00:00Et on a évidemment envie de vous entendre sur cette question des impôts. Sylvain Maillard, bonjour.
00:06Bonjour Julien Arnaud.
00:07Alors donc vous avez entendu le Premier ministre hier, il a dit qu'il n'écartait pas, Axel de Tarle a bien expliqué, les hausses d'impôts pour les plus riches.
00:13D'abord sur le principe, vous êtes d'accord avec lui ou pas ?
00:15Non, nous avons toujours dit que nous ne souhaitons pas d'augmentation des impôts.
00:19Ce n'est pas un dogme, ce n'est pas un totem, c'est juste la politique que nous avons suivie pendant 7 ans, c'est de baisser les impôts.
00:25On a rendu 50 milliards de pouvoir d'achat aux Français, aux entreprises, aux ménages.
00:31Et nous pensons que c'est par cette politique que nous avons réussi à baisser le chômage massivement.
00:36On a créé 2,5 millions d'emplois.
00:38On a redynamisé la politique industrielle française et qu'il ne faut pas casser cette spirale.
00:43Après, évidemment, il faut faire des économies.
00:46Il faut regarder à la marge ce que l'on peut changer, les rentes sur les énergéticiens par exemple.
00:50Mais nous avons toujours dit à Renaissance, nous ne voulons pas augmenter les impôts.
00:53Cela veut dire que vous voteriez contre un budget qui comprendrait des hausses d'impôts, y compris sous la forme de ce que nous a expliqué Axel il y a quelques instants ?
00:59Cela veut juste dire que nous sommes dans une coalition. Dans une coalition, il y a discussion entre les partenaires.
01:03Michel Barnier connaît parfaitement notre position sur laquelle discutons.
01:09Mais nous, notre position a toujours été de ne pas augmenter les impôts.
01:13Et les marges de négociation, c'est quoi ? Sur cette histoire du gel des barèmes par exemple.
01:16Est-ce que là-dessus, vous êtes prêt à lâcher ou vous dites non, c'est un no-go, il y a une ligne rouge ?
01:19Il y aura plusieurs discussions que nous devons avoir.
01:22Moi, je dis toujours qu'il faut absolument faire en sorte de moins dépenser et d'économiser.
01:27On a sur la dépense publique et sur l'argent public des marges de manœuvre.
01:31On a fait beaucoup de propositions ces derniers mois.
01:33On a sur des niches fiscales, des crédits impôts recherche, sur l'apprentissage aussi, sur les plus hautes tranches.
01:40Il y a sûrement des moyens de trouver des économies et de faire en sorte que tout l'argent public dépensé soit un argent bien investi.
01:47Donc là, travaillons dessus.
01:49Ce qu'il y a de pire, et ce que je crois que détestent les Français, c'est d'augmenter les impôts et qu'au fond, ça ne change pas leur vie au quotidien.
01:55Mais justement, c'est très important ce que vous nous dites.
01:57Vous nous expliquez au lendemain de cette déclaration que les députés macronistes, Ensemble pour la République,
02:01ne donnent pas un quitus au gouvernement. Ils sont plutôt opposés à ces hausses d'impôts.
02:07On est dans une alliance. Nous souhaitons que Michel Barnier réussisse.
02:11Nos ministres ont intégré, vous avez pu montrer.
02:14De votre point de vue, il peut réussir sans augmenter les impôts du tout ?
02:17Ce qui est important, c'est qu'il faut présenter aux Français les économies aussi qu'on va faire.
02:24Moi, je connais parfaitement le dicton qui fait qu'on augmente les impôts et puis au fond, on ne fait pas les réformes structurelles dont on a besoin.
02:32C'est le chemin qu'on est en train de prendre ?
02:33Je pense qu'il faudra, dans la déclaration de politique générale, Michel Barnier va y travailler, on va travailler avec lui dessus,
02:39doit annoncer en même temps le fait d'optimiser nos dépenses, de faire en sorte que l'argent dépensé,
02:45qui n'est pas toujours bien dépensé, arrête d'être dépensé avant de penser à l'augmentation des impôts.
02:50Il n'a pas répondu hier sur leur établissement possible de l'impôt de solidarité sur la fortune.
02:55Est-ce que là-dessus aussi, vous ne dites pour nous pas question ?
02:57Nous ne voulons pas d'augmentation d'impôts.
03:00Quel qu'elle soit ?
03:01Il peut y avoir des rentes. D'ailleurs, nous avons fait des propositions des rentes sur les énergéticiens,
03:05regardé sur tel ou tel secteur parce que c'est un peu particulier et qu'il faut absolument dessus.
03:11Il est logique de peut-être taxer parce qu'il y a eu aussi des profits excessifs.
03:15Mais pour les entreprises, pas les particuliers ?
03:17Pour les particuliers, nous sommes. On est déjà les champions du monde.
03:20On a déjà le taux de prélèvement le plus important.
03:23Est-ce que les Français viennent nous dire, est-ce que pour la sélection, on a des services, pour nous, des services publics qui sont extraordinaires ?
03:32Ce n'est pas ça qu'on a entendu. On a entendu qu'on n'en a pas assez pour notre argent.
03:35Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut réformer et faire en sorte de mieux dépenser.
03:39Vous savez, dans chaque entreprise, on dit toujours, on a un nouveau projet, il faut faire mieux avec moins.
03:46Je crois aussi à l'État, quand on a des nouveaux projets, il faut faire aussi avec l'argent qu'on a.
03:50Elle a dû vous décevoir, cette intervention du Premier ministre, sur le fond, dans ce qu'il a dit ?
03:53Parce que ce n'est pas du tout dans le sens de ce que vous nous dites en ce moment.
03:55On est très heureux, nous, que Michel Barnier ait été nommé.
03:59On est dans une coalition avec lui.
04:02Et c'est évidemment compliqué parce que c'est des partenaires qui n'ont pas forcément l'habitude de travailler ensemble.
04:08Chacun doit se faire respecter. Il connaît nos positions.
04:11Il vous respecte précisément ?
04:12Oui, il y a toujours des échanges et on apprend aussi à travailler les uns avec les autres.
04:16Mais nous le disons, nous avons des points qui sont essentiels pour nous.
04:20Et effectivement, nous ne voulons pas d'augmentation d'impôts.
04:22Il a aussi annoncé la réouverture, si on a bien compris, des négociations sur la réforme des retraites pour l'améliorer, dit-il.
04:28Mais on ne sait pas exactement dans quel sens. Est-ce que ça n'est pas rouvrir la boîte de porte dehors ?
04:31Les réformes de retraite, il y en aura toujours. On en a eu avant, il y en aura après.
04:35Notre système de répartition fait qu'il faudra toujours des réformes des retraites.
04:39Ce qui est compliqué avec la dernière réforme qu'on a faite qui était impopulaire.
04:43On le savait très bien, on l'a vécu, l'impopularité.
04:45C'est qu'il faut absolument faire en sorte de pouvoir payer les pensions à l'avenir.
04:49Et pour ça, il faut que nous travaillons tous collectivement un peu plus, ceux qui le peuvent.
04:53Moi, j'entends ce que propose Michel Barnier. Il a raison.
04:55On peut toujours améliorer une réforme des retraites.
04:57Il n'a pas dit comment, c'est son problème.
04:58La seule vraie difficulté, c'est que nous, les syndicats, dans toutes les négociations qu'on a pu avoir,
05:03je l'ai eu aussi dans les négociations, je m'occupais pour mon groupe des négociations sur les retraites,
05:09c'est que les syndicats ont décidé de ne plus négocier, de ne plus discuter avec nous,
05:12du moment que nous gardions l'âge de 64 ans.
05:14Si les syndicats souhaitent revenir autour de la table, oui, la pénibilité, c'est un axe d'amélioration.
05:19Il y a plein de choses sur lesquelles on doit pouvoir discuter.
05:22J'espère que les syndicats voudront revenir à la table de négociation.
05:25C'est à priori discuter pour distribuer plus d'argent, pas pour faire des économies.
05:29Est-ce que ce n'est pas contre-intuitif par rapport au début de votre intervention ?
05:31Pas forcément. C'est aussi d'aménager les carrières longues,
05:35de faire en sorte que ceux qui ont des métiers pénibles puissent être mieux formés.
05:38On a l'impression que ça fait des décennies qu'on dit la même chose.
05:41Ça ne va pas être réglé comme ça en trois semaines.
05:43En trois semaines, c'est certain. Julien Arnaud, vous avez raison.
05:46Mais de tendre dans une société à l'amélioration des qualités du travail et du quotidien, c'est aussi ça la politique.
05:53La politique, c'est aussi des sujets sociétaux.
05:55On a entendu ce week-end la mise en garde de Gabriel Attal, votre président de groupe,
05:59qui a dit qu'il n'y a pas question de toucher à ces sujets, le mariage pour tous, la PMA, etc.
06:03Le Premier ministre en a parlé hier et s'est voulu rassurant sur ces questions.
06:06Est-ce que pour vous, le débat est clos ?
06:07Vous dites qu'il y a toujours un risque avec des personnalités comme Bruno Rotailleux
06:11ou comme Laurence Garnier qui sont des personnalités politiques très conservatrices
06:15et opposées à vous sur ces sujets-là.
06:17C'est important, la prise de parole hier du Premier ministre Michel Barnier,
06:20de dire non, nous ne nous toucherons pas, nous ne reviendrons pas en arrière
06:23parce que dans certaines nominations, nous avions des inquiétudes.
06:26Nomination au gouvernement.
06:28Le juge de paix, ce sera au moment de la déclaration de politique générale,
06:31il doit, je pense, envoyer des signaux rassurants à l'ensemble de la société.
06:35Je ne crois pas que les Français veulent un retour en arrière sur la PMA, sur l'IVG
06:40ou sur les droits sociaux qui ont été durement acquis.
06:43Et rendez-vous pour cette déclaration le 1er octobre prochain.
06:45On verra s'il parle aussi d'immigration et si Bruno Rotailleux en parle.
06:48Hier, il n'est pas rentré dans le détail non plus, Michel Barnier, là-dessus.
06:50Il a dit ce qu'on entend toujours, fermeté, humanité, mais pas de détail.
06:54On sait que Bruno Rotailleux a une ligne assez dure,
06:56avec notamment la suppression de l'aide médicale d'État et d'autres mesures.
07:00Est-ce que ce durcissement, vous, vous pourriez le soutenir ou pas ?
07:03Fermeté, humanité, ça nous va bien.
07:05Tout le monde est d'accord là-dessus depuis toujours.
07:07C'est le slogan qu'on entend dans toutes les bouches.
07:09Sur l'aide médicale d'État dont vous parlez, nous l'avons toujours dit,
07:12pour nous c'est une ligne rouge.
07:14On peut évidemment réformer le panier de soins, l'accompagnement,
07:17mais pour nous il est essentiel qu'on puisse soigner ceux qui sont sur notre territoire.
07:21C'est une question d'humanité, on en parlait il y a deux secondes,
07:24mais c'est aussi une question de santé publique.
07:27Donc là-dessus, regardons le panier de soins.
07:29On l'avait déjà réformé avec Édouard Philippe.
07:31Regardons ce qu'on peut faire, pourquoi pas.
07:33Ou les conditions d'accès, pourquoi pas.
07:35Mais par contre, l'interdire ou faire en sorte que ce budget n'existe plus, ça c'est pas possible.
07:39Et d'un mot sur un sujet que vous portez personnellement,
07:41qui est la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille.
07:44Est-ce que vous pensez que cette réforme peut aboutir malgré tous ces changements ?
07:48Nous déposerons un texte dans les jours qui viennent avec mon collègue David Amiel.
07:53Ce texte qu'on a préparé et puis on verra avec le nouveau gouvernement ce qu'il en est.
07:58Merci beaucoup Sylvain Maillard.
08:00Les négociations et les discussions promettent d'être quand même assez tendues
08:03entre les partenaires de la coalition. Merci.
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