00:00Elle est là, on la voit par transparence.
00:02C'est un diable de mer de la famille des Raymontas.
00:05C'est une espèce qu'on a en Méditerranée,
00:07donc il faut à peu près 2 mètres d'envergure.
00:10Cette observation, on va la noter.
00:12Magnifique !
00:13Un diable de mer comme on l'a vu là,
00:15pour moi c'est une première, c'est une découverte,
00:16c'est extraordinaire.
00:18Comme c'est une espèce qui est extrêmement rare,
00:19elle est classée menacée dans la liste rouge,
00:21c'est une espèce qu'on ne voit pas facilement.
00:22Cette semaine pour Brut, je vous emmène en mer
00:24avec l'association Miraceti
00:25et l'Union internationale pour la conservation de la nature
00:28qui réalise des suivis des espèces marines.
00:30Grâce à ce type d'inventaire,
00:32on peut élaborer la liste rouge des espèces menacées,
00:34qui nous permet de savoir
00:35quelles espèces sont menacées
00:37et lesquelles méritent des actions de conservation.
00:40Allez, c'est reparti !
00:44Alors là, on est sur le plateau continental
00:46et on va aller sur des fonds plus importants
00:48qui vont descendre rapidement
00:50jusqu'à plus de 2000 mètres de fond
00:52et où on peut rencontrer des espèces
00:55comme le dauphin de Risseau par exemple,
00:57le cachalot, les dauphins bleu et blanc.
00:59On essaye de collecter des données de présence
01:01des différentes espèces et des données d'absence
01:04pour savoir s'ils sont plus dans une zone que dans une autre
01:08ou à une période de l'année par rapport à une autre.
01:12Les puyfailles et le courant.
01:13On compte aussi les oiseaux.
01:15En fait, on note toutes les espèces qu'on rencontre
01:17et on note aussi les activités humaines
01:20pour avoir une idée un petit peu des pressions
01:22qu'il y a dans la zone par type,
01:25professionnels, bateaux, pêcheurs, plaisance,
01:28des engins de pêche dormants.
01:30Dès qu'on voit un oiseau par exemple,
01:31on rentre dans la tablette,
01:34donc on rentre l'espèce et le nombre d'individus.
01:39Voilà, et puis ça enregistre automatiquement la position
01:41et l'heure d'observation.
01:43Ils ont été notés, ceux qui sont passés derrière ?
01:45Ok.
01:47Pour observer les espèces,
01:48on peut utiliser plein de méthodes différentes.
01:50En fait, ça dépend des espèces.
01:51Il y en a qu'on observe à la jumelle comme les oiseaux.
01:53Parfois, on ne peut récupérer que les traces dans la forêt,
01:56des traces de pas ou des traces de passages.
01:59Parfois, avec l'ADN aussi, dans l'eau,
02:01on peut détecter la présence d'espèces aquatiques.
02:03Pour les chauves-souris, c'est les ultrasons
02:05qu'on détecte la nuit.
02:06Et puis souvent, on met des pièges photographiques.
02:09Les pièges photographiques,
02:09ils détectent automatiquement la présence d'animaux,
02:12peut-être la nuit ou le jour.
02:14Je prépare l'hydrophone
02:17pour faire une écoute sous l'eau
02:20pour voir s'il n'y aurait pas des animaux,
02:23et notamment des cachalots.
02:26Donc, les grands plongeurs comme le cachalot,
02:28la baleine à bec de cuvier,
02:30qui passent beaucoup plus de temps sous l'eau qu'en surface,
02:33en fait, c'est toute une partie de leur vie
02:35dont on n'a pas accès depuis la surface.
02:37Si on n'utilise que des données visuelles
02:40prises depuis les bateaux ou les avions,
02:43on passe à côté d'une bonne partie des animaux.
02:47Je crois que j'entends des clics, ouais.
02:48J'arrête.
02:50Il y a plusieurs individus.
02:54Donc là, ils sont en train de chasser.
03:00C'est comme un biosonar,
03:02comme les chauves-souris.
03:03Ils envoient des sons.
03:05Et puis, dès que le son rencontre un obstacle,
03:08une proie par exemple, en fait, ça renvoie un écho.
03:11Et c'est comme ça qu'ils arrivent à attraper les calmars géants
03:15par 2000 mètres de fond où il n'y a pas du tout de lumière.
03:18Là, on les entend super bien.
03:19Ils ne doivent pas être très, très loin.
03:20Donc, je pense que ce qui serait pas mal,
03:21c'est qu'on se déploie en 360 là,
03:24histoire de ne pas les rater.
03:25Du coup,
03:27Ah, merde !
03:32Tu essaies de te mettre derrière lui
03:33et de te mettre dans le même sens.
03:35Essaie d'accélérer, parce qu'avant qu'il sonde.
03:40S'il y en a qui peuvent quand même garder un œil autour,
03:43parce qu'il y en avait un paquet à l'hydro,
03:45donc c'est possible que ça sorte ailleurs.
03:48On va essayer de prendre en photo
03:56le dessous de sa nageoire caudale quand il va sonder.
03:59Donc là, on est bien derrière.
04:01C'est parfait.
04:03Et c'est bon, ça sonde.
04:05En fait, la forme et les marques qu'on va voir sur la nageoire,
04:09en fait, nous permettent de les reconnaître individuellement
04:12pour être sûr qu'on ne compte pas deux fois les mêmes individus.
04:14Il ne nous manque que les bleus et blancs.
04:15Normalement, ils vont arriver avant la fin de la journée.
04:23Il faut imaginer que pendant que l'association
04:25observe les dauphins ou les cachalots,
04:28il y a d'autres personnes qui cartographient
04:30la présence des libellules en France
04:32ou qui repèrent les traces d'élinx dans la forêt.
04:34La liste rouge des espèces menacées en France,
04:36pour le moment, elle a associé plus de 500 naturalistes et scientifiques.
04:41Et au niveau mondial, on a plus de 9000 personnes.
04:44Je n'ai pas vu en souffle, mais j'ai vu un animal se déplacer en surface.
04:50C'est des dauphins.
04:52Un, deux, trois, quatre.
04:56Reste comme ça.
04:58Il y en a deux devant et trois derrière.
05:00Cinq en tout, deux là-bas.
05:02Ralentis un peu.
05:07Ils viennent nous voir là.
05:08Il y en a un qui reste en surface, là, il sort la tête.
05:11Moi, je travaille sur les espèces au quotidien,
05:13mais en vrai, je ne les vois jamais, les espèces menacées.
05:15Mon travail, il n'est pas sur le terrain.
05:16Mon travail, c'est de l'analyse des données qui sont récoltées partout en France.
05:19Ça, c'est un peu exceptionnel.
05:20Grâce à des journées comme celle-là, qui sont répétées toute l'année,
05:22il y a des sorties en mer régulièrement,
05:24on arrive à savoir précisément pour la population du dauphin bleu et blanc
05:28à peu près à combien se situent ces effectifs au large des côtes de Provence.
05:32OK, fin de suivi.
05:34Nombre d'individus.
05:35Alors moi, je mettrais une dizaine, minimum cinq avec deux gènes.
05:39Présence de gènes, oui.
05:40Nombre de gènes, deux.
05:44Pour établir la liste rouge, on a une méthodologie qui a été définie au niveau mondial.
05:47La force de la méthodologie, c'est qu'elle s'applique à toutes les espèces du monde,
05:51qu'elles soient des insectes ou des espèces terrestres ou des espèces marines ou des plantes.
05:55Mais évidemment, on n'applique pas la méthodologie de la même façon à toutes les espèces.
05:59Par exemple, les espèces qu'on peut compter, comme les lynx ou les oiseaux,
06:02on peut utiliser les critères d'effectifs.
06:05Des espèces comme les insectes, on n'a pas accès aux effectifs,
06:07mais on peut faire des cartes de répartition de leur présence
06:10et savoir s'elles sont rares ou répandues.
06:12D'autres espèces, comme les requins, pour estimer les évolutions,
06:15on a aussi les données de pêche, les données de capture accidentelle.
06:18Donc en gros, on a différentes portes d'entrée qui nous permettent d'arriver à aboutir à un classement.
06:22Donc on a différentes catégories qui vont des espèces non menacées,
06:25heureusement, il y a des espèces qui vont bien, qui ne risquent pas de disparaître,
06:28jusqu'aux espèces menacées.
06:30Et les trois catégories d'espèces menacées de la liste rouge,
06:32c'est vulnérable, en danger et en danger critique,
06:36qui est le stade de menace le plus fort juste avant l'extinction.
06:40Ici, par exemple, grâce à la liste rouge,
06:4212% des mammifères sont menacés en France,
06:44ou un quart des amphibiens, ou un tiers des ozonicheurs sont menacés en France.
06:48En refaisant la liste rouge tous les 5 à 10 ans, en moyenne,
06:50on voit comment évoluent les choses.
06:52Est-ce que la situation des espèces se détériore ?
06:54Ou au contraire, est-ce que les actions portent leurs fruits ?
06:58Fin de la journée, donc là on est en train de rentrer au port.
07:01Donc ça a été une super journée, très bonne condition d'observation.
07:04Donc on a vu deux groupes de dauphins bleu et blanc,
07:06donc c'est l'espèce la plus abondante en Méditerranée.
07:09Donc il y a environ 440 000 individus
07:11qui ont été recensés sur toute la Méditerranée.
07:13Et on a eu la chance aussi de voir un cachalot.
07:16Donc ça, c'est plus rare.
07:18Les cachalots, c'est une petite population méditerranée
07:21d'environ 1500 individus sur toute la Méditerranée.
07:25Donc vous voyez, ce n'est pas du tout de la même grandeur.
07:27Donc c'est vraiment une petite population,
07:28et surtout, c'est une population en danger.
07:30C'est une espèce qui a été extrêmement chassée autrefois,
07:33qui est en train de se rétablir tout doucement,
07:34mais il est loin d'être tiré d'affaires.
07:36Et comme il se reproduit lentement,
07:37comme il connaît aujourd'hui d'autres menaces,
07:39par exemple les collisions avec les navires,
07:41par exemple la pollution,
07:42y compris la pollution sonore dans les océans,
07:44c'est une espèce qui a vraiment du mal à se rétablir.
07:46On espère qu'un jour, le cachalot sortira de la liste rouge.
07:48Donc il faut que ces observations continuent.
07:50Il faut qu'on lutte contre les pressions
07:52pour qu'un jour, il ne soit plus du tout
07:53parmi les espèces menacées.
Commentaires