00:00Jean-Philippe Tanguy, la question de l'exemplarité des élus dont on a beaucoup parlé ces derniers jours
00:05depuis les réquisitions du parquet à l'encontre de Marine Le Pen qui est sous la menace d'une peine de 5 ans d'inéligibilité
00:11avec exécution provisoire et une menace d'une condamnation de 5 ans de prison dont 2 ferment dans l'affaire des assistants parlementaires du RN.
00:20J'aimerais qu'on revoie ensemble la réaction hier de Jordan Bardella, invité de l'émission face à BFM.
00:28Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire, c'est pour moi une règle numéro 1 lorsqu'on souhaite être parlementaire de la République.
00:36Si Marine Le Pen est condamnée ?
00:38Si au début de l'année, les juges décident de condamner, peu importe la condamnation, il y aura un appel.
00:44Très bien.
00:45L'appel vous rend plus blanc que blanc.
00:47Très bien, et si l'appel confirme la première sanction et qu'il y a des législatives en 2027 ou une présidentielle en 2027,
00:55Marine Le Pen ne peut pas être candidate parce qu'elle aurait été condamnée, c'est ce que vous dites.
00:58Mais l'appel ne confirmera pas puisque Marine Le Pen est totalement innocente.
01:01Oui, mais bon.
01:02Mais bon quoi ?
01:03Ça, c'est ce que vous dites.
01:04C'est ce que je dis, c'est ce que je crois, c'est ma conviction.
01:07Mais vous venez d'édicter une position de principe qui est de dire que si il y a condamnation, il n'y a pas de candidature.
01:12Et ça vaut pour tout le monde, on est d'accord.
01:14Mais évidemment que ça vaut pour tout le monde.
01:15Mais Marine Le Pen est innocente, M. Soutek.
01:18Jean-Philippe Tanguay, on a besoin d'explications parce que c'est vrai que c'est un petit peu déroutant d'entendre le président du RN...
01:22Je vais essayer de comprendre comment elle peut ne pas être condamnée et faire appel.
01:26Voilà, dire que pour se présenter à une élection, il faut avoir un casier judiciaire vierge alors que Marine Le Pen est sous la menace d'une condamnation.
01:32C'est une bourde de la part de Jordan Bardella ou c'est voulu ?
01:36Non, moi je pense que c'est un mauvais procès.
01:38J'ai regardé cette émission sur votre antenne hier dans son intégralité.
01:42Une émission très bien organisée d'ailleurs, qui s'est très bien passée.
01:44Donc je trouve un peu triste d'ailleurs que depuis hier, on parle que de ça.
01:48Donc c'est un peu paradoxal pour votre propre antenne de réduire cette émission à cet extrait.
01:53Non mais en fait, il se justifiait... Non mais écoutez, moi je me souviens très bien de comment ça s'est passé.
01:57Jordan parlait de cette candidate qui avait fait une prise d'otage dans les années 90.
02:03Et on lui posait la question, effectivement, si vous avez une condamnation pour une prise d'otage avec une carabine,
02:08c'est à votre casier judiciaire, est-ce que vous pouvez être candidat ?
02:10Ben non, donc c'était sur le cas d'espèce.
02:12Donc sur le cas d'espèce, évidemment, quand vous avez connaissance de choses scandaleuses avec de la violence,
02:20avec de la séquestration ou avec toute forme de crime crapuleux,
02:24évidemment, la commission d'investiture ne va pas vous sélectionner.
02:28Mais en l'occurrence, la commission d'investiture n'avait pas eu ces informations.
02:31Par contre, si c'est des condamnations politiques, pour ne pas dire politiciennes,
02:36des... Par exemple, c'est de la diffamation.
02:39Parfois, vous êtes condamné pour de la diffamation parce que vous avez dit du mal d'un adversaire politique
02:43qui n'était pas condamné pour corruption l'année où vous avez été condamné.
02:46Puis trois ans après, il a été condamné pour corruption.
02:49C'est arrivé dans le bassin minier à des élus du Rassemblement national
02:52qui avaient dénoncé la corruption, qui ont été condamnés.
02:54Puis en fait, la suite leur a donné raison.
02:56Dans ce cas-là, on ne va pas priver la commission d'investiture de donner quittus à des candidats.
03:01Alors pardonnez-moi Jean-Philippe Tanguy, je suis désolée, je vous pose la question
03:03parce que du coup, je n'ai pas bien compris.
03:05C'est quoi la règle au Rassemblement national ?
03:07La règle que vous voulez mettre en place ?
03:09Est-ce qu'un élu qui a un casier judiciaire, est-ce qu'il peut se présenter ?
03:14Parce que moi, j'ai compris hier soir que Jordan Bardella en faisait une règle
03:17et qu'il disait qu'en cas de condamnation d'un élu, il ne peut pas se présenter à une élection.
03:22Même sans inéligibilité ?
03:23Même sans inéligibilité.
03:24Juste une condamnation ?
03:25Exactement, juste une condamnation.
03:26C'est ce qu'on a tous compris autour de ce plateau.
03:28Et là, vous me dites, non, ce n'est pas ce qu'il a voulu dire ?
03:31Ah non, je pense que ce n'est pas du tout ce qu'il a voulu dire.
03:33Je pense que ce qu'il a voulu dire, c'est que quand la commission d'investiture
03:36est au courant d'un certain nombre de condamnations crapuleuses,
03:40évidemment, il faut écarter ses candidats.
03:42Il n'a pas des crapuleuses ?
03:43Il n'a pas des crapuleuses ?
03:46Il n'a pas fait le distinguo ?
03:48Là, c'est moi qui le dis, parce que j'explique la position.
03:50L'interprétation contredit la phrase initiale.
03:53Mais non, pas du tout, parce que vous avez dans votre extrait,
03:56et c'est la bonne guerre, c'est le jeu politique,
03:58mais vous savez très bien que l'échange a commencé sur le cas
04:01de cette candidate de mémoire en Mayenne
04:04qui avait été condamnée pour une séquestration et une prise d'otage dans les années 90.
04:09Et la CIA n'avait pas connaissance de cette condamnation.
04:12Vous distinguez entre les condamnations,
04:14parce qu'il y a des condamnations pas graves et d'autres qui sont graves,
04:17si je comprends bien.
04:17– Effectivement, le fait d'avoir pris en otage des gens avec une carabine,
04:20M. Joffrin, c'est un peu plus grave que d'avoir dit du mal
04:24d'un socialiste qui a piqué dans la tête…
04:26– Oui, mais c'est parce que Mardela, il n'a pas dit ça du tout.
04:27– Il n'y a pas que dire du mal d'un adversaire politique,
04:31il y a aussi des détournements de fonds.
04:32– Pardon ?
04:33– Il n'y a pas que dire du mal d'un adversaire politique,
04:36il y a aussi le détournement de fonds,
04:38– Vous avez raison, s'il y a un vrai détournement de fonds…
04:40– C'est le dossier de Marine Le Pen.
04:41– Si il y a un vrai détournement de fonds, comme un imbeaumon
04:45où Steve Briouat et Bruno Bill ont foutu dehors des élus socialistes
04:48qui avaient effectivement piqué dans la caisse,
04:50d'ailleurs même dans le coffre-fort qui était derrière le bureau du maire,
04:53oui, là, il y a un sujet.
04:54Par contre, si c'est une espèce de mascarade
04:57comme est en train de subir, malheureusement, Marine Le Pen,
04:59qui est parfaitement innocente, évidemment, la CNI gardera sa souveraineté
05:04pour protéger ceux qui sont victimes de procès politiques.
05:08– Jean-Philippe Tanguay, je suis désolée de vous interrompre,
05:10mais c'est parce que j'essaie sincèrement de comprendre,
05:12vous dites qu'il y a un sujet en cas de détournement de fonds publics,
05:15donc si je vous comprends bien, ça veut dire qu'une condamnation
05:18d'un politique, d'une femme politique pour détournement de fonds publics,
05:22en cas de condamnation, il ou elle ne pourra pas se présenter,
05:25c'est ça que vous êtes en train de m'expliquer ?
05:27– Non, mais je suis en train de vous dire que le détournement de fonds publics
05:31ne concerne absolument pas Marine Le Pen, qui n'est absolument pas concernée
05:35par un détournement de fonds publics.
05:36– Non, mais moi je vous demande la règle, le principe.
05:39– Le principe c'est ça, le principe c'est ça, c'est que nous,
05:45enfin moi je ne suis pas membre de la CNI,
05:47mais les membres de la commission d'investissement du RN,
05:49évidemment écarteront des candidats qui se sont enrichis à titre personnel,
05:53qui ont fait des emplois fictifs, mais sûrement pas un procès politique bidon
05:57qui consiste à qualifier des faits qui ne le sont pas.
05:59Et donc Marine Le Pen, comme l'a dit Jordan Bardella,
06:01étant parfaitement innocente des faits qui lui sont reprochés,
06:04et comme l'a dit le secrétaire général, l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel,
06:08M. Schottel, les espèces de manipulations pour appeler des détournements de fonds,
06:13des choses qui ne sont pas des détournements de fonds.
06:15– C'est une mauvaise référence, il a dit qu'elle était coupable.
06:16– Non, non, mais pas du tout, il a dit que ce n'était pas du tout…
06:18– J'ai bien lu l'article, c'est important, vous vous référez à M. Schottel
06:22qui a fait un article dans le Figaro, où il dit qu'elle est coupable.
06:25– Mais pour vous, même si elle est coupable, elle est vraiment condamnée.
06:28– Non mais il lui dit très bien qu'il ne s'agit pas des détournements de fonds,
06:31c'est l'objet de la tribune, M. Schottel.
06:32– Mais même si elle est coupable, elle est innocente, si j'entends bien.
06:35Même si elle est déclarée coupable fin février, elle est innocente.
06:38– Mais bien sûr qu'elle est innocente, Marine Le Pen est innocente
06:40des faits qui lui sont reprochés.
06:41– Donc ce n'est pas la justice qui décide,
06:43c'est vous qui décidez l'innocence de Marine Le Pen.
06:45– En l'occurrence, pour investir un candidat, on décide si, oui ou non,
06:48ce procès relève de la justice ou s'il relève du procès politique.
06:52Moi, je vous dis que ça relève du procès politique.
06:54– En fait, c'est vous qui décidez si on peut se présenter ou pas.
06:55– Ah ben, c'est encore nous qui décidons, effectivement,
06:57qui peut se présenter pour le rassemblement national.
06:58– En fonction du délit.
06:59– Ça, je ne vous le fais pas dire, mais c'est surtout les Françaises et les Français
07:02qui décident de qui peut être élu par leur suffrage et pas les juges.
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