00:00...
00:14On n'a pas de famille en France.
00:16Ca fait 5 ans que je suis en France.
00:19Avant, j'étais dans la route, à droite, à gauche.
00:22Ca manque beaucoup, la famille et mon pays.
00:25Quand ils jouent au cricket, ils ont une famille.
00:28Ils sont tous ensemble et ça leur vide la tête.
00:31Quand ils ne font pas de sport ou quand ils restent chez eux,
00:34les soucis qu'il y a dans leur pays reviennent dans la tête.
00:38Quand ils viennent faire du sport ou du cricket,
00:40ils arrivent à s'évader.
00:43Leur famille, c'est leur copain,
00:45mais c'est aussi la famille de la SPTT,
00:47puisqu'ils sont toujours les bienvenus ici.
00:58...
01:01Je m'appelle Mohamed Ibrahim.
01:03Je viens d'Afghanistan.
01:05Il y a 14 ou 15 ans que j'ai quitté mon pays
01:08à cause de la guerre.
01:09...
01:11Je n'avais pas le choix du tout.
01:14Mon père était un général dans l'armée.
01:16Il a travaillé avec l'armée de France.
01:19C'est pour ça que mon père m'avait déjà dit
01:21que si tu vas, tu peux aller en France,
01:23ça sera mieux par rapport à toi.
01:24...
01:26Ça fait trois ans et demi que je suis dans le club de SPTT.
01:31J'ai fait mon CAP en France.
01:34J'ai passé mon CAP de l'électricité.
01:35Après, j'ai fait mon bac.
01:37Bac de l'électricité aussi.
01:40Là, je suis en contre-incendie.
01:41J'ai eu mon CAP, j'ai eu mon bac, le dos.
01:43Là, je suis content et tranquille ou quoi.
01:46Moi, je l'aurais ici. J'aimerais bien.
01:48...
01:51Les cours de français, vous y allez tous les combien de jours ?
01:54Lui, il va vers derrière de la gare trois fois par semaine.
01:57Trois fois ? Et ça marche bien ?
01:59Il a pris un peu de truc.
02:00La section criquet est née en 2016 au sein de la SPTT
02:04suite à une demande de l'association Sauvegarde 56
02:07qui s'occupe des migrants.
02:08Félix Saint-Germais a décidé,
02:10avec l'accord du directoire de la SPTT,
02:13de créer cette section de criquets en 2016,
02:16qui a beaucoup évolué parce qu'au départ, ils n'étaient pas nombreux.
02:19Maintenant, ils sont plus d'une vingtaine
02:22à venir s'entraîner sur le site de Carfleo.
02:24Donc, ça permettait de créer une autre section
02:27et d'aider, bien sûr, ces personnes qui arrivaient en France
02:31qui n'ont ni famille ni rien du tout,
02:32tout en sachant que le criquet, c'est leur sport national en Afghanistan.
02:37Donc, ils étaient heureux de trouver une association
02:40qui puisse les prendre
02:42et pouvoir, bien sûr, créer cette section criquets.
02:46Ça, c'est notre milieu de...
02:49L'équipe SPTT de Côte d'Or, à Lorient.
02:52Ça, c'est le T-shirt.
02:54Ça, c'est la drapeau de France, qui mélange trois couleurs.
02:58Bleu, blanc, rouge.
03:01Et...
03:04Ça, on l'avait jeté dans l'Italie.
03:09Et ça, c'est le maillot de notre...
03:12Lorient Criquets Club, à SPTT.
03:14J'avais un système social avant.
03:16J'avais demandé, par exemple, s'il y avait un club ou quelque chose.
03:19Ils m'avaient dit oui.
03:20Ils m'avaient donné un adresse d'ici.
03:22Après, j'ai trouvé le contact de la capitaine.
03:25En ancien, il s'appelle Solman.
03:27Là, il est parti de cette ville.
03:29Je l'ai contacté avec lui.
03:31C'est lui qui m'a ramené ici. Il m'a présenté avec Gémarc,
03:34avec Félix, avec Yannott.
03:37Avant, il y avait Pascal aussi.
03:39Il gérait, entre autres, les Afghans.
03:41Il est venu nous voir pour essayer de trouver un club
03:44qui puisse les accepter, parce que je sais que les intégrations
03:47n'étaient pas très faciles dans le secteur de Lorient.
03:51Et nous, on a tout de suite accepté l'intégration des Afghans.
03:55J'ai attendu le plus court qu'il a pu.
03:56La machine ne peut pas trop descendre.
03:59Non, ça va aller, c'est mieux.
04:00Il a mis le plus bas possible, autrement, après,
04:02elle va frotter contre la terre.
04:05Si il y a une bosse, elle va frotter contre la terre.
04:06Ils ont été refusés dans certaines villes
04:10ou dans certains clubs.
04:13Je ne sais pas pourquoi, mais nous, on a accepté tout de suite
04:16le fait d'ouvrir nos portes à l'SPTT
04:19pour ces gens qui viennent de l'extérieur,
04:21c'est-à-dire de l'Afghanistan ou des pays proches,
04:25mais aussi pour les gens qui veulent pratiquer le cricket.
04:28Ce n'est pas que pour eux.
04:29Bien sûr, eux, c'est le sport national,
04:30donc ils se réjouissent de venir faire du cricket entre eux,
04:35mais il y a des gens qui peuvent venir essayer le cricket.
04:37Si vous voulez venir essayer le cricket, vous venez avec eux.
04:40Ils seront ravis de vous montrer comment ça fonctionne.
04:43Oui, c'est comme ça, après, c'est comme ça.
04:48Les règles, c'est trop facilement, c'est trop, trop simple.
04:52Ce n'est pas trop de complication, il n'y a pas trop de compliqués dedans.
04:55Oui, mais par contre, si quelqu'un, il va comprendre la première fois,
04:59après, ça arrive directement dans sa tête.
05:01Voilà, c'est trop facile.
05:03Si, par exemple, quelqu'un, il voulait essayer,
05:06les portes, elles ont ouvert, toujours.
05:13Bien, ça, c'est bon.
05:14Ça, c'est le modèle.
05:23C'est très important, très important.
05:25Tous les matériels qu'ils ont là,
05:28ça, c'est la SPTT de Cordon et Lorient qu'ils ont acheté.
05:31C'est eux qui ont payé.
05:32Ils sont super sympas, ils sont super gentils.
05:35C'est eux qui ont participé avec nous, voilà.
05:37Chaque joueur, ils ont des chances qu'ils n'aient pas de matériel
05:41et on revient avec son matériel, ils vont jouer avec nous,
05:43ils vont participer avec nous.
05:45Mais ça, je vous dis, c'est grâce à la SPTT de Lorient.
05:50Et Flix du Marck et Flip, ils sont super sympas,
05:54ils ont fait organiser avec nous.
05:56Je veux dire merci à eux,
05:59qu'ils ont organisé avec nous.
06:01Par exemple, ils ont acheté du matériel, machin, tout.
06:04Oui, ça, c'est le neuf, ça, oui.
06:07On l'a aidé beaucoup
06:09dans son développement personnel et dans son intégration en France,
06:12notamment au niveau des études,
06:15puisqu'il a obtenu un CAP, il a obtenu un brevet,
06:18il a obtenu un bac.
06:20On les a...
06:21Ça, c'est la SPTT qui l'a aidé aussi ?
06:23On l'a aidé, forcément.
06:25On l'a incité à suivre des études
06:27pour pouvoir s'intégrer plus facilement en France.
06:30On y va, oui.
06:31On y va.
06:34On a un petit fourgon, donc quand ils ont besoin,
06:36ils nous appellent pour transporter du matériel et tout.
06:38On les a aidés aussi pour avoir des frigos.
06:43On a du personnel, des gens à la SPTT
06:45qui font partie d'une association
06:47qui récupère du matériel chez les gens
06:49et qui les redonne après.
06:51Donc, on les a mis en contact avec ces gens-là.
06:53Ça leur permet de récupérer quelque chose,
06:55parce que quand ils arrivent, ils n'ont rien du tout.
06:58Ils n'ont juste que leurs sacs à dos.
07:00Quand ils arrivent d'Afghanistan,
07:01ils ont fait des milliers et des milliers de kilomètres.
07:03Des milliers de kilomètres, en plus, avec des passeurs.
07:06Ça leur coûte de l'argent, ça leur coûte très cher.
07:08Et ils arrivent ici, ils n'ont plus rien.
07:09Ils ont juste un sac à dos.
07:10Donc, on les aide le plus qu'on peut.
07:14Quand on est venus en France,
07:16il y avait beaucoup de problèmes.
07:18Des problèmes de langue, des problèmes de travail.
07:20On n'avait pas d'assistance.
07:21Maintenant, c'est bien.
07:23J'ai un travail, j'ai l'assistance.
07:24Je peux parler, je peux travailler.
07:27Maintenant, c'est bien.
07:29Le cricket nous donne de la motivation.
07:31Sinon, si on reste à l'Orient, on reste chez nous,
07:35la tête, ça gonfle.
07:36Tu vois, on pense, pense, pense.
07:38Déjà, d'être déraciné, ce n'est pas simple.
07:40De quitter son pays et de venir dans un autre pays,
07:42ce n'est pas simple.
07:43Ce n'est pas facile.
07:45Quand tu es obligé de galérer, galérer, galérer,
07:47pour avoir quelque chose, c'est quand même...
07:51Oui, bien sûr.
07:53Je pense que ce n'est pas évident.
07:55Comme tu le disais, souvent, tu as des soucis
07:57et puis que ça te travaille dans la tête, c'est normal.
07:59C'est pour ça que je ne peux pas parler trop par rapport à la famille.
08:02Non, non, non.
08:05J'ai déjà peur de...
08:07Mon père, il est disparu à cause de ça, ma tête est là pour...
08:09Ton père est disparu ?
08:11Oui.
08:12Il est disparu ?
08:13Tu sais pour où il est ?
08:14Non. Ma mère, elle ne sait pas.
08:16Oh, putain.
08:17À cause de... Là, maintenant, il y a le bordel, là.
08:19Oui, ça ne t'arrange pas, non ?
08:22Lui, son père, il ne sait pas où il est.
08:24On lui a dit, il est disparu.
08:26Peut-être décédé, mais il ne sait pas.
08:28Et ça, ça lui travaille la tête, ça lui travaille la tête.
08:30Parce que, comme il dit, je ne sais pas où est mon père.
08:32Même sa mère, qui est restée là-bas, qui est très, très malade,
08:34elle ne sait pas où est son mari.
08:36Donc, c'est vraiment des gens qui ont besoin de notre soutien.
08:50Ils nous rendent un peu...
08:52Ils nous rendent cette valeur-là, sentimentale.
08:55Ce n'est pas pécunier, ce n'est pas... On ne demande rien.
08:58C'est vraiment pour...
08:59Moi, il faut se mettre à la place de ces gens-là.
09:02Si, nous, demain, on est obligés de s'expatrier en Afghanistan,
09:06je vais prendre ce pays-là par hasard,
09:08on ne va pas se retrouver.
09:10Donc, il faut réfléchir à tout ça et se mettre à leur place.
09:15Donc, on se met à leur place.
09:20On a gagné.
09:22C'est nous, le plus fort, ici.
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