00:00— Il y a un bougé de sa part, parce qu'il ne voulait pas entendre parler du Parlement il y a encore 48 heures. Mais c'est un bougé qui n'est pas suffisant pour nous.
00:08Nous, nous espérons, comme lui, que la conférence sociale et de financement puissent aboutir à un accord global sur cette réforme que nous avons toujours qualifiée
00:16d'injuste et d'inutile pour les Français. Le seul problème, c'est que le non-accord peut passer par une sorte de droit de veto de fait qui serait donné au patronat,
00:27au MEDEF en particulier. Donc si c'est le cas, on ne peut pas accepter qu'un des partenaires bloque toute la situation, d'où le retour au Parlement.
00:35— S'il y a quelques points d'évolution, même sur certains points, le Premier ministre dit qu'on pourra en débattre quand même au Parlement ?
00:40— Eh bien nous lui disons s'il y a des points insuffisants, il faut traiter les problèmes de fond que sont l'âge de départ, le fameux âge pivot à 74 ans,
00:51et aussi le nombre donné d'années de cotisation. Donc cette réforme, il veut la traiter globalement. Eh bien s'il y a un échec malheureusement global,
01:00il faut que le Parlement puisse être ressaisi sur l'ensemble. Toutes les options qui auront été présentées par les acteurs sociaux doivent revenir au Parlement
01:07à un moment donné. — Vous ne faites pas confiance aux partenaires sociaux ? C'est ce que vous dit le Premier ministre.
01:11— Je leur fais confiance, mais je ne voudrais pas que le résultat de tout cela, dans 3 mois ou dans 4 mois, ce soit le retour à la case départ.
01:19Et s'il a ouvert une négociation, il faut qu'il l'aie jusqu'au bout, puisque s'il l'a ouverte, ça veut dire que la réforme n'est pas bonne.
01:25Sinon, il l'aurait pas ouverte. Eh bien soyons cohérents. Revenons au Parlement en cas de besoin, mais pas systématiquement.
01:31Si les accords sont passés entre les partenaires sociaux, nous transformerons cet accord en loi. Mais s'il n'y a pas d'accord, il faut que le Parlement
01:38puisse être ressaisi. — Vous attendez quoi concrètement, sachant qu'il y a urgence, parce qu'il y a une première motion de censure
01:42qui va être votée par certains demain ? Les socialistes, pour l'instant, sont dans l'expectative ?
01:48— Les socialistes réfléchissent, effectivement, notamment nos collègues de l'Assemblée nationale, qui ont ce droit de la censure. Voilà.
01:55Il nous reste encore 24 heures pour savoir ce que nous allons faire. Nous sommes un parti démocratique. Donc ce sont nos instances
02:01qui en décideront, en lien avec les deux groupes parlementaires et en particulier le groupe de l'Assemblée nationale.
02:06— Et en même temps, c'est compliqué pour le Premier ministre de dire « Je donne aux partenaires sociaux la possibilité de faire
02:10une nouvelle réforme », mais dans tous les cas, on refera la nôtre derrière au Parlement. — Il faut un parachute. Vous savez, cette réforme
02:15est rejetée par les Français. 90% des Français dans le secteur actif la rejettent. Donc je crois que c'est l'intérêt de la France
02:21d'avoir un apaisement. Et je pense que les quelques milliards que cela pourrait éventuellement représenter seront très largement
02:26compensés par l'apaisement social que cela donnera à notre pays. — Merci beaucoup, Patrick Cannaire, d'avoir été en direct avec nous
02:32sur BFMTV, le patron des socialistes. Pour qui le compte n'y est pas, il l'a dit il y a quelques instants en face du Premier ministre au Sénat.
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