00:00Stéphane Gallef, vous qui êtes dans le H en Bretagne, alors c'est quoi les difficultés du quotidien qui n'ont pas changé depuis un an ?
00:05Ce qui n'a pas changé, c'est qu'on n'a pas répondu à la problématique du revenu.
00:08On nous réclamait de revoir la négociation sur les prix, de revoir justement les rapports de force avec l'agro-industrie,
00:16de faire en sorte que nos prix de vente de nos produits couvrent nos coûts de production,
00:22mais aussi notre rémunération et notre protection sociale.
00:25Vous parlez d'administration et de coûts administratifs,
00:28mais moi je suis désolé, quand je fais de l'administration, je dois être payé pour ça.
00:32De l'administratif, je dois être payé pour ça.
00:33Où est-ce que dans le prix, ma charge administrative, elle est payée ?
00:37Donc quand on parle de rémunération, c'est de tout ça qu'on parle.
00:40C'est-à-dire que l'ensemble de ce que coûte un produit doit être pris en considération.
00:45Et quand vous parlez de compétitivité à l'instant, la compétitivité justement c'est l'inverse de tout ça.
00:51C'est faire la politique du mois-dix ans et c'est faire en sorte que justement on aille vers ceux qui produisent le plus
00:56et qui vendent le moins cher et c'est fragiliser l'ensemble des secteurs.
01:00Donc il faut arrêter de mettre les paysans en concurrence les uns avec les autres.
01:04Il faut arrêter d'aller vers cette course à la compétitivité pour l'exportation,
01:08alors que l'enjeu quand même de l'agriculture, c'est de fournir une alimentation de qualité pour tous et pour toutes.
01:13Sur les priorités...
01:14Et je signale quand même qu'il y a des enjeux forts en ce moment avec les problèmes climatiques,
01:19avec la perte de la biodiversité.
01:21Il faut qu'on maintienne une agriculture qui soit productrice de biodiversité,
01:26qui permette de répondre aux enjeux climatiques,
01:28tout simplement parce que nous les paysans on est les premiers impactés.
01:31Ce qui joue là en ce moment c'est une vraie période charnière sur quelle agriculture on veut demain.
01:38Et c'est bien ça qu'il faut qu'on ait dans nos têtes.
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