00:00On a un pays qui n'a pas de gouvernement, on a un pays qui n'a pas de budget,
00:05on a un pays où les Françaises et les Français vivent mal, ont des salaires trop bas,
00:10s'inquiètent pour leur avenir, pour la santé, pour les services publics, pour l'éducation,
00:13enfin on devrait parler de ça quoi en fait.
00:15Tout le reste c'est de la littérature et ça ne m'intéresse pas et je pense que ça n'intéresse personne.
00:19Mais alors justement, vous êtes en train de le dire, il y a une problématique,
00:22les problèmes des Français sont toujours là et on l'a encore vu aujourd'hui avec ces manifestations,
00:26ces rassemblements un peu partout en France pour se mobiliser contre ces destructions d'emplois,
00:31300 000 emplois qui vont être supprimés ou qui l'ont déjà été selon les derniers chiffres de Sophie Binet de la CGT.
00:39Vous ne dites pas qu'à un moment donné on a quand même mis aussi nous, le pays,
00:43en censurant le gouvernement dans cette situation de paralysie.
00:46On a aussi notre part de responsabilité et là on est en train de perdre du temps en fait sur cette séquence
00:50et on ne peut pas répondre à l'urgence sociale.
00:54Alors attendez, d'abord nous on a une solution, je signale quand même que je sais que c'est un peu le sport favori
01:01d'un certain nombre de taper sur le parti socialiste et sans doute il est critiquable.
01:05Mais j'observe que dans la période, il n'y a qu'un seul parti qui a fait une proposition constructive
01:11et pas des moindres, de renoncer au 49-3 en échange d'un accord de non-censure.
01:17Ce n'est quand même pas rien, c'est le seul, c'est le seul qui a bougé.
01:21D'ailleurs ça a été noté, mais c'est le seul.
01:23Donc franchement qu'on ne vienne pas donner des leçons au parti socialiste, il est certainement critiquable
01:27mais là en l'occurrence c'est le seul qui essaie d'être responsable et constructif.
01:31Maintenant on va arrêter d'inverser les rôles, enfin c'est quand même pas le parti socialiste
01:35qui est au pouvoir depuis sept ans, qui a décidé de la dissolution, qui a choisi Michel Barnier
01:40et qui, Michel Barnier, n'a voulu rien écouter d'aucun des amendements et des propositions
01:46qu'ont fait non seulement le parti socialiste mais tout le reste de la gauche.
01:50Donc à un moment il faut quand même dire les choses.
01:52C'est Emmanuel Macron le responsable du chaos actuel ?
01:55Mais qu'on soit clair Nicolas Mayer-Rossignol, juste une précision,
01:58parce que je vous avoue que moi je n'ai pas bien compris la position du parti socialiste
02:03et j'aimerais bien qu'on la clarifie.
02:04J'avais Pierre Jouvet sur ce plateau, je lui ai posé la question
02:07et la réponse effectivement a été assez floue.
02:10Si demain matin, donc on va prendre cette échéance-là,
02:14Emmanuel Macron donne un nouveau Premier ministre qui n'est pas de gauche,
02:17qui est issu du Bloc central ou qui est issu de la droite.
02:20Que le gouvernement de ce Premier ministre s'engage à ne pas utiliser le 49-3.
02:26Est-ce que vous dites qu'on ne le censurera pas ?
02:31Enfin, encore une fois, je vais essayer de vous répondre très précisément.
02:35Est-ce qu'on peut arrêter en fait le délire ?
02:37Il y a eu une élection, il n'y a pas eu de gagnant avec la majorité absolue, c'est vrai.
02:43Mais il y a quand même un ordre d'arrivée.
02:45Si vous courez un 100 mètres avec deux autres personnes,
02:48que vous gagnez, que vous arrivez premier, même si vous n'avez pas battu le record du monde, d'accord.
02:52Et qu'il y a un troisième qui vous dit c'est moi le gagnant, vous allez quand même lui dire non.
02:56C'est la même chose.
02:57Je vais le dire autrement.
02:58Qui est-ce qui est arrivé en premier dans cette élection législative ?
03:01C'est le Bloc de gauche.
03:02C'est ainsi.
03:03Et c'est le Front républicain qui a permis d'écarter l'extrême droite.
03:08Il faut tout simplement que ces deux éléments-là,
03:11qui ne sont pas des éléments de débat, sont des éléments objectifs, incontestables,
03:16se reflètent dans l'architecture du gouvernement maintenant.
03:20Ça veut dire quoi ?
03:21Comme dans n'importe quelle démocratie, le Premier ministre doit être issu du bloc arrivé en tête,
03:26et ça doit donc être, c'est ce que tous les socialistes disent,
03:29un Premier ministre issu de la gauche, ouvert au compromis,
03:33et ensuite doit ouvrir en tenant compte de quoi ?
03:35Du Front républicain, tout simplement.
03:37C'est juste le résultat des urnes.
03:39Juste un exemple.
03:40Imaginons une seconde que dans cette élection législative,
03:44ce soit le bloc d'Emmanuel Macron qui soit arrivé en tête.
03:47Qu'est-ce que dirait Emmanuel Macron ?
03:49Il dirait, vous voyez bien, je suis arrivé en tête.
03:52Avec les mêmes scores, c'est-à-dire personne n'a gagné, pas de majorité absolue, etc.
03:55Mais imaginons juste une seconde que ce soit son bloc qui était arrivé en tête.
03:59Évidemment qu'il serait le premier à dire, vous voyez bien,
04:02c'est donc le Premier ministre qui doit être issu de ce bloc, etc.
04:05Même chose d'ailleurs si l'extrême droite est arrivée en tête.
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