00:00On est nés à l'époque du cadeau Bonnux, vous vous souvenez c'était l'ORTF, il n'y avait que deux chaînes de télévision.
00:07Nous avons tout connu, le Minitel, la naissance de Windows, l'explosion des Macs, Nokia, Blackberry, les iPod.
00:13Nous venons, nous pouvons le dire je pense, d'un ailleurs, lointain. Et nous sommes dans la place bébé.
00:18Et celle qui est dans la place ce matin c'est Maïten Abirabin, bonjour.
00:21Bonjour à tous les deux.
00:22Et bienvenue sur RTL, on est ravis de vous accueillir.
00:25Alors, les auditeurs vous connaissent, présentatrices des maternelles, du grand journal,
00:30et donc désormais à la tête de ce nouveau média 100% digital, ça s'appelle Mesdames,
00:35destiné aux femmes à partir de 45 ans.
00:37Alors, pas que, non, ça parle des femmes.
00:40Ça raconte ces femmes, et ça s'adresse à tout le monde.
00:43D'où la question que vous avez posée à François Langlais il y a deux minutes, est-ce que vous êtes abonné François Langlais à Mesdames ?
00:47Et je suis dépitée de savoir que ce n'est pas le cas, mais il va réparer ça.
00:50Mais au plus vite.
00:51C'est l'autre moitié de l'humanité François.
00:53Et comment ?
00:54Et comment, et pas qu'un peu.
00:56C'était quoi l'idée de départ ?
00:58Vous avez fait plein de trucs différents, qu'est-ce qui fait qu'à un moment vous vous dites tiens, là je vais faire ça ?
01:03Alors en fait, nous faisons ça, avec Alexandra Kruk, mon associée, on s'est rendu compte,
01:08moi j'ai 57 ans aujourd'hui, elle un petit peu moins,
01:11et on s'est rendu compte, il y a 5 ans, qu'on nous parlait, enfin ce qu'on racontait de nous,
01:16donc les femmes après la ménopause, ne correspondaient absolument pas à ce qu'on vivait.
01:21Donc moi, ayant une espèce de radar aux assignations,
01:25et pensant être enfin une grande personne,
01:27on ne va quand même pas m'expliquer encore comment il faut que je m'habille.
01:30Il faut que j'arrête de mettre des minijupes, il faut que je me mette au tricot,
01:34il faut que je parle moins fort,
01:36donc je n'ai jamais parlé moins fort, on me le dit depuis le début,
01:39et j'irai jusqu'au bout comme ça.
01:40Donc il y a un truc très étrange de récit de cet après pour les femmes,
01:46je ne connais pas une femme qui ne soit pas ménopausée,
01:48et qui verse dans un truc qui ne correspond pas à la réalité en fait.
01:52Mais comment vous l'expliquez d'ailleurs ce décalage ?
01:54Alors, il s'explique très historiquement, sociologiquement, politiquement,
01:59il y a les 20 ans qu'on a gagné de vie en fait, on les a gagnés à cet âge-là,
02:03entre 45 et 65 ans.
02:06C'est la vie en bonne santé quoi, en principe.
02:07Absolument.
02:08Et si je me réfère à ma mère, au même âge que moi,
02:12on n'a rien en commun.
02:15On n'a absolument rien en commun.
02:17Et ma grand-mère, c'est encore pire.
02:19Aujourd'hui, une femme de 50 ans, c'est celle qui en avait 40 ?
02:23En tout cas, c'est une femme qui est à la moitié de sa vie.
02:25Donc moi, ça va être long d'être vieille jusqu'au bout de ma vie en fait.
02:28Je ne peux pas être vieille pendant 50 ans, ça n'est pas possible.
02:30En gros, il y avait un creux entre les jeunes d'un côté, les vieux ou les vieilles de l'autre,
02:35et rien à une zone de flou.
02:37Et qui n'est pas descendu dans le récit de la société, alors que nous le vivons tous.
02:41Toutes les femmes se rendent bien compte,
02:42et si vous pensez aux femmes de 50 ans autour de vous,
02:44vous allez bien vous rendre compte qu'elles ne sont pas en train de tricoter
02:46avec un chat sur leurs genoux auprès du feu en fait.
02:50Ce n'est pas vrai.
02:51Elles bossent entre 45 et 65, on est 9 millions.
02:54Ce n'est pas une paille quand même.
02:56Et c'est très étonnant de voir que...
02:57On ne les imagine pas toutes en train de tricoter devant la cheminée
02:59avec le chat sur les genoux quand même.
03:00Mais c'est ce qu'on raconte.
03:01Mais qui vous raconte ça ?
03:02La société.
03:03Changez vos amis.
03:04La société, non, ce ne sont pas vos amis.
03:05J'ai participé de ça.
03:07Vous en avez participé, c'est sûr.
03:09Il n'y a pas le récit de la femme.
03:11Écoutez, c'est quand même très simple.
03:13Thomas, un mec qui prend des cheveux blancs...
03:15On trouve ça mignon et charmant.
03:17C'est ce qu'on raconte.
03:19Une femme après 50 ans, c'est la fin de tout ce qu'elle a été.
03:21Elle n'est plus belle et elle ne peut plus avoir d'enfant.
03:24Donc qu'est-ce qu'elle est ?
03:25Elle est là déjà.
03:26Bonjour !
03:27C'est quoi les plus gros préjugés sur les femmes de plus de 45 ans ?
03:31Et que vous voulez changer avec, mesdames ?
03:33C'est plus du silence que des préjugés.
03:38Des préjugés, il peut y en avoir.
03:40On continue de s'adresser à ces femmes-là.
03:42Si je prends l'exemple du nid vide.
03:44Vous savez, on promet le désespoir total quand les enfants s'en vont.
03:49Est-ce que ça ne vous étonne pas que cette promesse du nid vide
03:52ne soit adressée qu'aux mères ?
03:54Les pères n'ont pas aimé leurs enfants ?
03:56Pourquoi vous dites ça ?
03:58Moi je suis tétanisé à l'idée que mes enfants quittent le foyer.
04:00Moi ça y est, c'est fait.
04:02C'est génial !
04:04C'est génial !
04:06Moi je les ai eus tard, donc ils sont là pour un moment encore.
04:09C'est un truc formidable.
04:11Certains vont le vivre plus mal que d'autres.
04:13Mais ce que je veux dire, c'est que c'est promis aux femmes,
04:15aux mères, et pas aux pères.
04:17C'est très étonnant.
04:19Donc il y a une assignation encore à la maternité.
04:22Tout le récit des femmes, tout au long de leur vie,
04:26est géré autour de leurs organes génitaux.
04:30Oui j'ai des organes génitaux,
04:32mais il se trouve que j'ai aussi un cerveau,
04:34des envies, une histoire.
04:36Je produis de la valeur.
04:40Je sors des feuilles de paie tous les jours.
04:42Moi j'aimerais bien qu'il y ait le récit de ces femmes
04:44qui montent des boîtes,
04:46qui se mettent au parapente.
04:48Et c'est le cas en plus, parce que c'est un moment
04:50où pour la première fois, on a du temps.
04:52Vous savez qu'il y a quand même des hommes qui ne vous regardent pas comme ça dans la société ?
04:54Bien sûr, mais ce n'est pas que c'est des hommes, Thomas.
04:56Je veux que nous, chez mesdames,
05:00on reprend le discours sur nous-mêmes,
05:02parce que le discours de la société, il n'est pas bon.
05:04François peut me le confirmer,
05:06les femmes entre 45 et 65,
05:08c'est la période où elles seront payées le mieux.
05:10Elles étaient payées moins avant, elles seront payées moins après.
05:12On a de l'argent et du temps.
05:14Quand est-ce qu'on nous parle ? Parlez-nous les gars !
05:16Vendez-nous des trucs, parce que nous on ne demande que ça à acheter.
05:18Je vous parle très souvent.
05:20Comment Alex ?
05:22Moi je trouve que c'est des femmes super, ces femmes-là.
05:24Il faut quand même
05:26prendre la parole là-dessus les hommes aussi.
05:28Oui, absolument.
05:30Si vous avez un 06 ou quelque chose...
05:32Bien sûr, tu l'as déjà.
05:34En plus que je l'ai déjà, mais je n'ose pas trop.
05:36Vous avez reçu plein de personnalités
05:38complètement différentes. Il y a Elbrun-Pivet,
05:40on en avait parlé ici, puisqu'elle a évoqué avec vous ce cancer
05:44pour lequel elle est soignée, d'ailleurs toujours,
05:48sous immunothérapie.
05:50Elle est soignée de suite,
05:52mais non, c'est fini je crois.
05:54Vous avez aussi reçu Mazarine Pinjot, Adriana Carambeu
05:56ou encore Jules Guélier.
05:58Plus récemment, Sandra Sisley, qui elle résume
06:00assez bien d'ailleurs ce que c'est d'avoir aujourd'hui 50 ans.
06:02L'épouse du comédien Tomer Sisley,
06:04elle est par ailleurs chef d'entreprise,
06:06et maman, écoutez-la.
06:08J'ai envie de dire, à 50 ans,
06:10tout est plus dur, sauf nos fesses.
06:12Je trouve que l'âge
06:16est un truc sur lequel
06:18on devrait nous prévenir
06:20que l'âge a des effets
06:22physiques et psychologiques
06:24sur les nanas.
06:26Mon corps, je l'entretenais d'une certaine façon,
06:28un peu de manière light, on va dire,
06:30parce que j'ai des bons gènes.
06:32Aujourd'hui, depuis 45-46 ans,
06:34pour avoir le même corps,
06:36je fais le double de sport.
06:38Tu ne pourrais pas te sentir bien avec la fesse molle ?
06:40Moi, j'y arrive super bien.
06:42Moi, je me sens très bien
06:44avec la fesse molle, je vous le dis.
06:46C'est la vie de Sandra, et c'est ça qui est génial.
06:48On ne nous le dit pas avant, et c'est vrai ça.
06:50On nous promet que le pire.
06:52On nous raconte que la négation est le pire.
06:54Sandra, elle, elle a envie d'avoir un corps entretenu.
06:56Ça m'intéresse.
06:58Moi, je vous le dis, j'accepte largement
07:00mon 42 depuis que j'ai 50 ans.
07:02Ça ne veut pas dire que...
07:04Vous laissez tout aller.
07:06Et puis, chacune fait comme elle veut.
07:08J'ai jamais fait du 38.
07:10Toute ma vie, je me suis dit, il faut que je fasse du 38.
07:12À la télé, j'ai l'air trop grosse.
07:14Et là, maintenant, c'est bon, les gars.
07:16Du 42, c'est bon.
07:18C'est une libération.
07:20Il faut le dire aussi.
07:22Je ne dis pas qu'il n'y a pas de problématiques qui vont avec ces âges-là.
07:24Pas du tout.
07:26Je dis aussi qu'il y a une joie, une gouache,
07:28une envie, une liberté,
07:30une énergie, qu'il faut aussi
07:32raconter et promettre.
07:34Parce que le récit, il peut
07:36écraser le réel.
07:38On se dit tous, par exemple,
07:40je prends cet exemple-là, parce qu'on se dit tous
07:42on ne donnera pas de téléphone portable à nos enfants avant 11 ans
07:44ou 12 ans, et on craque.
07:46Ça, c'est le récit de la société
07:48qui fait que dans nos vies, ça craque.
07:50Et bien, c'est la même chose, cette promesse
07:52fin de tout sur les femmes
07:54au-delà de cet âge-là,
07:56il peut écraser, parfois, certaines réalités
07:58des femmes.
07:59Qu'est-ce que vous autorisez de plus, de différent
08:01à 50 ou 55 ans, que vous ne faisiez pas
08:03à 20, 30 ou 40 ans ?
08:05Le premier exemple qui me vient,
08:07pardon, mais j'ai une sexualité beaucoup plus
08:09sympathique.
08:11Et je pense que ça concerne, c'est pas pour vous parler
08:13de moi, je pense que ça concerne...
08:14Monsieur appréciera.
08:15Énormément monsieur ou madame.
08:17Oui, oui, oui.
08:19Donc, je pense
08:21que ça, c'est déjà quelque chose, et c'est pas
08:23anecdotique, ce serait approprié
08:25quelque chose de soi qui est
08:27très très fort et très puissant.
08:29Je ne me bats
08:31plus contre, je me bats pour.
08:33Je pense que comme tous les
08:35sujets extrêmement sérieux, il faut
08:37avoir un très grand sourire
08:39pour les aborder. Et enfin,
08:41je préempte ce récit
08:43sur moi-même, parce que visiblement, le laisser aux autres
08:45n'a pas été très fructueux.
08:47Juste pour savoir, mesdames, donc c'est sur internet,
08:49comment ça se passe ? On tape mesdames sur...
08:51Le site est sur internet, donc c'est
08:53mesdames.media sur internet, et sinon c'est sur tous
08:55les réseaux sociaux,
08:57sur Insta, sur Facebook,
08:59sur TikTok, et on arrive sur Youtube.
09:01Tiens-toi bien Youtube !
09:03Je ne me bats plus
09:05contre, mais pour. C'est une jolie formule.
09:07Maïté Nam, on reste avec toi.
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