00:00De nouvelles frappes attribuées au régime de Bachar al-Assad sur la ville d'Itlib, au nord du pays ce dimanche, un bastion des rebelles et des scènes de chaos.
00:10L'attaque aérienne a fait de nombreuses victimes, parmi elles, des femmes et des enfants.
00:15Pendant ce temps, les rebelles syriens poursuivent leur avancée. Sur leur route, des véhicules de l'armée laissés à l'abandon et récupérés par les anti-régimes.
00:24Hier, ils ont repris Alep, deuxième ville du pays, aux mains de Bachar al-Assad depuis 2016.
00:29Cet homme n'y était pas retourné depuis, c'est une véritable libération pour lui.
00:36Après huit ans loin de nos maisons, de nos familles et de nos voisins, on voulait les revoir, les retrouver et tous les saluer.
00:42C'est une joie indescriptible, ça fait vraiment du bien.
00:47La coalition de groupes rebelles menée par des islamistes célèbre cette reprise au prix de centaines de morts.
00:55Quand on est entrés à Alep, les gens se sont rassemblés autour de nous en nous félicitant avec des mots d'encouragement et des fleurs.
01:02Notre but maintenant est de libérer les prisonniers et de réunir les quartiers séparés par le régime d'Assad.
01:08Dans la région, des milliers de personnes ont aussi dû être déplacées. Elles sont parties précipitamment de chez elles et ont trouvé refuge dans ces camps.
01:17On a vécu un moment tragique à cause des roquettes, des bombardements et frappes aériennes d'un côté et des drones de l'autre.
01:23Nos enfants étaient terrifiés.
01:27On compte les jours et les nuits avant de pouvoir rentrer. Les enfants sont fatigués et choqués.
01:31On a tout quitté pour venir ici, juste avec nos vêtements, rien d'autre.
01:38Si Dieu le veut, nous l'emporterons face au régime de Bachar el-Assad et on pourra rentrer sains et saufs.
01:43La région vivait dans un calme précaire depuis quatre ans alors qu'elle est plongée dans une guerre civile depuis 2011.
01:50Nous sommes en direct avec David Rigoulet-Rose, chercheur associé à l'IRIS, Institut de relations internationales et stratégiques.
01:56Bonjour, merci d'être avec nous.
01:58C'est un coup dur pour le régime de Bachar el-Assad soutenu pourtant par la Russie et l'Iran.
02:04Ah oui, c'est effectivement un coup très dur parce qu'il y a eu une accélération des événements en quelques jours.
02:13Vous évoquez les soutiens, mais le problème des soutiens, justement,
02:17les deux soutiens en question, à la fois l'Iran et la Russie, sont mobilisés sur d'autres fronts en réalité.
02:23En tout cas, pour ce qui est de l'Iran, c'est plutôt son mandataire iranien, le Hezbollah,
02:28qui était très présent justement dans le soutien au sol du régime de Bachar el-Assad en Syrie
02:33et qui a dû rapatrier une partie de ses troupes justement au Liban dans sa confrontation avec Israël.
02:38Et puis concernant les Russes, ils sont évidemment une partie des aviateurs russes de la base de Bémine,
02:43qui est dans le gouverneurat, qui est presque tout à côté du gouverneurat d'Alep.
02:49Ils ont été mobilisés sur le front ukrainien.
02:52Donc effectivement, ça montre que seules les forces de Bachar el-Assad sont en difficulté pour soutenir une offensive justement d'envergure.
03:03Il y a aussi l'influence de la Turquie. Quel est le rôle joué par la Turquie ?
03:08En l'été, la Turquie, vraisemblablement, a été mise au courant du lancement de l'offensive.
03:13Elle soutient un certain nombre de groupes, pas directement Hayat Ariracem, qui est le groupe principal à HTS,
03:20mais un certain nombre de groupes, effectivement, dans une myriade de groupes en périphérie d'HTS,
03:28qui sont liés directement au service secret turc et donc effectivement qui ont participé à l'offensive en question.
03:36Et l'intérêt de la Turquie, en réalité, c'est que la Turquie, depuis un certain temps, voulait trouver un accord justement avec le régime Bachar el-Assad,
03:46accord auquel ils se refusaient, notamment sur la question de la présence turque au nord
03:51et surtout sur la possibilité pour les Turcs de relocaliser les centaines de milliers de réfugiés syriens, justement,
03:59qui sont aujourd'hui en Turquie, du côté syrien.
04:02Et donc cette tension entre Ankara et Damas, évidemment, a alimenté la situation actuelle.
04:11Alors aujourd'hui, la Russie annonce avoir évoqué, lors d'entretiens séparés avec l'Iran et avec la Turquie,
04:17la situation, je cite, « dangereuse » en Syrie.
04:19On parle même d'une action coordonnée par ces trois pays pour stabiliser la région.
04:23Ça pourrait être quoi ?
04:25Oui, ils sont très inquiets, les deux, Téhéran et Moscou sont très inquiets.
04:28D'ailleurs, il y a eu un aller-retour de Bachar el-Assad à Moscou.
04:33Mais il y a une grande confusion qui règne.
04:36Certaines rumeurs font état de tentative de coup d'État même à Damas même.
04:40Donc il y a une très grande confusion, puisque les troupes de HTS, d'ailleurs,
04:46qui ont pris Alep, descendent vers d'autres régions du pays, notamment Hama, Homs.
04:54Et donc, du la part de… Effectivement, il y a une coordination qui est mise en œuvre
04:59par les alliés, les soutiens de Bachar el-Assad.
05:02Mais le problème, c'est que c'est fait dans l'urgence.
05:04Et on ne sait pas si ça va être en mesure de garantir le succès
05:09de la contre-offensive annoncée par Bachar el-Assad.
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