00:00Quand j'étais petit, on avait presque honte de dire qu'on était paysans.
00:04La connotation, elle était toujours négative.
00:06Moi, je me souviens, à l'école, j'écrivais même pour le métier des parents.
00:09Mon père, j'écrivais hôtelier, restaurateur.
00:11Je n'écrivais pas agriculteur, alors que c'est ce qu'il faisait la plupart du temps.
00:15Et aujourd'hui, on arrive à être fiers et à plus valoriser ça.
00:17Moi, j'habitais là, en fait, quand j'étais petit.
00:19Ça, c'est la maison familiale.
00:20On est dans les Hautes-Pyrénées.
00:22On est entre l'Anmesan et Hoche, pour ceux qui connaissent un peu le coin.
00:25On est à un peu plus d'une heure de Toulouse, en gros.
00:27Mes grands-parents avaient racheté cette métairie dans les années 80.
00:31Ils l'avaient rénovée pour faire un hôtel-restaurant.
00:33Et en fait, on vivait là avec ma famille, au milieu des clients, finalement.
00:38Donc, on va faire un petit tour.
00:39Depuis 4 ans, Antoine Dupont a relancé avec son frère Clément
00:42l'activité du domaine de Bartas, la métairie familiale
00:44dans laquelle ils ont passé leur enfance
00:46et qui avait dû fermer au début des années 2010.
00:48Il nous a fait visiter ce lieu où il a grandi.
00:50Nous, notre chambre, elle est juste au-dessus du bar, quand on était petits.
00:54Donc, on était toujours habitués, le week-end, à dormir avec la musique.
00:57C'est ça qui nous berçait, presque.
00:59Les lits ne sont pas faits.
01:01Donc là, c'est la chambre où j'étais avec mon frère quand on était plus jeunes.
01:05Ça a pas mal bougé. Le mur était un peu plus loin à l'époque.
01:08Il était surtout rempli de posters de rugby.
01:10Donc, on a un peu refait la déco.
01:13La cohabitation, c'était comment ?
01:15Parfois compliqué.
01:17Ouais, j'étais pénible. Je ne faisais que râler.
01:19Et surtout, j'étais le petit frère qui venait toujours embêter le grand,
01:22qui voulait tout le temps jouer avec lui, qui ne voulait pas perdre.
01:24Et c'était assez pénible pour lui de me supporter.
01:27Heureusement, j'ai mûri avec l'âge. Maintenant, on s'entend bien.
01:30Je suis parti à 17 ans jouer à Castres.
01:32Je calculais combien j'avais d'heures de voiture pour pouvoir rentrer ici les week-ends.
01:36Donc maintenant, j'ai quand même mûri.
01:38Je me suis émancipé. Je suis capable de partir plus loin.
01:41Mais ça a toujours été important pour moi d'avoir ce noyau familial à proximité.
01:46Du coup, on ne se ressemble pas beaucoup, mais c'est mon frère.
01:50Du coup, on a vu notre chambre tout à l'heure.
01:52Toi, tu étais pour le Stade français et moi pour Toulouse.
01:54Maintenant, il est obligé d'être pour Toulouse.
01:57On a passé énormément de temps à jouer, à faire beaucoup de sports ensemble.
02:01Et forcément, ça entraîne des chamailleries.
02:05Chamaillerie.
02:07C'est notre maison, en fait. C'est notre maison de famille.
02:10Sauf qu'on s'est rendu compte en grandissant qu'elle était un peu atypique.
02:13Que vivre dans un hôtel-restaurant, ce n'était pas le commun des mortels.
02:16On a perpétué la tradition.
02:18Le nom Dupont à Castelnau, il était connu bien avant nous.
02:22On est la septième génération d'hôteliers-restaurateurs.
02:25Donc, ça fait quand même quelques temps.
02:26Et puis, on sait qu'un hôtel-restaurant dans un village, c'est ce qui fait aussi la vie du village.
02:32Donc, quand ça a fermé, ça a été dur pour nous.
02:34Mais ça a été dur aussi pour tout le canton.
02:38C'est pour ça aussi que ça nous tenait à cœur de refaire vivre ça, cette vie de village.
02:45C'est le chien du domaine à chaque fois qu'il y a du monde.
02:48Et surtout, dès qu'il y a des caméras, il vient toujours se faire filmer.
02:53Comment il s'appelle ?
02:54Milou.
02:57Qui, des fois, peut être un peu sauvage.
02:58Mais dès qu'il y a du monde, il adore la feuille.
03:02Il est à l'aise derrière l'objectif.
03:05Parce que plus que toi, j'ai l'impression.
03:06Ouais.
03:08On voit les vaches au loin et les cochons derrière.
03:15La particularité, c'est qu'ils ont besoin de manger 2 à 3 kilos d'herbe par jour.
03:21C'est des cochons qui vivent dehors tout au long de l'année.
03:24De la même façon dont ils étaient élevés déjà il y a plus de mille ans ici sur le territoire.
03:28À l'époque, le rugby avait une grosse connotation agricole.
03:31Puisque la plupart des clubs sont dans le sud-ouest.
03:36Et il y en avait beaucoup qui assimilaient ça.
03:38Le rugby est un sport de campagne.
03:40Et c'était plus dans les années 70-80.
03:42Il y en avait beaucoup qui étaient agriculteurs et qui jouaient au rugby le week-end.
03:45Maintenant, ça s'est un peu plus perdu.
03:47Mais nous, on perpétue un peu la tradition.
03:49Est-ce que tu as toujours autant peur des vaches qu'avant ou quoi ?
03:52Je ne suis pas le plus courageux franchement.
03:54Je ne vais pas te mentir.
03:55Si je n'ai pas un bâton dans les mains, quand je rentre dans le champ, je ne suis pas serein.
04:00Tu n'as jamais réussi à lui faire passer ce cadre ?
04:03Non, non.
04:04Je vais quand même.
04:05Les cochons, c'est des animaux faciles à vivre.
04:09Les vaches, il faut être un peu plus prudent.
04:10C'est mieux d'avoir un petit peu de prudence.
04:13Tant que tu penses que c'est du rodéo, il ne faut pas se prendre pour un copoine.
04:16Il y avait des vaches ailleurs.
04:18Tu as plus peur des animaux que des mêlés presque ?
04:21Dans les cochons, ça va.
04:22Ils ne me font pas peur.
04:23Mais les vaches, tu verras.
04:24Si tu y vas à côté, on verra ce que tu fais loin d'eux.
04:27C'est toujours surprenant quand tu viens d'un village de 700 habitants et que tu finis
04:31par jouer pour l'équipe de France.
04:33Ça reste un parcours « exceptionnel » d'arriver à cultiver ce côté familial très fort
04:41et d'avoir la chance d'être tous proches et d'être soudés.
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