00:00Moi je pense qu'il y a, attendez, je vous dis tout de suite que je ne plaide pas pour moi, c'est pas le problème.
00:04Je pense qu'il y a des gens qui s'appellent les maires, qui sont les seuls hommes politiques qui sont populaires aujourd'hui.
00:11Moi je connais des maires qui n'ont pas du tout mes idées, je connais des maires à l'opposé de ce que je pense,
00:17mais j'ai un langage commun avec eux.
00:19Je me rappelle avoir rencontré, c'était avant la présidentielle, pendant une heure et demie, Jean Castex.
00:25Et j'appelais à ce moment-là à voter pour Marine Le Pen, vous voyez c'était quand même pas…
00:29Et lui évidemment, il soutenait le chef d'État qui a été élu d'ailleurs, qui a été réélu.
00:35On a discuté, il y avait mille choses qui auraient poussé à ce qu'on se parle difficilement.
00:41Et finalement ça s'est très bien passé. Pourquoi ? Parce qu'il avait été aussi le maire de Prades,
00:45vous savez c'est une petite ville qui est à une centaine, même pas, 800 kilomètres de chez moi.
00:50Et que les mots qu'on employait, ils avaient le même sens.
00:54Le problème c'est qu'aujourd'hui c'est les partis politiques qui posent problème.
00:58Je sais ça fait un peu Poujadis, ça fait un peu plouc de sa province,
01:03qui pense qu'il n'est pas au fait des négociations entre les uns et les autres.
01:08Mais je préfère passer pour le plouc de service que passer pour celui qui dira ce soir,
01:13je sais ce que pense Emmanuel Macron.
01:15Parce qu'honnêtement, si j'étais vous, je ferais très très attention aux pronostics.
01:22Qui d'entre nous aurait imaginé que le soir des Européennes qu'il a perdues,
01:29il aurait envoyé balader tout le monde et il allait le dissoudre ? Personne, personne.
01:34Robert Ménard, vous parliez de l'attachement des Français au maire
01:40et c'est effectivement peut-être les seules personnalités politiques
01:42qui ont en ce moment la côte auprès des Français quand on voit les récents sondages.
01:47D'ailleurs, un sondage Élam nous disait que le choix qui était plébiscité par les Français,
01:51c'était un Premier ministre apolitique, mais dans le sens hors des partis politiques.
01:55Je me permets de vous poser la question, Robert Ménard, par sens du devoir,
01:58si Emmanuel Macron vous appelait, est-ce que vous accepteriez d'occuper cette place à Matignon ?
02:03Ou c'est un cadeau empoisonné ?
02:05Non, non, c'est juste se prendre pour ce que je ne suis pas.
02:08Je ne suis pas complètement demeuré et je sais les qualités,
02:11mais les immenses défauts que j'ai, les immenses limites que j'ai.
02:15Je pense juste que si on continue à raisonner arithmétique électorale,
02:20c'est-à-dire, il y en a celui-là, il fait 40 députés, celui-là 18,
02:24comment on arrive à 289, je crois que c'est ça, je ne sais plus, autour de ce chiffre-là.
02:31On n'y arrivera pas, on l'a vécu, on va le revivre.
02:36Demain, on nous propose quelqu'un d'autre,
02:38parce que M. Castex, M. Barnier, ce n'était quand même pas le pire.
02:43Moi, je trouvais que c'était un honnête homme, respectable, tout le monde le pensait.
02:48Il n'a même pas réussi lui.
02:49Expliquez-moi pour quelqu'un qui, dans les appareils politiques,
02:54aujourd'hui réussirait, réussirait.
02:56J'ai du mal à le penser.
02:57Je suis moins pessimiste avec François Bayrou,
03:02pas seulement parce que je l'estime pour lui,
03:04parce que je pense que cette expérience de maire qu'il a aujourd'hui,
03:08ça nourrit une capacité du compromis que les hommes d'appareil n'ont jamais,
03:16quoi qu'ils en disent.
Commentaires