00:00Comment est-ce que vous pouvez expliquer aux Français, et c'est peut-être légitime,
00:03mais qu'ils doivent tous faire des efforts, mais que cet effort collectif
00:06ne concerne ni l'Élysée, ni l'Assemblée Nationale, ni le Sénat ?
00:09Je comprends complètement la question.
00:12Expliquez un petit peu quand même comment ça se passe derrière.
00:14Les pouvoirs publics, l'Assemblée Nationale, le Sénat notamment,
00:18font leurs demandes de dotation lors de la construction du projet de loi de finances au gouvernement.
00:23Et au titre, encore une fois, de la séparation des pouvoirs,
00:26le gouvernement se doit d'inscrire ses demandes de crédit,
00:30ses demandes de dotation au sein du projet de loi de finances,
00:33donc du budget, sans négociation.
00:36Et il appartient ensuite à l'Assemblée Nationale et au Sénat,
00:39lors des débats parlementaires qui auront lieu dans les semaines à venir,
00:42de trancher et de modifier les demandes initiales qui ont été formulées.
00:47Mais au nom du gouvernement, vous avez un avis ?
00:49Je comprends parfaitement votre question,
00:50je comprends parfaitement le questionnement que ça peut susciter chez nos concitoyens,
00:56mais il n'appartient pas à un ministre, encore une fois,
00:59de se prononcer sur l'avis du Parlement.
01:03Et je pense que c'est en fait plutôt sain.
01:05Du reste, qu'il y ait des augmentations dues à l'inflation,
01:09comme c'est le cas pour l'ensemble ou pour une grande majorité des budgets de l'État,
01:13ça peut aussi s'expliquer sans balayer les questionnements que ça peut susciter.
01:19Ne rentrons pas non plus dans un débat qui amènerait à une petite musique
01:24anti-politique et anti-élu.
01:27C'est difficile d'être député.
01:30Moi, je le connais bien, je l'ai été pendant deux ans.
01:33Est-ce que vous diriez que comme la présidente de l'Assemblée Nationale,
01:35il n'y a rien à économiser à l'Assemblée Nationale ?
01:37En tout cas, c'est une mission de tous les instants.
01:40Ce sont des collègues qui donnent chacun beaucoup à leur territoire,
01:44qui partagent leur vie entre Paris et leurs circonstances.
01:47C'est un grand foutu.
01:48Je ne dis pas ça pour faire pleurer dans les chemières,
01:51mais je ne voudrais pas laisser penser aujourd'hui
01:53que mes collègues à l'Assemblée Nationale sont des privilégiés,
01:57parce que ce n'est pas le cas.
01:59Et je veux dire, ce n'est pas le cas, d'autant plus dans une période
02:02que vous connaissez bien, où les élus sont souvent attaqués,
02:05sont victimes parfois de violences verbales, parfois de violences physiques.
02:10Donc, attention à la petite musique qu'on pourrait laisser entendre,
02:13encore une fois, anti-politique et anti-élu.
02:15Vous avez raison de le dire, puisque les ministères,
02:17notamment, font des efforts sur leur budget.
02:19Là, l'interrogation, c'est qu'y compris des ministres du gouvernement
02:23qui ont sans doute tout autant de déplacements,
02:27peut-être pas à l'international, mais qu'Emmanuel Macron
02:29ont encore davantage de déplacements que des députés ou des sénateurs,
02:32eux font des efforts.
02:34Et je me dis, un retraité à qui on explique que pendant six mois,
02:37il va devoir renoncer à la revalorisation de ses pensions,
02:40comment est-ce qu'on lui fait passer l'idée
02:42qu'à l'Assemblée nationale, par exemple,
02:44il y a 10 millions de plus cette année ?
02:46C'est encore un débat.
02:47C'est quoi ? C'est la dissolution ?
02:49C'est un débat qui se tiendra au Parlement.
02:53Moi, je comprends, je comprends l'émotion que ça peut susciter
02:56chez une part de nos concitoyens.
02:58Il y aura un débat, il y aura des discussions
03:00à l'Assemblée nationale et au Sénat.
03:03Il y a une part de ces augmentations, encore une fois,
03:05du fait de l'inflation, qui, je pense, peuvent s'expliquer.
03:08Et pour le reste, je le redis, malgré tout,
03:11parce que même si des efforts sont demandés,
03:14et notamment à ceux qui le peuvent le plus,
03:16l'État et les ministères, le budget de l'État,
03:21donnera l'exemple sur les économies qui sont demandées.
03:25Sur les 60 milliards d'euros qu'il y a à trouver,
03:2840 milliards touchent à des réductions de dépenses.
03:31Et sur ces 40 milliards, 20 milliards, donc la moitié,
03:34sont un effort qui sera fait par le budget de l'État.
03:36Donc l'État montrera l'exemple et c'est bien normal.
Commentaires