00:00Les Vraies Voix Sud Radio, le code projecteur des vraies voix.
00:04Le comité nord-américain du prix Nobel a décidé de décerner le prix Nobel de la paix 2024 au Nice.
00:12À travers moi, ce prix récompense le Stade Toulousain et l'équipe de France.
00:18À l'organisation japonaise Nihon Edankyo.
00:21L'organisation qui lutte contre les armes atomiques et pour les droits des personnes victimes de bombardements atomiques au Japon notamment.
00:31Et le prix Nobel de la paix a été décerné à une organisation japonaise de survivants d'Hiroshima et de Nakazaki
00:36qui lutte contre l'arme atomique.
00:38C'est la deuxième récompense du comité Nobel à des opposants au nucléaire depuis 2017
00:43alors que la crainte nucléaire plane venant de Vladimir Poutine et de l'Iran.
00:47Alors la question est, est-ce que ce prix Nobel de la paix peut contribuer à apaiser les tensions ?
00:52Sommes-nous aux portes d'une véritable menace nucléaire ?
00:55Vous pouvez répondre à cette question sur notre site.
00:58Est-ce que finalement le prix Nobel de la paix envoie-t-il en tout cas un message politique ?
01:03C'est la question que l'on se pose Philippe Bilger aujourd'hui.
01:06D'abord je trouve que la manière dont le comité Nobel décerne les prix,
01:13je mets à part les consécrations scientifiques qui n'appellent pas d'ambiguïté,
01:19laissent en penser qu'il est tout de même inspiré par ce que j'appellerais une pente de gauche,
01:26de mon point de vue.
01:28Et en ce qui concerne la question précise que vous posez, Cécile,
01:34il me semble, et d'ailleurs c'était évoqué dans la présentation de l'émission,
01:40que ce prix qui est donné à cette association japonaise
01:45renvoie plutôt comme une piqûre de rappel à ce qui pourrait survenir
01:52comme certains, notamment Poutine, ont évoqué sans véritable nécessité
01:58la possibilité d'un affrontement nucléaire.
02:01Nicolas Corato ?
02:02Oui, alors mon cher Philippe, pour les gens de droite, la paix c'est toujours de gauche.
02:08Donc effectivement vous pouvez trouver qu'il y a une orientation politique à ce choix.
02:13Moi je trouve que ces prix Nobel de la paix, ils nous proposent et parfois ils nous forcent à réfléchir.
02:19Et je ne suis pas persuadé aujourd'hui que nous, Français, nous ayons conscience
02:23que la question de l'armement nucléaire est une question actuelle.
02:27Vous avez raison, on en a parlé très vaguement avec M. Poutine,
02:32on voit l'Iran mais tout ça nous semble très loin.
02:34Or, moi j'ai écouté ce matin sur France Inter, M. Lecornu, ministre des armées françaises,
02:42nous expliquer, parce qu'il vient d'écrire un livre,
02:45qu'il se pose la question de sommes-nous en état de guerre, point d'interrogation,
02:49et de dire que finalement la dissuasion française aujourd'hui est à l'œuvre.
02:54Peut-être que nous n'en avons pas conscience mais dans le rapport de force géopolitique avec la Russie,
03:00le fait que la France soit dotée de l'arme nucléaire est une notion qui aujourd'hui est d'actualité.
03:06Et qui est prise en compte par ce qui pourraient être demain nos adversaires.
03:11Je pense qu'effectivement nous n'avons pas nécessairement conscience que l'armement nucléaire
03:15a aujourd'hui un poids massif dans les choix qui sont faits par les états-nations,
03:19par les nations, de par le monde.
03:21De même que ce qui se passe en Israël et ce qui se passe avec l'Iran au Proche et Moyen-Orient
03:26est aussi dicté par des considérations qui tournent autour de l'armement nucléaire,
03:30de l'armement nucléaire dans le non-dit, puisque je rappelle qu'Israël est une puissance nucléaire
03:34sans l'être officiellement, et que l'Iran l'est peut-être ou le sera peut-être demain,
03:38sans l'être officiellement.
03:40Mais donc effectivement ce prix Nobel vient nous rappeler que
03:43nous ne sommes plus à l'époque du désarmement nucléaire, de la désescalade nucléaire,
03:47du désarmement nucléaire qui avait été conclu entre les deux grandes nations
03:51à la fin de la guerre froide, mais que le nucléaire comme une force d'armée
03:55de destruction du monde est toujours d'actualité.
03:58Virginie Kalmalt.
03:59Oui alors là je suis totalement en ligne avec ce que vient de dire Nicolas Corato.
04:02Je prendrais le prix Nobel à l'envers, c'est-à-dire que
04:06ils ont expliqué que c'était pour lever le tabou,
04:09enfin ce tabou nucléaire, et c'est exactement ça,
04:12c'est que l'actualité nous rappelle,
04:15bon d'abord il y a la Corée du Nord aussi qui envoie des missiles balistiques, etc.
04:20Et des signaux surtout.
04:21Donc voilà, on a parlé évidemment de l'Iran, où personne ne sait exactement où on en est,
04:25mais enfin on sent que c'est probablement proche,
04:29les déclarations de Poutine, mais effectivement la France,
04:32et alors là pour le coup c'est un point fort de la France après cette rentrée morose,
04:36on peut se dire qu'au moins on a cette force-là,
04:39cette force de dissuasion nucléaire,
04:41qui d'ailleurs donne toute notre puissance en Europe,
04:46en termes de protection,
04:49et je trouve qu'effectivement, a contrario,
04:53c'est peut-être aussi remettre devant la scène
04:56le fait que oui, ça reste capital,
04:59et je pense que non, il ne faut pas aller vers le désarmement,
05:02je ne crois pas que ce soit la tendance,
05:04je pense qu'au contraire, les pays sont en train de se réarmer,
05:07d'augmenter considérablement les budgets au regard du PIB,
05:12les radars ne sont jamais aussi bien portés,
05:15parce qu'on comprend que,
05:17alors peut-être que Lecornu a mis un point d'interrogation à Sommes-nous en guerre,
05:21en tout cas on comprend que le temps de la paix est peut-être révolu,
05:25et ça je pense que chacun doit effectivement y réfléchir,
05:28et en se disant que la France a peut-être de ce point de vue là,
05:31pour une fois, un vrai avantage au niveau mondial.
05:35Thomas Guénolé est avec nous, un politologue, professeur de géopolitique,
05:38et chroniqueur notamment à Sud Radio,
05:40mais aussi parrain de cette branche française de ICANN,
05:43qui est la campagne internationale pour abolir les armes nucléaires,
05:46une organisation qui a obtenu, je rappelle, le prix Nobel en 2017.
05:50Thomas Guénolé, merci d'avoir accepté notre invitation.
05:53Je vous en prie, Cécile, c'est un plaisir.
05:55On se pose la question de savoir si le prix Nobel de la paix finalement,
05:59entre celui de 2017 et celui de 2024, porte des messages politiques aujourd'hui.
06:04Le prix Nobel de la paix porte toujours un message politique par essence,
06:09c'est-à-dire c'est sa raison d'être.
06:11Il s'agit de saluer une contribution décisive à la cause de la paix dans le monde,
06:16c'est à ça que ça sert, et donc c'est forcément un thème politique.
06:19La paix dans le monde est un thème politique,
06:21et je ne vois pas, puisque c'est inhérent à l'exercice,
06:24on ne peut pas le lui reprocher.
06:26Est-ce que c'est une injonction ?
06:28Salut Philippe d'ailleurs, à ce propos.
06:30Est-ce que c'est une injonction, quelque part ?
06:33Oui, absolument, puisque ça fait quand même deux fois en l'espace de très peu d'années.
06:37Alors nous, forcément, à ICANN, on est très très contents de ça.
06:40On est très contents parce que c'est une immense victoire dans la bataille culturelle
06:43contre la banalisation des armes nucléaires,
06:46qui sont quand même une épouvantable saloperie,
06:48et qui a failli nous provoquer déjà à deux reprises une guerre nucléaire
06:52avec une menace de destruction de la civilisation sur Terre,
06:55parce que c'est arrivé deux fois.
06:57Vous avez, à l'époque de la crise de Cuba,
06:59à un moment donné, il y a des navires américains, pendant le blocus,
07:05qui se sont pris à un sous-marin soviétique,
07:08et à bord du sous-marin soviétique,
07:10sur les trois officiers qui devaient être d'accord pour riposter avec une arme nucléaire tactique,
07:13il y en a deux qui ont dit oui, un qui a dit non,
07:15et c'est parce qu'il a dit non qu'il n'y a pas eu une riposte nucléaire
07:18qui aurait entraîné ensuite potentiellement une guerre nucléaire,
07:20pure et simple, sur un malentendu.
07:22Et la deuxième fois, c'est un gigantesque dysfonctionnement
07:25dans le système d'alerte soviétique
07:28par rapport au fait qu'il y ait des frappes nucléaires américaines en train d'arriver,
07:31et vous avez un officier qui est de surveillance,
07:34un peu comme un vigil de nuit si vous voulez,
07:36il s'appelait Petrov,
07:37et ce qui s'est passé, c'est qu'il voit l'écran de contrôle s'allumer
07:41comme un Saint-Père-de-Noël,
07:42qui veut dire qu'il y a une attaque nucléaire massive par les États-Unis
07:45qui est en train de se produire.
07:46Et au lieu de déclencher la procédure normale,
07:49c'est-à-dire qu'il y a la riposte immédiate,
07:50et donc de déclencher une guerre nucléaire du coup,
07:52lui se dit, c'est peut-être un court-circuit, je vais vérifier,
07:55et donc il enfreint sa propre procédure,
07:57et ce faisant, constate effectivement un court-circuit,
07:59et c'est comme ça qu'on échappe à une deuxième guerre nucléaire.
08:02Donc on est vraiment en train de jouer à Docteur Folamour
08:05avec des arsenaux nucléaires,
08:06et mon dernier point là-dessus, simplement,
08:08pour que les gens comprennent que c'est vraiment dangereux,
08:11et en plus totalement absurde,
08:12c'est qu'il faut à peu près, selon les estimations qu'on a,
08:15il faut 300 têtes nucléaires au total
08:17pour éradiquer la civilisation sur Terre
08:20en provoquant ce qu'on appelle un hiver nucléaire.
08:22Est-ce que vous savez combien on a d'armes nucléaires
08:25actuellement en service ?
08:26Non, allez-y.
08:27On en a entre 8 000 et 12 000 selon les estimations.
08:31Donc on a de quoi faire sauter,
08:34anéantir la civilisation sur Terre,
08:36une trentaine...
08:38On a perdu Thomas.
08:40... de plus stupide et de plus absurde et de plus criminel.
08:42Est-ce que, Nicolas Corato,
08:44est-ce qu'on peut revenir en arrière en fait ?
08:46On ne pourra jamais revenir en arrière, si ?
08:48On a...
08:49On peut, le désarmement nucléaire est possible.
08:51On a tenté, il y a eu des accords de désarmement nucléaire
08:53qui ont porté leurs fruits.
08:55Force est de constater aujourd'hui
08:57qu'il y a une forme de tolérance au réarmement nucléaire,
09:00ou en tout cas à la consolidation des armements nucléaires,
09:03au niveau international,
09:05qui est en train de prospérer
09:07et qui est très inquiétante.
09:09Merci beaucoup en tout cas Thomas Guénolé,
09:12politologue, professeur de géopolitique,
09:14chroniqueur notamment sur Sud Radio.
09:16Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
09:18Merci Philippe Bilger,
09:20merci Nicolas Corato,
09:22merci Virginie Kalmel de cette émission.
09:24Et puis, nous sommes en direct.
09:26Allô ?
09:28Oui ?
09:29Allô ?
09:30Bonjour.
09:31Bonjour, qui êtes-vous ?
09:32Vous venez jouer ?
09:33Alexandre Priam ?
09:34Pourquoi pas ? Allons-y.
09:36C'est notre auditeur du jour.
09:37Je suis prêt.
09:38Et ce soir, on parle rugby avec vous.
09:40Alexandre ?
09:41Tout à fait, on va parler rugby effectivement,
09:43ce soir avec Prod2 qui reprend sur Sud Radio.
09:45On sera avec toute l'équipe dans quelques instants
09:47avec une très belle sixième journée de Prod2.
09:49Puis, on évoquera l'arrivée des fonds d'investissement
09:52dans le rugby mondial.
09:53La Nouvelle-Zélande a cédé aux fonds d'investissement.
09:56Peut-être bientôt les Springboks.
09:57Est-ce que la France va tenir longtemps ?
09:59Pour l'instant, on ressemble un petit peu
10:01à un village du type gaulois
10:03dans ce fonds d'investissement
10:05qui investit dans le rugby.
10:07On en parle dans un instant avec Philippe Spanguet.
10:09Allez, bonne soirée et bon rugby.
10:11Je vous dis à 17h avec Philippe David.
10:13Passez un bon week-end. Salut !
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