00:00On ne peut pas dire, faites plus vert et puis on va aller chercher des poulets ukrainiens
00:05qui sont poussés dans des bâtiments qui ne sont plus acceptables chez nous,
00:09du sucre ukrainien qui pousse à partir de betteraves OGM,
00:13traités au Roundup et enrobés de Néo,
00:15ce qu'on n'a pas le droit ou plus le droit de faire chez nous depuis bien longtemps.
00:18Voilà, à un moment donné, on demande de la cohérence et de la visibilité.
00:22Parce que l'agriculture, ce n'est pas de l'industrie lourde mais ça s'y apparente,
00:27on investit sur des temps longs et on a besoin de visibilité sur des temps longs.
00:31Donc aujourd'hui, on est dans le vexin.
00:33Moi, je produis des céréales, des betteraves et du lin à fibre.
00:37Là, on est en plein hiver, donc les cultures en place,
00:42il ne reste plus que les céréales, donc le blé.
00:44Mais par contre, vous avez des terres qui sont préparées
00:47pour accueillir les premières cultures de printemps.
00:50Aujourd'hui, cette agriculture-là, elle est forcément en péril.
00:55C'est pour ça qu'on est dans la rue aujourd'hui, c'est pour dire
00:57que c'est important de soutenir notre agriculture et pas celle qui vient d'ailleurs.
01:01Alors, on a plusieurs problématiques qui s'accumulent depuis quelques années sur nos exploitations.
01:06La problématique numéro une, c'est l'écart de moyens de production
01:11entre nous et nos voisins européens,
01:13et entre nous, Européens, et les importations qui viennent des pays extérieurs.
01:17Et c'est de là que découlent les principales complications de l'ensemble des agriculteurs,
01:23quelles que soient les productions.
01:24C'est-à-dire qu'on a demandé aux agriculteurs depuis des années de monter en gamme,
01:30de faire plus vert, de faire plus bio, de faire plus de haies, plus de choses comme ça.
01:36Sauf qu'en parallèle, le consommateur ne répond pas.
01:40C'est-à-dire que le consommateur a besoin du moins cher,
01:43et donc le politique, pour contenter le consommateur, a préféré importer
01:48de la marchandise qui est complètement déconnectée en termes de normes,
01:53ce qui nous met dans une situation compliquée où nos marchandises plutôt
01:58milieu de gamme ou haut de gamme ne se vencent pas chez nous et ont tendance à être exportées.
02:03Et en contrepartie, les marchandises d'entrée de gamme sont importées
02:07d'Amérique du Sud, d'Ukraine, etc.
02:10Là, comme machine, il y a surtout des tracteurs.
02:13Ici, vous avez un strip till, ça sert à implanter du maïs en direct
02:17sans travailler l'intégralité des sols.
02:19Là-bas, vous avez un smart de semi-direct qui sert à implanter des céréales
02:23directement derrière Bétrave sans travailler le sol.
02:26Voilà, donc c'est un peu révélateur du fait que tout ça, c'est des investissements
02:32qui ont été faits pour faire évoluer les pratiques,
02:34pour s'orienter vers ce qu'on nous demandait de faire,
02:38donc plus de couverts, moins de travail du sol, etc.
02:42Tout le matériel qu'on a autour de nous, ça vaut cher.
02:45Nous, quand on investit, c'est sur des pas de temps de 10, 15, 20 ans.
02:50Et donc, le problème, c'est qu'aujourd'hui, les politiques s'amusent à changer
02:53les règles du jeu tous les 4 matins.
02:56Et donc, ce n'est pas possible.
02:57Nous, en tant que chef d'entreprise, on ne peut pas être en permanence
03:01à la merci de décisions politiques qui viennent impacter complètement notre revenu.
03:05Là, vous avez plusieurs tracteurs, vous avez la moissonneuse de l'autre côté.
03:08En gros, sur une exploitation de 200 hectares chez nous,
03:14il faut, pour tourner dans une année, pour schématiser à l'extrême,
03:1820 000 litres de gasoil.
03:19Donc jusque-là, c'était du GNR qui était détaxé.
03:22C'est le gasoil non routier.
03:24Et demain, on nous remet une taxe.
03:27Et forcément, cette taxe, on va la subir de plein fouet.
03:29Pourquoi ? Parce que des tracteurs, il n'en existe que des thermiques.
03:32Donc, on est obligé de payer la taxe.
03:36Donc, tous les documents qui sont liés à l'entrée des fertilisants.
03:40Après, il y a tous les papiers de traçabilité.
03:42Bon, attention, c'est que la partie papier.
03:44Mais aujourd'hui, on est beaucoup en dématérialisation.
03:46On passe notre temps aussi sur l'ordinateur.
03:48Donc, on a des normes qui découlent directement des textes européens.
03:54Mais alors après, comme on est français, on en rajoute encore.
03:57On surnorme, on surtranspose.
03:59Donc ça, c'est une norme française.
04:00Et puis, comme ce n'est pas encore assez,
04:02ça arrive que sur certains schémas départementaux,
04:05on en rajoute au niveau des régions et des départements.
04:08Mais aujourd'hui, on sait qu'il y a un réchauffement climatique
04:12qui va menacer les agriculteurs en première ligne.
04:15On a besoin de mettre quand même des normes sur l'agriculture
04:17pour contrôler les émissions, pour contrôler les pollutions, etc.
04:21Le grand argument du moment, c'est le réchauffement climatique,
04:25le verdissement, etc.
04:27OK, sauf que quelle est l'alternative ?
04:29Dès qu'on va mettre une norme écologique supplémentaire
04:31sur nos agriculteurs français,
04:33on va aller chercher la marchandise ailleurs.
04:35Si vous arrêtez d'arroser, par exemple, des haricots chez nous,
04:38parce que vous dites, crise, on arrête les haricots,
04:42les haricots, ils vont venir du Kenya.
04:43Est-ce que c'est logique ?
04:53Donc ça, c'est les champs de la ferme.
04:54On arrive au bout des champs de la ferme.
04:58Donc là, on est parti sur le point de blocage de la 16 à Beauvais,
05:02puisqu'il y a un regroupement d'agriculteurs
05:04pour faire entendre notre colère,
05:06qui n'a pas été entendue jusque-là.
05:08Donc là, on arrive sur le blocage de la 16,
05:12où nos collègues sont rentrés et ont bloqué l'autoroute.
05:16On espère que ça va permettre une écoute plus attentive.
05:23Ça va ?
05:24J'amène les journalistes.
05:28Ce qu'il faut qu'on demande, c'est de la cohérence.
05:30Et la cohérence, c'est quoi ?
05:31C'est la même règle pour tous en Europe.
05:33Ça, c'est la base.
05:34Et pour ce qui rentre chez nous, un peu de contrôle
05:37et un peu de normes aussi.
05:38Des normes pas que chez nous,
05:39des normes un peu sur ce qui rentre.
05:41Depuis deux ans, on est importateur net de sucre en Europe.
05:44Il faut quand même avoir ça en tête.
05:45On n'arrive même plus à produire notre sucre.
05:47C'est quand même dingue.
05:48Et il va être produit où ?
05:49En Ukraine ou alors au Brésil,
05:50sur des terrains qui sont déforestés.
05:52Qu'est-ce qui est le mieux ?
05:53À un moment donné, il va falloir comprendre
05:54que les contraintes écologiques ici,
05:56ça fait des catastrophes écologiques à l'autre bout du monde.
06:02C'est un mouvement national
06:03parce que les contraintes sont nationales.
06:05Mais on n'a pas prévu d'arrêter.
06:06On s'arrêtera quand on aura des réponses précises et concrètes.
06:10Donc vous voyez, on n'est pas trop mal installé.
06:13Bon, tant qu'on n'a pas des réponses précises et concrètes
06:16et pas des euros qui nous sont balancés comme ça
06:21avec 8000 formulaires, etc.
06:23On veut des réponses concrètes, des avancées concrètes.
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