00:00Europe 1 soir, week-end. 19h, 21h, Pascal Delatorre Dupin.
00:0584% des français réclament l'incarcération systématique des étrangers sous OQTF,
00:09auteurs de crimes et de délits, abandonnent en parler il y a un instant,
00:12c'est ce que révèle un sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD.
00:15Ça nous amène à ce plan de Bruno Retailleau.
00:19Je voudrais avoir votre avis, messieurs, sur ce plan qui a été dévoilé
00:22pour augmenter le nombre d'expulsions des OQTF,
00:24augmenter la durée de rétention, en finir avec la circulaire valse.
00:28Vous êtes penché sur ce plan, Georges Fenech.
00:32Est-ce suffisant ? Ça va dans le bon sens, c'est ce que vous disiez.
00:35S'il réussit à mettre en œuvre tout ce qu'il a annoncé,
00:39ce serait une avancée considérable.
00:42Les OQTF, notamment la construction, a-t-il annoncé de 3 000 places
00:48en centres de rétention administrative supplémentaires ?
00:50On en a, je crois, 1 800 aujourd'hui, ce qui est très important.
00:53La prolongation du délai de rétention jusqu'à 210 jours, c'est parfait.
00:59C'est le cas pour les terroristes.
01:00La mort de Philippine, malheureusement, c'est déjà le cas pour les terroristes, oui.
01:04Et puis aussi, il s'inspire de ce qu'a fait, avec beaucoup de succès,
01:10Madame Mélanie en Italie, et notamment les accords bilatéraux avec des pays tiers.
01:15Madame Mélanie a passé un accord avec l'Albanie, par exemple,
01:19qui accepte, sur son territoire, de maintenir ses étrangers
01:24dans des centres de rétention administrative,
01:26qu'a financé, d'ailleurs, l'Italie.
01:28Donc, actuellement, Bruno Retailleux est en train de réfléchir,
01:31il y a des missions sur le terrain pour avoir l'aide de pays tiers
01:35qui acceptent, effectivement, de recevoir ces étrangers.
01:38Et comme ça, il y a toute une série de mesures,
01:40évidemment, notamment à la fin d'un circulaire valse, également,
01:43qui permet de régulariser quelques 30 000 étrangers en situation irrégulière par an, grosso modo.
01:49Donc, il va y mettre un terme, ça, il peut le faire par une circulaire,
01:51ça, c'est dans son pouvoir.
01:53Donc, après, il faut discuter avec l'Union européenne,
01:55il y a la question des frontières,
01:57c'est un immense chantier, mais il est en train de s'y attaquer sérieusement
02:01et on souhaite qu'il réussisse, bien entendu.
02:03On va écouter Bruno Retailleux avant de vous entendre, Jules Tourez, vous êtes d'accord ?
02:06Regardez, écoutez le ministre qui était en visite
02:08au centre de rétention administrative pour migrants.
02:12Il faut sûrement les cibler, mais il y a un problème de taux d'exécution.
02:16Je pense que le problème et la priorité,
02:18ce n'est pas tellement de délivrer moins d'OQTF,
02:22c'est de faire en sorte qu'on exécute plus d'OQTF.
02:25Et l'ensemble de mes équipes vont s'atteler à ce chantier-là
02:30pour qu'on obtienne des résultats.
02:32Jules Tourez, voilà les mots de Bruno Retailleux.
02:34Effectivement, on a évoqué ce plan.
02:37Quels sont les contours, quels sont les dispositifs les plus significatifs
02:40qui pourraient faire avancer les choses, selon vous ?
02:42Tous, parce que Bruno Retailleux, mine de rien,
02:45est en train de faire une petite révolution à Beauvau.
02:48En prenant des sujets consensuels,
02:51en prenant à témoin l'opinion publique
02:53sur des mesures très claires et très fermes.
02:57Le durcissement des régularisations pour l'immigration,
03:01ça c'est quelque chose qu'on aurait pu faire depuis des années.
03:03Mettre fin à la circulaire valse,
03:05la droite le demande depuis des années,
03:07depuis quasiment dix ans désormais.
03:09Depuis 2012, oui.
03:10Bien sûr.
03:11Le transfert de certains migrants
03:14en dehors des pays de l'Union Européenne.
03:16Ce que font aujourd'hui quasiment tous les pays européens,
03:20que ce soient les sociodémocrates anglais,
03:23ou la conservatrice nationale, Georgia Meloni.
03:27C'est quelque chose qui aujourd'hui est partagé par tout le monde.
03:29Bruno Retailleux, il avance pas à pas avec des mesures très fermes,
03:33partagées par l'opinion publique.
03:35Il a des convictions, il ne recule pas,
03:38et je pense qu'il a raison.
03:39Pour l'instant, il fait ça pourquoi ?
03:41Parce qu'il ne peut pas passer par la voie législative.
03:44On est en plein budget, donc c'est très compliqué.
03:46On se souvient du psychodrame il y a à peine dix mois de cela,
03:49sur la loi immigration,
03:51qui était une loi qui n'allait pas changer grand-chose,
03:53à part sur l'immigration illégale.
03:55Il prend pour l'instant des mesures qu'on appelle des mesures réglementaires.
03:59Il passe par des arrêtés, par des circulaires,
04:01par le fait de traiter avec certains préfets.
04:04Mais en tout cas, c'est vraiment une petite révolution
04:07qu'il est en train de préparer Bruno Retailleux.
04:08Précisément, cher Jules, tout ne dépend pas de lui.
04:11Attention !
04:12Notamment la question, par exemple,
04:14parce que souvenez-vous de ce qu'avait dit Gérard Collomb.
04:16Vous n'allez pas laisser ça.
04:18Il avait dit, les étrangers font leur benchmarking
04:22et ils se rendent compte que c'est en France que c'est le plus intéressant.
04:25Oui, bien sûr.
04:25Les prestations sociales, etc.
04:27Et souvenez-vous, la loi dont fait référence Jules,
04:30qui a été retoquée par le Conseil constitutionnel,
04:33parce que, soit disant, rupture d'égalité sur les prestations sociales, etc.
04:37Donc, il y aura le barrage, le passage obligé par le Conseil constitutionnel.
04:42Et puis, vous avez raison, l'AME, ça ne dépend pas de lui aussi.
04:46L'AME, c'est le ministère de la Santé.
04:48Et il y a autre quoi qu'on a entendu,
04:51la ministre de la Santé dit qu'il ne faut pas supprimer l'aide médicale d'État.
04:54Que Bruno Retailleux ne veut pas faire.
04:55Non, il veut la transformer en aide médicale d'urgence.
04:57Moi, je trouve que c'est malheureusement un faux débat, l'AME.
04:59Et puis, la question des visas, vous avez raison,
05:01qui dépend du ministère des Affaires étrangères.
05:03Eh bien, il y a une juste répartition.
05:05Ça, c'est une des informations qu'on a,
05:07c'est que Bruno Retailleux récupère une partie de la compétence sur les visas.
05:10D'ailleurs, dans le reportage que vous avez mentionné,
05:13un petit peu plus loin dans son discours,
05:15il dit qu'il y a trois leviers pour notamment
05:18avoir des laissés-passer consulaires qui émanent du Maghreb.
05:20Il y a le premier levier, c'est l'aide au développement.
05:22Pourquoi on donne aujourd'hui, en quasiment dix ans,
05:26plus de 800 millions d'euros à l'Algérie
05:28alors qu'il n'accepte pas de nous aider des laissés-passer consulaires ?
05:30Deuxième levier, les visas.
05:33Si l'aide au développement, ça ne fonctionne pas,
05:35on peut dire aussi qu'on donne moins de visas à l'Algérie.
05:38Y compris pour les dirigeants.
05:40Bien sûr, y compris pour les dirigeants.
05:42Parce que les diplomates circulent comme ils le souhaitent.
05:45Notamment en France, les diplomates algériens,
05:47on pourrait aussi appuyer là-dessus.
05:49Et le troisième, et ça c'est un petit peu nouveau,
05:52et moi c'est la première fois que je l'entends dans la bouche d'un ministre de l'Intérieur,
05:54c'est sur les droits de douane.
05:55Et si Bruno Roteio propose ces trois leviers,
05:58c'est qu'il a le blanc-seing de Matignon.
06:00C'est ça quand même qu'il faut comprendre.
06:02C'est pas Darmanin, là.
06:03Darmanin, lui, était plutôt volontaire, déterminé, mais entravé
06:07et par le président de la République, qui à ce moment-là avait encore beaucoup de pouvoir,
06:10et par un Premier ministre qui n'était pas tout à fait sur sa ligne.
06:12Là, Bruno Roteio, il a l'aval quasiment total de Michel Barnier.
06:17Le week-end dernier, avant le budget,
06:18c'est pas pour rien que Bruno Roteio est le seul dans la presse
06:21qui a le droit de faire une interview sur LCI.
06:23Vous allez voir que pour la ME, ça va être une ligne rouge.
06:24La ME n'est pas le problème aujourd'hui de l'immigration.
06:28C'est en effet une mesure assez symbolique,
06:32qui pour les Français, encore une fois, est un problème.
06:36Vous vous souvenez de l'histoire des oreilles décollées ?
06:40Ça représente quoi aujourd'hui sur la réalité du problème migratoire en France ?
06:44Je ne sais pas. Non, non, mais c'est sur l'attractivité de la France.
06:46Je pose la question.
06:47L'attractivité, ce que disait Georges Fenech.
06:49Non, pas la ME elle-même, mais l'attractivité de la France.
06:52Tout l'objectif de Bruno Roteio...
06:54Un étranger clandestin qui met les pieds en France,
06:56à partir du moment où il met les pieds, il a déjà à peu près 400 euros.
06:59Bien sûr. Je ne suis pas dans la tête de Bruno Roteio,
07:03mais je crois avoir compris qu'il voulait déjà faire une chose.
07:06Gagner la bataille de la communication sur le fait d'entrer ou non sur le territoire,
07:09donc rétablir nos contrôles aux frontières,
07:11durcir les conditions d'octroi, notamment des demandes d'asile.
07:14Et ensuite, la deuxième partie, c'est sur le durcissement des aides sociales,
07:18notamment par exemple pour les personnes,
07:20on en parlait tout à l'heure, qui ont un enfant qui est condamné.
07:24Ça, il y a ensuite évidemment la ME.
07:26C'est tout en effet notre panoplie sociale
07:29qui permet aux étrangers qu'ils sont dans notre pays.
07:31Les pays nordiques l'ont fait, des pays démocrates sociaux,
07:35respectueux des libertés.
07:37Ils se sont alliés gauche-droite, avec un front commun politique,
07:43et ils sont arrivés à faire chuter l'immigration clandestine.
07:47Je parle de la Suède, je parle des Pays-Bas.
07:49L'Italie, 65% de réduction de l'immigration irrégulière.
07:56On va devoir parler de l'état de droit à un moment donné.
07:57Mais quel état de droit ? L'état de droit, c'est l'état du droit qu'on fait évoluer.
08:00Je suis alors mille fois d'accord avec vous à dire ça,
08:02à la moitié des ministres du gouvernement.
08:04Mais vous parlez des pays, notamment du...
08:07Moi je connais très bien le Danemark.
08:09Le Danemark, ils peuvent faire des choses que nous on ne peut pas faire.
08:12Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas voté Maastricht,
08:14ensuite qu'ils ont fait un accord avec l'Union Européenne
08:16pour avoir ce qu'on appelle des opt-out,
08:17ce qu'on appelle des droits de retrait en bon français,
08:19et qui leur permettent de détourner les règles.
08:22Au Danemark, on peut être en prison quand on est rebouté du droit d'asile.
08:26C'est dingue !
08:29Il y a des prisons, notamment dans la prison d'Elbeck,
08:32qui est à une vingtaine de kilomètres de Copenhague.
08:34On a des gens qui sont arrivés, certes illégalement,
08:37à qui on a dit, le titre de séjour c'est impossible,
08:41il est en prison !
08:42Et vous savez quelle est la moyenne de durée dans cette prison-là ?
08:4427 jours.
08:45Donc le Danemark, et c'est un petit peu aussi le modem,
08:48parce qu'on parle souvent du modèle italien,
08:49mais le modèle danois est pris par Bruno Rotaio,
08:51c'est un modèle de la bataille de la communication.
08:53Quand on aura gagné la première bataille, celle-ci,
08:56Bruno Rotaio aura déjà fait une bonne partie du boulot.
08:58La bataille de la communication, voilà.
09:00Et puis il faut rétablir aussi le délit de séjour irrégulier,
09:04qui a été supprimé sous François Hollande également.
09:06Et le Conseil constitutionnel ne veut pas ?
09:08Parce que là, ça vous permet de mettre en garde à vue des condamnations.
09:10Oui mais enfin, changeons alors !
09:12Moi je suis pour !
09:13Il ne peut pas, il ne peut pas, il ne peut pas !
09:14Moi je suis pour envoyer Monsieur Fabius à sa retraite !
09:16Le peuple le veut !
09:18Il va falloir trouver des solutions, merci !
09:20Si le peuple le veut, c'est comme Pascal !
09:22Ce que Pascal veut, il le veut !
09:24Voilà, exactement !
09:25Allez, merci beaucoup Messieurs !
09:2719h56 sur Europe 1, dans un instant,
09:29le journal de Brandon Warhead.