00:00Emmanuel Macron qui poursuit ses consultations,
00:02Thomas Ménager sans le Rassemblement National.
00:04Est-ce qu'avec cette censure, Marine Le Pen a tout perdu,
00:07comme le dit ce matin François Hollande dans Le Parisien ?
00:09Je pense que François Hollande prend ses rêves pour des réalités.
00:11Et je pense que s'il a lu toute la presse de ce matin,
00:14le sondage de vos confrères du Figaro, de Sud Radio,
00:18qui montre une progression de Marine Le Pen de 3 points à 38%
00:21dans certaines configurations à l'élection présidentielle,
00:22montre bien qu'au-delà de ce qui a pu se dire sur les plateaux de télévision
00:26et par nos opposants politiques,
00:27le choix de la censure était le meilleur choix pour protéger les Français.
00:31Et eux, ils l'ont bien compris.
00:32Là, on ne parle pas des sondages,
00:33on parle de votre capacité à peser sur les décisions du gouvernement.
00:37Il y a encore quelques semaines, Michel Barnier,
00:40corrigé son ministre de l'Économie,
00:42qui disait qu'il ne discuterait pas avec vous.
00:43Vous aviez un certain poids.
00:45Aujourd'hui, vous n'êtes plus autour de la table des négociations.
00:48Ce n'était pas des négociations hier.
00:49Enfin, c'était des négociations pour des postes.
00:51Le vrai sujet, ce sera de voir.
00:54Et là, je pense qu'on ne pourra pas faire fi du premier groupe
00:57à l'Assemblée nationale au moment des discussions budgétaires
00:59dans quelques jours avec le Premier ministre.
01:01Hier, c'était une réunion pour savoir comment faire une coalition
01:05avec tout le parti uni qui va, au final, du Parti socialiste à Laurent Wauquiez.
01:09En gros, le retour de l'UMPS,
01:11où on essaie de se répartir les postes pour mépriser
01:14les 11 millions d'électeurs qui ont voté pour le Rassemblement national.
01:17– Sauf que là, le seul point d'accord entre tous ces partis,
01:20c'est que l'URN n'est plus un interlocuteur.
01:22Est-ce qu'avec cette censure,
01:23vous avez mis à mal des moindres dédiabolisations ?
01:25– Ça permet au moins de clarifier définitivement
01:27et confirmer ce que l'on dit depuis des mois
01:29et confirmer ce qui s'est passé aux élections législatives.
01:31Leur seul combat et leur seul intérêt commun,
01:34c'est de combattre le Rassemblement national.
01:36Ce n'était pas une réunion pour savoir comment combattre
01:39les questions de pouvoir d'achat, comment aider nos agriculteurs,
01:41comment régler les problèmes de santé,
01:43comment régler les problèmes de sécurité.
01:45Mais attendez, on nous a dit la même chose au moment des élections législatives,
01:50où on nous a évacués de tous les postes à l'Assemblée nationale,
01:53en disant, vous arrivez avec maintenant 140 députés,
01:56avec vos alliés d'Eric Ciotti,
01:57mais vous êtes au final beaucoup plus faibles
01:59puisque vous n'avez plus ces postes.
02:01Et trois mois après, c'est nous qui avons réussi
02:03à avoir ce bras de fer avec le gouvernement
02:06et à bloquer le gouvernement avec cette motion de censure,
02:08où nous avons utilisé le NFP comme un outil,
02:10mais c'est nous qui avons enclenché cette censure pour protéger les Français.
02:13– Vous venez de le dire, vous aviez une arme extrêmement puissante
02:15qui était la motion de censure.
02:17Aujourd'hui, vous ne l'avez plus, vous ne l'aurez plus en tous les cas.
02:19Si tous les partis qui étaient autour de la table
02:21se mettent d'accord, de quelle arme vous pouvez user aujourd'hui
02:27pour vous faire entendre ?
02:28– Mais je pense que la motion de censure existera toujours,
02:31parce que déjà en plus, ça serait méconnaître totalement la Constitution.
02:33– LFIRN, ça ne fait pas une majorité.
02:35– Oui, mais attendez, je pense qu'il ne faut pas non plus présager d'échanges.
02:38Ce n'est pas parce que le Président de la République rêve
02:40de cette grande coalition qu'ils arriveront déjà à se mettre d'accord,
02:43ce qui serait assez fou de voir des personnes
02:45qui pourtant font le tour des plateaux télé en disant,
02:47nous on est de gauche, on combat la droite,
02:49et réussir à s'entendre aujourd'hui contre le Rassemblement national
02:52et de ne pas censurer.
02:53Et puis surtout, ça serait méconnaître la Constitution,
02:55parce que l'article 27 de la Constitution est très clair,
02:58on interdit les mandats impératifs.
03:00C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si le Président de la République
03:01s'assoit sur la Constitution en disant,
03:03aujourd'hui, certains groupes, certains parlementaires s'interdisent de censurer,
03:07ça serait, un, méconnaître la Constitution.
03:09Et franchement, je vous le dis,
03:11ce n'est pas parce que le Président de la République,
03:12et qu'un certain nombre, rêvent de pouvoir mettre
03:15totalement de côté le Rassemblement national
03:17en s'entendant d'une alliance du Parti unique,
03:19qu'ils réussiront à le faire.
03:21Nous, je peux vous le dire, on pèsera de manière très très forte
03:23et on ne pourra pas, dans tous les cas,
03:25nous faire disparaître de cette Assemblée.
03:27– Mais en utilisant ce vocabulaire qui avait été un peu rangé
03:30dans les tiroirs du MPS,
03:33est-ce que ça ne vous ramène pas à une époque
03:34où vous étiez un parti plutôt diabolisé ?
03:40Vous aviez réussi un chemin de dédiabolisation aujourd'hui,
03:45est-ce que ça ne vous ramène pas en arrière ?
03:46– C'est juste une réalité, ce n'est ni un retour en arrière,
03:49ni quelconque volonté de communication d'un sens ou d'un autre,
03:52c'est juste qu'à un moment,
03:53quand vous êtes au moment des élections législatives,
03:56quand la France insoumise, le PS, se désiste
03:58pour des candidats de droite ou des candidats macronistes,
04:00quand des candidats macronistes ou des candidats de droite se désistent
04:03pour faire élire des candidats du nouveau Front populaire
04:06d'extrême gauche, à un moment, il y a un parti unique
04:09qui, à l'époque, s'appelait à une certaine époque le MPS,
04:12et là on voit qu'il y a un parallèle que l'on peut faire.
04:15Je ne pense pas que ça fasse un retour en arrière réel
04:18par rapport à ce qu'est le Rassemblement national,
04:20on a montré à quel point on était constructif,
04:22à quel point on a apporté des mesures avec des lignes rouges,
04:25mais des contre-mesures financées,
04:26et qu'on n'était pas un parti d'opposition comme la France insoumise
04:29qui voulait bloquer l'ensemble des institutions,
04:32mais qu'on était un parti constructif dans l'intérêt de la nation.
04:35– Mais aujourd'hui, on vous retrouve au même niveau que la France insoumise,
04:37tous les deux dans les oppositions, avec un groupe au milieu
04:39qui réussit à discuter, on ne sait pas encore s'ils réussiront à se mettre d'accord,
04:43mais qui réussit à discuter.
04:43– C'est ce qu'a voulu créer le président de la République hier,
04:47attendons, vous savez, en politique, on l'a vu encore ces derniers mois,
04:50on avait dit le Rassemblement national ne pèsera pas,
04:53il n'existe plus à l'Assemblée nationale.
04:54– Mais vous étiez prêt à y aller, vous à l'Élysée, si vous aviez été invité,
04:57c'est bien la preuve que l'ORN avait aussi envie de participer à ces discussions.
05:00– Nous, quand il y a des discussions sur les sujets de fond,
05:03on y va à chaque fois, aujourd'hui on a compris…
05:04– Autant vous n'auriez pas dit on est dans le parti unique.
05:06– Non mais hier, on a très vite compris,
05:09et c'est pour cette raison que Marine Le Pen l'a encore confirmé,
05:11on n'y serait pas forcément allé, vu la configuration d'hier.
05:14Habituellement, dès que la République nous convoque,
05:16le président de la République,
05:17et on respecte la Vème République et les institutions,
05:19on y va pour représenter les 11 millions d'électeurs qui nous ont fait confiance.
05:23Mais hier, au final, c'était vraiment comment s'entendre,
05:26comment se répartir les postes entre les différents partis dans un parti unique.
05:30Et c'est vrai qu'on n'avait pas notre place hier,
05:32parce qu'on n'est pas dans ce parti unique et qu'on est aujourd'hui,
05:35et c'était la seule preuve de la réunion d'hier,
05:37la seule opposition à Emmanuel Macron,
05:39quand ils se coalissent tous derrière Emmanuel Macron,
05:42en essayant de constituer une coalition gouvernementale.
05:45– Vous attendiez à ce que tout le monde accepte de se retrouver
05:47autour d'une table de discussion, comme ça ?
05:49C'est quelque chose que vous aviez prévu ou c'est quelque chose qui vous surprend ?
05:53– Ils ont réussi à le faire au moment des élections législatives.
05:55Dès lors qu'il s'agit de se sauver,
05:57oui mais vous savez, dès lors qu'il s'agit de se sauver eux,
06:00sauver leurs postes, sauver leurs fonctions,
06:02et qu'ils voient la montée du Rassemblement national
06:05qui ne cesse de progresser dans l'ensemble des élections
06:10et l'ensemble des intentions de vote, comme je vous le disais ce matin,
06:14et bien ils cherchent par tout moyen à se sauver et à se protéger.
06:17– Si vous aviez prévu ça, vous auriez voté la censure ?
06:20– Mais bien entendu, vous savez la censure,
06:23elle n'a pas une vocation stratégique pour le coup d'après.
06:25La vraie question de la censure, c'était est-ce que le budget était bon ou non ?
06:29Nous, c'était la seule possibilité de bloquer ce budget,
06:31ce budget était mauvais pour les entreprises,
06:33mauvais pour les retraités,
06:35mauvais pour les classes populaires et les classes moyennes,
06:36il augmentait de 30 à 40 milliards la pression fiscale,
06:39ça aurait été un budget fait par un gouvernement de gauche,
06:42la droite aurait fait le tour des plateaux télévisés
06:44pour dire que c'est un budget socialiste qui augmente les impôts.
06:46Donc non, ce n'était pas dans une vocation stratégique,
06:49c'était le seul objectif, c'était protéger les Français
06:51et surtout être en conscience du forme à nos engagements devant les électeurs.
06:56– Est-ce que vos électeurs, ils ne vous le font pas payer ?
06:57Pourquoi vous avez perdu un siège ce week-end dans les Ardennes ?
07:00Vous ne payez pas la censure ?
07:01– Non absolument pas, je vous dis, il y a des intentions de vote qui sont sorties.
07:04Déjà de manière assez faible,
07:07ce n'était pas une élection nette en juillet dernier
07:11et surtout, vous le savez, dans une partielle,
07:13on passe de 60% d'électeurs à 30% d'électeurs.
07:17Donc en fait, le député qui en plus a menti,
07:20puisqu'il a caché partout que c'était un député macroniste,
07:23du groupe majoritaire, il s'est présenté comme un divers droite, bon teint…
07:27– Ça veut dire que vos électeurs, ils ne se sont pas mobilisés ?
07:29– Ah, ça on le sait, pendant les élections partielles,
07:32il est toujours difficile de mobiliser la totalité de notre électorat.
07:37Il y a un électorat qui se mobilise souvent
07:38que quand il y a une campagne et une dynamique nationale
07:41et n'est pas forcément au courant d'une partielle.
07:43Et donc c'est pour ça qu'il y a eu deux fois moins d'électeurs,
07:45donc peut-être, mais ça a été juste, puisqu'on était à plus de 49%,
07:49à moins de 300 ou 400 voix, c'est très peu.
07:53Donc ça confirme juste une chose,
07:55c'est que si dans quelques mois il y a une dissolution,
07:58avec 60% d'électeurs de participation,
08:02cette élection, elle sera très nette pour le Rassemblement national.