00:00Je pourrais dire qu'on est là pour célébrer la littérature.
00:03Moi, je suis une passionnée de littérature et on est là pour la célébrer,
00:07la littérature sur le continent, et je suis très optimiste quant à son avenir.
00:17Aujourd'hui, nous sommes à Rabat,
00:19nous sommes au Salon international de l'édition et du livre « Le ciel de Rabat ».
00:24C'est un salon littéraire et nous sommes là pour justement participer
00:29à la remise de ce prix orange du livre en Afrique.
00:34La vocation du prix, c'est de mettre la littérature africaine en valeur
00:38et c'est pour donner plus de visibilité à cette littérature,
00:42aussi bien à l'intérieur du continent qu'à l'extérieur.
00:46En tout cas, cette sélection a été vraiment très bonne,
00:50des ouvrages de très bon niveau et tous les membres du jury ont vraiment apprécié ces livres.
00:58Malheureusement, cette littérature, qui est pourtant très fructueuse,
01:03qui est pourtant très intéressante, n'est pas suffisamment mise en avant,
01:07en tout cas selon ce que je pense.
01:10Mais ce n'est pas la faute de quelqu'un, ce n'est pas de renvoyer la faute à X ou à Y.
01:17Il y a aussi le travail que nous, en tant qu'auteurs,
01:19on doit mener, bien évidemment aussi,
01:22mais aussi l'accompagnement qu'on doit avoir pour mener ce travail-là,
01:26ce travail de promotion.
01:27Moi, mon expérience, c'est que j'ai remarqué qu'il y avait une demande de lecture,
01:33une forte demande de lecture, en fait.
01:35Les jeunes ont envie de lire,
01:38mais tout dépend de la manière dont on leur offre cette possibilité de lecture.
01:42On doit aller vers les lecteurs, ce ne sont pas forcément les lecteurs qui viennent,
01:47mais on doit faire des efforts, trouver des solutions pour aller vers eux.
01:52Il y a quelque chose qui doit être exploité,
01:55parce que nous n'avons pas du tout atteint notre potentiel, au contraire.
01:59Moi, j'ai l'impression qu'il y en a beaucoup, il y a beaucoup d'éléments,
02:02mais j'en citerai deux.
02:04Il y a la question de la circulation du livre,
02:08qui ne circule pas suffisamment, de mon point de vue,
02:11et puis il y a le problème du coût du livre.
02:14C'est-à-dire qu'il serait peut-être bon
02:18qu'il y ait des prix spéciaux pour les livres qui sont vendus sur le continent,
02:23parce que malheureusement, souvent en Afrique,
02:27la plupart ont du mal à joindre les deux bouts.
02:31Donc, mettre de l'argent pour un livre avec des coûts calculés
02:36selon les normes de l'Occident
02:39peut quand même poser des problèmes sur la circulation du livre sur place.
02:43On souhaite aussi des politiques du livre,
02:46à chaque niveau national, beaucoup plus dynamiques,
02:51parce que je pense que la littérature est vraiment très importante
02:53dans le développement d'un pays.
02:55Donc, ce serait bien qu'on fédère les énergies
02:58et qu'on comprenne l'importance de la littérature,
03:04non seulement au niveau continental, mais au niveau national.
03:08Et ça, c'est un facteur de développement très important.
03:11Le Pola essaie aussi de remédier à ce problème
03:16grâce à la Fondation Orange.
03:18La spécificité du Pola, c'est aussi justement
03:23de faire cette promotion de la littérature
03:26et de faire que les ouvrages soient beaucoup plus visibles.
03:29Par exemple, les cinq finalistes ont passé beaucoup de temps ensemble.
03:33On fait le salon du livre ici à Rabat
03:39et on essaie de faire que les auteurs soient plus connus,
03:43parce qu'à ce moment-là, les lecteurs ont envie d'aller vers eux aussi,
03:47vers leurs ouvrages.
03:49Quand je regarde le jury, ils ont pu retenir mon livre
03:52comme étant celui qui méritait ce prix.
03:54C'est un grand honneur.
03:56Ça ajoute à l'honneur que j'aurais sans,
04:00par rapport au fait d'avoir reçu ce prix.
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