00:00Effectivement, cette montée du climato-scepticisme ou du déni climatique
00:29est inquiétante. Je pense qu'il y a plusieurs raisons derrière cela. Il y a d'abord des gens
00:33qui vont évidemment s'enfermer dans du complotisme, dans une bulle de réalités alternatives et sur
00:38lesquelles les faits ne vont plus avoir la moindre influence. Il y a aussi des gens qui vont
00:43avoir tendance à voir la transition comme une forme de contrainte, qui leur pèse sur les épaules,
00:48qui vont la trouver injuste et qui vont donc rejeter les politiques de transition et qui,
00:54en rejetant les politiques de transition, vont aussi rejeter la science sur laquelle elle s'appuie.
00:58Je pense qu'il y a aussi l'effet d'un discours sur le changement climatique qui parfois apparaît
01:03comme idéologique, comme militant et qui donc va amener certaines personnes à les rejeter. Et donc
01:09dans ces 35 %, je pense que tous ne nient pas la réalité du changement climatique mais qu'il y a
01:14des phénomènes de rejet sociologique et politique sur lesquels nous devons nous interroger.
01:17Effectivement, on a souvent tendance à voir le changement climatique comme un problème binaire,
01:28à se dire que c'est noir ou blanc, que c'est une bataille qu'on va remporter ou qu'on va perdre.
01:33Et donc ça entraîne de ce fait, chaque fois qu'on voit une mauvaise nouvelle, parfois un
01:37sentiment de découragement. Et je pense que c'est très important de rappeler qu'il s'agit d'un
01:41problème graduel où chaque dixième de degré va avoir une énorme importance et donc chaque action
01:46qu'on va poser va avoir une énorme importance. Je pense que c'est aussi important de communiquer
01:51sur les résultats que nous obtenons. Parfois, les gens ont l'impression qu'on n'obtient aucun
01:55résultat, ce qui crée une forme de désespérance. Bien sûr, les signaux politiques que nous avons
02:06actuellement en France, en Europe ou aux États-Unis sont assez catastrophiques pour la transition
02:11parce que ce sont des signaux d'hésitation, de doute, d'intermoiement. Et très clairement,
02:16tout ça va créer une forme d'immobilisme et d'attentisme pour les industries, pour les
02:21investisseurs qui évidemment ont besoin de signaux clairs, ont besoin d'engagement dans
02:25la durée. Et très clairement, les signaux politiques qui sont envoyés pour le moment
02:28sont catastrophiques pour la transition et c'est aussi pour ça que les entreprises et
02:32les industries doivent absolument prendre le relais.
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