00:00Alors justement, les présidents de la République, j'aimerais qu'on s'arrête dessus, parce que t'en parles des présidents de la République, tu les as pas connus.
00:05Et des femmes de présidents aussi.
00:06Oui, oui, alors justement, on va en parler.
00:08Que j'ai connus plus ou moins, et certains plus intimement, et d'autres que j'ai vus de moins.
00:14Alors, ton préféré, celui qui t'a le meilleur souvenir, c'est Chirac, c'est ce que tu dis.
00:17Parce que c'est un lien qui va au-delà de ça, on se connaît, moi j'avais 16 ans quand j'ai connu Chirac.
00:22Il était conseiller général à Mémac, ma cousine était sa secrétaire,
00:29ma mère était UNR à l'époque, et pour la faire chier, je m'étais mis en jeunesse communiste, alors que je m'en foutais complètement.
00:36Très bon choix, très bon choix.
00:38Mais tu sais, c'était à 68, et après en 74, on a une espèce de parcours similaire, enfin à deux échelles différentes,
00:46mais avec Chirac, on en riait souvent de ça, parce que quand il arrivait en politique, c'était le grand con sympathique.
00:53C'était le grand con sympathique.
00:55Et moi, dans le métier, j'étais le grand con sympathique.
00:58J'ai le record d'audience à la télé, il a été prison pendant 12 ans, donc on disait, on les a bien niqués.
01:03Donc soyez des grands cons sympathiques.
01:06Par contre, t'es pas très tendre avec Bernadette Chirac.
01:09Non, c'est pas que je suis pas tendre, c'est que je voudrais...
01:13Il y a quelque chose qui m'a choqué, quand j'ai vu le film Bernadette, et les documentaires que j'ai vus,
01:17on fait passer Bernadette pour une sainte, et Chirac pour un beuné, pour un méchant, etc.
01:23Donc j'ai voulu un petit peu désacraliser le truc,
01:25en expliquant que Bernadette, elle a toujours été adorable avec moi,
01:29mais avec le petit personnel, je l'ai vu, elle n'était pas...
01:33Et puis je pose la question, quel est celui qui a le plus servi l'ambition de l'autre ?
01:37Parce que c'est Bernadette sur le nom de Courcelles, l'Elysée, le luxe, elle aimait bien tout ça, le pouvoir.
01:43Après, ils se sont aimés vraiment très très fort.
01:46Mais j'ai trouvé que les portraits qu'on fait, en disant c'était une sainte,
01:51ce n'était qu'une victime, elle avait beaucoup plus de personnalité qu'on disait,
01:56et effectivement, elle était très cassante avec le petit...
01:59Je ne suis pas le seul à le dire, il y a plein de gens.
02:01Et Jacques, tu sais aujourd'hui, c'est l'homme politique préféré des Français.
02:05Pas pour son action politique d'ailleurs, pour le mec qu'il était.
02:09Et alors aujourd'hui, le mec qu'il était, il finirait au tribunal.
02:13Les blagues qu'il racontait, le côté hableur, etc.
02:17Après, je raconte aussi des trucs où l'homme était passionnant,
02:20parce qu'on pouvait passer dans une conversation du plus léger,
02:23on parlait d'une bimbo, tu vois, à des trucs graves.
02:27Moi, j'ai eu la chance d'être dans son bureau, juste avant l'histoire de l'Irak.
02:32Je lui ai posé une question, il n'est pas obligé de me répondre parce que je suis un clown, tu vois.
02:36En lui disant, qu'est-ce que tu vas faire ?
02:39Et là, il a été formidable.
02:41Il m'a dit, on ne va pas y aller parce que la France doit rester une lumière dans le monde,
02:44quitte à se fâcher avec tout le monde.
02:45Il a ajouté quelque chose de très joli.
02:47Il m'a dit, quand on est chef d'État, on doit choisir sans cesse entre sa conscience et la raison d'État.
02:51Là, j'ai choisi ma conscience, mais la raison d'État va y gagner,
02:54parce que je suis persuadé que cette guerre, sans véritable raison,
02:58va déclencher un terrorisme beaucoup plus dangereux pour les démocraties.