00:00C'était un infirmier qui a abusé de ma fille, un enfant, mon enfant, qui l'a abusé.
00:08Christine est la mère de Barbara, une adolescente de 15 ans qui aurait subi un viol et des agressions
00:13sexuelles commises par un infirmier lors d'une hospitalisation à l'hôpital Jean Verdier
00:18de Bondy, dans la nuit du 15 au 16 décembre.
00:22Originaire de l'île Maurice, la famille a rejoint la France il y a deux ans.
00:27Barbara aurait craqué face à la pression scolaire avant son hospitalisation à Bondy.
00:32Elle a fait une crise d'angoisse, trop de pression je pense, et j'ai fait confiance
00:38à l'hôpital.
00:39J'ai parlé avec elle, j'ai dit t'as de la chance de rester dans une salle que pour
00:44toi.
00:45Lors de sa deuxième nuit d'hospitalisation, sa fille est à nouveau victime d'une grosse
00:48crise d'angoisse, juste avant l'intervention de l'infirmier mis en cause.
00:53Dans ses écrits personnels, la jeune fille décrit ses quelques heures d'horreur avec
00:57le soignant.
00:58C'est le journal intime de Barbara, elle a écrit tout ce qui s'est passé pendant
01:04la nuit.
01:05J'entendais qu'il baissait son pantalon, il me faisait attraper sa partie intime, il
01:10me faisait faire des mouvements bizarres.
01:13Ceci je précise à plusieurs reprises, il me la mettait dans la bouche et à un moment
01:22je m'étais réveillée, je lui ai dit vous faites quoi là, laissez-moi tranquille,
01:31je veux dormir.
01:32Il rigolait, me mettait la lampe en plein visage et redressait son pantalon et il partait
01:39et revenait comme si de rien n'était.
01:42Avec ce médicament je m'étais endormie, je me sentais deux fois plus fatiguée, j'étais
01:50abattue à croire que j'étais un cadavre, je n'avais plus de force, et ce cadavre était
01:58ma fille.
01:59Est-ce que vous estimez que votre fille a été victime de soumission chimique ?
02:04Oui, parce que ce qu'elle m'avait dit, on l'a surdosé.
02:12L'infirmier a administré de l'atarax à Barbara, un anti-histaminique aussi utilisé
02:18comme anxiolytique et sédatif.
02:20Le lendemain matin, mon mari est parti la voir et moi je suis retournée au travail.
02:26En tant que maman, je sentais quelque chose n'allait pas.
02:30J'ai essayé d'appeler mon mari, lui aussi il ne répondait pas.
02:33Il m'a rappelé, il m'a dit il y a quelque chose qui s'est passé à l'hôpital.
02:38Le premier réflexe que j'ai eu, c'est d'aller au commissariat et porter plainte.
02:41Quand je suis rentrée au commissariat, j'ai dit j'ai pas de papier mais s'il vous plaît,
02:46protégez mon enfant.
02:47Quand je suis arrivée à l'hôpital, j'ai vu ma fille.
02:50La première parole qui est sortie dans la bouche, elle m'a dit coupe-moi la main s'il te plaît.
02:58J'ai rattrapé quelque chose de sale.
03:01Alertée quelques heures après les faits, une soignante met en doute les propos de l'adolescente.
03:06Comme le confirme cet enregistrement clandestin que nous avons coupé pour plus de clarté.
03:11Qu'est-ce que c'est que ça ?
03:12Bien sûr, je dormais tranquillement.
03:14Après, je pense que c'était parce que j'ai une crise.
03:17C'est là que je pense que t'as arraché une grosse crise d'angoisse assez impressionnante, c'est bien.
03:20Et après, il y avait un monsieur qui m'avait mis un truc pour m'endormir.
03:23Et après, le soir, à plusieurs reprises, il était venu, il avait baissé son pantalon.
03:28On m'a fait attraper.
03:29Ça s'est fait plusieurs fois pendant l'année.
03:33Il remet son pantalon, il repart, il rigole, il revient.
03:36J'ai pas pu dormir.
03:38D'accord.
03:39Il m'a touché de partout.
03:40Les choses dont je parle, enfin je pense que c'est les choses dont je parle, c'est de l'infirmier qui était à l'intérieur.
03:44Oui.
03:44Quand il a mis un médicament pour dormir.
03:47Quand il s'est changé de médecin, il n'était pas tout seul avec toi.
03:49Mais il est pas venu, Manon, je sais.
03:51Je le sens, il m'a touché de partout, je sais Manon, je sais.
03:55Ce qu'il ne voulait pas faire, ce qu'il ne voulait pas faire, c'est ce que je sais qu'il m'a raconté et qu'il a transmis.
03:59Et qu'il a fait du coup avec l'aide-soignants qu'il était avec.
04:01Donc effectivement, on t'a aidé à te changer.
04:03On t'a mis la blouse que tu as là.
04:05On t'a appris les électrodes.
04:07C'est vrai qu'on t'a aidé à se changer.
04:09Il n'était pas tout seul avec toi.
04:11Il était tout seul.
04:12Sur les transmissions, ce n'est pas...
04:14Il était tout seul.
04:16La TARAC, ça permet de désamorcer la clé.
04:18On est un peu déconnecté de ce qu'il se passe.
04:20C'est possible.
04:22Je ne dis pas que c'est forcément ça.
04:24J'explique juste ce que ça peut être.
04:26C'est que quand on est sous l'emprise de ces médicaments-là,
04:28on ne se rappelle pas forcément ce qu'il se passe au lendemain.
04:30Et on peut malinterpréter certaines choses.
04:32Manon, je sais.
04:34Il m'a touché des gens.
04:36Il m'a touché en haut.
04:38Manon, s'il vous plaît.
04:41Selon le récit de Barbara,
04:43cet infirmier serait revenu l'agresser
04:45à au moins trois reprises
04:47avant de lui imposer une fellation,
04:49alors qu'elle était aveuglée par une lampe torche
04:51et privée de ses lunettes.
04:53Un viol présumé et des agressions sexuelles multiples,
04:56selon la loi.
04:58Je ne vois pas l'intérêt de ne pas croire
05:00à une jeune fille
05:02qui ne connaît pas
05:04vraiment la sexualité,
05:06la façon dont elle parle,
05:08les signes qu'elle fait avec la main.
05:10Moi, en tant que maman,
05:12j'ai tout de suite cru.
05:14Franchement, l'hôpital n'a pas pris contact avec moi,
05:16ni demandé des nouvelles de ma fille.
05:18C'est dur.
05:20Parce qu'on est vide.
05:22Il a détruit ma famille.
05:26Barbara a été très courageuse
05:28pour avoir parlé.
05:30Et moi, je dis à toutes les jeunes filles
05:32de ne pas avoir peur
05:34pour parler.
05:36Je veux que la justice soit faite
05:38très très rapidement.
05:40Je pense que ça me fera du bien
05:42si les autres victimes
05:44viennent dévoiler.
05:46Vous avez peur que ça soit arrivé à d'autres enfants ?
05:48Je pense, et je suis sûre.
05:50La famille a déposé plainte.
05:52Contactés, ses avocats,
05:54Maître Alexandre Lobry et Laura Abekassi,
05:56n'ont pas souhaité s'exprimer sur un dossier
05:58couvert par le secret de l'instruction.
06:00L'infirmier de 37 ans, en poste depuis plusieurs années,
06:02a été placé en détention provisoire
06:04et mis en examen.
06:06Contactés, la PHP indique
06:08que le professionnel concerné
06:10n'a fait l'objet d'aucun signalement en interne.
06:12L'établissement public n'a pas
06:14souhaité commenter plus en détail
06:16une procédure judiciaire en cours.
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