère avec la DGSI,
01:38mais avec tous les autres services qui sont concernés, la gendarmerie nationale, la police nationale, la préfecture de Paris,
01:46la direction nationale, par exemple, là encore, de la police judiciaire, du renseignement territorial.
01:51Et puis, bien sûr, les services de Bercy, notamment les douanes et puis TRACFIN.
01:57Moi, bien entendu, je suis parfaitement sur la même longueur d'onde pour qu'on puisse durcir à Mayotte, sans doute même le faudrait-il en Guyane.
02:04Et quand François Bayrou dit qu'il faudrait cette réflexion au-delà pour savoir comment on devient français,
02:10comme on est français, parfaitement d'accord. Je veux simplement dire que l'accès à la naturalisation, c'est le code civil.
02:19Le code civil, dans les articles 21 notamment, parle d'assimilation. Donc on voit bien qu'il y a des conditions administratives à respecter.
02:28Mais quand ce terme-là est resté dans notre code civil, au moment où je vous parle, il est toujours actuel, ça signifie l'assimilation,
02:35donc il faut assimiler des valeurs. Ce que je veux dire, simplement, c'est qu'on a un code civil. Et d'ailleurs, dans les textes,
02:43y compris sur la question de l'irrégularité, de l'accès, justement, de la régularisation par le travail, le législateur, désormais, dit
02:54« Mais attendez, la question du travail, c'est important, mais c'est pas le tout. Il faut respecter le mode de vie. »
03:02C'est ce qu'il dit dans la loi. Il faut respecter les principes républicains. Il y a d'autres choses à respecter. Cette autre chose,
03:09c'est de l'ordre immatériel, du partage d'un destin commun, du partage d'une culture, du partage des principes. C'est ça qui est très important.
03:18C'est ce que je pense le Premier ministre a voulu dire. Et d'un point de vue-là, nous sommes d'accord, comme sur d'autres points de vue.
03:24C'est-à-dire comment fait-on pour que cette notion républicaine de la liberté soit bien partagée ? Qu'on s'assure que c'est celui qui veut avoir
03:33notre nationalité partage cette liberté, liberté de conscience, de croire ou de ne pas croire. Comment est-ce que l'égalité, notamment l'égalité
03:40entre les hommes et les femmes, comment est-elle respectée ? C'est fondamental. Comment la notion de fraternité, qui n'est pas une notion religieuse,
03:49d'une communauté religieuse, de croyants, mais qui est une notion républicaine d'un lien civique qui dépasse les croyances, qui dépasse
03:59la couleur de peau, les conditions sociales. C'est ça, le cœur. Alors ça, c'est un débat qui est majeur, qui est très, très important.
04:06Et c'est la question, comment devient-on français ? Qu'est-ce qu'être français ?
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