00:00Pierre, l'immobilier, c'est un marché qui était déjà en souffrance. A priori, ça va l'être encore plus.
00:04Oui, parce qu'en fait, les acteurs du marché, évidemment, en premier lieu, ceux qui veulent acheter un logement, qui ont un projet,
00:12ils tablaient beaucoup sur une embellie en 2025. Il faut savoir qu'en un an déjà, les taux auxquels les banques prêtent ont pas mal baissé.
00:20Pour un emprunt sur 20 ans, on est passé, c'est une moyenne, de 4,32 à 3,33 %.
00:27Comme en plus les prix ont baissé, ce qu'on appelle le pouvoir d'achat immobilier a augmenté, de façon assez importante.
00:33Dans une ville comme Nantes, on est sur, pour une même mensualité, 11,4 m² en plus, une petite dizaine de m² à Toulouse,
00:41et même à Paris, on est sur 3 m² de plus. Mais l'idée, c'était que les taux doivent encore baisser l'année prochaine,
00:49parce que la BCE va poursuivre sa propre baisse des taux, et donc on s'attendait à ce qu'il y ait nettement plus de Français qui puissent acheter sur l'ensemble de l'année 2025.
01:00Mais en quoi la censure remet en cause ce scénario ?
01:03Pour au moins deux raisons. La première raison, c'est l'absence provisoire de budget pour 2025 qui risque de faire grimper les taux auxquels l'État emprunte.
01:11Et ça, ça va avoir un effet indirect, mais ça va avoir un effet sur les taux des crédits immobiliers.
01:16Il faut savoir que pour calculer le taux auquel elle veut bien vous prêter de l'argent, pour acheter un appartement ou une maison, une banque prend en compte 4 critères.
01:23Pour faire simple, la rémunération de l'épargne placée par ses clients, ça du coup de l'argent, elle l'utilise, elle fait une petite marge, et elle peut vous prêter.
01:31Les taux auxquels elle emprunte sur les marchés, parce qu'elle a aussi besoin d'emprunter, la conjoncture économique et financière de la France, ça c'est le contexte général,
01:39et puis votre contexte personnel, votre profil, est-ce que vous êtes une personne à risque si on vous prête de l'argent ou pas ?
01:45Et donc l'incertitude dans laquelle l'absence de vote du budget plonge la France, ça peut vraiment pousser les banques à être plus prudentes que prévu.
01:54Et la deuxième raison ?
01:56C'est que ce budget n'étant pas voté, l'une des mesures phares qui aurait pu relancer les ventes dans le neuf, elle devient caduque.
02:03Cette mesure, c'était l'extension du prêt à taux zéro à tout le territoire.
02:07Et pas seulement en plus pour acheter un appartement, mais aussi pour financer éventuellement la construction d'un pavillon, d'une maison individuelle.
02:14C'est une mesure qui était très attendue par le secteur du bâtiment, sachant que 2024 a été une très mauvaise année d'une façon générale pour les professionnels de l'immobilier.
02:24Il faut retenir ce chiffre, selon les dernières prévisions, on va terminer 2024 sur 700 000 transactions financières.
02:32C'est quasiment 40% de moins qu'en 2022.
02:38Alors 2022 c'était une très bonne année, mais 2023 avait été pour le coup une très mauvaise année pour le secteur.
02:43Donc ça a eu des conséquences, d'ailleurs pas que pour les professionnels de l'immobilier, mais aussi pour les finances des départements et des communes.
02:50Pourquoi ? Parce que les départements et les communes, c'est eux qui touchent l'essentiel de ce qu'on appelle un peu abusivement les frais de notaire.
02:56– Merci Pierre.
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