00:00Et dites aux politiques, Patrick Cohen, le bureau de l'Assemblée Nationale devrait
00:04lancer aujourd'hui la procédure de destitution du Président de la République, les députés
00:09socialistes ont finalement décidé de soutenir la proposition initiée par les insoumis.
00:15Grande nouvelle se réjouit Jean-Luc Mélenchon, tandis que le député du Nord, Hugo Bernalicis,
00:20parle déjà d'un jour historique pour la 5ème République et pour la démocratie en France.
00:25La grande nouvelle, en réalité, ce n'est pas qu'Emmanuel Macron sera destitué, zéro
00:29chance, c'est que le dernier parti de gauche à avoir dirigé le pays vient de perdre
00:34ce qu'il lui restait de culture de gouvernement et de respect des institutions.
00:37Que s'est-il passé ? Une forte pression unitaire, le refus des socialistes de se fâcher
00:43avec LFI, pas maintenant, pas comme ça, quand les chefs insoumis ont lancé leur bombinette
00:48au lendemain du 15 août, le PS n'était vraiment pas chaud pour tenter de traduire
00:52le Président en haute cour et rajouter du bordel au bordel comme l'a dit l'un de
00:56ses sénateurs.
00:57Mais ce week-end, à la fête de l'Humage, Jean-Luc Mélenchon a pris sa grosse voix
01:01derrière un pubitre où il était écrit « Macron, destitution », et le PS, n'écoutant
01:06que son courage qui ne lui disait rien, a préféré participer à l'agite propre dégagiste
01:11de LFI plutôt que d'ouvrir une nouvelle brèche dans la fragile union de la gauche.
01:15Alors va pour la destitution, mais à moitié seulement, les députés socialistes, très
01:20divisés, ont signé hier soir, après trois heures de débat, un communiqué de 38 lignes
01:25pour expliquer qu'ils ne s'opposeront pas à la recevabilité de la motion de destitution
01:30du Président de la République au bureau de l'Assemblée Nationale, ce matin à 9h30,
01:33mais qu'ils s'opposeront unanimement à cette proposition lors de son examen en commission
01:39des lois, puis en séance publique, un bijou de casuistique.
01:42Ils sont donc pour et contre à la fois ? Voilà, le PS nous explique en somme qu'il prêtera
01:46la main à une initiative qu'il réprouve, une procédure d'exception héritière du
01:52crime de haute trahison, donc complètement inadaptée, vouée à l'échec, elle suppose
01:56une majorité des deux tiers à l'Assemblée comme au Sénat, et qui ne peut que donner
02:00une légitimité nouvelle à Emmanuel Macron.
02:03Après lecture du communiqué, on a envie de dire gentiment aux députés socialistes
02:06« Eh mais, si c'est aussi mauvais, faut pas le voter ! ». Le problème du PS, c'est
02:11que ses voix sont décisives au bureau et qu'un vote négatif aurait torpillé définitivement
02:15ce que LFI a réussi à imposer comme un slogan de manif, « Destitution ».
02:20L'idée Patrick est-elle si absurde ?
02:21Elle est politiquement impraticable, mais elle n'est pas absurde, elle participe de
02:27la stratégie mélenchoniste, à la fois conflictuelle et présidentielle, elle mobilise les plus
02:32militants, les plus remplis de haine contre Emmanuel Macron, comme Donald Trump l'avait
02:36fait il y a moins d'un an, en encourageant une procédure de destitution contre Joe Biden,
02:41elle embarque toute la gauche et le PS dans un coup d'éclat institutionnel sans lendemain,
02:46et elle montre, s'il en était besoin, que le patron s'appelle toujours Jean-Luc.
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