00:00Cette phrase est inepte, en fait, en réalité,
00:04parce que l'émotion n'empêche pas l'objectivité.
00:07Et je note que Didier Migaud, qui est ministre de la justice,
00:10sert depuis peu de temps, mais qui a quand même une longue carrière derrière lui,
00:13ne dit que des si, en fait, depuis le début.
00:15Or, ce n'est pas la première fois qu'on est surpris par ce qui arrive.
00:18C'est évidemment la répétition qui alimente la colère.
00:21Et il y a eu quelque chose d'assez particulier dans les jours qui viennent de précéder,
00:24c'est qu'il y a eu énormément d'émotions, il y a eu beaucoup de colère
00:27et au milieu, il y a eu énormément d'espérance.
00:29Ça n'est pas le cas tout le temps.
00:31On a là une jeune fille et une famille qui ont une foi extrêmement forte.
00:35Et c'est peut-être ce qui était, voilà, quand Noémie rapportait
00:38les chants qui montaient, ce père qui s'adresse à la tribune
00:42et qui lui dit, voilà, tu es parti plus tôt.
00:43Le prêtre qui s'adresse à son fiancé, ses frères et soeurs, ses parents
00:46et qui lui disent, nous savons que nous retrouverons Philippines.
00:49Ça n'empêche pas les larmes, mais ça les éclaire.
00:52Là, il y a un témoignage au milieu d'une société qui fuit tout ça,
00:55qui est très fort.
00:56Alors, vous savez que moi, c'est quelque chose que je partage avec eux.
00:58Donc ça, j'ai été, je m'accroche à ça, évidemment.
01:03Et d'ailleurs, pour tous les enfants français qui tombent de la même
01:06manière que Philippines, c'est évidemment quelque chose
01:09qui est toujours extrêmement présent.
01:10Et je pense que c'est important de le voir, de le regarder et de le,
01:14en tout cas, de regarder ce témoignage là.
01:16Maintenant, quand Didier Migaud nous dit s'il y a eu un problème,
01:19évidemment qu'il y a un problème, évidemment qu'il y a un problème.
01:22C'est à dire que la question qui se pose et d'ailleurs, son prédécesseur
01:26nous disait tout le temps, nous avons vérifié,
01:28nous avons fait une enquête, il n'y a pas eu de dysfonctionnement.
01:30Mais on peut être dysfonctionnel dans la légalité.
01:34Et je pense que c'est notre plus gros problème aujourd'hui.
01:37C'est qu'en effet, ce n'est pas la faute, entre guillemets, de tel ou tel.
01:42C'est la loi qui est organisée pour que la justice ne se rende pas correctement.
01:46Alors, quand il nous dit je vais regarder telle réglementation,
01:49telle loi, il va encore aller sur un terrain d'arguessis, de juristes
01:54pour savoir est-ce qu'il faut déplacer telle ou telle virgule.
01:56La question qui se pose et qui se pose bien au-delà de Didier Migaud lui-même,
02:01c'est que veut dire la justice ?
02:04Quel est le rôle de la justice dans un pays ?
02:07De manière générale, il y a la question de la garantie des libertés, évidemment.
02:11Mais sur la question de la délinquance et de la criminalité,
02:13il y a un, protéger les citoyens, deux, sanctionner ceux qui méritent de l'être.
02:18Ça a été perdu au fil d'une révolution dans notre manière de concevoir la justice
02:24qui n'a pensé qu'à une accumulation de droits,
02:26à force de penser que le délinquant et le criminel étaient eux-mêmes,
02:31potentiellement et de manière systématique, des victimes du système judiciaire.
02:35Donc, cette révolution-là, elle ne se fera pas dans la virgule de telle réglementation.
02:39Elle se fera dans une manière de repenser intégralement le rôle de la justice.
02:45Donc, ce n'est pas un sentiment d'échec qu'une jeune fille de cet âge-là
02:49meure sous les coups d'un homme qui, dans l'état de droit et par décision judiciaire
02:54et administrative, aurait dû être hors du pays.
02:57C'est un échec.
02:58Il n'y a pas besoin de savoir si telle virgule a été appliquée ou pas,
03:01ou si la loi a été correctement appliquée.
03:04Et je note à tous ceux qui nous invoquent l'état de droit que, un,
03:07le droit à la vie et à la sécurité est un droit fondamental consacré
03:10par la Convention européenne des droits de l'homme.
03:12S'ils veulent vraiment aller dans le détail de l'état de droit, c'est la première chose.
03:16Et que, deux, les décisions par lesquelles cet homme aurait dû être d'abord en prison
03:20s'il n'y avait pas eu de remise de peine, ensuite dans son pays,
03:23si l'OQTF avait été appliqué, sont des décisions qui ont été prises
03:27dans notre état de droit actuel.
03:30Donc, la justice aujourd'hui organise, bien au-delà de tel ou tel magistrat,
03:34le fait que les peines ne soient pas applicables.
03:37Évidemment que c'est un échec.
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