00:00Il y a des moments dans la vie où l'on se rend compte que ce l'art peut servir à quelque chose de plus grand que soi.
00:06Tout ce qui s'est fait du milieu artistique depuis un an, ça peut bouger un peu et faire bouger et juste tout simplement être leur voix.
00:16L'Iran a fait de la soumission des femmes son étendard avec comme symbole le foulard.
00:30Depuis quelques semaines, à la veille de l'anniversaire tragique et assassinat de Massa Amini,
00:47il y a des pressions, il y a des agressions, des enlèvements, des emprisonnements de toutes les femmes mais aussi des hommes qui les soutiennent.
00:59Il y a une population qui s'est unie autour de la cause féminine.
01:03Dans les médias, on en entend moins parler. Comment elles se font entendre, les femmes en Iran ?
01:07En Iran, vous avez une population complète de journalistes avec des téléphones portables.
01:14Et ces journalistes nous donnent de l'information au péril de leur vie et de leurs proches aussi.
01:19La population iranienne est très résiliente. Ils ont vraiment cette résistance chevillée au cœur, aujourd'hui au corps.
01:27Et aujourd'hui, on est à un niveau où vous voyez que la résistance devient le mot d'ordre.
01:32Donc il y a toujours des révoltes en Iran ?
01:34Il y a beaucoup, beaucoup de résistances et de révoltes.
01:37Mais ça peut être de la résistance civile, ça peut être tout simplement de se promener dans la rue sans foulard.
01:43Ça peut être de la résistance pour les commerçants qui acceptent de recevoir et de vendre à des personnes qui n'ont pas de foulard.
01:49Ça peut être de petits regroupements dans le métro.
01:52Là, depuis quelques jours, on a des photos de mise à feu des symboles de la République islamique.
01:56Il n'y a plus, en ce moment, toutes ces grandes manifestations, parce qu'ils se faisaient tirer dessus à vue.
02:01On a des images de snipers, par exemple, à la sortie des mosquées, après la prière du vendredi.
02:06Donc oui, les combats se mènent différemment.
02:10Ils se mènent beaucoup dans l'idéologisme.
02:12C'est pour ça, d'ailleurs, qu'ils viennent d'arrêter 200 professeurs universitaires.
02:14Ou de mettre à la retraite d'office 200 professeurs.
02:17Ils ont annoncé vouloir embaucher 15 000 partisans pour faire l'éducation dans les universités.
02:26C'est la continuité des mèches de cheveux, sauf que là, maintenant, c'est mèches de feu.
02:31C'est toujours « Femme, vie, liberté ».
02:34La liberté partout pour les femmes.
02:36Et l'envie de...
02:38« Fêter » ne serait pas le bon mot.
02:40De...
02:42De...
02:44De...
02:46De...
02:48De...
02:50De...
02:52De...
02:54De...
02:56Pensez aux familles. Pensez aux femmes iraniennes pour l'anniversaire de la mort de Massa Amini.
03:02C'est vrai que...
03:04On en a beaucoup parlé.
03:06On a vu des images atroces.
03:08Et que ça s'estompe.
03:10Qu'on est pris dans nos vies.
03:12Mais ce qu'on a vu, les jeunes filles gazées dans les écoles.
03:16Ce que l'on perçoit des arrestations arbitraires.
03:18De ce qui se passe maintenant.
03:20Et très peu, puisqu'on a peu de communication et de moyens.
03:22Et...
03:24C'est désarmant, alarmant.
03:26Moi qui aime la poésie, personnellement,
03:28je pense que cette superposition
03:30entre la musique iranienne,
03:32les sons iraniens au piano,
03:34qui est un instrument occidental.
03:36Et la poésie,
03:38la voix de Julie Gayet.
03:40Ce collectif de musiciens
03:42et d'artistes pour défendre ce projet,
03:44pour moi, ça a été un moment
03:46très émouvant.
03:48Quelle est la place de la musique en Iran pour les femmes ?
03:50Pour les femmes, c'est interdit.
03:52Donc,
03:54c'est pour ça que j'ai quitté mon pays.
03:58Pour venir en France
04:00et continuer vraiment professionnelle.
04:02Ça, ce petit quelque chose,
04:04avec d'autres qui font...
04:06Tout ce qui s'est fait du milieu artistique
04:08depuis un an,
04:10ça peut bouger un peu et faire bouger.
04:12Et juste, tout simplement,
04:14être leur voix.
04:16Et leur dire qu'on est là.
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