00:00 Bonjour les Binder, c'est Valérie Benahim.
00:02 A l'occasion de la journée du droit des femmes,
00:04 eh bien on va parler des femmes.
00:06 Je pense qu'en France, c'est un énorme malentendu sur la journée des femmes,
00:13 parce qu'on dit justement journée des femmes.
00:14 Oh tiens, il y a une journée par an où il faut être gentil avec les femmes,
00:16 on va leur apporter une rose.
00:18 Qu'est-ce que je vous refous moi de ta rose en fait ?
00:20 C'est pas ça le truc.
00:21 C'est la journée des droits des femmes.
00:23 Et c'est mondial.
00:24 Parce qu'il y a encore énormément de choses à accomplir,
00:26 et dans le monde entier,
00:28 il y a des femmes qui ne peuvent pas aller à l'école,
00:30 il y a des femmes qui n'ont pas le droit à l'instruction,
00:31 il y a des femmes qui ne peuvent pas accéder à certains métiers,
00:33 il y a des femmes qui sont sous tutelle,
00:35 y compris au niveau familial, dans certains pays,
00:37 parce qu'elles n'ont pas le droit sur leurs enfants et autres.
00:39 Et puis il y a, plus prosaïquement ici en France,
00:42 des problèmes d'égalité salariale, des choses comme ça.
00:44 Donc il y a énormément de choses encore à faire,
00:46 des progrès colossaux qui ont été faits,
00:48 parce que quand on regarde les vidéos de Lina,
00:50 des années 50, 60, même 70,
00:52 on voit qu'il y a quand même énormément de choses qui ont été faites,
00:54 et un progrès incroyable.
00:56 Ça ne coule pas de source, il faut toujours être vigilante.
00:58 Mais je pense qu'on va évidemment dans le bon chemin.
01:02 Mais voilà, je pense qu'il y a un malentendu sur cette journée,
01:04 où on se dit "c'est limite la Saint-Valentin,
01:06 il faut faire plaisir, il faut offrir des fleurs".
01:08 C'est pas ça.
01:10 C'est vraiment les droits des femmes,
01:12 et cette égalité qu'on demande,
01:14 qui me semble la moindre des choses.
01:16 En termes de droit en France,
01:18 je pense que dans la Constitution,
01:21 et dans l'arsenal de législatif qui s'offre à nous,
01:24 les femmes, on est extrêmement bien lotis,
01:26 et je pense qu'il n'y a pas réellement énormément de choses à faire,
01:29 sur ce plan-là, législatif,
01:31 parce qu'on a le droit à l'avortement,
01:33 parce qu'on a normalement une obligation pour les employeurs
01:35 de payer à un niveau égal un homme ou une femme, etc.
01:38 Je dis "normalement" parce que dans les faits, encore une fois,
01:41 mais on parle de l'arsenal législatif.
01:43 Donc je crois qu'au niveau des droits, on est pas mal.
01:46 Évidemment, à l'international, c'est pas le cas.
01:49 Il y a encore de nombreux pays où là, malheureusement,
01:52 en matière de droit, qu'ils soient inscrits à la fois dans leur Constitution
01:55 ou dans les textes de loi, il y a du boulot encore.
01:58 À un moment, il y a eu une sorte de balancier
02:01 où justement on a balayé la féminité,
02:03 parce que le féminisme était presque plus fort,
02:05 et il fallait montrer que, moi je crois qu'on peut être féminine et féministe,
02:10 je crois qu'on peut être féministe et aimer les hommes,
02:14 et qu'on peut avancer ensemble.
02:16 Je suis de cette génération-là,
02:18 alors je suis 53 ans, peut-être qu'il y a des plus jeunes femmes
02:21 qui sont dans un autre mouvement de féminisme
02:24 et de volonté de montrer que les femmes sont là,
02:28 en écartant d'un revers de main les mecs,
02:31 mais moi je pense que c'est avec les mecs, c'est avec les hommes,
02:33 qu'on avance et qu'on fait justement à part égale,
02:37 et qu'on fait avancer le monde.
02:39 C'est ce féminisme-là, moi.
02:41 C'est celui d'Elisabeth Badinter, c'est celui de Gisèle Halimi,
02:44 parce que c'est peut-être aussi ma génération.
02:46 J'ai avancé avec elles, elles m'ont construite,
02:48 je les ai élues, je les ai regardées faire.
02:50 Moi j'ai cette chance, alors peut-être que parce que,
02:54 d'abord, si on me parle pas très bien, je réponds,
02:57 même si je suis très gentille et très sympathique.
02:59 Donc je pense que les interlocuteurs se rendent compte
03:02 à qui ils peuvent éventuellement mal parler,
03:05 ou en tout cas faire des réflexions qui sont,
03:07 de mon point de vue, inconvenantes.
03:09 Mais c'est vrai que parfois, au détour,
03:11 il y a ce que j'appelle une forme de sexisme ordinaire,
03:14 ou de petites choses un peu qui...
03:16 En plus, la personne ne voit pas mal,
03:18 mais, et on parlait du milieu de la télé,
03:21 on va demander par exemple à une femme,
03:23 "Tu veux pas te mettre en robe ?
03:25 "Ah mais tu veux faire l'émission en basket ?
03:27 "Tu veux pas mettre des talons ?"
03:29 Alors on te l'impose pas, on te le demande pas,
03:31 mais ça c'était vraiment à mes débuts,
03:33 c'était donc il y a 20 ans.
03:35 Mais c'est vrai que la télé, à l'époque encore,
03:38 il fallait que les femmes aient les atours
03:41 de ce que les hommes imaginaient être du féminin.
03:44 Donc effectivement, les talons, les robes, etc.
03:47 Moi, j'ai refusé, parce que mes premières télés,
03:49 j'étais en basket et en tailleur pantalon.
03:51 Donc si tu veux, je vais casser tout le truc.
03:53 Mais c'était même pas une volonté de m'affirmer,
03:55 c'était qui j'étais, donc je voulais pas me travestir
03:57 et me trahir.
03:58 Et puis, c'est arrivé après, il y a eu plein de femmes
04:00 avec plein de modèles différents
04:02 qui ont permis aussi aux petites filles de s'identifier.
04:04 Ça va de Valérie D'Amido à moi,
04:06 en passant par Carole Rousseau à l'époque.
04:08 Donc il y a eu plein de femmes,
04:11 ce qui montrait aussi que la femme, ça n'existe pas.
04:14 C'est comme l'homme, ça n'existe pas.
04:16 Il y a des femmes avec des identités différentes.
04:20 Une extrêmement féminine, une autre peut-être moins.
04:23 Voilà, et ça, c'était intéressant aussi de montrer ça à la télé.
04:26 Ciao les binders, bye bye, bonne soirée.
04:29 Et puis, soyez heureuses,
04:31 soyez heureux ensemble,
04:33 et puis girl power.
04:35 ♪ Régis ♪
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