00:00Au sein de la classe politique, les esprits s'échauffent avec une jubilation un peu
00:04malsaine en mode « et si le gouvernement ne passait pas Noël ? ». Et si Michel Barnier
00:09se faisait couper la tête par une motion de censure, déposée par la gauche puis votée
00:13par les troupes de Marine Le Pen avant le 25 décembre, se demandent tous les responsables
00:18politiques qui ne parlent plus que de ça.
00:20« C'est la chenille qui redémarre » me lançait en chantant un fidèle du patron
00:25du PS, Olivier Faure, qui cogite déjà à la suite.
00:29À droite, comme au sein de la Macronie, d'autres se préparent discrètement pour
00:32le poste.
00:33Si cela arrivait, Michel Barnier aurait tenu trois mois, battant le record du bail le
00:38plus court à Matignon détenu par l'ancien socialiste Bernard Cazeneuve avec cinq mois
00:43et neuf jours.
00:44Même si, rappelons-le, Emmanuel Macron aurait toujours la possibilité de renommer Michel
00:50Barnier pour un tour.
00:51Autour du Premier ministre, cette petite musique agace prodigieusement, d'autant qu'elle
00:55est entretenue par des membres du gouvernement.
00:58Certains ministres sont déjà dans la praie, comme le patron de Bercy, Antoine Armand,
01:03qui a eu cette phrase acide dans Le Parisien « Je suis ministre de Barnier et surtout
01:07j'appartiens à la famille macroniste ». Selon l'un de ses fidèles, le Premier ministre
01:11était furax.
01:12Il va falloir que Michel tape du poing sur la table, plaide le même.
01:17Il faut dire qu'il est soutenu comme la corde le pendu par cela même qui constitue
01:21sa coalition.
01:22A Matignon, on a de plus en plus de mal à cacher une grosse colère contre deux hommes,
01:27Gabriel Attal et Laurent Wauquiez, accusés de faire des trous dans la coque.
01:31Emmanuel Macron lui-même, même s'il dit publiquement le contraire, ne serait pas contre
01:36changer de Premier ministre pour nommer quelqu'un de plus malléable, assure l'un de ses proches
01:42qui murmure « le président a très envie de remettre les mains dans le cambouis ».
01:46Toute la question est Marine Le Pen, dont l'avenir politique est extrêmement menacé
01:51par son procès, a-t-elle vraiment intérêt à faire chuter le gouvernement rapidement ?
01:55Elle risque en effet d'être accusée de précipiter la France dans une grave crise
02:00financière si le budget n'était pas voté dans les temps.
02:02Et surtout, elle n'aurait pas grand-chose à y gagner concrètement puisqu'il ne peut
02:07pas y avoir de dissolution avant l'été prochain.
02:10Au contraire, elle risquerait de briser toute sa stratégie de normalisation en montrant
02:14que le RN, loin d'être le parti de l'ordre, est d'abord celui du désordre.
02:19À moins que la chef des députés RN ne fasse simplement monter les enchères pour
02:23montrer sa toute-puissance politique au moment où elle est confrontée à sa propre impuissance judiciaire.
Commentaires