00:00D'abord, je rappelle, effectivement, Plateforme Mondiale, fabriquée en Chine, créée il y a 16 ans pour vendre, historiquement, des robes de mariés pas chères.
00:08Aujourd'hui, Chine est un géant de la mode, à mini-prix, ce que l'on appelle aujourd'hui la « fast fashion ».
00:14Et selon une étude de l'application de shopping Joco, regardez, en France, c'est plus 58% des ventes en un an, les chiffres sont impressionnants.
00:22Chine est donc devenue l'enseigne de vêtements où les Français ont le plus dépensé en 2024, l'année dernière.
00:28Pourquoi un tel succès ? Les acheteurs sont-ils, une fois qu'ils reçoivent leur colis, satisfaits ? On est allés vous poser la question.
00:34« C'est pas cher. En vrai, c'est quand même de bonne qualité. C'est assez de bonne qualité. Après, j'ai commandé qu'une fois. »
00:41« C'est pas choquant, la qualité. Surtout, tout ce qui est maison, objets, ça va. Je trouve ça pas mal. Après, vêtements, non. Je suis pas fan de la qualité. »
00:51« Le but, c'est de payer moins cher que ce que j'aurais pu payer en magasin. Le fait de me dire que si je veux acheter un vêtement,
00:57je peux faire un panier complet pour moins de 50 euros, ça me fait plaisir. »
01:01On a bien compris. C'est pas cher, ça séduit les consommateurs, sauf qu'il y a un prix à payer.
01:05Il y a toujours un prix à payer, mais il faut savoir où est-ce qu'il se situe.
01:09D'un côté, les écologistes, vous le savez, vous vous en doutez, dénoncent la logique de vêtements jetables, produits en grande quantité,
01:15qui parcourent des milliers de kilomètres, c'est vrai, pour arriver dans nos armoires et être portés une ou deux fois.
01:20Et de l'autre côté, on a les professionnels du prêt-à-porter en France, qui dénoncent une concurrence déloyale
01:26et une dérégulation totale du marché des produits de mauvaise qualité, fabriqués par des ouvriers, il est vrai, sous-payés,
01:32un centime par pièce produite, 75 heures de travail par semaine, et surtout des produits qui sont exemptés,
01:37il faut le rappeler, de droits de douane pour les commandes en dessous de 150 euros.
01:41Et comme c'est pas cher, ça représente la majorité des commandes.
01:45« Je comprends les Français qui se disent « pour le prix d'un croissant, je peux avoir un t-shirt ».
01:50Il n'y a aucune réponse économique à avoir à Chine. Parce que Chine, un, c'est de l'exploitation des salariés,
01:57deux, des produits à 80% en polyester, et trois, des taxes qui ne sont pas vraiment payées.
02:03En tout cas, il n'y a aucune transparence de la part de Chine sur ce qu'ils font réellement.
02:07Évidemment, de la part d'une entreprise française, c'est impossible de pouvoir combattre. »
02:11Pas de solution économique. C'est donc sur le plan politique que la bataille doit se mener, et elle se mène.
02:16Proposition de loi pour taxer davantage ces produits, votée par l'Assemblée nationale en mars de l'année dernière.
02:22Elle doit passer désormais au Sénat. Elle n'est pas encore à l'ordre du jour.
02:25Alors, Chine contre-attaque.
02:27Décembre dernier, la plateforme recrute trois personnalités françaises bien implantées dans les milieux politiques et économiques.
02:32J'ai nommé, regardez, Nicole Gage, ancienne secrétaire d'État des gouvernements Raffarin,
02:37Bernard Spitz, ancien président de la Commission internationale du Medef,
02:40et, et, incertain, Christophe Castaner, ancien ministre de l'Intérieur macroniste,
02:45en retrait de la politique depuis sa défaite aux législatives en 2022.
02:48Et alors, pour faire quoi, ces recrutements ?
02:50Eh bien, pour sécuriser son positionnement en Europe, ça c'est pour Chine,
02:54redorer peut-être son image, et en tout cas, pour sûr, se rapprocher des décideurs.
02:57Christophe Castaner, par exemple, aujourd'hui, il est conseiller responsabilité sociale, donc, des entreprises chez Chine.
03:03Mi-janvier, un mois à peine après sa nomination, la nouvelle recrue monte au créneau
03:08pour défendre les intérêts de ses patrons et s'opposer à la loi qui pourrait mettre un frein, évidemment, à ses ventes,
03:13donc la loi de surtaxe sur les produits de la fast fashion.
03:15Et il a réitéré hier au micro de notre antenne BFM D'ici, écoutez.
03:20C'est une entreprise jeune qui ne connaît pas forcément tous les standards
03:24et qui a décidé de s'adapter aux standards français et aux standards européens.
03:27Il faut rappeler à des gens comme moi pour les conseiller en matière de RSE, mais d'autres acteurs aussi.
03:31Si la décision qui est prise face à cela, c'est de considérer qu'il faut faire payer plus
03:36en taxant les produits pour les plus populaires, je pense que c'est une erreur.
03:41C'est vraiment un réflexe de feignant de considérer que quand il y a un problème, il faut faire une taxe.
03:45Il est devenu porte-parole de Chine.
03:47Ben voilà, alors réflexe de feignant, je peux vous dire que cette petite phrase passe très mal auprès des professionnels de l'habillement.
03:53Il rappelle par ailleurs que 10 000 emplois ont été perdus en France sur un an dans le secteur,
03:58en grande partie, disent-ils, parce qu'ils ont été dans l'incapacité de concurrencer ce que l'on appelle même désormais l'ultra fast fashion.
04:05On est au-delà de ça, effectivement. Christophe Barbier, vous achetez chez Chine ?
04:08Non, je n'achète pas chez Chine, mais j'ai entendu que ces firmes, Chine, Temu, acceptent de perdre de l'argent sur des ventes de produits à prix bas
04:18parce qu'elles récupèrent les données des consommateurs et ces données, ils les revendent à d'autres.
04:23Oui, ils font de l'ultra pub, ils font aussi des fausses promotions, mais leur modèle, c'est de faire de l'ultra pub ciblée sur tous les réseaux sociaux.
04:32Moi, ce qui me surprend, c'est que la Chine fasse de l'entrisme, du dumping, du vol de données, ok, c'est un concurrent économique.
04:40Mais la question qu'on n'a pas posée tout à l'heure et qui se pose aussi vis-à-vis du luxe et dans ce dossier, finalement, c'est le patriotisme économique.
04:46Moi, ça me surprend tout de même de voir des élus ou d'autres personnes qui représentent ou qui sont censées œuvrer pour la collectivité
04:52trouver normal de s'embaucher au profit d'une firme qui, objectivement, concurrence l'économie française.
04:59Donc là, vous parlez de Christophe Castaner, entre autres, et de deux autres, effectivement.
05:03Alors, eux sont sortis du système, enfin, pour Christophe Castaner, on va dire qu'il est en retrait de la politique depuis 2022.
05:09Mais la France, les élus en France et puis pas seulement en Espagne, à Bruxelles, ne sont pas les seuls à dire qu'il faut réguler et ça se fait au niveau européen, évidemment, en s'agissant des droits de douane.
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