00:00L'invité du 9-10
00:02On était avec les frères ennemis à Patiménard, maintenant on a les frères Karabatic, champions de handball, Nicolas et Lucas.
00:08Bonjour et bienvenue à vous Nicolas et Lucas, deux frères, deux champions de handball réunis dans le studio de RTL ce matin.
00:13Ça en impose, on va dire la vérité.
00:15On va parler d'amour, ensemble d'amour du handball, puisque vous publiez ce très joli livre
00:21qui s'appelle « Notre histoire d'amour avec le handball » chez Flammarion.
00:24Pourquoi cette envie de mettre par écrit une partie de toutes ces émotions que vous nous avez transmises
00:30quand on vous a regardé, quand on vous a suivi, quand on s'est enthousiasmé, quand on a été heureux, quand on a été déçu ?
00:35Moi je suis fan.
00:37Nicolas ?
00:38Pourquoi ? Parce qu'on aime notre sport, qu'on a envie d'en faire parler.
00:47Ça n'existait pas pour nous un joli livre comme ça.
00:50On a été aussi gamins, passionnés de sport.
00:52Et moi j'aurais rêvé d'avoir le livre de mes idoles, de pouvoir m'inspirer, partager les émotions, leurs exploits,
01:00ce qui les a poussés à rêver, à grandir et à atteindre leurs objectifs.
01:04Donc voilà, on s'est projetés.
01:06Donc c'est un peu l'histoire de transmission et de partage.
01:08C'était une bonne occasion puisque c'était la fin de ta carrière.
01:10Donc c'était aussi l'occasion quand même, c'était aussi un moyen de célébrer ça aussi.
01:14Et même si moi je continue à jouer, mais il y avait déjà un premier arrêt.
01:18Donc c'était aussi un bon moyen de célébrer la fin de carrière de Nico,
01:22avec tous les succès qu'il a eu et qu'on a connus.
01:25Donc pour nous c'était aussi une belle occasion.
01:27Et alors on vous voit tout petit, on vous voit effectivement aussi les images de votre fin de carrière.
01:33Et puis il y a cette fabuleuse déclaration d'amour que vous faites à votre papa.
01:37Papa c'était une carrière, un compteur, une passion, une culture.
01:41Sans lui, bien sûr vous ne seriez pas là, mais sans lui il n'y aurait pas eu Leonde ?
01:47Oui, non, clairement.
01:50Parce que tout petit on a suivi les traces de ce que notre père faisait.
01:54Il était gardien de but de l'équipe de Yougoslavie.
01:57Oui, et puis après quand il est venu en France, il a joué.
02:00Ensuite il a été entraîneur, formateur.
02:02Donc ça a été un mentor pour nous.
02:05Mais c'est vrai que tout de suite dès notre plus jeune âge, on a été sur des parquets.
02:09On avait un ballon dans les mains et ça c'est grâce à lui.
02:12Puis après c'est vrai qu'il a su nous guider, même si l'envie est toujours venue de...
02:17Enfin c'était nous qui avions envie.
02:19Lui nous a guidés, il ne nous a jamais poussé.
02:21C'est vraiment quelque chose qu'on avait en nous.
02:23Et puis lui a su comme ça nous guider, nous mentorer.
02:26Et il a été évidemment, c'est une des raisons principales pour lesquelles on a réussi.
02:30Un modèle même en tant que papa vous dites ?
02:33Oui, bien sûr.
02:35C'est lui qui nous a aussi appris la transmission, le partage.
02:38C'est lui qui nous a montré dans ces valeurs-là que c'était bien de réussir.
02:43Mais que c'était encore mieux d'inspirer et de tirer les autres avec soi.
02:48C'est vrai que nous on a fait un sport collectif.
02:51Lucas est d'abord passé par le tennis, mais il est quand même revenu au hand.
02:54C'est la pression familiale qui fait que...
02:57Non même pas, c'était juste une passion.
03:00Il y avait le hand à la maison, mais il y avait aussi d'autres sports.
03:03Et on a toujours un peu touché à tout.
03:05Moi il s'avère que j'ai touché au tennis pendant quelques années.
03:08T'as été numéro 1 français à quel âge ? 14 ans ?
03:1011-12 ans.
03:12C'est ce qu'on appelle toucher à un sport chez les Carabatics.
03:15J'étais que numéro 1.
03:17Il y a aussi une très jolie lettre à votre maman.
03:19On s'aperçoit que vous n'ayez pas les mêmes surnoms dans la bouche de votre père et celui de votre mère.
03:24Votre père vous appelait Titi et Grominet.
03:26Et votre maman c'est Nini et Loulou.
03:29Qui est Titi et qui est Grominet ?
03:32Moi j'étais Titi, je me faisais un peu maltraité à la maison.
03:35Donc le Grominet était là.
03:37Mais Titi, il est méchant Grominet ?
03:39Parce que pourquoi vous êtes plus jeune, vous avez les cheveux blancs ?
03:41C'est à cause de lui ou pas ?
03:42Peut-être que c'est Grominet qui me les a...
03:44C'est de la maltraitance ?
03:45Non, il était toujours gentil, bienveillant.
03:47Mais il savait aussi tacler un peu quand il fallait, le grand frère.
03:50Il y a eu de la rivalité entre les frères.
03:52Quand on est deux sportifs de haut niveau,
03:54naturellement on se dit qu'il n'y a pas de la place pour les deux dans le sport de haut niveau.
03:57Il y en a un qui peut espérer percer.
03:59Là vous êtes les deux au sommet.
04:01Difficile de rivalité, peut-être de jalousie,
04:03ou ça a toujours été main dans la main ?
04:05Sans réécrire l'histoire.
04:06Ce n'est pas pour la paix des ménages de sauter.
04:10Dans le sport, non.
04:12Ça a toujours été de l'émulation et du soutien réciproque.
04:15Et en plus, on a commencé avec Léon, tous les deux,
04:17puis lui il est passé au tennis.
04:18Donc on rêvait de faire les JO ensemble,
04:20et dans deux sports différents.
04:21Moi je rêvais d'aller le voir à Wimbledon, à Roland.
04:23Donc il y avait une vraie émulation.
04:25Par contre, il y avait un peu de compète à la maison sur tout le reste.
04:28C'était ping-pong, tennis.
04:31Moi j'avais 4 ans de plus.
04:32Quand il m'a battu, j'ai arrêté.
04:33J'étais tellement énervé, je n'ai plus le droit de jouer au tennis.
04:36Mais dans ce qu'on faisait, dans notre sport,
04:39quand ça comptait vraiment, il n'y a jamais eu de...
04:42Quand lui gagnait, c'est comme si moi je gagnais.
04:44C'était assez fou.
04:46Nos parents nous ont aussi légué ça,
04:48le fait d'être des frères.
04:50Vous êtes soudés.
04:51Soudés, on doit être là l'un pour l'autre.
04:54C'est aussi ce qui fait que j'ai réussi à faire mon chemin.
04:58Ça aurait pu être plus compliqué avec un grand frère comme ça.
05:03Je pense que c'est aussi notre relation qui fait que j'ai réussi à passer au-delà de ça
05:08et m'en servir pour faire mon chemin et être assez marou.
05:12Ça a dû vous arriver de jouer l'un contre l'autre.
05:13Comment ça se passe quand un Kerbatic rencontre un autre Kerbatic ?
05:16Sur un terrain de honte ?
05:18Ça nous est arrivé une fois.
05:19Et alors ?
05:20Moi j'étais dans une équipe de France Junior
05:22et lui était à Montpellier.
05:24En plus, moi j'avais repris il n'y a pas très longtemps.
05:26Donc c'était très bizarre.
05:27Il y avait comme un bug dans la matrice.
05:32Et c'est la seule fois.
05:33Qui a gagné ?
05:34Je crois que c'était moi.
05:36Franchement, je n'ai pas énormément de souvenirs de ce match.
05:40Nicolas, enlevez la main, on aurait dit le parrain.
05:43Je pense que sur le terrain, on ne se serait pas mis de coup.
05:46Par contre, comme on disait tout à l'heure,
05:47si on faisait un match à la maison, là on se serait mis dessus.
05:51Oui, mais c'était vraiment bizarre.
05:53Et puis on s'était dit non, on ne veut plus jamais faire ça.
05:56C'est pour ça aussi qu'on a toujours essayé de jouer ensemble dans les clubs
06:00et pas l'un contre l'autre.
06:01Parce qu'on sait que la compétition, on ne veut pas se fâcher.
06:06Donc on sait que ça peut potentiellement créer des problèmes.
06:08Donc on préfère être en coopération.
06:10Je rappelais votre palmarès tout à l'heure quand même.
06:12Quatre médailles d'or aux JO à vous deux.
06:14Six titres de champion du monde, six titres de champion d'Europe.
06:17Quel est le titre dont vous êtes le plus fier ?
06:21Je pense que notre titre de champion olympique qu'on a en commun,
06:26champion olympique, médaille d'or olympique, pour nous, c'est le Graal.
06:30Et de l'avoir remporté ensemble à Tokyo,
06:33alors qu'on avait échoué en finale,
06:35même si une médaille d'argent olympique, c'est énorme.
06:38Oui, c'est un échoge relatif.
06:39C'est un échoge relatif.
06:40Mais bon, ceux qui ont échoué en finale de JO,
06:44qui étaient à Sade de remporter la médaille d'or,
06:46savent la frustration que ça peut créer.
06:48Donc de prendre notre revanche et de remporter la médaille d'or ensemble,
06:51pour moi, c'était le plus beau.
06:53Surtout que le hand est quand même le premier sport collectif français
06:56à avoir ouvert la porte à des victoires, bien avant le foot.
06:58On a été champion du monde de hand avant d'être devenu champion du monde de foot,
07:01si je ne dis pas de bêtises.
07:02Champion du monde, oui.
07:03Mais le foot a été champion olympique en 84, si je ne dis pas de bêtises.
07:07Ce n'est pas tout à fait la même chose, le foot olympique et le hand olympique.
07:10Oui, peut-être pas la même valeur, surtout à l'époque.
07:12Maintenant, un peu plus, mais c'est vrai.
07:14Après, c'est vrai que la France a été champion du monde en 95,
07:16avec l'équipe de France du handball qui a ouvert la porte.
07:18C'était les quoi ? C'était les Barjot ?
07:21C'était les Barjot.
07:22On les voit tous dans le livre.
07:25C'est aussi ce qui est chouette avec ce livre.
07:27Ça retrace un peu aussi toute l'histoire du handball,
07:30de notre point de vue aussi.
07:32C'est aussi ce qui est chouette là-dedans.
07:35C'est pour les passionnés de hand,
07:36mais aussi ceux qui le sont un peu moins, qui vont découvrir aussi un peu plus.
07:39Il y a même les techniques, les beaux gestes de chaque équipe.
07:41Et puis on apprend que vous aimez les quiz,
07:43vous en faisiez beaucoup avec votre papa.
07:44Donc nous aussi, on aime les quiz à Ayrtel.
07:46On va vous tester un petit peu.
07:47Attention, c'est le plus rapide qui répond.
07:48J'ai l'impression que Ménard, il n'ose plus moufter.
07:50Mais non, mais c'est les voisins de Montpellier.
07:55Où se sont déroulés les JO de l'année de votre naissance, Nicolas, en 84 ?
07:58Los Angeles.
07:59En 88, Lucas ?
08:00Séoul.
08:02Vos parents se calaient sur les Olympiades, en fait ?
08:05C'est vrai qu'on n'y avait pas pensé.
08:07On avait ce truc-là.
08:08Ils nous sortaient des dates, on devait sortir les villes.
08:10Moi, j'adorais faire ça.
08:12Je n'ai pas rendu compte qu'on est nés sur des...
08:16Qui a gagné la médaille d'or en balle masculin aux JO de Paris ?
08:22Danemark.
08:24Malheureusement.
08:25Et féminin ?
08:26Norvège.
08:27Qui a battu la France pour le coup 29-29.
08:29Les JO de Paris, c'est une déception.
08:31Parce que nous, on ne peut pas dire qu'on est déçus.
08:32Vous nous avez donné tellement de rêves.
08:33On aurait aimé voir gagner la médaille.
08:35Pour vous, ça reste une...
08:36En plus, c'est votre dernière compète.
08:37C'est la retraite depuis.
08:38Ça reste une blessure ?
08:40Ou c'est la fin d'un chapitre qui est peut-être un peu moins fort que les autres ?
08:45Ça aurait pu rester une blessure pour moi.
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